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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 18:53
Les Poilus, par le Théâtre de la Rencontre
Les Poilus, par le Théâtre de la Rencontre

«Je Vous Aime Pour La Vie »

Paroles de 14 / Mémoire de 18

*** Une famille ouvrant les malles d'un grenier, trouve les témoignages émouvants et terribles de la ''grande'' guerre : lettres, déclarations, photos, films, chansons..

Depuis les tranchées jusqu'à leurs foyers et des familles jusqu'au front ils y a eu tant et tant d'écrits ... il y a eu tant et tant d'amour !!

Samedi 6 - Décembre à 20h.30

Dimanche 7 à 17h.30

CE SPECTACLE EST LA 57 ième CRÉATION DU THÉÂTRE DE LA RENCONTRE

avec

Aline Seyres- Fredérique Bugeau-Marielle Somme- Christian Albert- André Stuber- Guy Jacquet

« JE VOUS AIME POUR LA VIE »

Paroles de 14 – Mémoires de 18

Création collective mise en scène par Guy Jacquet

Lumières: Encuentra Light/Axelle Capmas-Sylvain Salinas-Jacky Solé -

Dispositif scénique/Costumes: Ateliers de la Rencontre

Musiques :Botrel- Monthéhus- Potier- Sablon- Fr.Lemarque...

« ...aurait-il fallu la guerre pour nous apprendre que nous étions heureux ? » R.Dorgelès

Août 1914, c'est la guerre en France.

Les plus jeunes et les plus vigoureux sont au front, les plus âgés et les femmes luttent chez eux.

Malgré la peur, l'absence, le manque, malgré l'Injustice et l'Absurdité, tous luttent, car ‘’faut tenir’’pour ceux qui se battent dans les tranchées de la boucherie!

Le dernier ’’poilu’’ nous a quittés...

mais pour lui et tous les autres nous refusons les chapes de plomb...ne rien exclure.. et surtout en n’oubliant pas les galonnés inquisiteurs, instruisant les tribunaux d’exception indignes !

Dès le début de la guerre, la démission du gouvernement civil face à la hiérarchie militaire a permis cette dérive militariste. En septembre 1914, (un mois après le début du conflit) le généralissime JOFFRE demande la création de tribunaux militaires spéciaux, à trois juges sous l’autorité de la hiérarchie. Décisions immédiatement exécutoires, sans appel ni grâce. Aujourd’hui encore, ces ganaches paradent, statuaires sur chevaux de bronze...

LE SPECTACLE

Au premier plan, un grenier d'où émergent les mots de tous : famille, amis, enfants... véritables forces d'un quotidien,disant leur amour, leur angoisse et leur courage, à leur ’’héros fantômes’’, là-bas, si loin !

Dans les campagnes la paysanne, dans le gris des usines l'ouvrière, ailleurs la bourgeoise et l'infirmière, chantant leur espoir, criant leur rage et leur peur ! Les fossoyeurs enterrent des pères, des fils, des amants, mais on trouve encore la force de fêter un anniversaire, une permissions, de créer un ouvroir municipal, d'improviser un hôpital…Femmes en tous points admirables, attendant, espérant et redoutant le retour de leurs hommes … dans quel état ?

Cette force de vie, ce sont les archives de notre mémoire... qui a tendance à s’enfuir si vite !

En toile de fond, les combats, les tranchées, la douleur, la peur, la mort... voix des soldats, ombres parfois sans visages, empoussiérées de craie ou boueuses d’eau et de sang !

Prisonniers de trous d'obus... Sortis de Nulle part ! Et cela de part et d’autre du Rhin !

Chansons et musiques d’alors, poèmes d’Apollinaire, Aragon, Walt Whitman, Brecht, tracent aussi le quotidien des civils et soldats … lutte d'une France et d’une Allemagne trompées.

C’est l'histoire des Poilus. C’est la guerre, c’est l’horreur, c’est absurde et c’est la belle amour ...

C’est la vie.

G .Jacquet

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Le Théâtre de la Rencontre remercie Mireille Grau, Jacky Solé, Mr,Rouzaud, Vincent Sabatier, Photo-Rimages,

L'Asso-Sériegraphie, Aquavidéo, sans qui ce spectacle ne serait pas tout à fait le même.

---------

Le théâtre n’est pas coté en bourse :

« le théâtre est un temps superflu pensent les gens du pouvoir efficace et je prône qu’on s’en préoccupe,...car l’homme ne vit QUE pour le superflu !‘’» (B.Brecht)

C’est dire son importance et combien certains êtres ou évènements d’anodines apparences, peuvent nous marquer au fer.

Pourquoi certaines histoires ou quelques destins s’inscrivent-ils en nous ?

Parce qu’ils racontent l’homme dans le rire ? Les larmes ? Les peurs ? L’espoir…

Le théâtre peut se passer de tout, sauf de l’humain !

C’est à peu prés tout ce que j’ai retenu de Shakespeare, Samuel Beckett, Jean Vilar, Peter Brook, Giorgio Strehler et Antoine Vitez.

Mais sommes-nous une époque ‘’humaine‘’ ?

L’an 2000 n’aura été ni l’apocalypse annoncée par les Cassandre, ni la mutation extra-terrestre fantasmée par la science-fiction des années 1950.

Pourtant depuis les champignons nucléaires de Los Alamos, le monde va vite.

Trop !

Environnés d’outils toujours

plus performants, nous communiquons plus par connexions que par poignées de mains ou regards échangés.

Est-il assuré que nous nous parlions mieux ?

ALORS, dans la spirale des mondes virtuels qu’on nous prédit, il est des rendez-vous où la dimension de l’homme reste intacte.

Et si les projecteurs remplacent aujourd’hui le soleil des hémicycles grecs, le théâtre demeure ce lieu privilégié où la cité peut encore se rassembler pour s’étonner, rire, frémir, s’indigner et aimer sans intermédiaire…mais en compagnie (le joli mot).

Bâtisseur d’histoires tellement invraisemblables que, seul, le jeu peut rendre plausibles, le théâtre est l’étang où le monde se regarde. Reflet sincère, il nous propose clairement l’artifice de sa lumière, pour mieux cerner, en direct, nos zones d’ombres et nos trop grandes certitudes. Il est un rempart vivant contre la manipulation des images. Donc des consciences !

Parce qu’il se donne pour ce qu’il est profondément : un conteur de l’aventure humaine dans ses tapages et ses flambeaux, le théâtre confronte nos quotidiens parfois trop quotidiens, avec l’humour ou les frissons de nos songes.

Et cela dans une sincérité généreuse de tous les instants.

’’J’attends de l’homme qu’il me rende plus humain’’,

écrivait Brecht dans le programme de Mère Courage.

Voilà qui peut nous réunir longtemps encore !!

Guy Jacquet

- - -

Varappe !

Je parlais du Chili en 73/

de la soif au Sertao en 72/

Sarbra et Chatila en 1982 /

des Iks morts de faims en 2003 /

de Kaboul en 2010 /

encore du Sertao en 2011...

des polus englués dans les tranchées mortifères en 2014

et alors ?

L'artiste a bien du mal à se tenir entre les maux du monde et les mots du théâtre

Plus exactement, entre la joie du théâtre et les affres du monde, dans cet écart, parfois si mince , entre bonheur de l’un et malheurs de l’autre. Est-ce possible ?

Aussi intenable que ce soit, c’est pourtant là qu’il nous faut travailler. Sans relâche.

Par le rire ou le frisson!

Et certainement pas pour oublier !

Le « théâtre pour oublier » fait le lit des révisionnistes de tous poils.

L’idée d’un théâtre d’oubli est contraire à la citoyenneté et à l’obligation de se souvenir que tout artiste conduit, inconsciemment parfois.

A l’angle naissant du 3ème millénaire, nous n’avons pas d’autre alternative.

Combien sont à l’avant des défilés et laissent leur engagement artistique à l’arrière scène ?

Pour autant, il ne s’agit pas que l’acteur se contente de participer aux meetings nécessaires, ou qu’il se saisisse de l’actualité sans arrêt (après tout, Shakespeare et le théâtre grec peuvent parfaitement dire le monde d’aujourd’hui).

LA LUTTE HUMAINE DOIT SE MENER AU PLATEAU, DANS LE BONHEUR DU PLATEAU sans pour autant transformer nos théâtres en tribunes pour partis politiques où les mots d’ordre remplaceraient la pensée critique et le doute artistique.

Surtout pas !

Pour paraphraser Jouvet : Ayons le courage d’inclure le monde dans notre art. Ce monde qui, si souvent, tourne à l’envers des clepsydres et dont les horreurs nous accablent.

Jusqu’à l’inertie, parfois.

Les camps, les épurations, les gorges ouvertes au nom multiple de dieu, les pierres serrées entre des doigts d’enfants, les famines planifiées, les exclusions structurées par des logiciels à l’œil fixe, tout cela nous ramène au pire.

A l’innommable qui a poinçonné le dernier siècle.«… ce non-humain, dont les camps nazis ont avéré la présence au sein même des hommes les plus banalement humains… », ainsi que l’écrivait Serge Daney, avant de mourir.

Qu’on le veuille ou non, c’est toujours le monde qui borne la perspective du travail artistique.

Et plus particulièrement celui de l’acteur, totalement et physiquement immergé dans cette représentation particulière du monde, dans ce rendez-vous unique qui s’appelle ‘’théâtre’’

C’est dans le bonheur d’un théâtre (qui saura faire la part du non-bonheur, sans ennui ni complaisance), qu’acteurs et spectateurs échangeront leurs colères mais aussi (surtout) leur envie amoureuse du monde.

L'inconfort de cette position nous fait, bien souvent, surplomber, le vide.

Mais à quoi bon nous revendiquer ''artistes'' si nous devons craindre cette varappe là?

Et de plus: pourquoi cela serait-il triste ?

Guy Jacquet

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Published by leblogabonnel - dans théâtre
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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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