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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 09:54
Maison "rose" de Maillol, rue Maillol, à Cap Doune, Banyuls (photo J.P.Bonnel)

Maison "rose" de Maillol, rue Maillol, à Cap Doune, Banyuls (photo J.P.Bonnel)

Allemands et Pyrénées 2

 

 

 

 

- - -  Portrait de Maillol dans Le berger des abeilles... 

 

 

 

En mai 1943, un jeune lieutenant originaire du Nord de la France vient de rentrer de prison en Poméranie. Le ministère des prisonniers l'envoie en congé dans les Pyrénées-Orientales. En arrivant à la gare de Perpignan, la personne qui devait l'emmener à l'hôtel ne vient pas, mais un taxi-vélo-cycliste l'aborde et lui propose de l'emmener. Mais à l'hôtel, son nom n'apparaît pas dans les réservations...

 

 

Ce roman long, touffu et difficile à suivre, est présenté ainsi :

Les Allemands avaient attaqué le Berger et sa troupe, près de St-Martin du Canigou, en août 1944; les Résistants furent massacrés mais quand les SS s'approchèrent de leur campement, se dressa alors un infranchissable mur d'abeilles…

 

L'oeuvre est intéressante car elle évoque les P.O., le Canigou (pages 182, 375, 473), les villes de Perpignan (page 70), de Céret (p.221) et de Banyuls (Cap Doune, Ile Petite, vision du port catalan à la page 117, ainsi que la présence de Malraux à de nombreuses reprises, p. 93, 114, 117, 155, 178 : on se souvient de cette photo de Malraux, sur le port avec Max Aub, Josette Clotis…avec la Retirada, après avoir filmé à Montserrat "Sierra de Terruel").

 

C'est surtout l'évocation de Maillol qui est passionnante, aux pages 114, 178, ainsi que le dialogue avec Dina Vierny :

"Malgré l'âge, Dina lui reprochait de ne pas avoir assisté à l'enterrement de son conscrit, le vieux Pams? Les Banyulencques étaient choqués.

-Les enterrements m'ennuient, répondit Maillol. Ne compte pas sur moi pour aller au mien…

 

La mort du sculpteur est aussi décrite, avec une erreur de lieu : Maillol se rendait à Vernet et non à Amélie, pour rendre visite à Dufy, avec la voiture du docteur Nicolau :

 

"Moussu Maillol a eu un accident le 15 septembre (1944) sur la route de Céret. Vous connaissez le chêne des Trabucayres ?

-A Maureillas. C'est Puig * qui me l'a montré….

-Un docteur de Perpignan conduisait une voiture qu'on lui avait prêtée, en lui disant de faire attention à la direction. Le volant a pété. Il est mort le 27 (Maillol)…"

 

Nicolau est qualifié d' "homme important", qui aurait négocié entre le maquis et les Allemands en retraite laLibération de Perpignan…Maillol lui parle de son fils Lucien, interné aux Rois de Majorque, et lui demande d'intervenir (Page 403, l'écrivain revient sur la mort du sculpteur et de son dégoût des funérailles…)

 

Les lisons de Maillol avec les Allemands sont exprimées de façon discrète et lacunaire: "…Amitiés allemandes ! Maillol avait en tout et pour tout le comte Kessler…Un Prussien, ça oui ! Mais un Prussien qu'on appelait à Berlin le Comte Rouge, et qui est mort en France, deux ans avant la guerre !"

 

Défense de maillol : ce sont surtout d'autres habitants de Banyuls, dont un hôtelier, qui sont montrés comme des collabos… 

 

Enfin, le romancier décrit l'incompréhension entre les Français et les Occupants allemands, de même qu'entre les habitants eux-mêmes, les Catalans :

 

"Les Catalans, nous avons tellement de mal à nous comprendre nous-mêmes que ce n'est pas étonnant que les autres ne nous comprennent pas! Nous sommes français; ça fait une gymnastique dans nos têtes. Cette maladresse, nous la compensons par l'orgueil. C'est l'orgueil de Banyuls qui fait le désordre aujourd'hui…"

 

Une description bien négative des gens d'ici...

 

- - -

* A. Lanoux utilise pour ce personnage le portrait d'un instituteur de Banyuls

 

-Lire : André Vinas, Armand Lanoux, témoin d'Isis, Grasset,‎ 1985, 340 p. 

 

- - - à suivre...

 

- - - Portrait de Maillol dans Le berger des abeilles...

En mai 1943, un jeune lieutenant originaire du Nord de la France vient de rentrer de prison en Poméranie. Le ministère des prisonniers l'envoie en congé dans les Pyrénées-Orientales. En arrivant à la gare de Perpignan, la personne qui devait l'emmener à l'hôtel ne vient pas, mais un taxi-vélo-cycliste l'aborde et lui propose de l'emmener. Mais à l'hôtel, son nom n'apparaît pas dans les réservations...

Ce roman long, touffu et difficile à suivre, est présenté ainsi :

Les Allemands avaient attaqué le Berger et sa troupe, près de St-Martin du Canigou, en août 1944; les Résistants furent massacrés mais quand les SS s'approchèrent de leur campement, se dressa alors un infranchissable mur d'abeilles…

L'oeuvre est intéressante car elle évoque les P.O., le Canigou (pages 182, 375, 473), les villes de Perpignan (page 70), de Céret (p.221) et de Banyuls (Cap Doune, Ile Petite, vision du port catalan à la page 117, ainsi que la présence de Malraux à de nombreuses reprises, p. 93, 114, 117, 155, 178 : on se souvient de cette photo de Malraux, sur le port avec Max Aub, Josette Clotis…avec la Retirada, après avoir filmé à Montserrat "Sierra de Terruel").

C'est surtout l'évocation de Maillol qui est passionnante, aux pages 114, 178, ainsi que le dialogue avec Dina Vierny :

"Malgré l'âge, Dina lui reprochait de ne pas avoir assisté à l'enterrement de son conscrit, le vieux Pams? Les Banyulencques étaient choqués.

-Les enterrements m'ennuient, répondit Maillol. Ne compte pas sur moi pour aller au mien…

La mort du sculpteur est aussi décrite, avec une erreur de lieu : Maillol se rendait à Vernet et non à Amélie, pour rendre visite à Dufy, avec la voiture du docteur Nicolau :

"Moussu Maillol a eu un accident le 15 septembre (1944) sur la route de Céret. Vous connaissez le chêne des Trabucayres ?

-A Maureillas. C'est Puig * qui me l'a montré….

-Un docteur de Perpignan conduisait une voiture qu'on lui avait prêtée, en lui disant de faire attention à la direction. Le volant a pété. Il est mort le 27 (Maillol)…"

Nicolau est qualifié d' "homme important", qui aurait négocié entre le maquis et les Allemands en retraite laLibération de Perpignan…Maillol lui parle de son fils Lucien, interné aux Rois de Majorque, et lui demande d'intervenir (Page 403, l'écrivain revient sur la mort du sculpteur et de son dégoût des funérailles…)

Les lisons de Maillol avec les Allemands sont exprimées de façon discrète et lacunaire: "…Amitiés allemandes ! Maillol avait en tout et pour tout le comte Kessler…Un Prussien, ça oui ! Mais un Prussien qu'on appelait à Berlin le Comte Rouge, et qui est mort en France, deux ans avant la guerre !"

Défense de maillol : ce sont surtout d'autres habitants de Banyuls, dont un hôtelier, qui sont montrés comme des collabos…

Enfin, le romancier décrit l'incompréhension entre les Français et les Occupants allemands, de même qu'entre les habitants eux-mêmes, les Catalans :

"Les Catalans, nous avons tellement de mal à nous comprendre nous-mêmes que ce n'est pas étonnant que les autres ne nous comprennent pas! Nous sommes français; ça fait une gymnastique dans nos têtes. Cette maladresse, nous la compensons par l'orgueil. C'est l'orgueil de Banyuls qui fait le désordre aujourd'hui…"

Une description bien négative des gens d'ici...

- - -

* A. Lanoux utilise pour ce personnage le portrait d'un instituteur de Banyuls

-Lire : André Vinas, Armand Lanoux, témoin d'Isis, Grasset,‎ 1985, 340 p.

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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