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5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 09:47
M.Galabru (photos Jean-Pierre Bonnel) au cloître de Collioure, le 6 juin 2015.
M.Galabru (photos Jean-Pierre Bonnel) au cloître de Collioure, le 6 juin 2015.

M.Galabru (photos Jean-Pierre Bonnel) au cloître de Collioure, le 6 juin 2015.

Je publie ici, dans mon blog, l'article que j'avais écrit pour L'Indépendant le 6 juin 2015 :

 

Collioure en habit de Galabru

Le 15 juin à 6h00 par Jean-Pierre Bonnel | Mis à jour le 15 juin  -  Collioure en habit de Galabru - Lindépendant.fr

www.lindependant.fr/2015/06/15/collioure-en-habit-de-galabru... (photo Jean-Pierre Bonnel : l'acteur accueilli par le maire de Collioure, sous la pluie : les invités se sont réfugiés dans le cloître du jardin du musée d'art moderne… J'ai pu aborder sans problème l'artiste, qui n'hésitait pas à se livrer et à raconter des moments de sa vie à ceux qui l'interrogeaient… Fatigué, certes, mais l'esprit et la voix assurés. Un homme modeste et sympathique. JPB)

 

- - -

 

Samedi soir, le spectacle de Michel Galabru à Collioure enchanta le Théâtre de la mer

 

 

        Collioure en habit de … Galabru  !

 

 

 Pour sa venue, les éléments se sont tus. En effet, vendredi, à son arrivée à la conférence du maire, Jacques Manya, l'acteur avait essuyé une pluie torrentielle. Mais samedi soir, aucun vent méchant, pas la moindre brise marine n'a osé perturber le spectacle de ce comédien hors-normes. 

Si jeune d'esprit, cet homme de 92 ans, à la voix si forte et si profonde, à l'humour si décapant, a toujours la passion du théâtre et l'enthousiasme des débuts…

 

A Collioure qu'il connaît bien, pour  avoir tourné dans le film "Le petit baigneur"…A Collioure, qu'il aime et où il retrouve sa filleule tant aimée… A Collioure, il s'est donné, il a offert son talent et sa générosité au public nombreux et chaleureux étagé dans l'amphithéâtre du square Caloni…

 

L'acteur a écrit le texte de son monologue autobiographique "Le cancre"; il y raconte les grands moments de sa longue vie, l'école, l'enfance, l'adolescence, les cours de théâtre avec Louis Jouvet, l'existence difficile à Paris… M.Galabru revient sur ses origines : homme du Midi, sa famille est native de l'Hérault; d'un petit village près de Lodève et autour de Pézénas. Son patronyme signifie "Coq d'avril". Il parle de ses racines, de souvenirs heureux, même si, clame-t-il, "La grande injustice, c'est la naissance !".

 

Dan l'intimité du théâtre sur la mer, ouvert sur le petit port et l'église marine, l'acoustique s'étonne de la justesse de la voix de ce monsieur assis, sur l'estrade, immobile : toute la mise en scène réside dans la clameur et les variations pittoresques de son verbe ! Il déroule la chronologie de son existence, en la nourrissant de mille anecdotes hilarantes : son enfance au Maroc, "dix ans de paradis", la nomination de son père au Havre, l'école : il devient "le cancre", intitulé de son spectacle, car huit fois mis à la porte de façon …définitive ! 

 

Ensuite, ce sont les études à Montpellier, dans "une belle pension", puis vient le temps du théâtre...

M. Galabru imite alors Sacha Guitry; il campe mille personnages avec l'accent et la formule qui tuent ! Voici l'oncle, puis Martine "aux nichons bien calés", et Gisèle, aux "dents de lapin", ou encore M. Valmal et "sa gueule de travers". Le public rit, applaudit, puis soudain fait silence : Galabru évoque la guerre ("Je suis de la classe 42"); il est envoyé dans un camp disciplinaire en Yougoslavie…Enfin, c'est la Libération, l'arrivée des chars soviétiques et le jeune homme se retrouve à Strasbourg, puis à Paris : voici le début de l'aventure du futur comédien !

 

L'acteur infatigable enchante anecdotes, blagues, souvenirs cocasses, faits divers incroyables… On sent qu'il aime son métier, qu'il est capable de parler toute la nuit…Et pourquoi pas ? Elle est si douce, cette nuit colliourenque, blottie au pied du château royal ! 

 

Mais avant d'aborder le théâtre, le spectacle prend des chemins buissonniers : Galabru, jeune et "noir de cheveux" va travailler dans les assurances; il rencontre une femme au ventre très rond et comme lui aussi, déjà, a de l'embonpoint, les relations ne sont pas aisées…Le discours est parfois égrillard, semé de "gros mots" et c'est ça que le spectateur apprécie, cette sincérité, du verbe, cet aspect "naturel", franc du personnage ! 

Soudain, le rire semble basculer vers la tragédie : cette femme ne pensait qu'à se suicider…Mais non, c'était du théâtre de sa part ! Tout est d'ailleurs théâtre, chez Galabru, qu'il soit sur scène ou que vous lui parliez en tête à tête : c'est un être devenu théâtre à lui tout seul ! 

 

Le monologue s'achève sur les grands moments de sa carrière d'acteur : il est reçu au Conservatoire et suit les cours d'un prof remarquable, Louis Jouvet. Il joue "Psyché" de Molière avec François Perrier, il rencontre Michel Simon : tous ces comédiens sont campés avec sympathie, mais Galabru se souvient de cet acteur ironique qui disait : "Tu peux me serrer la main : le talent n'est pas contagieux…"

 

Mais Galabru a du talent : en 1950, après trois ans de Conservatoire, il obtient le premier prix et entre à la Comédie française ! A ce propos, il confie au public conquis qu'il était amoureux d'une ouvreuse…Puis il improvise quand un moucheron se permet de permet de lui chatouiller un oeil… Il quitte le "Français" et rencontre l'admirable Suzanne Flon qui lui propose un film pour la télé avec Claude Brasseur et Jean-Paul Belmondo. C'est le début de la gloire, mais Galabru va s'essayer au cabaret. 

 

Il développe ensuite un moment de bravoure à propos de Fernandel, Pagnol, Arletty, et cette maquilleuse qui doit lui coller une moustache : ne disposant pas de l'objet, elle se décide à se couper les poils du pubis…. Enfin, retour au cinéma avec le populaire:  "Les gendarmes à Saint-Tropez".

 

Michel Galabru met soudain un terme à son "one man show" : le public n'a pas vu l'heure tourner au cadran de Notre-Dame des Anges. L'ange authentique, ce fut ce gars gentil, ce Galabru jamais méchant, malgré l'humour, qui célébra la comédie, mais en aucune façon "le théâtre de l'amer"…

 

 

Jean-Pierre Bonnel

 

 

 

 

le comédien en juin dernier dans le cadre du festival "Un soir au Caloni". Il y avait joué son spectacle "Le Cancre". En 1967, Michel Galabru avait également tourné plusieurs scènes du "Petit Baigneur" dans la commune.

/chapo

Michel Galabru aura donc donné une de ses dernières représentations au Théâtre de la Mer de Collioure. C'était le samedi 13 juin dernier avec son spectacle autobiographique "Le Cancre". 

 

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Published by leblogabonnel - dans culture
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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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