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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 09:46
La Jonquera enclave du sexe - Paradis ou enfer ?
La Jonquera enclave du sexe - Paradis ou enfer ?
La Jonquera enclave du sexe - Paradis ou enfer ?
La Jonquera enclave du sexe - Paradis ou enfer ?

           La Jonquera enclave du sexe - Paradis ou enfer ?

 

 

Cette ville frontière est un hypermarché du sexe, le plus grand bordel d'Europe, dit-on. Buffet à volonté de la frénésie sexuelle, les jeunes y vont pour faire la fête, passer un rite d'initiation, enterrer leur vie de célibataire. Les anciens y vont pas vice, désir d'assouvir des fantasmes, plaisir de toucher une peau ferme, une chair fraîche.

 

Ce bourg situé à quelques kilomètres de la frontière du Perthus, pertuis, ouverture menant à des magasins à bas prix, à des tabacs, à des boutiques exotiques, descend rapidement vers sa jumelle, La Junquera (en castillan), qui abrite elle aussi des tabacs, des alimentations et des prêt-à-porter tenus par des Maghrébins, Marocains surtout.

 

Les touristes, visiteurs ou habitants du département des Pyrénées-Orientales, n'y vont pas pour ces établissements, ou pour les cafés-restaurants banals, ni, hélas, pour :

 

  Le Musée mémorial de l'exil, le MUME, qui documente la Retirada, la fuite des républicains espagnols vers la France en 1939. **

  L'église paroissiale de Santa Maria, achevée en 1791. La façade est le seul élément qui ait été conservé de l'ancien édifice construit au début du xve siècle.*

-Le château de Canadal conserve des restes de fortification des XIVe et XVe siècles. Il faisait partie des biens des vicomtes de Rocabertí. Actuellement, il abrite un restaurant.

  Ca n'Armet, grande maison de la Grand Rue…

 

…Non, les hommes y vont, seuls, ou en groupes, pour le Madam's ou le Paradise, hôtels de passe tenus par quelques familles richissimes du coin, où tout est mêlé : le supermarché (l'entreprise énorme des Escudero), l'alcool, la drogue, la mafia locale, barcelonaise ou russe, ou roumaine…Car ces filles, quand elle viennent, telles des marchandises dans la vaste société de consommation, dans les camions des grandes routes européennes, vont vivre, survivre 4 ou 5 ans dans ce petit territoire de Catalogne, dans la capitale européennes du sexe…

 

 20 clubs, et la concurrence commence à exacerber les patrons : dénonciations, descente de police, tentatives de ralentir la corruption et la prostitution esclavagiste (il faut voir le carré des pures, dans le cimetière catalan), mais la Generalitat -gouvernement catalan- et la ville de La Jonquera ferment les yeux tant que le commerce est contenu dans ces parcs de la relaxation. Le trafic rapporte beaucoup d'argent…La bonne conscience, c'est d'avoir créé le musée de l'exil.

 

Cynisme, tout de même, quand on sait les foules qui sont passées par là, en janvier et février 1939, dans l'exode, l'armée en déroute, la honte d'avoir été battue par les miliciens et mercenaires du franquisme…

 

Mais La Jonquera, plus qu'une enclave, qu'un club de vacances exotique, machiste et cynique *** est un exil. C'est une île, une illusion d'éden, de parenthèse joyeuse dans la temps insipide de l'existence quotidienne.

 

Exil pour les filles, qui ont laissé leur famille, leurs enfants aux parents, dans l'espoir d'économiser et de revenir, riches, au pays, mais le retour n'ouvre pas sur le bonheur, mais sur le vieillissement prématuré, causé par les traumatismes physiques et psychologiques…

 

Exil pour tous car cette aventure est désillusion, symptôme que le plaisir et l'amour ne peuvent pas être trouvés auprès de celle que l'on fréquente, à laquelle on est lié, marié…

 

On retourne à Perpignan, Toulouse ou Montpellier, la queue basse et le coffre de l'auto surchargée de bouteilles, de cigares, de saucissons et d'objets exotiques inutiles...

- - -

* et plus loin :

 

   Le château de Rocabertí : Ce château se trouve au sommet d'un piton granitique au nord de Santa Llúcia. On peut voir des restes du portail d'entrée, d'une tour triangulaire et ceux de la chapelle dédiée à Sant Romà.

   Le château de Requesens est reconstruit à la fin du xixe siècle par le comte de Peralada Tomàs de Rocabertí-Dameto (mort en 1898) et achevé par sa sœur Joana Aldelaida. il a été inauguré le 24 juin 1899.

 

**L'émission d'hier, lundi 17 oct.2016; consacré à la prostitution à La Jonquera, n'a pas un mot pour cette excellente initiative : expositions, historiques, hommages aux exilés, aux Républicains de la guerre civile…

 

***Le principal du collège où j'ai exercé pendant dix ans prétextait, auprès de son épouse, des stages ou journées de formations et se rendait au Madam's pour des pratiques autres que pédagogiques…

Il fut un jour reconnu par un ami qui rapporta l'info à la femme trompée. Celle-ci demanda tout de suite le divorce…

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Published by leblogabonnel - dans polémique
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Joan Ferrer 18/10/2016 19:02

Article bien bâclé ( ou de mauvaise foi..): la Mairie de la Jonquera a tenté par tous les moyens légaux d'empêcher l'ouverture du "Paradise" et d'autres établissements du même type. La Police catalane tente d'empêcher le raccolage au bord des routes... Mais les lois ESPAGNOLES s'y opposent . Informez-vous mieux... Lorsque la Catalogne sera indépendante ce grand bordel disparaîtra...

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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