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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 00:28
Perpignan, ville obscurantiste (la procession de la Sanch)
Perpignan, ville obscurantiste (la procession de la Sanch)

    Perpignan, ville obscurantiste

(La Procession de la Sanch lors de la semaine sainte)

 

 

…Et voilà, le carnaval recommence : procession funèbre, célébration de la Passion du Christ, cortège des douleurs, exhibitionnisme et voyeurisme…empiètement du domaine public (la piétonisation du centre-ville semble donc possible !) Voici des avis contraires et le discours pro-procession de l'officee de tourisme, qui fait feu de tout bois (et même de celui de la croix !)

On peut aussi feuilleter le dernier numéro de "Terres catalanes" intéressant seulement pour l'ami Jean-Pierre Caspar…

 

 

- - Lu sur Facebook :

 

Josep Cabré És fenomenal! De les èpoques de pertinença a la corona hispànica, al Rosselló, se'n conserven sobretot els aspectes més retrògrads i obscurs....... obscurantistes. I per postres les desfilades són d'una tristesa i un avorriment.... Ningú canta, ningú toca instruments, només uns altaveus infectes vomiten músiques que en general no tenen res a veure amb la desfilada, ni amb la passió ni amb res..... Una imatge veritablement desoladora. Aquest és el nostre país. Benvinguts a la Catalunya del nord..... (30.3.2015)

 

Aleix Renyé (31.3.2015) :

 

-Vous irez à la procession de la Sanch de Perpignan, avec les caperutxes?

-No

-Pourtant vous êtes très catalan...

-Oui, mais pas du Moyen Âge

 

- - -

 

**Fine stratégie du chef de l'opposition d'extrême droite à la mairie de Perpignan

Louis Aliot fait la procession de la Sanch et repart en campagne © La Clau :

 

Dimanche 20.4.2014.

Pénitent dans la procession de la Sanch

Sur le statut de "Perpignanais d'adoption" stipulé dans son portrait de campagne européenne, Louis Aliot a participé cette année à la procession perpignanaise du Vendredi Saint. Extrêmement attentif à la sociologie et à l'anthropologie du Pays Catalan, il a coiffé la caperutxa, parmi les 700 fidèles catholiques qui ont arpenté les rues, selon la tradition multiséculaire. Malgré le caractère anonyme de cette participation voilée, en accord avec le quête d'humilité des participants, la présence inédite du compagnon de Marine Le Pen est hautement significative. Elle souligne une intention d'enracinement territorial, par la voie express, via un réseau de pouvoir de premier niveau, dont le fondement hispanique ne semble pas incompatible avec le morcellement hexagonal craint pour la campagne européenne. La révélation de cette pénitence a été effectuée, en direct lors de l'événement annuel, par le secrétaire départemental du FN de Lot-et-Garonne, Etienne Bousquet, qui a transmis le cliché de l'élu via le réseau Twitter. Précédemment, Louis Aliot avait été aperçu au Stade Aimé Giral, autre noeud de pouvoir des Pyrénées-Orientales.

 

 

***  ( le blogaboonel du 22 AVRIL 2014 :

L'OBSCÈNE PROCESSION DU VENDREDI SAINT

 

images-copie-24.jpeg Procession du Sang.

 

 

L'obscène procession du vendredi saint

 

 

La croyance pratiquée dans la solitude d'une cellule, le dialogue avec le sacré, tenté dans le silence d'un retrait, d'une retraite, sont respectables et dignes d'admiration.

Je voudrais être un croyant sincère. Hélas, ne suis qu'un mécréant !

 

Un matérialiste qui s'insurge à la vue d'un cortège noir de mort et de rouges encagoulés, jouant la contrition et la pénitence ! N'est-ce pas là exhibition, prosélytisme montrés dans le centre-ville paralysé, mobilisé pour l'événement religieux, alors que la rue devrait rester laïque..?

 

Que dit le catholique franchouillard, le citoyen tenté par le vote éfen, à la vue de Musulmans priant dans une rue du quartier de la Goutte-dOr..? Qu'il y a des maisons pour ça, pour la religion, que notre République est laïque, et là encore l'extrême-droite peut poser la bonne question, tout en jouant un double jeu, et se cacher sous la robe noire et la cagoule du pseud-pénitent...

 

Quand le rituel religieux s'exprime dans l'espace public, sous la forme de la procession du vendredi saint, je prends le large, alors que des milliers de curieux et de touristes, moins mystiques et fanatisés qu'on pourrait le croire, s'emparent du parcours du funèbre cortège ! 

 

Répéter chaque année la Passion du Christ dans les villes méditerranéennes est en effet un choix motivé plus par l'argent du tourisme que par la méditation divine. A la monstration du corps flagellé, torturé, répond le voyeurisme des foules vacancières : les Catalans du Sud venaient à Perpignan, tandis que les habitants du 66 se rendaient à Barcelone pour encourager l'USAP...Célébrer un autre Veau d'or !

 

Les anciens polythéistes et les Romains superstitieux et racistes ont condamné le Juif errant et ont inventé le Christ sur la Croix; ils ont tué ce Juif qui va donner naissance au monde chrétien.

 

Pour le croyant qui veut perpétuer le rite et la tradition, les "misteris" ( mystères, symboles religieux parés de fleurs) montrent une fois l'an le saint paré d'une "aura" indéfinissable, bien analysée par W. Benjamin.

 

Pour l'athée, libertin ou raisonneur, "grand méchant homme", ce spectacle trouve sa place dans les "fantasmagories", simulacres et mensonges séducteurs, inventés par d'autres matérialistes, financiers eux, croyant plus en l'argent qu'en l'esprit saint... Aube faussement candide du financier, scapulaire de la crapule, "caparutxe "ou cape rouge du condamné, bourgeois en repentance, ou homme politique noyautant la confrérie, la procession se veut société égalitaire en miniature, faisant penser à des organisations maçonnes défendant, en théorie des valeurs humanistes, mais lieux, souvent, en fait, de pouvoirs et d'échanges d'influences...

 

Ces processions qui célèbrent la douleur, la mort, la barbarie antique, paraissent relever aujourd'hui d'un désir malsain érotico-masochiste : le christianisme, qui occulte le sensuel dans la mise-en-scène austère de l'autel, mais le pratique dans l'intime avec l'enfant de choeur... Cortèges et mises en scènes de l'hypocrisie...

 

Le non-croyant n'adhère pas à ces cérémonies mortifères du Midi célébrant la mise à mort, dans la tauromachie, et celle du futur Christ, considéré à l'origine comme le gourou d'une secte nouvelle...

 

On n'osera pas montrer la filiation entre les processions contre "le mariage pour tous" et les manifestations des fêtes pascales; la tentation est pourtant grande d'y déceler la survie de l'intégrisme religieux, causeur de guerres fratricides; on ne peut échapper non plus au souvenir de ce chapitre de "Candide", où Voltaire traite de l'Inquisition, -à l'origine de ces processions-, en décrivant, au chapitre 6, un autodafé, marquant la purification de l'Eglise par des cérémonies expiatoires : les condamnés, revêtus de vêtements rituels (san-benito ou caparutxe), subissant leur peine, flagellation ou bûcher... 

 

Tentation de relire le philosophe du XVIII° siècle (et aujourd'hui, Michel Onfray *), et d'en goûter encore l'ironie. Nous préférons cette littérature-là et la "dernière tentation du Christ", exprimant son désir d'homme d'aimer le corps interdit de Marie-madeleine...

 

J.P.Bonnel

 

* Lire "Le souci des plaisirs", essai réédité en 2014 (J'ai Lu, 6;70 euros, avec des illustrations !), en particulier "éloge d'un corps non chrétien".

 

- - -

 

* Perpignan, ville touristique : 

 

Semaine Sainte et Procession de la Sanch à Perpignan

 

 

 

Du 24-03-2015 au 06-04-2015

 

La-Sanch.jpg

copyright : www.perpignantourisme.com

 

 

La procession de La Sanch : Vendredi Saint, le 03 avril 2015 

La procession est une tradition instaurée par les moines dominicains au XVème siècle, pour raviver la foi des fidèles et rappeler la nécessité de pénitence. Remise au goût du jour à Perpignan en 1950 par le conservateur du Castillet, Jacques Deloncle, elle va connaître un succès grandissant au fil des ans et devenir un évènement populaire pour les autochtones et les curieux venus du monde entier. 

Revêtus d’une tunique et d’une capuche pointue, les membres de la confrérie de la Sanch (du sang) portent de très lourds « mystères », représentations des arrêts sur le chemin de croix,  et se flagellent sur le trajet . Point d’orgue des festivités de Pâques, la procession du Vendredi « Saint » (le 3 avril) à Perpignan attire croyants et simples curieux toujours plus nombreux. D’autres processions ont lieu à Bouleternère, Arles sur Tech et Collioure, le soir venu.

 

Semaine Sainte et Procession de la Sanch
Perpignan


Du 24 mars au 6 avril 2015 : Le défilé de pénitents accompagnés de chants religieux que constitue la Procession de la Sanch s’inscrit comme le point d’orgue de la célébration de la Semaine Sainte. L’on attribue les origines de la procession du Vendredi Saint, appelée Procession de la Sanch à Saint Vincent Ferrier, né à Valence en Espagne, en 1416, suite à son passage à Perpignan, est fondée en l’église Saint-Jacques, l’archiconfrérie de la Sanch (du sang, en français). 

Outre l’aspect spirituel, le but de la Confrérie était la commémoration de la Passion par les processions et l’assistance aux prisonniers et aux condamnés à mort avant, pendant et après leur exécution. L’originalité de la Semaine sainte en Roussillon et à Perpignan, sa capitale, ne se situe pas particulièrement dans le rituel mais dans son mode d’expression. 

Les traditions ont su garder ici une réelle authenticité, la ferveur d’aujourd’hui n’a d’égale que celle d’hier. Tout ce qui touche au cérémonial des fêtes de la Semaine sainte et de la Passion est prévu, réglé avec minutie depuis des siècles. Ainsi, chaque année, le public répond présent. Plus agnostiques et curieux que réellement impliqués comme les fidèles d’antan, les nombreux spectateurs ressentent, malgré tout, la chaude ferveur de cette manifestation.

 

Un peu d’histoire …

Le 11 octobre 1416, à l’église Saint-Jacques de Perpignan, les jardiniers (hortolans) et les tisserands (teixidors) fondèrent la Confrérie du Très Précieux Sang de Jésus-Christ, connue sous le nom de Confrérie de la Sanch. Ils subirent la puissante influence du Dominicain Vicens Ferrer (saint Vincent Ferrier), prédicateur de renom né à València en 1350, lequel s’entourait partout où il passait de pénitents revêtus d’une robe noire et d’une cagoule, et se flagellant pour la rémission de leurs péchés. A Perpignan, Vicens Ferrer vint deux fois, appelé à participer au Concile de La Real qui devait apporter la résolution du Grand Schisme d’Occident ; au début de l’année 1416, avant de quitter Perpignan, il prononça un sermon au couvent des Clarisses, et il semblerait que ce sermon déterminât la fondation de la Confrérie de la Sanch Celle-ci se fixa plusieurs missions : accompagner les condamnés à mort au gibet, recueillir leurs restes et les enterrer en terre consacrée, et commémorer la Passion du Christ lors d’une grande procession qui se déroulait le Jeudi-Saint. Les pénitents portaient sur leurs épaules des statues et des groupes statuaires, les « misteris », représentant chaque étape de la Passion du Christ, et leur cortège se déroulait au son du Miserere et des « goigs » spécialement composés pour l’événément. Au XVIIIe siècle, on verra apparaître les Vierges des Douleurs aux poignants visages. Toujours au XVIIIe siècle, la procession de la Sanch fut victime de dérives ostentatoires, et de l’hostilité du clergé français. Monseigneur de Gouy d’Avrincourt édicta des interdictions qui réduisirent le sens et le contenu de cette manifestation authentiquement catalane, tradition religieuse touchée d’hispanité à laquelle le Roussillon entier se montrait très attaché. Après la Révolution Française, la procession de la Sanch fut confinée dans l’étroit périmètre de l’église Saint-Jacques. Grâce à Joseph Deloncle, au Chanoine Mestres, curé de St Jacques, et à l’évêque Mgr Bernard, la procession de la Sanch retrouva les rues de la vieille ville en 1951, et depuis 1958 a lieu le Vendredi-Saint, l’après-midi, aux trois coups  sonnés au clocher de Saint-Jacques. Il s’agit d’une manifestation unique en France, héritage d’un Roussillon rattaché à la couronne de Catalogne-Aragon, puis d’Espagne, héritage d’une foi populaire qui a su garder fidèlement toute son authenticité. Chaque Vendredi-Saint, Perpignan baigne dans une atmosphère unique qu’il faut partager pour mieux comprendre la séculaire procession de la Sanch.

 

Programme Semaine Sainte 2015 

 

Coordonnées : Office de tourisme Palais des Congrès +33 (0)4 68 66 30 30 Place Armand Lanoux 66000 Perpignan Tél : 04 68 66 30 30

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Published by leblogabonnel - dans polémique
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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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