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12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 09:14
Teresa Rebull avec A.Baulenas (à droite), Robert Triquère (au milieu) et J.P.Bonnel aux Templiers, Collioure (salle Vialat)

Teresa Rebull avec A.Baulenas (à droite), Robert Triquère (au milieu) et J.P.Bonnel aux Templiers, Collioure (salle Vialat)

 

 

*dimanche 17 avril 2016 -Chemin de Mémoire, balade culturelle : le long du chemin Walter Benjamin (de Puig del Mas à la crête frontière - Col de Rumpissa- descente sur Port-Bou et visite de Port-Bou. Gratuit.

 

(départ de la mairie à 9h, puis en voiture jusqu'au parking de Puig del Mas. Départ à pied à 9h15 - apporter pique-nique pour 13 heures - bonne condition physique nécessaire - 5/6 heures de marche, dénivelé de 600 mètres)

 

Retour en train ou  en voiture.  S'inscrire : 06 31 69 09 32.  

 

 

http://www.association-walter-benjamin.fr

 

 

7 route de Bages - 66180 - Villeneuve de la Raho - 04.68.55.96.39. - 06.31.69.09.32. - "le blogue à bonnel"

 

On n'a pas besoin d'être adhérent pour participer aux activités…

 

Pour adhérer à l'association (20 euros) :  jean-pierre.bonnel@orange.fr

 

 

 

** 12 avril:

THÉÂTRE
Michel Aumont, merveilleux Roi Lear !


mardi 12 avril | 20h30
Le Grenat - 2h 50 - de 10 € à 29 €

Dans cette flamboyante mise en scène, Jean-Luc Revol replace l’intrigue du célèbre Roi Lear dans les années 20. Le roi Lear devient ici un chef d'entreprise vieillissant régnant sur un empire cinématographique, qui décide de céder les parts de sa société. Une pièce aboutie, exigeante et populaire : à voir par tous sur la scène du Grenat le mardi 12 avril à 20h30. 

 

La mer à Banyuls, c'est Teresa Rebull




Je vais à Banyuls et je ne vois pas la mer, la plage, les rochers...


Je vais par les escaliers, par un jour de pluie qui fait pâlir les citrons
par les rampes qui me disent qu'elles mènent à la mer.


mais je ne veux pas voir la mer !


on s'habitue à tout, à la beauté, au soleil de la Méditerranée, au bleu indélébile...


 on ne se rend pas compte de sa chance, de son bonheur.


on marche, court dans l'indifférence, aveugle à ce décor, à ces jardins d'orangers, à ces senteurs de miel venues des amandiers de février.


Je vais voir Teresa qui est plus belle que la mer !!!


Malgré l'âge, malgré le poids du corps et du temps, malgré sa tristesse d'être assise, d'endurer la misère du corps, de la mort.


Mais elle me parle de vie et d'amour
elle est pleine d'enthousiasme et de beauté
l'intelligence présente, la  mémoire toujours en éveil, l'élan affectif, la confiance en l'Homme mais pas aux partis, aux syndicats...




Teresa ou l'enthousiasme de la révolution permanente.


Elle me parle de son passé


Voilà le cinéma du siècle qui défile devant moi
Il sort un océan d'images et de cris de la mémoire.


Elle me bouge, me provoque : "Tu n'as pas lu ça, tu ne sais rien ! Tu es un tiède, tu navigues entre deux eaux..!"




Il ne pleut plus. Le bonheur est revenu face à la petite terrasse rouge, grâce à la peinture des mimosas, devenue soudain plus lumineuse, grâce au livre de Bénédicte, de Varian Fry ou de Walter Benjamin...





En descendant l'étroit escalier de sa maison, j'ai envie d'aller voir la mer, bien seule, décidément, aujourd'hui...


JPBonnel




    Entretiens avec Teresa REBULL


  Banyuls,  Avril-juillet 2013 




Anarchisme : l’anarchisme, c’est un mouvement pour abattre un Régime ; il est courageux mais il ne sait pas construire. Il n’a pas le sens de l’organisation. Il y eut bien sûr, des exceptions, comme à Lleida (Lerida), où les libertaires ont créé des systèmes d’autogestion.


L’anarchisme est une éthique : il faut se remettre en question, se demander : « Que faire, quelle révolution ? ».  Or, les anarchistes baissent les bras, ils vont avec la bourgeoisie. Les « anars » ont fait beaucoup de mal à la révolution espagnole : ils se sont pliés aux exigences de la bourgeoisie catalane ! Companys a participé à ce gouvernement ; avec le recul du temps on voit les erreurs qui ont été commises…




* Banyuls : A Banyuls elle fut bien acceptée : elle chantait tellement bien la sardane ! Comme un chant  religieux ! Elle était pareille à une paloma ! Quand elle allait à la plage, c’était une révolution… 


Installée à Banyuls, elle allait chanter à Montpellier et dans les villages des Pyrénées-Orientales, à Rivesaltes par exemple, le village du poète Joan Morer : « N’ayez pas honte de parler ou de chanter en catalan ! » lui disait-il.




* Catalans (partis) et Catalanistes : 


         L'actualité, c'est la défense de la langue catalane, avec un concert au Camp Nou de Barcelona et la présence de Luis Llach. "Les partis ne s'y reconnaissent pas, ni la droite avec CiU (Convergence et Union), ou le Parti populaire, ni avec l'ERC : les listes se contredisent à gauche ! 
 
    Un petit coup d'aile d'oiseau et ils ne s'entendent plus... Les Socialistes sont merdiques : on a perdu des années avec Zapatero, pourtant fils de la Retirada et d'un père communiste qui a été torturé sous Franco !


    Le Parti socialiste catalan a toujours été à la traîne, toujours tourné vers Madrid ! Divergences, absence d'unité ! 
    Lors d'un concert, les Socialistes m'ont demandé de chanter plutôt en castillan, car il n'y avait dans la salle que des Andalous... A la fin du tour de chant, un garçon, beau et blond comme un ange, a joué "Els Segadors", notre hymne national, à l'accordéon...


     L'Esquerra fait la "puta ramunette" à présent ! Au début, elle avait une attitude correcte pour les affaires sociales; ensuite la question sociale n'a jamais été abordée, alors que c'est le noyau du peuple... 


    L'indépendance est absolument nécessaire : on nous vole, on nous massacre ! O instaures des lois sur la langue pires que sous le franquisme ! Pourtant les gens veulent parler catalan, même ceux qui viennent d'autres régions d'Espagne; j'étais dans une librairie et je regardais une dame qui achetait un gros dictionnaire de catalan; j'ai osé lui parler : elle voulait apprendre notre langue ! 


    * Le passé : on revient à la guerre civile. Teresa me parle de Joan Peyrot, anarcho-syndicaliste de Llobregat, un pays très minier : il était du part Als Trente, les Trente qui se sont séparés de l'anarchisme. 
    Les anarchistes ont été complices : ils ont participé au gouvernement de Campanys, qui incarcérait les militants du POUM...Les anars lançaient aux ouvriers, aux militants : "Laissez les armes et rentrez chez vous !" Le POUM suivait trop les anars, et ceux-ci l'ont laissé tomber... Les Anarchistes ont été persécutés pendant la République, c'est pour cela qu'ils n'ont pas voté pour la République...


    Sans oublier l'attitude du PC : sa provocation, durant les journées de mai à Barcelone, pour se débarrasser du POUM..!


    On ne peut pas m'attaquer pour ma conduite politique : jamais un mensonge ni une trahison. Durant ma longue trajectoire, j'ai été fidèle à mes idées, je ne me suis pas enrichie. Je vis aujourd'hui encore de façon très modeste, dans mon petit appartement de la rue Saint-Pierre... 
                                                                  Banyuls, le 2 juillet 2013




Camus et les intellectuels : 
Les intellos pissent toujours en-dehors du pot de chambre !


    Camus, je l'ai connu à Paris dans des soirées du Casal anar pour les réfugiés. Je l'ai rencontré aussi dans le grand appartement, avenue de l'Opéra, de la revue "Preuves", pour laquelle j'ai travaillé Ce comité pour la culture était financé par le groupe Ford aux Etats-Unis; comme on critiquait le PCF, les Communistes ont répondu qu'on travaillait pour la CIA..! 


    J'avais un rendez-vous avec Camus pour lui parler de mon beau-frère qui cherchait un emploi. J'aimais quand il parlait de Maria Casarès, son grand amour : "Quand on a un tel amour, on retourne en enfance !"
    A sa mort, je ne faisais que pleurer; mon mari en prenait ombrage; j'ai téléphoné à Francine, l'ex-épouse de Camus; je lui ai dit que j'avais rêvé la mort de Camus quelques jours auparavant : je le voyais au fond d'un trou, comme dans une tombe creusé dans la campagne et il me criait : "Viens me chercher !"


    * Le présent : J'ai l'impression qu'on est dans la culture du crime et de la stupidité ! Les gens ne savent plus sourire; ils sont agressifs. L'Homme est en pleine mutation, il est plongé dans une crise économique et morale. Le comportement de l'Homme et de la nature vont de pair; l'être humain est malade ! La situation est grave : quand la haute bourgeoisie échoue, c'est le fascisme qui gagne !


    Maintenant, je ne dors pas bien : je pense sans cesse à la peinture... J'ai beaucoup lu, j'ai appris beaucoup sur la technique picturale, mais je n'arrive pas sortir ma peinture de ma carcasse !


    Je suis sans doute trop influencée par Cézanne et par la beauté de la construction... Et quand j'ai trouvé la composition, je n'arrive pas à réaliser mon sujet, même si j'ai un projet précis...


    * Chanson : j’ai commencé à chanter autour de 49 – 50 ans. Entre-temps, de 18 ans jusqu’à cet âge là,  j’ai vécu à Marseille et à Paris. Je commence à chanter car le problème de la danse me poursuivait. J’ai entendu Raimon à Paris en 1962, ce fut un révélateur à partir de là, je me suis mise à jouer de la guitare, pour moi toute seule, sans avoir jamais pris de cours. Simplement, j’apprenais sur le tas avec des amis dans un Café, et de temps en temps, je jouais sur des places, dans la rue (j’ai commencé rue de la Contrescarpe, après mai 1968) et près de l’église Sainte Geneviève dans le 5e arrondissement.


En 1966, j’ai composé trois chansons, dont « Paysages de l’Ebre » du poète Josep Lloveras ; en lisant le texte, je voyais le rythme et la chanson naître sous mes yeux. J’ai composé la musique ; on disait qu’elle était arythmique. Cette chanson m’a rendue célèbre. Je suis revenue souvent sur la Sierra de Pandolls, montagne de la région où eut lieu la tragédie de la bataille de l’Ebre ; c’est un paysage sauvage et sensuel : on dirait que les montagnes te parlent et vont te serrer, t’embrasser…


Ma chanson dit : « Dans une grotte, j’ai trouvé les chaussures de Jaume, un trou…
Max Havar ** l’a adaptée en sardane, dans les années 1980 et elle a été jouée à Barcelone. 


J’ai chanté à Perpignan pour la grève des poupées Bella après mai 1968 ; ensuite, je suis partie chanter à Barcelone, à Valence… Je n’étais pas une vedette, je ne gagnais rien : j’ai joué pour des œuvres sociales, pour Amnesty International… de façon bénévole. J’ai chanté dans les banlieues au milieu des ouvriers, des étudiants. Mon militantisme consistait à chanter en catalan des choses belles…


Je n’ai jamais bénéficié d’aide matérielle, de personne, même pas des catalanistes, pour mon métier… Je n’ai jamais rien eu de la part des producteurs, des éditeurs…


A partir de 1970 à  Banyuls, je contacte des gens de Barcelone, mais je n’ai eu que des déceptions. J’étais seule, désorientée. J’avais besoin d’un  directeur artistique.


« On ne t’aide pas parce que tu fais peur aux gens ! », disait ma mère. Voulait-elle signifier par là que je chantais trop bien ? 


    J’ai eu le prix Charles Cros du disque en 1976 : mon nom sur la couverture était mal écrit : « Rebouil ! ». Pourquoi m’avez-vous donné ce prix ? », ai-je demandé. Un Catalan se trouvait dans le jury ;  il avait trouvé une grande harmonie entre la musique et les mots, c’était presque la perfection. Il est vrai que j’ai mis beaucoup d’instinct dans cette passion, je porte ce don en moi : j’adore les mots et je suis toujours en train de rechercher leur étymologie… 


 Le disque s’est bien vendu, il a été vite épuisé, mais des gens de Toulouse m’ont trompée, ils ont fabriqué une copie avec de nouvelles chansons et ils ne m’ont jamais rémunérée. Il  m’est resté 10 francs de cette vente et j étais bien contente car je n’avais pas perdu d’argent comme pour les autres albums… 


Je  n’ai pas eu d’impresario, je chantais de façon bénévole pour une cause politique ou humanitaire… à la maison, on mettait beaucoup de musique et je faisais le ménage avec Bach et je dansais ou je chantais avec Mozart.


Je suis allée à l’école de musique de Barcelone au Théâtre du Liceu : j’apprenais la danse classique et le Flamenco. Je regrette de ne pas avoir été danseuse ; j’ai beaucoup dansé sur la musique de Sibelius ; mon père voulait que je danse le Boléro, mais c’était compliqué…


J’ai d’abord fait un disque de chansons populaires catalanes avec l’AGRAM et Serge Llado ; c’est Jordi Barre qui m’a fait connaître Ramon Gual ; celui-ci voulait sortir ce disque de chansons : je trouvais ça trop bourgeois, du folklore petit bourgeois.


J’ai connu Paco Ibañez et Theodorakis à l’école de médecine de Paris ; j’avais peur de chanter avec eux : j’ai proposé Luis Llach à ma place ;  je suis montée sur scène pour traduire les textes de ses chansons.


Quand je vivais à Paris je suis allée à Bobino, où j’ai chanté plus tard, pour écouter Brassens. Je voulais le voir dans sa loge, il m’a dit : « tu fais passer un papier sous la porte, tu écris Térésa, et je t’ouvrirai ». Il ne le faisait que pour moi… Un homme charmant. Ce n’était pas un chanteur « engagé » ; son seul engagement, c’était sa poésie !


Plus tard, après les élections de Mitterrand en 1981, j’ai chanté à la Salle Pleyel, accompagnée par  Pierre Nicolas,  le contrebassiste de Brassens. Au premier rang, il y avait Jack Lang…


    J’ai arrêté avec le concert inoubliable au Palau de la música Catalana (Palais de la musique catalane), à Barcelone, en 2006 : je n’avais plus de voix, j’étais fatiguée, normal à 87 ans ! J’ai pourtant dansé au milieu de la scène avec Luis Llach. J’aime beaucoup Luis Llach, une vraie tendresse ; j’avais connu ses parents, sa mère très belle, son père médecin de village : il ne faisait pas payer ; les gens lui apportaient des légumes, des poulets, des lapins… Luis n’a pas pu faire beaucoup pour m’aider dans la chanson : il avait un impresario qui s’occupait de sa seule carrière.


Les trois « fiancées » de Luis Llach en Catalogne du Nord sont Eliane Comelade (j’ai commencé à chanter chez les Comelade), Maria Lluis (j’ai pris des cours de peinture chez elle) et Renada Laura Portet, pour qui j’ai beaucoup d’estime et d’admiration.


J’ai été amie avec tous les chanteurs catalans. J’ai lutté au début car ils étaient tous communistes (Luis Llach était au PSUC), tous imprégnés du communisme à cause de la résistance face au franquisme…

L’histoire de la Casa Carrère


Née de l’imagination d’un talentueux rêveur en 1954, cette bâtisse de conte de fée, un rien baroque, s’était assoupie depuis bien trop longtemps...
Conçue comme maison d’habitation, elle deviendra en 1991 le Musée des Arts Naïfs, avant de fermer ses portes en 2002. Elle appartient désormais au patrimoine communal et reprend son nom d’origine.
Le Musée des Arts Naïfs :
La construction de la bâtisse :
François Carrèreétait viticulteur et négociant en vin. En 1954 il se lance dans la construction de ce qui devait être une maison d’habitation traditionnelle de deux étages. Par envie de lui donner du caractère, il commença à disposer des pierres autour des fenêtres. L’idée lui a plu et petit à petit, grâce au savoir-faire de plusieurs tailleurs de pierres, la maison en a été entièrement recouverte. A mesure qu’elle se construisait, les gens s’arrêtaient pour la regarder d’un œil amusé. Elle plaisait beaucoup, et ne laissait en tout cas jamais personne indiffèrent. Il aura fallu une vingtaine d’années de travaux pour achever cette maison. Huit procès, dus essentiellement à des problèmes de voisinage, puis de dépassement de la hauteur autorisée ont énormément ralenti sa construction.
Heureusement, M. Ricard, Maire de l’époque et son Conseil Municipal ont voté à l’unanimité le
« sauvetage » de la maison.
Le Musée des Arts Naïfs, ferma ses portes après 11 ans d’activité.
Françoise Caux, plus connue sous son
nom d’artiste "Javo", grande amoureuse de l’Art Naïf, a eu un véritable coup de foudre pour cette
maison. A la recherche d’un édifice adéquat pour accueillir ses œuvres personnelles et celles d’autres
artistes internationaux, elle se porta acquéreuse de la bâtisse. Après de nombreuses difficultés tant
administratives que financières, le Palais des Naïfs ouvrit finalement ses portes le 25 avril 1991.
En janvier 1992, le Palais de naïfs obtient le "Grand prix du meilleur produit touristique de la région du
Languedoc-Roussillon" (trophée IRIS), décerné par le Comité Régional du Tourisme.
Pendant dix ans, la renommée du Palais des Naïfs se forge et les problèmes financiers se creusent ... peu
à peu le musée se fait néanmoins connaître dans la région, puis, au niveau international.
Sa collection de qualité représente les artistes naïfs des cinq continents.
Rattrapé par ses dettes, le Palais des Naïfs fermera ses portes en 2002, peu après le décès de sa
fondatrice. Les héritiers de la collection préférant poursuivre le travail de Françoise Caux plutôt que de
disperser la collection (plus de 500 œuvres), ont souhaité que le Musée International d’Art Naïf de Vicq
(Paris) prenne en charge ces œuvres et continue à les exposer au grand public.
Depuis 2007, la Maison Carrère accueille des moments culturels privilégiés. Elle ouvre notamment ses
portes à l’occasion de la Sant Jordi et du FestiBages, en été.
Hôtel de Ville
22 avenue Jean Jaurès, 66 670 BAGES
Tél. : 04.68.21.71.25 – mairie@bages66.fr- www.bages66.fr
Qui s'intéresse à la chanson catalane connaît Teresa Rebull
Pendant plus de 40 ans, Teresa Rebull a incarné la fidélité à la poésie et à la chanson populaire catalanes, mettant ses plus grands poètes en musique. Femme foncièrement engagée à gauche sa vie exemplaire sera liée aux luttes : sociales, culturelles et politiques du siècle dernier.
Teresa Rebull restait parmi les derniers témoins de ce grand moment de l'histoire du XXème siècle que fut, pour l'Europe et plus particulièrement pour notre région, la guerre d’Espagne et ses conséquences tragiques : La Retirada. Fidèle à ses idéaux de jeunesse, mémoire vivante de l'histoire tragique de la Catalogne et de l'Espagne républicaine, militante féministe de la première heure, Teresa Rebull incarnera pourtant sur scène et dans ses chansons la joie de vivre et d'aimer.
Née en Catalogne du Sud en 1919, d'une famille ouvrière fortement engagée dans l'action politique, Teresa qui deviendra plus tard Rebull ne restera pas indifférente aux luttes politiques qui traverseront l'Espagne et la Catalogne et qui s'achèveront tragiquement par la Guerre d'Espagne et l'émigration de centaines de milliers de Républicains. Militante active, elle s'engagera et devra en 1939 quitter son pays pour un exil qui la conduira comme tous ses camarades de l'autre côté de la frontière, par la montagne, à Prats-de-Mollo, avant de regagner Perpignan, Marseille, puis Paris où la famille Rebull passera de nombreuses années et finalement Banyuls-sur-Mer.
Pendant des années, elle participera à l'euphorie culturelle parisienne, croisant Sartre, Camus et les écrivains latino-américains.
Durant ces années d'exil, elle se dirigera imperceptiblement vers le théâtre, les arts ... et à l'âge de cinquante ans, épousera la chanson comme mode d'expression et de défense de la langue catalane. Revenue après ses années parisiennes, du côté français de la Catalogne, à deux pas de sa terre natale, elle s'engagera, après les événements de Mai 68, dans le mouvement de la Nova Cancó catalane qui comptait essentiellement des chanteurs bien plus jeunes qu'elle dont Lluis Llach qui deviendra un de ses meilleurs amis. Elle en sera une des porte-parole donc du soutien à la culture et à l'engagement à la cause du retour à la liberté et à la démocratie en Espagne et en Catalogne.
Teresa Rebull, fidèle à son maitre Cézanne, consacrera les dernières années de sa vie à la peinture, avec le même engagement qu'elle accorda à la défense de la culture catalane, à la lutte des femmes pour leur liberté et aux combats sociaux et politiques; elle s’attachera à peindre les paysages de Banyuls, son port de cœur et d’attache.
L'exposition Teresa Rebull, femme de cœur et de combats est basée sur son autobiographie publiée en catalan aux éditions Columna (Barcelone) Tot Cantant et sur sa traduction en français parue en 2004 chez Balzac éditeur (Baixas).
Cette exposition vise à mettre en relief la vie et l’œuvre de la chanteuse et militante, à travers 30 panneaux explicatifs et 10 cadres retraçant son itinéraire, plusieurs vitrines, ainsi que des œuvres picturales que l'artiste a réalisés dans la dernière période de sa vie.
Elle aura la particularité d'être bilingue (français-catalan) afin de refléter la personnalité de cette femme d'exception qui a marqué l'histoire de notre département par ses engagements politiques, féministes, sociaux et culturels. Mais aussi qui fut un grand témoin de la tragique histoire de la guerre d'Espagne et de la Retirada.
Hôtel de Ville
22 avenue Jean Jaurès, 66 670 BAGES
Tél. : 04.68.21.71.25 – mairie@bages66.fr- www.bages66.fr
Exposition itinérante dont l'objectif sera de la faire circuler dans les villes et villages du département mais aussi à travers la Catalogne tout entière de La Junquera à Gérone en passant par Barcelone et Sabadell, sa ville natale. Ceci afin de rappeler la personnalité éclatante de cette grande militante qui a traversé le siècle en épousant ses différents combats : la démocratie pour l'Espagne, la reconnaissance de la Catalogne, la lutte pour l'égalité hommes et femmes.
Outre le lancement officiel à Perpignan (MACA), différentes villes du département ont d'ores et déjà retenu l'exposition: Bages, Amélie-les-Bains, Ille-sur-Têt, Argelès-sur-Mer, Prades ... ainsi que Sabadell en Catalogne du sud.
À l'heure où nous nous interrogeons sur le problème des réfugiés, il ne faut pas oublier que les mouvements migratoires ont toujours traversé l’histoire de nos pays.
A travers l'histoire de cette grande Dame de la chanson catalane, cette exposition mettra également l'accent sur la culture et la chanson catalane qu’elle porta à bout de bras, à travers la mise en musique des plus grands poètes catalans.
Cette exposition bilingue a aussi un intérêt transfrontalier : être un trait d’union entre notre département d’expression catalane et la Catalogne du Sud. Il s’agira, peut-être, à travers l’exposition « Teresa Rebull » d’une des premières expositions transfrontalières dans le domaine de la culture et de la chanson.
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Ville de Bages - Sant Jordi 2016
Programmation
Vendredi 15 avril, à 18h30, Vernissage de l’exposition, à la Casa Carrère
Présentation de l’exposition Teresa Rebull en compagnie de la biographe de Teresa Rebull : Christine LAVAILL et du commissaire de l’exposition : Robert TRIQUERE
En présence des deux fils de Teresa.
Exposition ouverte au public du 16 avril au 29 mai, entrée libre.
Samedi 16 avril, à 15h30, Conférence, à la Médiathèque JP Giné
Présentation de la biographie de Teresa Rebull par Robert TRIQUERE Editeur et André Vinas Co-auteur de la biographie de Teresa Rebull.
A 16h, Table ronde : Teresa Rebull, militante, catalaniste, féministe, chanteuse et peintre En compagnie de :
Robert Triquère : Editeur et animateur de la table ronde
Michel Arnaudiès – peintre et écrivain
Marie Claude Valaison – Conservateur
Eliane Comelade – Ecrivain et amie de Teresa
Pedro Soler – Guitariste et ami de Teresa (sous réserve)
Samedi 16 avril, à 21h, Concert, à la Salle des fêtes
Trois femmes rendent hommage à Teresa Rebull : avec Giselle Bellsola, Gaëlle Balat et Julia Taurinya. Tarifs : adulte 10€ et enfant (moins de 12 ans) 5€.
Renseignements Hôtel de Ville de Bages : 04.68.21.71.25 - www.bages66.fr
Hôtel de Ville
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Ville de Bages - Sant Jordi 2016
Intervenants de la table ronde
Robert Triquère
Modérateur de la table ronde, Robert Triquère est animateur des Editions Balzac mais aussi militant catalaniste de longue date. Il a rencontré Teresa Rebull dans les années 1970 à l'occasion des « 6 Hores de la canço » avant de la retrouver pour la publication en français de sa biographie traduite par André Vinas et Christine Lavaill
en 2004.
Michel Arnaudiès
Peintre, écrivain, Michel Arnaudiès est un de ces hommes qui aura durant ce dernier quart de siècle a défendu la culture catalane et l’expression artistique en Pays Catalan. Il conjugue sa passion pour la peinture avec l’écriture. Ami proche de Teresa Rebull, il l'a accompagné durant de nombreuses années jusqu’à leur ultime exposition commune à La Junquera quelque temps avant la disparition de Teresa.
Marie Claude Valaison
Conservatrice en chef honoraire des musées de France à Perpignan, conseillère scientifique et culturelle auprès d’instances et collectivités territoriales de Pyrénées-Orientales, Marie Claude Valaison est l’auteure de nombreux catalogues et articles sur les artistes de notre département. Amie de Teresa, elle connaît et apprécie son travail pictural qu’elle replace dans la sensibilité de Cézanne.
Hôtel de Ville
22 avenue Jean Jaurès, 66 670 BAGES
Tél. : 04.68.21.71.25 – mairie@bages66.fr- www.bages66.fr
Eliane Comelade
De Barcelone à Perpignan et des Baléares à la Sardaigne, toutes
Pedro Soler
Guitariste flamenco, Pedro Soler a joué avec de nombreuses vedettes de la scène flamenco. Directeur artistique du festival "Guitares au Palais", au Palais des Rois de Majorque de Perpignan, Pedro et son épouse Madeleine sont amis de longue date de Teresa et ils connaissent aussi bien la femme, la militante que la musicienne.
les fines gueules des Pays Catalans connaissent Éliane Comelade
et ses trente livres de recettes, dont plusieurs sont bilingues. Mais
on ignore souvent qu’elle est aussi une militante de la culture
catalane, c’est en cela qu’elle deviendra une amie et une
complice de Teresa.






***SAMEDI 16 AVRIL à 20h30 -DIMANCHE 17 AVRIL à 17h
PôleAntonio Machado Spectacle tout public, 1h00
PRISONNIERE-SD’après Angeleta de Jordi Pere Cerda
Compagnie Du Sarment
.
Tarifs : 10 € /réduit 6 € ou PassInfos et réservations : 04 68 22 54 56


- - -


 
MERCREDI  20 avril à partir de 18h00
LIBRAIRIE TORCATIS, présentation du roman de
MICHEL LLORY
                     L'EXPULSION

Une histoire vraie que celle du dernier berger, Roger, d'une vallée reculée, quelque part, dans le Vallespir. Expulsé de son mas natal avec sa famille, le berger doit vendre son troupeau à la hâte et s'exiler.
 



 
 

LE JEUDI 21 AVRIL A PARTIR DE 18H00 rencontre avec
SERGE MESTRE pour son livre paru aux éd. Sabine Wespieser


AINADAMAR, LA FONTAINE AUX LARMES
Au petit matin du 18 août 1936, non loin de Grenade, au lieu baptisé « ainadamar » - la fontaine aux larmes -, Federico García Lorca est lâchement assassiné par des phalangistes. Il meurt à l'âge de trente-huit ans, en compagnie de deux banderilleros anarchistes et d'un instituteur, chacun de ces hommes à sa manière engagé dans le renouveau républicain.
 


 

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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