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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 07:39
Rêvesurrection

« Rêvesurrection »

Ça vous dit pas si c’est bien ou si c’est mal. Ça vous dit pas si à transcrire ou pas. C’est juste que tu es emportée parce que la vie se raccourcit. Les tortures faites au corps pourraient encore passer mais dans ce passage je veux juste malgré tout exprimer ma fièvre de vivre. J’ai la bougeotte, dans ma fuite en avant. Je regarde le grand jour du fond de ma nuit : soit, s’il n’avait rien à me dire moi je le dirais quand même…. Le chemin des énigmes m’est obscur si je veux être claire, mais je sens bien que tout ça ne va pas vous plaire !!! : aussi le juge en moi je lui fais la peau chaque jour, essayant de contenir la bête qui se noie dans des considérations qui la dépassent.

Ah écrire le beau rôle ! : toucher la sincérité c’est toute une histoire ! : parce que des fois ça crie là-dedans, parce que des fois on ne peut pas faire autrement, que le monde gronde, qu’il se révèle dans un grandiose mouvement mais comme qui dirait en l’en-deçà du monde, comme vu d’en bas….Vu d’en haut parfois touchés par la grâce nous ne savons survivre à tant de gravité, comme qui dirait on est pris de vertige…car même gravir la moindre montagne tu ne le peux pas, et tu restes, « grand ou grande » en toi-même, près de la fenêtre de l’isolement. Et il va sans toi le monde….

Pessimisme lumineux dans les entrailles de ton petit esprit, tu tangues toi aussi toujours vers la vie, la finitude tu lui dis oust, et tu aimes comme tu craches ton venin dans un sursaut d’existence, ah pauvres sens où ton amour a force de loi selon toi, où tu crois encore par delà l’insignifiance et le vide faire acte de foi !!!….

Moi aussi j’ai plongé dans l’abîme où je me suis abîmée, moi aussi j’ai bouffé trop de réel, mon Dieu je te regarde dans tes prunelles et je vois la fin de toutes mes amours quand je vois la fin de nous !

Mais la danse revient. Nul ne te sauvera de ça qui te prend les tripes, ah danse danse danse…aux cris des oiseaux perdus mais ensemble, vers le chemin de nulle part, tournoyant dans un vide supposé, ne retombant jamais sous nos yeux. Que je t’aime transe et soif et prudence !!!! Ma soif se pend au bout de ton nez, près de ta bouche que j’engouffre dans le baiser de l’espérance, soif mon amour de ta peau si douce, corps à corps dans une sorte d’étrange intimité…Tu te trouves là, si distant dans ta chaleur, ça me fout la trouille, oui j’ai peur. Au gré de nos émois nous changeons de boussole mais toujours elle mène en silence nos pas positifs, nos pas grandioses, nos pas de danseurs assoiffés par la bénédiction, extase, supplice de Tantale. Je me perds en toi oh Monde, en toi je rêve encore chéri, attrape de bon coeur le bonheur fait à la vie!, et chante encore pour moi la joie de te vivre puisque je suis là avec toi!

L’ivresse est douce, l’ivresse est bonne dans la mission à aimer…non comme une revanche mais comme une pluie torrentielle de baisers, l’avalanche blanche dans la tiédeur du jour obscurcissant nos peurs, nos frayeurs, nos stupeurs. Qu’elle est belle la fièvre qui nous mène vers toi Amour, sur le sentier de l’indescriptible, sur le rocher des aventures. Pèse ton émotion, retiens juste les chansons et de grâce, je me plie de tristesse pour la joie de vivre !

Je suis, et vagabonde de l’esprit mon coeur ne s’est pas endurcit. Je te lance oh joie le boomerang ! : qu’il déchire le ciel tout gris et que le soleil illumine ton front. Incarne toi mon Ami la lumineuse présence de l’évidence, danse danse danse d’aveugle nécessité.

Plaidoyer contre l’indifférence, je danse aveuglément vers « le bateau du soleil » qui m’emmène tout blanc, oh grand voilier blanc, vers la route de ma rencontre avec toi. Qu’il est grand ce temps où je t’aime!!!, où je conçois ta solitude, ton propre isolement même si tu m’aimes vraiment !!!

Prends garde à moi mon grand Ami, sois sûr et viens avec moi sur « le grand bateau du soleil »…Tourbillons de l’esprit qui vagabonde : j’aspire à l’air, à l’air frais, au grand air, au vent enfin sur mon jeune crâne!, l’abandon est total à cette servitude de l’espace, poussée par une aspiration à retenir dans mes bras l’enfantement de mon oeuvre : j’accouche d’un monstre ensoleillé, j’accouche certes sans avoir été engrossée, de mon être bancal !!! Qu’il vienne au monde je le bercerai dans mes bras, lui fredonnerai des chansonnettes pour calmer ses cris, lui raconterai l’éclat de mon courage et de ma volonté qui pèse encore en cet instant dans mon corps proéminent…Je l’ai nourri d’alcool, de tabac et de bouffes à me faire péter le ventre, je l’ai nourri comme j’ai lavé dans mes hallucinations le grand Crucifié, avec des lingettes d’eau je l’ai fait boire lorsqu’il n’y avait plus qu’une goutte, et pressant le linge coloré des expériences il a bu le nectar pur, les gouttelettes pures de l’espérance, le soin du devenir dans le soin de l’amour.

J’aime le Christ auréolé de mille stupeurs d’extase splendides, j’aime la vie après mes moult suicides, j’aime le parfum de la vie en transe, j’aime ton babbelen même quand tu fais naufrage. J’aime, et c’est peu de le dire, je le vis via chaque pore de ma peau, la tendresse vers les mille douceurs. L’arc-en-ciel, si si, il est apparu, un jour pour moi répété dans la soif de découvrir ses reflets changeants dans la grande lumière. Oh déraison des sens, mon âme est saine et sauve !. Je plonge dans les méandres de l’imaginaire pour extirper un temps l’extrême injonction du sourire face au labyrinthe des émotions, de grâce Seigneur, appelle les Saints à la rescousse, appelle les demi-dieux de saison, appelle la grande Nature et ses avortons magnifiques dans la païenne vie mille fois sauvage qui sommeille en nous !!!, en moi, car tout est dit encore, car tout est dit et je sors de mon silence pour le crier au monde. Puisqu’il n’est plus de secret au quatre coins du monde….

Tu sens bien que ça bouge, que tu ne peux pas rester immobile, la tête fracassée par l’alcool, tu sens bien qu’à l’intérieur ça gronde. Tu sais que tu pourrais tout péter, tout casser autour de toi, tout faire voler en éclats.

Mais tu maintiens dans ton corps assis le monde tendu qui gronde. Tes yeux sont alourdis par l’ivresse, mais ton corps lourd ne s’apaise pas. Parfois alors écouter un truc aide à se maintenir dans un équilibre relatif. Mais alors personne ne te parle. Bien sûr tu fumes, cigarette sur cigarette, en être psychotique. Tu ne pleures pas, tu ne peux pas pleurer. C’est juste au bord de tes yeux dans ton corps qui stagne.

Mille lambeaux dessinent ton âme sur les traces de ta mémoire.

Toute ta mémoire est maintenant descendue au fond de tes tripes, il n’y a plus personne pour te dire que tu fais fausse route, et tu redoutes la vague des émotions dans ton coeur qui fait front à la raison. Tu te débats, comme dans un trip bien vécu, ton coeur en détresse. Tu aspires au néant, les yeux grands ouverts tout proche de l’existence, comme on vivrait une transe. Je t’accueille les bras ouverts, sur le bateau de la divagation, les sens en éveil, la peur collée à la peau. Aspire au reste de ton toi, mon enfant ma tendresse, mon oeuvre mon chez moi, plus personne ne pourrait te dévier de ma volonté à t’exister. Tu t’embarques sur le chemin de la vie, il y rarement âme qui vive, ton petit corps est fragile et je t’aime déjà. Le mérite est bien faible quand on se dépatouille, quand je te débarbouille, quand je te lave enfin pour t’arracher à la mort en moi.

Sur le bateau de nos amours je t’ai aimé oh toi mon cher amour et j’ai tenu dans mes bras l’enfant de nos ébats, sans distinction aucune avec un pauvre diable, un mensonge ?, le roi de mon aventure avec toi. Qu’il soit fort et grand dans la minute à venir, qu’il soit beau et tendre puisque je le veux, qu’il ait tes mains délicates mais pas ta langue de feu. Qu’il aime la joie. Qu’il soit fort comme un diable, comme un Saint, comme un homme, que sa vie soit préférable même à l’éclat de nous deux, qu’un jour il puisse aimer jusqu’à la solitude. Qu’il se torde lui aussi de toute mon attention, qu’il croit aux sombres démons s’il ne croit pas en Dieu, qu’il fasse acte de présence dans le coeur de la transe, et danse danse danse pour qu’il nous pousse dans le jaillissement de l’existence son premier cri de moi. L’obscurité dans ses prunelles je la vois déjà, mais déblayant la soif qui mesurera ses pas, je le veux si beau qu’est venu l’arc-en-ciel, je le veux dans mon émotion aussi lumineux que notre soleil. Fais moi don de ma seule raison de vivre, je serai avec toi, cherchant, trébuchant, espérant avec toi mon enfant mon ivresse, je bercerai ton corps dans le grand devenir, celui qui mène à lui et c’est ça, c’est ça le vrai bonheur, être ensemble sur le bateau du soleil où je ne vois que toi, que vous, que la perte de moi. Mais tu l’avais dit n’est-ce pas, qu’il te ressemblerait, mais la vie nous mène tout droit en solitude, en effroi, la souffrance chevillée à l’amour, on me fait grâce de l’inscrire sur la mer toute en pleurs, toi mon rêve, même si c’est le bordel.

Je nage je t’appelle mon Ami mon amour ma revanche, avec la force d’aller à contrecourant pour revenir vers toi, sur la rive de notre dérive, sur le ponton des aventures, et s’il te plaît rencontre encore mes bras quand je serai lasse de la vie, viens me rejoindre sous l’astre affolé, la tempête vient bien assez tôt et tu sais oui tu sais qu’on ne fera pas de vieux os. Je t’aime dans la fulgurante passion qui fait naufrage, je t’embrasse encore, la réalité s’est barrée la route pour laisser place au rêve grandiose de ma présence près de toi, si proches qu’on ne fait pas naufrage comme ça, si proches que invincibles, l’heure n’est pas à la tristesse ni à l’effroi mais à la légèreté. Reviens vers moi réalité des songes, je suis là près de toi et la cadence, danse danse danse, me ramènera à toi.

Dans cette nuit qui vient, regarde encore le jour, car je ne sais pas si on pourra encore tenir au grand jour dans nos bras l’enfantement de notre amour.

Il est là le grand rêve, le saut dans ma fiction d’où je peux tout briser désormais. J’entre en terre inconnue. J’ai soif je bois je vois ma fantaisie. Qu’importe ton silence, « l’ardent nous » est la possibilité que j’entrevois malgré tout sur le chemin de nulle part, perdus d’avance mais jamais rassasiée de présence, quand bien même je gis ma vie moi aussi, comme dans un fado grave, lourd comme mon ventre abîmé, pesante dans l’existence comme un cri mille fois répété, évidente comme la souffrance endurcie de mon moi endormi, mille fois choqué de vous, pas de conneries avec ça, je suis morte mille fois mais j’ai comme qui dirait préservé un coeur, le mien, je ne suis pas blasée, je suis et je reste attentive, aimante chaque jour du fond de ma nuit, du fond de mon délire, du fond de mon corps, si sombre, si sombre….

Alors Ami viens me bercer, viens vers moi, s’il te plaît viens vers moi, n’attend pas la larme de tristesse sur ma joue brûlante, viens vers moi aussi dans la délivrance. Je t’entourerai de mes bras meurtris à trop m’accrocher à la vie, surtout à toi, même si tu ne le vois même pas, même si ça te paraît évident des démonstrations comme ça, même si c’est naturel qu’on s’accroche à toi, viens viens viens me rechanter la chanson de nos amours, je plonge dans le silence d’un amour grandiose, indestructible, avec son lot de pardon et tout le tralala, c’est là que je peux exister, me trouver un abri, avec toi mon chéri, mais n’oublie pas que je ne suis pas sage, je ne te promets qu’une seule constance, celle de ne pas renoncer, jamais.

Carole G. (mai 2015)

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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