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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 08:39
Terrus

Terrus

 

 

 

 **Musée d’art moderne de Collioure

Exposition du 19 octobre 2015 au 21 février 2016
Art historique du XXe

 

presse

Le musée d’art moderne de Collioure présente jusqu’au 21 février 2016 une grande partie du fonds historique, regroupant les artistes qui sont passés à Col- lioure pendant le XXe siècle : Jean Peské, Augustin Hanicotte, Willy Mucha, Henri Marre, Gaspard Maillol... Viennent s’ajouter deux œuvres majeures, l’une de Charles Camoin de 1912 « Les ânes à Collioure », l’autre d’André Mas- son de 1919 « Paysage à Collioure » acquise en vente publique.

Il s’agit là d’une pièce remarquable et rarissime, car à ce jour on ne connaît aucune autre œuvre de Masson peinte à Collioure ; peinture qu’il a réalisée lorsqu’il était en résidence à Céret, en 1919 avec Maurice Loutreuil. Ce dernier est venu à Collioure rejoindre l’une de ses amies, et c’est probablement lors de ce séjour, que Masson venant lui rendre visite a peint ce magnifique tableau, qui vient par ailleurs d’être restauré et peut ainsi être présenté au public.

Art Contemporain

La présentation du fonds historique est complétée par quatre salles d’art contemporain qui s’ouvrent sur :

- La très belle série de photos -tirages couleur sur aluminium- de Bleda y Rosa, réalisées lors de leur résidence au cours de l’année 2000 et qui donnent à voir une autre vision du Collioure traditionnel.

- La série photographique d’Aurore Valade -tirages argentiques light jet- en résidence en 2006, qui a immortalisé les habitants de Collioure, pris dans leur intérieur, avec une perception d’un travail proche de la peinture de compo- sition. À noter aussi la suite de 12 profils de la même artiste -tirages couleur sur aluminium sous verre- d’une délicatesse exceptionnelle. Tous pris sur la ligne d’horizon maritime, épaules dénudées et de profil gauche. Sur cette ligne d’horizon interviennent, soit des baigneurs, des bateaux, des mouettes... Ainsi l’artiste compose avec l’homogénéité du sujet et les aléas liés à l’environnement, pour rendre un mouvement et l’offrir à l’œil d’un public muséal curieux et at- tentif.

Font suite à cet accrochage les œuvres de Thomas Verny, Julien Descos- sy et Pierre Buraglio, toutes sur le thème du paysage à Collioure, passé par le filtre de la réflexion de chaque artiste et intégré dans son travail de recherche.

Toutes ces pièces font partie du fonds du musée, et pour la grande majorité d’entre elles, ont été données par les artistes.

Enfin viennent s’ajouter, comme à chaque accrochage, des œuvres très récentes, en prêt pour la durée de la présentation :
- Les tous derniers tableaux de
Patrick Jude, sur son travail maintenant très connu, concernant la disparition des vignes et de l’architecture qu’elles confèrent au paysage de Banyuls. Jude artiste incisif qui depuis les années 1960, ne cesse de dénoncer les faits et les travers de notre société, dans une peinture d’une exécution poussée à l’extrême perfection.

Ainsi que le travail tout juste sorti de l’atelier d’Emmanuelle Jude, qui uti- lise son appareil photo pour capter sur le vif la thématique quelle souhaite explorer. Ces clichés sont ensuite reproduits dans une peinture hyper- réaliste, qui accentue par la volonté picturale et des couleurs employées, le dessein voulu par l’artiste, celui de donner à lire des scènes de la rue, ici « des mangeurs de glace ». Cette volonté d’aller au plus près du sujet et de s’y tenir interpelle au plus haut point l’œil du visiteur, qui devient inquisiteur et traque chaque geste du personnage saisi dans un moment d’intense vérité, qui selon, peut s’avérer cocasse, poétique, humoristique.. Le passant, dans la rue, n’a pas la possibilité de capter l’image qui l’attire comme le fait très judicieusement cette artiste, passée maître dans cet art, et qui maîtrise admirablement la couleur et l’exécution.

A noter que les pièces d’Emmanuelle Jude seront présentées au printemps 2016 à la galerie Odile Oms à Céret.

- - -

Horaires et jours d’ouverture :

De 10h à 12h et de 14h à 18h Fermé le mardi d’octobre à mai

Tarifs :

Plein tarif : 3 € – Tarif réduit : 2 € Gratuit jusqu’à 12 ans. 

page1image3832.png TERRUS à Elne 

 

SOUSCRIPTION ETIENNE TERRUS (1857 – 1922)

Proche de Maillol, Terrus était apprécié des grands peintres de son époque : Luce, ami de longue date, Matisse (dès 1905), Manguin, Camoin, Marquet, Derain ...

page1image6688.png

Il s’est isolé à Elne par choix, mais il va régulièrement à Paris, où il participe au Salon des Indépendants jusqu’en 1914, voit les expositions, se tient au courant des dernières tendances. Il correspond régulièrement avec ses amis, les reçoit à Elne. Quelle que soit la période, la lumière, la couleur, la construction, la poésie, l’émotion, la sérénité habitent ses toiles et ses aquarelles. Certes il fait siennes toutes les tendances de cette période si florissante de l’histoire de l’art, mais il les a interprétées, gardant sa propre écriture, ce qui donne charme et intérêt à son œuvre.

Depuis 1994 la ville d’Elne a créé un musée qui lui est dédié et qui présente une collection unique de ce peintre.
Les Amis d’Illibéris et les Amis du Musée Étienne Terrus vous proposent de les aider à enrichir cette collection en apportant votre contribution à la souscription qu’ils lancent pour acquérir des huiles, des aquarelles, des dessins provenant de trois collections et visibles sur les cimaises de la galerie l’IF.

L’IF, 4, Boulevard de la Liberté. ELNE Ville Haute Les samedis et dimanches après-midi
sur rendez-vous au 04 68 22 18 78
de septembre 2015 à mars 2016.

 

- - - Gauguin à Cerbère ? 

(textes de Pascal Yvernault) 

 

L'ombre de Gauguin plane sur la plaine du Roussillon 

 

Si on sait que Paul Gauguin louaient les œuvres de Maillol et que Georges-Daniel de Monfreid était devenu en 1900 son mandataire "en toutes choses", on peut se demander s'il est, un jour dans sa vie, venu jusqu'aux pentes du Canigou pour rencontrer ses vrais partisans qui tous, au début du 20ème siècle, vivaient dans le Roussillon et lui vouaient un véritable culte.

 

Paul Gauguin, qui nait à Paris en 1848, est le fils d'un journaliste anti-monarchique qui mourra l'année suivante. Il perd sa mère alors qu'il est encore mineur et il est alors confié à un tuteur, Gustave Arosa, collectionneur et photographe qui deviendra un des premiers amateurs des impressionnistes. C'est grâce à ce tuteur d'origine espagnole que Gauguin côtoie les milieux qui soutiennent les mouvements républicains en Europe et en Amérique du Sud. 

A 23 ans, il se tourne vers la finance, d'abord comme agent de change puis comme employé dans une agence de vente et d'achat d'actions de compagnies d'assurances, et gagne jusqu'à 40 000 francs par an. Mais à 34 ans, il quitte la Bourse et annonce à son épouse Mette qu'il souhaite dorénavant se consacrer uniquement à la peinture. Il avait pris des cours de sculpture et de modelage dès 1877, avait été l'élève de Pissarro et avait exposé quelques toiles lors d'une exposition impressionniste en 1880.

 

En 1879, il peint Pommiers de l'Hermitage, dans les environs de Pontoise (huile sur toile exposée au Aargauer Kunsthaus à Aarau en Suisse) : "Pommiers de l'Hermitage montre l'importance qu'aura sur Gauguin l'enseignement de Pissarro. Le goût du maître pour la nature, son refus de toute forme d'académisme marqueront certes l'élève plus profondément que ses préceptes impressionnistes. Ce sont pourtant ces derniers, brillamment interprétés ici par Gauguin, qui seront à la base de ses futurs choix artistiques." (1)

 

A 34 ans, Gauguin changeait donc de vie. "Le changement ne s'était pas fait sans avertissement, mais la femme de Gauguin ne le lui pardonna jamais. Elle avait fait un marché avec un homme d'affaires bien renté, et lorsqu'il se tourna vers l'art et qu'il n'y eut plus de rentes, elle considéra qu'il y avait trahison conjugale. Au temps de sa fortune il avait commencé à peindre comme passe-temps dominical ; il avait également fait des achats assez importants que sa femme considérait sans intérêt - des œuvres de Cézanne, Manet, Renoir, Monet, Pissarro et d'autres.

 

 En tant que collectionneur, il avait rencontré Pissarro qui entreprit de l'instruire en matière de peinture et dès ce moment-là son intérêt pour la Bourse s'évanouit rapidement. A 31 ans, en 1879, il était devenu un 'amateur' tellement habile que ses œuvres (sous le patronage de Pissarro) furent exposées à la quatrième exposition organisée par les Impressionnistes ; il continua à exposer avec eux jusqu'à la huitième et dernière exposition de 1886 - à cette époque sa carrière d'homme d'affaires était terminée."

Paul Gauguin devient alors l'artiste dont on connait la carrière, le peintre de Pont-Aven et de Tahiti...

 

- - - © Le blog de louisiane.catalogne.over-blog.com

22 nov. 2013.

 

(1) Catalogue de l'exposition Gauguin, les XX et la Libre Esthétique , salle Saint-Georges, Liège (Belgique), du 21 octobre 1994 au 15 janvier 1995.

(2) Van Gogh et son temps, Robert Wallace (Editions Time-Life, 1969).

 

- - -

 

25 novembre 2013

L'ombre de Gauguin plane sur la plaine du Roussillon 

Admiré par les artistes nord et sud catalans qui le rencontreront souvent par l'intermédiaire de Georges-Daniel de Monfreid, Gauguin insistait "fortement sur ses origines hispaniques, sur ses attaches d'enfance avec le Pérou mais aussi sur la figure importante de sa grand-mère, la flamboyante Flora Tristan, à qui il doit à la fois ses origines ibériques et son atavisme républicain." (1)

 

A partir de l'été 1883, Gauguin s'occupe de missions pour le compte des républicains radicaux espagnols. "Il semble qu'entre 1883 et 1886 Gauguin ait effectué plusieurs missions pour les comploteurs espagnols : en 1885 à Londres, en 1886 à Bordeaux, un voyage à Montpellier en 1884, où, avec Emile Bertaux, il aura le temps de visiter le musée Fabre, et de commencer une copie d'un tableau de Delacroix. Il racontera aussi deux épisodes autour de la frontière pyrénéenne, un aller-retour entre Cerbère et Port-Bou caché à l'aller dans un wagon de charbon et au retour, dissimulant Ruiz Zorilla (*) dans la cargaison de blé d'un chariot. Enfin, une altercation avec un gendarme sur la côte de Cerbère. C'est à cette occasion sans doute qu'il peignit une aquarelle intitulée Cerbère 18 août 1883 et signée P.G., en vente chez Sotheby's en 1975, mission annoncée dans une lettre du 13 août à Pissarro dans laquelle Gauguin se dit "très intéressé aux affaires d'Espagne auxquelles je suis un peu partie active". Sans que Monfreid le sût à l'époque et sans qu'il s'appesantît dessus ensuite, Gauguin avait bel et bien séjourné en Roussillon." (1)

 

En 1902, Gauguin envisage de quitter les Marquises pour regagner l'Europe et pourquoi pas s'installer près de Monfreid dans les Pyrénées catalanes, ou en Espagne pour y travailler pendant quelques années. Monfreid l'en dissuade invoquant le climat détestable d'Europe : le froid, l'humidité en France, la sécheresse aride et les fièvres en Espagne.

Paul Gauguin meurt le 8 mai 1903 à l'âge de 54 ans. La nouvelle de son décès n'arrive à Paris que le 23 août. "Le premier Salon d'automne ouvert au Petit Palais comprend une salle consacrée à l'artiste où figurent huit toiles dont le Christ jaune." (2)

 

- - -

 

(*) Manuel Ruiz Zorilla a souvent conspiré contre les Bourbons restaurés. L'Espagne entre 1874 et 1885 est gouvernée par le roi Alphonse XII.

(1) Catalogue de l'exposition Paris Perpignan Barcelone - L'appel de la modernité (1889 - 1925), musée Hyacinthe Rigaud de Perpignan du 20 juin au 13 octobre 2013.

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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