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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 12:56
Christophe COGNER, cinéaste
Christophe COGNER, cinéaste

Christophe Cognet

avec la Fondation pour

* Ciné Le Castillet

la Mémoire de la Déportation 66 -

** Perpignan 19 h

*** rencontre avec C.Cognet

Christophe Cognet est un réalisateur et documentariste français, né le 31 décembre 1966, à Marseille.

Après des études de cinéma à la Sorbonne Nouvelle Paris III1, Christophe Cognet s’oriente vers le cinéma et réalise des films proches de l’essai documentaire qui posent des réflexions sur le mécanisme de la création, ou sur le travail de la mémoire.

Ce travail sur le mécanisme de la création est à l’œuvre dans son film2 L'Affaire Dominici par Orson Welles. Le point de départ en est un film3 du cinéaste américain commandé par la télévision et resté inachevé que "Christophe Cognet a entièrement restauré et monté, selon les indications laissées par Welles"4 avant sa mort. Christophe Cognet s’est employé à exhumer et à reconstruire cette matière filmique afin de "mettre celle-ci en perspective à la fois dans la carrière de Welles et dans les annales criminelles françaises du temps5".

Ce film en forme d'enquête est une réflexion sur le cinéma et la télévision chez Orson Welles, ainsi que sur le processus de montage. "Christophe Cognet a retrouvé Jacques Chapus et le chef opérateur Alain Pol, et il les fait parler avec chaleur de leur collaboration avec le cinéaste américain et de ses méthodes de travail, en même temps qu'il justifie l'état d'inachèvement du document qui suit5".

La puissance des images :

Depuis 1993, Christophe Cognet effectue des recherches sur les artistes peintres déportés dans les camps nazis. En 2004, avec L’Atelier de Boris9, le cinéaste recueille au fil des mois le témoignage10 du peintre français Boris Taslitzky, résistant et déporté. Puis en 2006, avec Quand nos yeux sont fermés11, il compose une manière de méditation filmique sur la création aux limites de l’expérience humaine, autour des dessins réalisées clandestinement au camp de Buchenwald par des artistes déportés, une réflexion qui s’est accompagnée de la publication d’articles12, d’ouvrages et de conférences sur ce sujet.

En mars 2014, son film long-métrage Parce que j'étais peintre, écrit avec Jean Breschand et Pierre-François Moreau, sort en salles. "Il aura fallu dix ans à Christophe Cognet, à qui le cinéma fut révélé par Nuit et Brouillard d'Alain Resnais, pour réaliser Parce que j'étais peintre. Dix années d'un travail ardu et ardent pour livrer ce témoignage exceptionnel sur un art façonné dans l'enceinte aveugle des camps nazis"13.

"Le cinéaste cherche à situer les récits dans leur entièreté, à saisir le contexte dans lequel Yehuda Bacon, José Fosty, Walter Spitzer et tous les autres, ont peint pendant leur captivité, ou bien des années plus tard. Loin de toute naïveté devant la confrontation du beau à l’horreur, le film fait acte, en lui-même, d’une forme de résistance face à la facilité par un travail cinématographique ténu et nécessaire, tout en sobriété."14

- - -

- - - Le Monde (mars 2015) : Il aura fallu dix ans à Christophe Cognet, à qui le cinéma fut révélé par Nuit et Brouillard d'Alain Resnais, pour réaliser Parce que j'étais peintre. Dix années d'un travail ardu et ardent pour livrer ce témoignage exceptionnel sur un art façonné dans l'enceinte aveugle des camps nazis. Les prisonniers n'étant pas autorisés à dessiner, c'est clandestinement qu'ils ont réalisé une œuvre foisonnante, dont ne subsiste aujourd'hui qu'une infime partie.

Arrachées à l'horreur, ces productions nous parviennent frappées d'un double tabou : celui de la représentation et de son pendant, la beauté. Les artistes qui ont survécu racontent à Christophe Cognet comment ils prélevaient des gaines de tuyaux ou du papier brun d'emballage, pour s'en servir comme supports pour leurs dessins. Au moyen de ces matériaux rudimentaires, ils ont entrepris – comme pour mieux le conjurer –, de documenter un quotidien infesté par la morbidité et qu'on aurait pu croire déserté par la beauté. Et pourtant.

AUX CONFINS DE L'IRREPRÉSENTABLE

Ce film remarquable pose une question perturbante : de beauté, peut-il être encore question quand les abîmes vous engloutissent ? Est-il possible de sublimer des corps broyés par la machine d'extermination nazie ou ces visages qui portent déjà l'ombre...

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/culture/article/2014/03/04/parce-que-j-etais-peintre-des-artistes-dans-l-horreur-nazie_4376577_3246.html#WCfga8WrZ3wvuDLQ.99

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. ↑ Recherches sous la direction de Jean Louis Leutrat.
  2. ↑ « Un documentaire passionnant » Jérôme Larcher Cahiers du cinéma, déc. 2000.
  3. ↑ Ce film inachevé de 25 minutes est intitulé La tragédie de Lurs.
  4. ↑ Valérie Cadet, Le Monde 18 décembre 2000.
  5. ↑ a et b Jean Pierre Berthomé et François Thomas, Positif, janvier 2001.
  6. ↑ « Cognet fait le pari de l’intelligence (…) Ce film est un vrai manifeste. » Stéphane Goudet, Positif, Sept. 1997
  7. ↑ « Maillage intelligent de lectures des "rompols" (contraction de "roman policier") de la romancière Fred Vargas, de flâneries urbaines, d'interviews et de moments partagés avec sa jumelle peintre. » Marie Cailletet Télérama 3 nov. 2001.
  8. ↑ Marie Cailletet Télérama 3 nov. 2001.
  9. ↑ Précieux témoignage recueilli par le cinéaste au fil des mois, Anna Laure-Jeanson, Libération, 25 août 2006.
  10. ↑ "Portrait subtil d’un homme qui se raconte avec pudeur et modestie, portrait d’un artiste arpentant l’atelier exigeant et rayonnant. Une leçon de vie, une leçon de peinture." Nathalie Hazan Brunet, conservatrice au MAHJ, Le Serment, octobre 2006.
  11. ↑ « Une double enquête ; historique au sujet de l’art clandestin à Buchenwald, esthétique sur la puissance des images et leurs limites. Marche inquiète du steadicam, suspendue entre deux temps ; panoramiques qui déplacent les limites du hors champ immense, matérialisation sensible du hors temps concentrationnaire… Tous ces gestes donnent sa forme lacunaire à un film qui ne prétend pas tant faire la leçon que transmettre des traces. Plus encore qu’à Nuit et brouillard, on pense à L’Ordre de Pollet, pour cette répétition des travellings instables dans le camp désert. (…) Cognet a préféré l’agencement des gestes, la surimpression des temps ; sons ténus d’aujourd’hui sur les fragiles images d’hier, bruit du vent et des pas sur le gravier de Buchenwald, bruissement du papier manipulé sur les dessins des déportés. » Cyril Neyrat, Cahiers du cinéma, sept. 2005.
  12. ↑ Entre autres, « Sous la prairie », revue Vertigo n°39, 2011.
  13. Le Monde, du 4 mars 2014 [archive].
  14. Culturopoing.com [archive].

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Published by leblogabonnel - dans cinéma
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