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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 11:51
Hans et Anna-Eva (Fondation Hartung)
Hans et Anna-Eva (Fondation Hartung)

Le peintre allemand Hans Hartung en Catalogne

Je viens de lire (il était temps !) l'autobiographie de H.H. * que m'a prêtée mon ami Jacques Maso, grand amateur d'art de Perpignan.

Il s'agit de l'histoire d'un des plus grands peintres XX° Je ne m'attacherai pas à décrire son esthétique ni à raconter tout cet "autoportrait"; simplement, je me suis intéressé aux séjours de H. Hartung en Espagne, Catalogne, Baléares (fuyant le nazisme et tentant de rejoindre Londres, il est enfermé dans un camp de concentration dans la région de l'Ebre)…

Il reviendra ensuite souvent à Perpignan, Saint-Cyprien (J.Maso me montre une photo, avec sa femme, devant la statue de Maillol), Le Barcarès et Leucate : "Le Midi flamboyait à mes yeux dans les toiles de Van Goh. Je n'y résistai pas. Dès les vacances je descendis à Leucate et je vis avec émerveillement que mon professeur n'avait pas exagéré…" (page 70)

Puis retour dans l'Aude et les P.O. avec son épouse : "De retour en France j'emmenai Anna-Eva à Leucate. Tous deux, nous vivions dans ma cabane au bord de la plage…"

Plus tard : "Ma belle-mère nous suggéra d'aller en Espagne, aux îles Baléares. Cette idée nous enthousiasma. La semaine suivante, nous étions à Barcelone. Anna-Eva et moi cherchions avant tout l'isolement, la tranquillité pour pouvoir peintre. Nous ne voulions pas vivre entourés de touristes…Nous prîmes le bateau pour Minorque. Avant même d'accoster, lorsque j'aperçus le port, je sus que j'avais raison. C'était un port d'une blancheur de rêve… Le directeur de l'office de tourisme nous conduisit à Fornells, un petit village de pêcheurs…"

Enfin, les Allemands envahissent la zone libre; Hans s'enfuit vers l'Espagne pour gagner l'Afrique du Nord; arrivée à Perpignan avec des faux papiers (page 147) : "Notre guide avait décidé de nous faire passer, la nuit, par le Canigou. Nous ne pouvions emprunter que des chemins muletiers ou des sentiers à peine praticables…"

A lire, mais livre non réédité…

JPBonnel

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*bio pour période de la guerre (source wikipedia)

Après la mort de son père et face à la montée du nazisme, Hartung quitte l'Allemagne pour les Baléares, confiant au passage à Paris quelques toiles à la galerie Jeanne Bucher ; il construit une petite maison sur la côte nord de Minorque. Sans argent, il regagne Paris en 1934, passe par Stockholm puis rentre en Allemagne, à Berlin.

N'acceptant pas le régime nazi, il parvient à passer en France et s'installe définitivement à Paris. Il s'y lie avec Jean Hélion et Henri Goetz, rencontre Kandinsky, Mondrian, Alberto Magnelli, César Domela, Miró et Calder avec qui il expose. Entre 1934 et 1938, il peint la série de ses « taches d'encre ». N'ayant pas les moyens de se procurer de quoi dessiner, il s'installe à la terrasse des cafés et commande des cafés-crèmes, ce qui l'autorise à demander aussi aux serveurs de l'encre et du papier.

Ses premières œuvres consistent en des tourbillons d'encre noire tracés les yeux fermés, destinés à apaiser son angoisse. Car l'abstraction de sa peinture vient chez lui d'une nécessité intérieure et non d'une recherche théorique ou d'une imitation des tendances historiques de la peinture

Face à de grandes difficultés matérielles, la maladie de sa femme, leur divorce, le retrait de son passeport par l'ambassade d'Allemagne, Hartung bénéficie de l'hospitalité de Goetz et travaille dans l'atelier du sculpteur Julio González.

En 1939, il s'inscrit sur la liste des volontaires contre l'hitlérisme en cas de guerre et épouse Roberta González, la fille du sculpteur. En septembre 1939, la France est décidée à arrêter et enfermer un certain nombre de ressortissants allemands présents sur le territoire national. Malgré son opposition au régime, Hans Hartung fait partie de ceux qui sont arrêtés. Libéré le 26 décembre, il s'engage dans la Légion étrangère pour la durée de la guerre sous le nom de Jean Gauthier et est envoyé en Afrique du Nord.

Présentant peu de goût pour la chose militaire, il est désigné, avec un autre camarade du nom d'Andréas Rosenberg, pour repeindre l'intérieur du réfectoire du quartier militaire de Sidi Bel Abbès. Après la signature de l'armistice, il est démobilisé, quittant l'armée le 8 septembre 1940.

Il se réfugie alors avec la famille González dans le Lot. Après la mort de Julio González en 1942 et l'occupation de l'ensemble de la France, Hartung passe en 1943 en Espagne. Incarcéré, puis placé dans le camp de concentration de Miranda del Ebro durant sept mois, il rejoint l'Afrique du Nord et s'engage à nouveau dans la Légion, sous le nom de Pierre Berton cette fois-ci.

*Hans Hartung, Autoportrait, récit recueilli par Monique Lefebvre, Bernard Grasset, Paris, 1976

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Published by leblogabonnel - dans peinture
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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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