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28 janvier 2016 4 28 /01 /janvier /2016 08:45
Dessins racistes (sauf la première image)
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Dessins racistes (sauf la première image)

Dessins racistes (sauf la première image)

* Personnalité d'exception, c'est un personnage tranchant : on l'aime ou on la déteste.

Je l'estime, comme d'autres figures politiques : J.P.Chevènement, Simone Veil. Je cherche d'autres noms, en vain...

Femme intelligente, les imbéciles la haïssaient.

Femme cultivée, oratrice talentueuse, les ignorants la maudissaient….

Femme de gauche, au souffle révolutionnaire, les conservateurs, les politiciens de droite l'auraient bien installée au bagne de Cayenne...

Sa présence forte et sa parole en archipel révélaient les démons intimes des racistes et faisaient parler l'inconscient pervers des fascistes….

Ces dessins prouvent que la France est encore un pays de Barbares et de Terroristes. Ils sont chez nous, ces Blancs, ces Médiocres porteurs de béret et de baguette, prêts à sortir le fusil de famille pour chasser l'Etranger, le Migrant, le Noir, l'Arabe, le Sans-papier, le Gauchiste, le Coco…bref, celui qui ne lui ressemble pas...

J.P.Bonnel

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Christiane Taubira : Je suis une bête sauvage : quand je ne suis pas contente, ça se voit ! Si je suis heureuse, ça se voit aussi.

Christiane Taubira

Christiane Taubira, née le 2 février 1952 à Cayenne (Guyane), est une femme politique française.

Elle commence sa carrière politique comme militante indépendantiste, puis participe à la création du parti politique guyanais Walwari. Députée de la première circonscription de la Guyane de 1993 à 2012, elle est à l'origine de la loi tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité.

Candidate du Parti radical de gauche (PRG) à l'élection présidentielle de 2002, elle arrive en 13e position du premier tour de scrutin, avec 2,32 % des voix.

Elle est garde des Sceaux, ministre de la Justice du 16 mai 2012 au 27 janvier 2016, dans les gouvernements Jean-Marc Ayrault I et II, puis Manuel Valls I et II. À ce titre, elle défend au Parlement le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe. Son travail à la tête du ministère de la Justice est salué par la gauche alors que l'opposition juge sa politique pénale laxiste1,2,3,4.

Formation et carrière professionnelle

Née à Cayenne, Christiane Taubira est issue d'une famille éclatée — sa mère, Bertille, aide-soignante, morte à 49 ans, élevait seule ses onze enfants, dont cinq avec le père de Christiane, Georges Taubira, épicier à Cayenne, qui les avait abandonnés.

Elle est divorcée en 2002 du leader indépendantiste Roland Delannon après 20 ans de mariage, et mère de quatre enfants ; ils s'étaient séparés sur fond de crise politique, après qu'il eut constitué une liste dissidente à son épouse lors des élections régionales de 19985.

Titulaire d'un diplôme de troisième cycle en sciences économiques, d'une licence en sociologie et d'un certificat en ethnologie afro-américaine obtenus à Paris, elle a également suivi un troisième cycle en agroalimentaire du Centre français de la coopération agricole6,Note 1.

Elle devient professeur de sciences économiques en 19787.

Cofondatrice de l'association agricole Caricoop pour la Guyane (Confédération caraïbe de la coopération agricole)8, elle en est la directrice générale de 1982 à 1985. Depuis 1990, elle est membre de l'Office de coopération et de commerce extérieur de la Guyane (OCCE-G), un organisme dépendant du conseil régional de la Guyane.

Parcours politique

Militante indépendantiste et création de Walwari

Elle commence sa carrière politique en 1978 comme militante indépendantiste, notamment au sein du Mouvement guyanais de décolonisation (MOGUYDE)9, que son mari Roland Delannon a fondé en 197410. Elle dirige la revue indépendantiste Mawina11. Selon Robert Chaudenson, « ces mouvements anticolonialistes, impliqués dans nombre d'attentats, étaient très violents. » Roland Delannon, avec l'aide de l'UTG, prépare un attentat contre les installations pétrolières de Guyane qui échoue (le complot de Noël)12. Il est alors arrêté le 13 décembre 1974 avec 12 autres personnes. Elle affirme qu'elle a alors été obligée de vivre en clandestinité13,14. Roland Delannon est emprisonné pendant dix huit mois15 et l'arrestation des 13 personnes impliqués dans l'opération déclenche une grève générale de la part de l'UTG16.

Après l'arrivée de François Mitterrand à la présidence de la République en 1981, elle cesse le militantisme indépendantiste, constatant qu'il n'est plus soutenu par les Guyanais13 et fonde son activité professionnelle et devait signer un contrat de professeur-chercheur à l'Université du Québec à Montréal lorsqu'elle est sollicitée pour s'investir en politique. En 1993, elle cofonde avec son mari le parti Walwari et en devient présidente17.

Députée de Guyane (1993-2002)

En 1993 elle est élue députée « non inscrite » de Guyane et vote, dans l'hémicycle, l'investiture du gouvernement Édouard Balladur. Elle intègre un petit groupe parlementaire, République et liberté. L'année suivante, elle est quatrième de la liste Énergie radicale menée par Bernard Tapie lors des élections européennes de 1994. En avril 1994, elle est observateur parlementaire aux premières élections multiraciales en Afrique du Sud18.

À sa réélection en juin 199719, elle rallie le groupe socialiste, et se voit confier par Lionel Jospin un rapport sur la recherche de l'or en Guyane. En 1998, elle se sépare de son mari après que celui-ci s'est présenté contre Walwari aux élections régionales de 1998 sans l'en avertir, fatigué de l'hégémonie politique de son épouse. En 2014, elle exprime des remords dans la presse sur ce passage de sa vie15.

Jusqu'en novembre 2001, elle est apparentée PS. Elle rejoint ensuite le groupe RCV (PRG-MDC-Verts-PCR).

Article détaillé : Loi tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité.

Christiane Taubira a donné son nom à la loi française no 2001-434, votée le 10 mai 2001, qui reconnaît comme crimes contre l'humanité, la traite négrière transatlantique et l'esclavage qui en a résulté, jusqu'à l'abolition de l'esclavage. La loi prévoit également l'insertion de ces faits historiques dans les programmes scolaires et le développement des recherches scientifiques s'y rapportant. Une des conséquences de cette loi est la création d'une journée annuelle de la mémoire de l'esclavage, qui se tient tous les 10 mai.

La loi est critiquée car elle est considéré comme loi mémorielle se limitant à la traite européenne. Olivier Pétré-Grenouilleau, spécialiste de l'histoire de l'esclavage, a été attaqué en justice au nom de la loi Taubira parce qu'il rappelait que « la quasi-totalité des esclaves africains avaient été razziés non par des Blancs, mais par des négriers africains et que le commerce des esclaves était une routine sur le continent noir bien avant l'arrivée des négriers européens »20.

Candidate à l’élection présidentielle de 2002

En avril 2002, elle est la candidate du Parti radical de gauche à l'élection présidentielle avec une campagne axée sur l'« égalité des chances ». Elle obtient 2,32 % des voix au premier tour et réalise l'essentiel de son score en France d'outre-mer, notamment en Guyane, où elle obtient 52,7 % des suffrages exprimés21.

Selon certains socialistes, cette candidature a contribué à l'éparpillement des voix de gauche et a été une des causes de l'échec de Lionel Jospin à accéder au second tour de l'élection présidentielle22. D'après d'autres observateurs, comme Jacques Séguéla, Christiane Taubira avait proposé une alliance à Lionel Jospin, qui n'aurait pas donné suite à cette demande23.

Députée de Guyane (2002-2012)

Elle est de nouveau élue députée avec 67,22 % des voix24 le 16 juin 2002, pour la XIIe législature, dans la première circonscription de la Guyane. Elle est apparentée au groupe socialiste. Tout en demeurant membre du parti guyanais Walwari, elle devient, après le congrès de Toulouse (septembre 2002), première vice-présidente du Parti radical de gauche, poste spécialement créé pour elle et supprimé au congrès de 2004. Elle est en tête de la liste « Europe fraternelle » du PRG aux élections européennes de 2004, dans la circonscription Île-de-France : cette dernière n'obtient que 1,54 %, et aucun élu25.

En 2004, elle est condamnée par le conseil des prud'hommes de Paris pour licenciement injustifié et rupture de CDD « abusive » concernant son ancienne assistante parlementaire, et doit lui verser 5 300 euros26.

En 2006, elle considère que le nombre des immigrés clandestins expulsés de Guyane (7 500 sur 50 000) est dérisoire27. En 2007, à propos de la minorisation des Guyanais de souche, elle déclare : « Nous sommes à un tournant identitaire. Les Guyanais de souche sont devenus minoritaires sur leur propre terre28. »

Le 12 juillet 2006, elle se déclare candidate à l'investiture du PRG pour l'élection présidentielle de 2007. Le 22 octobre, le PRG réuni en Congrès renonce à présenter une candidature, préférant un accord avec le Parti socialiste sur les élections présidentielle et législatives29. Le 20 janvier 2007, Christiane Taubira rallie l'équipe de Ségolène Royal, où elle est nommée « déléguée à l'expression républicaine30 ». Par la suite, lors de la campagne des législatives de juin 2007, elle déclare avoir été « approchée » par l'entourage de Nicolas Sarkozy « avant la fin de la présidentielle » pour faire partie du gouvernement, mais « avoir alors décliné l'offre »31. Elle est réélue députée avec 63,41 % des suffrages le 17 juin 2007 pour la XIIIe législature, dans la Première circonscription de la Guyane32. Elle est apparentée au groupe Socialiste, radical, citoyen et divers gauche.

En avril 2008, elle est chargée par le président de la République Nicolas Sarkozy d'une mission sur les accords de partenariat économique entre l'Union européenne et les pays ACP33. Son rapport, remis deux mois plus tard34, émet de lourdes critiques envers ces dispositifs, et formule des préconisations jugées audacieuses35, mal reçues par l'Élysée, le chef de l'État n'ayant fait aucun commentaire.

Christiane Taubira est candidate, à la tête d'une liste divers gauche à l'élection régionale de 2010 en Guyane. Arrivée en tête des quatre listes de gauche en présence, elle conduit une liste d'union de la gauche au second tour. Le 21 mars 2010, avec 43,9 % des voix, elle est battue par le maire de Cayenne, soutenu par l'UMP, Rodolphe Alexandre (56,1 %)36. Elle siège dès lors dans l'opposition.

Le 14 décembre 2010, elle annonce son soutien à Arnaud Montebourg dans le cadre des primaires du Parti socialiste de 2011 pour l'élection présidentielle de 201237.

Garde des Sceaux, ministre de la Justice (2012-2016)

À la suite de la victoire de François Hollande à l'élection présidentielle, elle est nommée pour la première fois au gouvernement le 16 mai 2012 en devenant garde des Sceaux, ministre de la Justice38 au sein du gouvernement Ayrault (dont 30 membres sur 35 sont issus du Parti socialiste). Dès sa nomination, elle est la cible des critiques de l'UMP et du FN39, qui, en particulier après l'évasion d'un détenu lors d'une manifestation sportive opposant détenus et gardiens à laquelle elle assistait, lui reprochent du laxisme.

Après l'annonce du nouveau Premier ministre stipulant que tout ministre de son gouvernement qui se présente aux législatives et qui serait battu devrait démissionner40, les médias annoncent que Christiane Taubira renonce à briguer un nouveau mandat parlementaire41,42.

Les premières mesures qu'elle désire appliquer sont une nouvelle loi contre le harcèlement sexuel43 et supprimer les tribunaux correctionnels pour mineurs pour garantir la spécificité de la justice des mineurs44. L'annonce de cette suppression, prévue dans le programme du candidat Hollande, est qualifiée de laxisme par l'UMP45, mais est favorablement accueillie par les représentants de l'USM, le syndicat majoritaire de la magistrature46.

Au premier trimestre 2013, confrontée à une vague de départs, la ministre est contrainte de remanier son cabinet ; elle embauche ainsi l'épouse d'un proche de François Hollande, Bernard Rullier, conseiller chargé des affaires parlementaires à l'Élysée. Son prétendu compagnon serait également membre de son cabinet47, mais cette information est vigoureusement démentie par les intéressés48.

En tant que garde des Sceaux, elle porte le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, qu'elle qualifie de « réforme de civilisation »49. Lors des débats au Parlement, où elle est particulièrement présente, ses nombreuses prises de parole et son habileté suscitent le respect, plus que l'approbation, de l'opposition, qui avait pourtant fait d'elle une cible privilégiée lors de ses débuts au gouvernement, faisant de ce débat un « moment » particulier de sa carrière politique50,51,52,53. Le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe est approuvé par l'Assemblée nationale en seconde lecture par 331 voix contre 225 (opposition) et 10 abstentions.

À l'été 2013, elle met en œuvre un projet de réforme pénale, qui voit notamment la création de la « contrainte pénale ». Si la garde des Sceaux considère qu'il s'agit de la fin du « tout-carcéral », certaines de ses prises de position ont donné lieu à des divergences avec le ministre de l'Intérieur Manuel Valls et à un « procès en laxisme » intenté par la droite54. La loi est promulguée le 15 août 2014.

Un an plus tard, sa loi d’adaptation de la procédure pénale au droit de l’Union européenne fait l'objet d'une censure de 27 sur 39 articles par le Conseil constitutionnel le 13 août 2015, dont des mesures visant la lutte contre la pédophilie et le financement de l'aide aux victimes, considérées comme des cavaliers législatifs55.

Lors de l'élection territoriale de 2015 en Guyane, elle figure en 11e position sur la liste Walwari (section de Cayenne), qui recueille seulement 7,10 % des voix au premier tour56,57. Elle ne parvient ainsi pas à retrouver son mandat de conseillère régionale, qu'elle avait abandonné en août 2012[réf. nécessaire].

Elle est au centre d'une polémique, en décembre 2015, pour avoir annoncé sur une radio algérienne, Alger Chaîne 3, que le gouvernement français renonçait à l'extension de la déchéance de nationalité pour les binationaux convaincus de terrorisme alors que le Conseil des ministres du lendemain a maintenu cette proposition dans son projet de réforme constitutionnelle58,59.

Le 27 janvier 2016, la démission de Christiane Taubira est annoncée par l’Élysée. Elle est remplacée par Jean-Jacques Urvoas, député du Finistère et président de la commission des lois à l'Assemblée nationale60,61. Sur le réseau social Twitter, elle explique le jour même62:

« Parfois résister c'est rester, parfois résister c'est partir. Par fidélité à soi, à nous. Pour le dernier mot à l'éthique et au droit. »

Travaux et prises de position

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Christiane Taubira est fréquemment considérée par les politiques comme un « électron libre », en raison de ses prises de position personnelles entrant peu dans une logique de parti63.

Loi sur les signes religieux dans les écoles publiques

Contrairement au PS et au PRG, elle s'oppose ainsi, en 2004, au vote de la loi française sur les signes religieux dans les écoles publiques, considérant que « Faire œuvre législative plutôt que mission pédagogique, c’est perdre foi en la République, alors que sont soigneusement évités les terrains où se nouent les tensions les plus lourdes de sens dans l’affrontement éthique64. »

Référendum sur le traité établissant une constitution pour l'Europe

En 2005, elle prend position pour le « non » lors du référendum français sur le traité établissant une constitution pour l'Europe65, contrairement au PRG, dont elle est, à l'époque, encore vice-présidente.

Référendum sur le statut de la Guyane

Lors du référendum de 2010 sur le passage de la Guyane à un statut de collectivité d'outre-mer, bien que critique envers le caractère flou du projet, elle appelle à voter « oui » au sein du mouvement Guyane 7466.

Victime d'attaques racistes

Comme d'autres femmes ministres, dites de la diversité, elle fait face à de nombreuses insultes racistes67 et sexistes68.

En novembre 2013, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme condamne les propos, qu'il considère comme des attaques racistes, tenus dont elle fait l'objet depuis plusieurs semaines, et notamment la couverture d'un hebdomadaire d'extrême droite, Minute, publié avec la photo de la ministre accompagnée de la légende : « Maligne comme un singe, Taubira retrouve la banane »69. L'hebdomadaire repousse l'accusation de racisme, arguant qu'il n'a fait qu'utiliser deux expressions françaises, « dont la seconde — la partie sur la banane — est familièrement utilisée pour décrire une personne en bonne forme70. »

Le 30 octobre 2014, le directeur de l'hebdomadaire est condamné à 10 000 euros d'amende pour sa une, Le Monde avec AFP rappelant alors que la ministre avait dénoncé des propos « d'une extrême violence » déniant son « appartenance à l'espèce humaine »71. Le parquet ayant jugé la peine trop clémente fait appel72. Lors du procès en appel qui se tient le 4 juin 2015, le parquet requiert une amende identique ainsi qu'une peine de prison de deux mois avec sursis73. Lors du délibéré rendu le 17 septembre 2015 la condamnation du directeur de Minute à 10 000 euros d’amende est confirmée74.

Détail des fonctions et des mandats

Mandat local

Mandats parlementaires

Fonction ministérielle

Ouvrages

De Christiane Taubira

  • L'Esclavage raconté à ma fille, Paris, Bibliophane, coll. « Les mots à coeur »,‎ 2002 (réimpr. 2006 et 2015), 165 p.
  • Codes noirs : de l'esclavage aux abolitions, Paris, Dalloz, coll. « A savoir »,‎ 2006, 150 p.
  • Rendez-vous avec la République, Paris, La Découverte, coll. « Cahiers libres »,‎ 2006, 195 p.
  • Égalité pour les exclus : le politique face à l’histoire et à la mémoire coloniales, Paris, Temps Présent,‎ 2009, 93 p.
  • Mes météores : combats politiques au long cours, Paris, Flammarion,‎ 2012, 551 p.
  • Paroles de liberté, Paris, Flammarion, coll. « Café Voltaire »,‎ 2014, 138 p.

Sur Christiane Taubira

  • Carolien Vigoureux, Le mystère Taubira, Plon, 210 pages, 2015.

Notes

  1. ↑ Pendant de nombreuses années, les portraits médiatiques de Christiane Taubira lui attribuent un, voire deux doctorat(s), en économie, en ethnologie ou en agroalimentaire, selon les sources (Les diplômes des ministres du gouvernement Ayrault - Orientations, 23 mai 2012 [archive]). Dans son ouvrage Contre la justice laxiste (éditions L'Archipel, avril 2014), Philippe Bilger, ancien avocat général à la cour d'assises de Paris, laisse entendre que la garde des Sceaux ment sur son curriculum vitæ : « Elle a laissé dire, et ne l’a jamais contesté dans l’espace médiatique, qu’elle avait deux doctorats, l’un en économie, l’autre en ethnologie [...]. ». Sollicité, le cabinet de Christiane Taubira, alors Garde des Sceaux, affirme que celle-ci n’a jamais dit elle-même qu’elle possédait ces diplômes et explique que ces mentions sont dues aux journalistes qui « travaillent un peu trop sur Wikipédia » (Taubira et ses prétendus doctorats : « C’est la faute aux journalistes » Rémi Noyon [archive], Rue89, 28 mars 2014). « À première vue, l'erreur semble venir d'une confusion entre le « troisième cycle d'économie » qu'elle a entrepris (qui pouvait conduire à l'époque à un DEA ou un DESS) et l'acquisition d'un doctorat, qui suppose d'avoir soutenu une thèse avec succès » — (Le Monde, 28 mars 2014). Selon certaines enquêtes journalistiques, la ministre n'aurait pas affirmé détenir ces diplômes mais n'aurait pas non plus démenti publiquement de façon explicite ceux qui lui prêtaient leur obtention (Christiane Taubira et l'intox des doctorats - Maxime Vaudano, Le Monde, 28 mars 2014 [archive] et « On a vérifié les mensonges présumés de Christiane Taubira sur son niveau de diplôme » - Europe 1, 28 mars 2014 [archive]).

Références

  1. Le Monde du 27 janvier 2016 [archive]
  2. http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/07/27/31003-20150727ARTFIG00132-baisse-du-nombre-de-detenus-la-consequence-de-la-politique-penale-de-taubira.php [archive]
  3. http://www.ledauphine.com/france-monde/2014/05/31/la-reforme-penale-controversee-de-taubira-examinee-mardi-a-l-assemblee [archive]
  4. http://www.franceinfo.fr/emission/votre-france-info/2013-2014/la-tres-controversee-reforme-taubira-10-04-2013-15-15 [archive]
  5. ↑ Mariana Grépinet, « Le livre de la semaine - Le mystère Taubira », Paris Match no 3444, semaine du 21 au 27 mai 2015, page 39.
  6. Biographie - Site officiel de Christiane Taubira, députée de Guyane
  7. Biographie [archive] - les-elections-presidentielles-2012.com
  8. Biographie de Christiane Taubira [archive] - Portail du Gouvernement
  9. Sur franceinter.fr. [archive]
  10. « Résistance et lutte armée aux Antilles-Guyane » [archive], sur etoilerouge.chez-alice.fr.
  11. Sur rfi.fr. [archive]
  12. « Taubira-ti ? Taubira-ti pas ? » [archive], Robert Chaudenson sur blogs.mediapart.fr, 13 novembre 2013.
  13. ↑ a et b Interview de Christiane Taubira [archive], dans StreetPress.com, 6 janvier 2011.
  14. « Enquête. La face cachée de Taubira » [archive], Geoffroy Lejeune, valeursactuelles.com, 9 décembre 2013.
  15. ↑ a et b « Roland Delannon, la “blessure” de Christiane Taubira » [archive], Le Figaro, 3 janvier 2014.
  16. - Chronologie des luttes aux Antilles [archive], p. 15
  17. ↑ Samba Doucouré, « Christiane Taubira: « La première fois de ma vie que j'ai voté, c'était pour moi » » [archive], streetpress.com,‎ 5 décembre 2011 (consulté le 13 août 2015)
  18. Ancien site de Christiane Taubira
  19. Résultats des élections législatives de 1997 Cayenne-Macouria (1re circonscription) [archive], sur le site assemblee-nationale.fr
  20. Encore aujourd'hui [archive], Eric Conan, L'Express.fr, 4 mai 2006.
  21. http://www.interieur.gouv.fr/Elections/Les-resultats/Presidentielles/elecresult__presidentielle_2002/(path)/presidentielle_2002/003/973/03973.html [archive]
  22. ↑ Pascal Virot, « 2007 : Taubira rejoint les postulants de gauche » [archive], Libération, 13 juillet 2006.
  23. ↑ Jacques Séguéla : Autobiographie non autorisée, Plon, 2009.
  24. Résultats des élections législatives de 2002 Cayenne-Macouria (1re circonscription) [archive]
  25. Résultats [archive], sur le site du ministère français de l'intérieur.
  26. « Députés et… patrons » [archive], Thomas Bronnec, L'Express, 4 octobre 2004.
  27. ↑ Jeanne Ridereau, « Des mesures spécifiques pour lutter contre les clandestins », publié le 10 mai 2006 sur le site INFOAntilles [archive].
  28. ↑ Jean Piel, « Questions internationales (1) Les territoires français d’outre-mer s’alarment de l’afflux d’immigrés clandestins », MFI Hebdo, 20 avril 2007, en ligne [archive]. Christiane Taubira avait déjà fait une déclaration analogue en 2005 ; voir Marianne Payot, « La bombe migratoire », L'Express, 1er décembre 2005, en ligne [archive].
  29. ↑ « Le Parti radical de gauche ne présentera pas de candidat à la présidentielle », dépêche AFP citée par le Monde, 22 octobre 2006.
  30. ↑ Jean-Baptiste de Montvalon, « La campagne de la candidate PS "bat de l'aile" ? Mme Taubira veut "l'amplifier" », Le Monde, 21 janvier 2007.
  31. « Christiane Taubira affirme "avoir été approchée" par l'entourage de Nicolas Sarkozy » [archive], dépêche AFP citée par le Monde, 14 juin 2007.
  32. « Résultats des élections législatives 2007 - Ministère de l'Intérieur » [archive], sur interieur.gouv.fr,‎ 17 juin 2007 (consulté le 15 juin 2013)
  33. ↑ « Christiane Taubira chargée d'une mission sur les accords de partenariats économiques », Le Monde, 22 avril 2008.
  34. [PDF] « Les accords de partenariat économique entre l'Union européenne et les pays ACP. Et si la politique se mêlait enfin des affaires du monde ? » [archive], rapport à monsieur le président de la République remis par Mme Christiane Taubira, députée de Guyane, 16 juin 2008.
  35. ↑ Lauranne Provenzano, « Accords économiques UE-ACP : Christiane Taubira jette un pavé dans la mare [archive] », afrik.com, 2 juillet 2008.
  36. ↑ Élections régionales de 2010 - résultats en Guyane [archive] sur le site du ministère de l'Intérieur.
  37. « Primaires du PS : Taubira "conjugue" sa candidature avec celle de Montebourg » [archive], Mediapart.
  38. Christiane Taubira, une indépendante à la justice [archive], Le Monde, 18 mai 2012.
  39. Christiane Taubira sous le feu des attaques de l'UMP [archive] Le Monde, 22 mai 2012
  40. Gouvernement Ayrault : tout ministre battu aux législatives devra partir [archive], Le Figaro, 16 mai 2012.
  41. Législatives : Taubira n'est pas candidate [archive], Le Figaro, 18 mai 2012.
  42. ↑ AFP, « Christiane Taubira ne sera pas candidate aux législatives » [archive], Le Monde,‎ 18 mai (consulté le 19 mai 2012)
  43. « Taubira confirme une loi “très vite” sur le harcèlement » [archive], Le Figaro, 17 mai 2012.
  44. « Mineurs : Taubira réaffirme la fin des tribunaux correctionnels » [archive], Le Figaro, 20 mai 2012.
  45. « Accusé de "laxisme" sur la sécurité, le PS reste serein » [archive], L'Express, 21 mai 2012.
  46. Article de lejdd.fr [archive], 21 mai 2012.
  47. ↑ Pascal Ceaux, « Justice: pourquoi les collaborateurs de Taubira la quittent » [archive], sur lexpress.fr,‎ 27 mars 2013 (consulté le 15 juin 2013)
  48. Le conseiller de Taubira dément toute relation avec la ministre [archive], sur le site leparisien.fr du 28 Mars 2013, consulté le 6 janvier 2016.
  49. « Mariage des homosexuels. Taubira détaille son projet » [archive], Sud Ouest, 7 novembre 2012.
  50. ↑ Sophie Huet, « Mariage gay : les douze forcenés de l'Hémicycle » [archive], sur Le Figaro,‎ 8 février 2013 (consulté le 27 mai 2013)
  51. ↑ Charlotte Rotman, « Veil, Badinter et… Taubira » [archive], sur Libération,‎ 4 février 2013 (consulté le 27 mai 2013)
  52. ↑ Sylvain Courage, « Dix jours de Taubiramania à l'Assemblée » [archive], sur Le Nouvel Observateur,‎ 8 février 2013 (consulté le 27 mai 2013)
  53. ↑ Gaël Vaillant, « Taubira se révèle dans l'hémicycle » [archive], sur Le Journal du dimanche,‎ 6 février 2013 (consulté le 27 mai 2013)
  54. ↑ Jérôme Sage, « Réforme pénale : l'Élysée conforte Taubira », in Le Figaro, samedi 31 août-dimanche 1er septembre 2013, pages 8-9.
  55. ↑ lefigaro.fr, « Plusieurs mesures portées par Taubira sabrées par le Conseil constitutionnel » [archive] (consulté le 27 août 2015)
  56. Elections régionales et des assemblées de Corse, Guyane et Martinique 2015 [archive], sur le site interieur.gouv.fr, consulté le 6 janvier 2016.
  57. Régionales. La liste sur laquelle Taubira était candidate a fait…7% [archive], sur le site valeursactuelles.com du 9 décembre 2015, consulté le 6 janvier 2016.
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  59. Christiane Taubira plus fragilisée que jamais [archive], sur le site lemonde.fr du 23 décembre 2015, consulté le 6 janvier 2016.
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  61. Démission de Taubira : « Parfois résister c’est partir » [archive], Le Monde, 27 janvier 2016
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  63. Christiane Taubira chavire l’Outre-mer [archive], sur le site rfi.fr, 2002
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  69. Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, Press briefing notes on France / Racism, Albinism, Cambodia protests and Human Rights Day [archive], 15 novembre 2013.
  70. ↑ Le Monde.fr avec AFP, « L'ONU s'alarme des attaques « racistes » à l'encontre de Taubira » [archive], sur lemonde.fr,‎ 15 novembre 2013 (consulté le 2 janvier 2014).
  71. ↑ Le Monde.fr avec AFP, « 10 000 euros d'amende pour le directeur de Minute ayant comparé Taubira à un singe » [archive], sur lemonde.fr,‎ 30 octobre 2014 (consulté le 9 août 2015).
  72. ↑ Le Monde.fr avec AFP, « Une » de Minute sur Taubira : le parquet fait appel de la peine, jugée trop clémente » [archive], sur lemonde.fr,‎ 12 novembre 2014 (consulté le 9 août 2015).
  73. « Taubira comparée à un singe à la Une de « Minute » : prison avec sursis requise en appel » [archive], sur lcp.fr, LCP Assemblée nationale,‎ 4 juin 2015 (consulté le 9 août 2015).
  74. « Minute » condamné en appel pour avoir comparé Christiane Taubira à un singe [archive], Le Monde,‎ 17 septembre 2015 (consulté le 22 septembre 2015)

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« Rien n’interdit de faire sens avec beauté »

L’art oratoire est de retour. Après une succession de campagnes présidentielles marquées par la « pipolisation » et la volonté de casser les codes, celle de 2012 se distingue par le nombre de beaux discours « à l’ancienne » qu’elle donne à entendre.

A gauche, en particulier, cela faisait longtemps que le public n’avait pas été aussi bien servi – même si Besancenot avait montré de vraies qualités de tribun : Mélenchon succède à Hue et Buffet, Hollande à Jospin et Royal... Et leurs prestations suscitent un certain engouement : on voit des électeurs se réunir pour les suivre sur les chaînes info ou en streaming sur Internet.

La persistance du meeting comme ingrédient majeur des campagnes électorales peut sembler incongrue, anachronique.

On a eu envie d’en discuter avec une des meilleures oratrices françaises, Christiane Taubira. La députée PRG de Guyane, qui fut candidate à l’élection présidentielle de 2002, savoure chaque mot « comme une friandise ». Et pour elle :

« Un grand discours, ça dit l’essentiel au moment où cet essentiel doit être dit sans qu’il soit facile de dire cet essentiel-là. »

Rue89 : On a l’impression qu’une émission de télé peut faire basculer une élection. Et pourtant, le meeting existe encore. Comment l’expliquez-vous ?

Christiane Taubira : Parce que c’est l’exercice de relation par excellence. La télévision démultiplie la parole publique, elle touche infiniment plus de monde qu’on ne pourrait en rassembler dans un meeting. Mais le meeting reste l’exercice politique majeur. C’est une rencontre, à la fois cathartique, affective, politique donc le meeting est absolument irremplaçable.

Et pourtant cela se résume souvent à prêcher des convaincus...

Souvent, c’est vrai, les meetings rassemblent des partisans. Par contre j’ai vécu pendant la primaire des situations extrêmement inhabituelles. J’ai soutenu Arnaud Montebourg, nous avons fait beaucoup de terrain et j’ai vécu des meetings, des ambiances, que je n’avais pas vécus avant. C’était un public à l’écoute, demandeur de paroles, de réponses, de précisions, qui n’applaudissait pas tout le temps.

J’aime bien les débats : c’est un langage explicite, très clairement formulé. Le meeting, lui, est un langage codé : le dialogue se joue dans les applaudissements, dans les rires, dans les soupirs. Le meeting est plein de chaleur, plein d’enthousiasme. Je crois que c’est vraiment l’exercice que je préfère. ll y a aussi un côté festif, déclaration d’amour ; un côté « nous sommes ensemble mais nous restons à votre écoute avec notre vigilance citoyenne »...

Ce sont des choses que vous présupposez. Peut-être que, dans la salle, des tas de gens ont été traînés là par leur conjoint, qu’ils attendent juste que ça finisse le plus vite possible...

Ça arrive probablement mais c’est marginal. Les gens ont trop d’occupations, trop d’opportunités, trop de choses à voir à la télé... S’ils sont là, c’est qu’ils sont passionnés. A l’exception, encore une fois, des meetings de la primaire, où beaucoup de gens venaient se faire une opinion.

Quels sont les ingrédients à réunir pour faire un bon discours ?

Je ne suis pas un modèle parce que je suis une sensitive, une intuitive et une sensuelle. En meeting, j’ouvre les vannes. Je suis vraiment avec le public, je parle aux gens. C’est pas un exercice pour la télé.

On m’a déjà dit de penser à quelques phrases que la presse puisse reprendre. Mais je n’y pense pas. J’ai vraiment besoin de sentir les gens. Je suis dans l’instant. Ma fréquence se branche sur les gens et du coup les gens me portent.

Je ne saurais pas vous dire quels sont les ingrédients. Je pense qu’il ne faut pas être trop long, en même temps il faut prendre le temps de dire des choses. J’ai un présupposé qui m’arrange : je pense que les gens sont intelligents et instruits.

Il faut que ce soit beau, enthousiasmant, enchanteur. Les gens sont sensibles à la poésie. Pas la poésie pour montrer sa culture et son érudition. Mais la poésie parce qu’une très belle pensée formulée admirablement par un grand esprit colle à la situation. Cette poésie-là percute les gens tout droit dans leur cœur.

« Rien n’interdit de faire sens avec beauté »

Qu’en savez-vous, quand vous êtes à la tribune ?

On le sent. J’ai des regards, dans la salle. Et ces regards-là parlent. Souvent il est arrivé qu’à la fin d’un meeting des gens viennent me saluer et je leur dis : « Vous étiez assis à tel endroit, j’ai vu votre regard. »

Je balaye sans arrêt, je scanne, comme on dirait aujourd’hui, je tombe sur des regards qui sont des bornes. Je continue à circuler mais je sais que là, il y a une fontaine.

Ils sont touchés par la musique des mots ou parce que ça fait sens ? Comment distinguer les deux ?

La magie, c’est les deux. On peut dire des choses avec beaucoup de sens mais avec un vocabulaire très aride, très rêche. Sadi Carnot aimait dire au début de ses discours : « Je ne suis pas venu pour vous séduire mais pour vous convaincre. »

Moi je pense que rien n’interdit de faire sens avec beauté, avec lyrisme. Je pense que si les gens s’accrochent à un propos, c’est parce qu’il y a les deux. On leur parle de quelque chose qui résonne chez eux, mais on leur dit dans une musique qui est agréable.

Cette part de « musique » prend-elle de plus en plus de place dans les discours ?

Il y a des gens qui toute leur vie feront des discours rêches, ils sont comme ça. Moi je n’ai pas le souci des phrases. Je les aime naturellement musicales. Alors elles me viennent musicalement.

Vous dites-vous parfois que vous avez cédé à la facilité en faisant de belles phrases capables d’emporter l’assistance ?

Non, pour une raison toute simple : je n’ai jamais fait de meeting sans en avoir vraiment envie, sans être complètement dans le combat, sans savoir vraiment ce que je fais là. Ceux qui cèdent à la facilité sont ceux qui font meeting sur meeting en service commandé ou les vrais démagogues, ceux qui veulent éblouir ou estourbir les gens – estourbir est un créolisme.

« Je suis une bête sauvage »

Mais quand on est dans une longue campagne, que soir après soir on doit répéter un peu la même chose, les mots prononcés dégagent-ils encore de la sincérité ?

La répétition n’exclut pas la sincérité. La spontanéité recule mais si on est convaincu le premier jour, on l’est toujours le dixième jour. Moi j’ai toujours eu ce souci de ne pas répéter. On peut formuler différemment une même idée. J’ai une structure, un plan, je sais ce que je veux dire. Mais une situation peut me faire faire une digression, une citation ou une plaisanterie peuvent me venir...

Avec l’expérience que vous avez, vous connaissez désormais les ficelles, vous savez ce qui marche.

Franchement, je n’ai pas de ficelles et je n’en connais pas. La seule recette que je connaisse, c’est que je sois bien et heureuse d’être là parce que sinon ça se verra. Je suis une bête sauvage : quand je ne suis pas contente, ça se voit ! Si je suis heureuse, ça se voit aussi.

Je me souviens d’un conseil que m’a donné un député à l’Assemblée il y a très longtemps. Il m’a dit : « Quand tu interviens, souviens-toi que tu parles à tes électeurs. » Je l’ai regardé complètement éberluée. Je n’ai jamais suivi ce conseil : quand je suis à l’Assemblée, je suis à l’Assemblée. Je suis là dans le lieu et dans l’instant.

Je ne suivrai jamais de ficelles : la politique est un moment de ma vie et je ne veux pas trahir ce qu’a été ma vie avant ni compromettre ce que sera ma vie après. J’ai toujours refusé de transiger sur les principes : ils ont une durée plus longue que la parenthèse de ma vie politique. Je préfère rater un meeting que d’avoir des problèmes de conscience.

Il vous est arrivé de rater un meeting ?

J’ai tout le temps cette impression. Après les émissions et après les meetings. Même si on me dit que c’était excellent, je suis lucide et je connais les failles de mes interventions. Je sais que là je n’ai pas été assez claire, que là j’ai oublié une idée... Au début ça me rendait insomniaque et ça me donnait mal à la tête, je prenais deux aspirines. Maintenant je dissèque et j’essaye de ne pas refaire les mêmes erreurs.

« Quatre fois sur cinq, ça ne se passe pas de la façon prévue »

Est-ce que vous considérez qu’il existe deux catégories d’hommes politiques selon qu’ils écrivent eux-mêmes leurs discours ou qu’ils acceptent qu’on les écrive pour eux ?

Il y a même une troisième catégorie : ceux qui ne font pas du tout de discours et qui préfèrent répondre à des questions. Vous êtes alors dans une autre gestuelle et une autre logique intellectuelle.

Vous prononcez des discours, vous participez à des débats, vous donnez des interviews : est-ce que votre langue change en fonction des exercices ?

La langue reste la même. D’abord parce que vous vous retrouvez souvent dans des situations d’improvisation. Ça m’est arrivé une fois à la Guadeloupe avec Hollande. On m’appelle à la tribune, je regarde François avec surprise, il me regarde froidement. Le lendemain on voit dans la presse « Taubira a réveillé la salle »... Bon. Mais personne n’avait eu l’amabilité de me prévenir.

En politique, quatre fois sur cinq, ça ne se passe pas de la façon prévue. La nécessité d’improviser fait que la langue reste la même.

Mais la méthode d’expression peut changer : il y a des exercices plus pédagogiques que d’autres. Le meeting n’est pas un exercice pédagogique. Dans un colloque où je dois expliquer pourquoi il faut que l’Europe soit une Europe des peuples, des territoires, des cultures, de la créativité, je ne le ferai pas de la même façon que si je viens chanter dans un meeting l’aventure européenne comme défi extraordinaire et extravagant que les hommes se sont donnés.

Parmi les candidats à la présidentielle, y en a-t-il que vous admirez en tant qu’orateurs ?

En tant qu’orateurs, je ne pense pas...

Même Mélenchon ?

C’est indiscutablement un orateur. Et Hollande est extrêmement brillant dans la réactivité, le rebond sur un propos qui peut venir de la salle, ou un sujet d’actualité.

Et Marine Le Pen ?

Je n’ai vraiment aucune envie de l’écouter. Ce qui m’intéresse, en politique, c’est la sincérité, l’expression de convictions réelles. Qu’on soit d’accord ou pas, ça nourrit le débat démocratique. Mais je pense que Marine Le Pen, comme son père, est dans un jeu.

Je vous posais cette question parce que je me demandais si les modérés n’étaient pas condamnés à être de moins bons orateurs.

On peut très sérieusement se poser la question. C’est sûr qu’on peut avoir des envolées enflammées si on appelle à la révolution. Mais l’exercice a ses perversions : on franchit vite le cap de la crédibilité. A la fin, c’est comme si on était allé à un beau spectacle. On n’est pas dans l’accolade d’une vie qu’on empoigne ensemble et qu’on va porter ensemble.

Dans les derniers meetings auxquels j’ai assisté, la salle vibre plus quand l’orateur parle de lui-même, de son histoire, que quand il expose ses projets. Est-ce une part qui prend de l’importance ?

Dans les discours du passé que j’ai lus, en effet, il n’y avait pas de parenthèse personnelle. Cela va certainement crescendo parce que nous vivons une période où les hommes politiques sont plus exposés que jamais et où on considère que leur vie privée, leur tempérament, leur caractère, tout cela fait partie de leur engagement public.

« Les mots, je les ai sur la langue »

Je vous avais demandé de sélectionner des discours qui vous ont marquée. Qu’avez-vous choisi ?

Un grand discours, ça dit l’essentiel au moment où cet essentiel doit être dit sans qu’il soit facile de dire cet essentiel-là. La personne qui parle sait où elle est, à quel moment elle est, et où est le nœud. Et elle attaque le nœud. C’est courageux et pertinent.

On peut dire de très belles choses qui auront des effets dans vingt ans ou qui valaient il y a quinze ans. Mais là, la personne dit ce qu’il faut au moment où il faut et alors que ça doit lui rapporter des baffes.

J’ai choisi Mandela : son discours de premier président élu d’Afrique du Sud, en 1994. C’était le 10 mai. Il y a des dates fétiches, comme ça, qui construisent elles-mêmes leur fétichisme. Louis Delgrès avait publié son très beau discours de résistance au rétablissement de l’esclavage le 10 mai 1802. C’est aussi notre date, choisie par Chirac, de souvenir national de la traite négrière...

Bon, je ne suis pas bonne en lecture parce que j’ai l’habitude de parler sans lire mais allons-y.

« Nous, le peuple d’Afrique du Sud, nous sentons profondément satisfaits que l’humanité nous ait repris en son sein, et que le privilège rare d’être l’hôte des nations du monde sur notre propre terre nous ait été accordé, à nous qui étions hors-la-loi il n’y a pas si longtemps... »

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Discours de Nelson Mandela du 10 mai 1994

Il sort de 26 ans de prison ! Il sort de 26 ans de prison et il dit ça à la face du monde ! Là, sur la terre sud-africaine ! Les Noirs sont majoritaires, ils égorgent tout le monde [s’ils le veulent]. Ils peuvent dire qu’ils font des expropriations de biens et une distribution nationale. Mandela peut dire mille choses mais il dit ça. C’est fabuleux. C’est pas spécialement lyrique mais... Wow ! I feel so great !

Vous les relisez souvent, les discours que vous jugez importants ?

Je peux relire des passages, je peux me remémorer des passages. Vous savez, les mots, je les ai sur la langue, comme un bonbon, une sucrerie, une friandise. Il y a des paroles de gens que j’aime beaucoup, que je relis et que je suce. Non, ce n’est pas joli : je les savoure. Mais ce n’est pas juste la musique des mots. C’est la force de la pensée amplifiée par la beauté des mots qui l’expriment.

Quel est votre deuxième choix ?

Par ordre chronologique, c’est le discours d’Yitzhak Rabin, quelques minutes avant son assassinat. Et là non plus, ce n’est pas spécialement lyrique.

J’avais une tendresse particulière pour cet homme qui avait fait la guerre toute sa vie et qui a pris cet avion pour aller à Oslo rencontrer l’ennemi héréditaire, cet homme qui ne la ramenait pas, qui s’était dépouillé des insignes militaires, qui avait fait le choix de la paix. J’ai évidemment pleuré quand il a été assassiné. Comme j’ai pleuré pour l’assassinat de Thomas Sankara. Je n’ai pas pleuré pour l’assassinat de Maurice Bishop mais j’étais en rage.

Je ne lis pas l’hébreu mais les phrases étant sobres et la construction simple, je pense que cette traduction donne vraiment à entendre sa parole.

« La voie de la paix reste encore préférable à celle de la guerre. Je l’affirme en tant que militaire et ministre de la Défense, qui assiste trop souvent à la douleur des familles de soldats de Tsahal... »

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Discours d’Yitzhak Rabin du 4 novembre 1995

C’est la sobriété qui vous touche ?

La sobriété, la crédibilité de celui qui parle compte-tenu de ce qu’a été sa vie, et cette humilité extraordinaire.

« Si je suis dans la difficulté, je cogne »

Passons au dernier choix.

C’est l’inévitable, c’est Barack Obama. Il faut se rappeler qu’il dit ça au moment où on l’accuse à la fois de ne pas être assez noir et d’être trop noir et où le révérend Wright a fait des déclarations tonitruantes et intempestives contre l’Amérique blanche.

On l’attaque de partout et il dit ça :

« J’ai choisi de me présenter à la présidence à ce moment de l’Histoire parce que je crois profondément que nous ne pourrons faire face aux défis de notre temps sans que nous ne les résolvions tous ensemble... »

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Discours de Barack Obama du 18 mars 2008

Je vais finir par l’histoire qu’Obama raconte à la fin de son discours :

« C’est l’histoire d’une jeune Blanche de 23 ans nommée Ashley Baia qui a organisé notre campagne à Florence, en Caroline du Sud. Elle a travaillé à organiser une communauté principalement afro-américaine depuis le début de cette campagne et un jour elle assistait à une table-ronde où chacun racontait son histoire et pourquoi il était là.

Et Ashley a dit que, quand elle avait 9 ans, sa mère fut atteinte d’un cancer. Et parce qu’elle a dû rater des jours de travail, elle a été renvoyée et a perdu son assurance maladie. Elles ont été contraintes de se faire déclarer insolvables et c’est à ce moment-là qu’Ashley a décidé de faire quelque chose pour sa mère.

Elle savait que la nourriture représentait l’un de leurs principaux postes de dépense, et donc Ashley a convaincu sa mère que ce qu’elle aimait vraiment manger n’était rien d’autre que des sandwiches à la moutarde. Parce que c’était ce qu’il y avait de moins cher à manger.

Elle a fait cela jusqu’à ce que sa mère aille mieux et elle a dit à tout le monde lors de cette table-ronde que la raison pour laquelle elle avait rejoint notre campagne était d’aider les millions d’autres enfants qui, dans ce pays, veulent et doivent aider leurs parents, eux aussi.

Or Ashley aurait pu faire un choix différent. Peut-être que quelqu’un lui a dit, à un moment, que la source des problèmes de sa mère était les Noirs qui vivaient du “Welfare” et qui étaient trop paresseux pour travailler, ou les Hispaniques qui venaient dans le pays illégalement. Mais elle ne l’a pas fait. Elle a cherché des alliés dans son combat contre l’injustice.

Ashley termine son histoire et fait le tour de table en demandant à chacun pourquoi il soutient la campagne [...]. Arrive le tour de cet homme âgé noir qui est resté, pendant tout ce temps, assis silencieusement. Et Ashley lui demande pourquoi il est là. Et il ne soulève pas de problème spécifique. Il ne parle pas de la santé ou de l’économie. Il ne parle pas de l’éducation ou de la guerre. Il ne dit pas qu’il est là à cause de Barack Obama. Il dit simplement à tout le monde : “Je suis ici parce qu’Ashley existe.” »

La première fois que j’ai lu ça, je l’ai lu en anglais, j’ai pleuré, pleuré, pleuré...

Savez-vous pourquoi ?

Elle est magnifique, l’histoire de cette gamine qui, au lieu de macérer dans des frustrations, se retrouve à s’engager.

Je viens d’un milieu très humble, je suis d’une famille monoparentale, ça me rappelle le courage de ma maman, qui ne se plaignait jamais avec ses onze gamins, elle n’avait pas d’aides, elle trimait, mais elle se montrait joyeuse.

Les belles choses me font pleurer. Mais je ne pleure jamais sur moi. Si je suis dans la difficulté, je cogne.

« Avec Sarkozy, il n’y a pas eu tromperie sur la marchandise »

Les cogneurs peuvent exceller dans un autre exercice rhétorique : la petite phrase. Quand j’en discute avec des députés, ils prétendent souvent qu’au fond d’eux-mêmes, ils n’aiment pas ça, mais que le système médiatique les y contraint...

Je pense qu’ils peuvent résister, et qu’ils doivent résister. Et que s’ils avaient résisté, au moment où le phénomène a surgi, je pense que la politique aurait plus de consistance aujourd’hui. Ils portent une responsabilité dans la désaffection des citoyens pour la politique.

Si c’est pour entendre untel dire une méchanceté sur untel autre, que l’on voit ensuite furtivement ensemble à la buvette... C’est un jeu de rôle, qui pousse à ne plus croire personne.

Beaucoup de gens partent d’ailleurs du principe que les politiques ne disent pas la vérité. Comment intégrez-vous cette difficulté-là quand vous vous exprimez ?

Le seul remède à ça, c’est la sincérité, c’est ne pas raconter de salades aux gens. Les gens sentent la sincérité. On me dit depuis des années : « Ce qui est bien, avec vous, c’est qu’on sent que vous croyez à ce que vous dites. »

On entendait aussi cela dans les meetings de Nicolas Sarkozy en 2007.

Je ne crois pas qu’on l’ait jamais dit comme ça. Des gens l’ont cru quand il a dit qu’il avait changé. Ceux qui étaient désarmés ou ceux qui voulaient vraiment le croire. Mais il ne surgissait pas de nulle part. Il avait été ministre de l’Intérieur.

En 2007, j’ai subi un harcèlement pour entrer au gouvernement ; des amis de gauche m’ont dit aussi qu’il fallait y aller. Mais j’avais bataillé contre lui pendant cinq ans ! C’est quand même l’homme de la loi sur la sécurité intérieure de juillet 2002 ! C’était l’homme du racolage passif, l’homme anti-Tziganes, l’homme de l’emprisonnement pour stationnement dans les halls d’immeuble !

Je ne pouvais pas faire semblant de le croire quand il disait qu’il avait changé, qu’il nous resservait Jaurès et Blum... Les gens se sont étonnés du discours de Dakar mais on en avait entendu les prémices pendant la campagne. Il n’y a pas eu tromperie sur la marchandise.

Entretien initialement publié le 26 février 2012.

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