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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 09:10
les auteurs et Bénédicte, la bibliothéquaire de Collioure

les auteurs et Bénédicte, la bibliothéquaire de Collioure

COLLIOURE : exposé sur les morts de La Retirada

 

 

Sur ce sujet, il s'avère impossible de passer sous silence l'actualité : la crise des migrants.

Retour 70 ans en arrière, avec l'exode des Espagnols fuyant l'avancée des troupes franquistes; la question de l'accueil; preuves, témoignages : les photos de Manuel Moros, Centelles, Capa, G.Taro…

 

Les cadavres sont omniprésents dans ces clichés; l'enfant photographié est présupposé innocent; c'est une icône de la souffrance: la Retirada a utilisé cette imagerie de l'enfant; l'émotion est extrême face au corps vivant (souvent handicapé) des enfants.

 

La tombe de Machado a donné lieu à un processus mémoriel; la tombe du grand homme est désormais un lieu de mémoire, comme celle d'Asaña à Montauban, mais le culte cache les tombes des autres victimes…

 

10 000 enfants furent accueillis en France de fin 1936 à janvier 39, et 45 000 Espagnols étaient partis en exil avant 39; 20 000 s'étaient réfugiés au Mexique.

 

*La mortalité : les morts de la Retirada ont un statut particulier (peu d'études; cf. un article de Peschanski). Il y eut 14600 décès dans les camps du Roussillon dans les six premiers mois.

Le traitement des corps morts : où sont-ils enterrés..? Il faut ajouter ceux morts à la guerre et les massacres des populations civiles.

 

La mémoire des vaincus demande réparation. De côté franquiste existe l'hommage a Los Caïdos (vallée, basilique…). En 2007 fut votée la loi sur la mémoire historique.

 

*Trois périodes à envisager :

 

1. Le temps des morts, de l'ouverture de la frontière française, le 28/1/39 au 1/9/39 : entrée en guerre de a France.

 

(à noter, le 13/2/39: fermeture de la frontière espagnole par les Franquistes)

 

2.Le temps de la mémoire : (sources : archives du 66 et des communes) Pas de bilan global des morts de la Retirada. Ce qui intéresse : comment ces morts ont été traités, de façon administrative.

Il faut consulter les registres des inhumations, dans les cimetières (rien à Collioure) - les archives des camps (numérisées aux archives du 66) : le décès est indiqué, mais pas le devenir du corps - les rapports des préfets (archives nationales) - les archives hospitalières - celles des associations : le secours suisse, à Berne, la Croix Rouge - le CICR à Genève - les archives des Pompes funèbres (monopole communal) - les sources archéologiques : Cf. Allemands du camp de Rivesaltes.

 

Exposé d'Isabelle Renaudet, historienne à l'université d'Aix-Marseille et de Bruno Bertherat, historien à l'université d'vignon.

Lire : "Les sources funéraires en France à l'époque contemporaine" de B. Bertherat .

 

www.cc-alberes-cote-vermeille-illiberis.fr

 

 

JPB - Médiathèque de Collioure- 3 nov. 2016

***L’Espagne au cœur

 

Au cours de la rencontre 2016 "Camins de la Retirada", Geneviève Dreyfus –Armand et Odette Martinez-Maler ont présenté leur livre L’Espagne, passion française. 1936-1975.

 

Vendredi 19 février, la salle était comble pour écouter les deux conférencières, Geneviève Dreyfus –Armand et Odette Martinez-Maler, présentant leur livre L’Espagne, passion française.   1936-1975. Guerres, exils, solidarités. 40 ans d’histoire partagée dont les auteures témoignent ici, utilisant souvenirs, documents, déclarations officielles, photos, dessins, dans un récit dont les étapes historiques sont nettement marquées et le parti-pris documentaire hautement maîtrisé. L’histoire des liens qui se sont tissés entre l’Espagne et la France, disons plutôt entre les républicains espagnols (au plus large sens du terme) et le peuple français, est une histoire complexe. « Nous avons voulu dans ce livre rendre cette histoire accessible à tous. Il est ouvert et s’adresse au grand public », dit Geneviève Dreyfus-Armand.

 

Années de guerre, destins mêlés

 

La France est le pays qui a été le plus ébranlé par la guerre d’Espagne, l’exil et la domination franquiste. C’est autour d’histoires partagées, abordées au plus près du concret, que s’organise l’ouvrage. La chronologie  ne s’en impose pas moins, structurant quelques grandes périodes historiques. Une introduction nous fait remonter à 1931 lorsque naît la IIe République, avec les grandes espérances qu’elle fait naître. Ce sont ensuite les grandes périodes. 1936-39 : L’Espagne au cœur, et déjà les liens qui se tissent avec de nombreux actes de solidarité. 1939 : le grand exode, avec le parcage derrière les barbelés, mais là aussi la solidarité se glisse. Et pour les exilés, le témoignage, souvenirs et documents à l’appui, de la manière dont désespoir et culture, cœur et intelligence, se nourrissent mutuellement. 1939 -1945 : A l’épreuve de la guerre. Travailleurs forcés, femmes solidaires, frères d’armes, déportations partagées, et le salut à la Nueve dont une plaque à Paris, place de l’Hôtel de Ville, marque la présence au cœur de la Libération.

 

De longues années pour tenter de briser le joug

 

1945-1975. La dernière, longue période est celle de la domination franquiste, de toutes les tentatives pour y mettre fin : opération des guerilleros au Val d’Aran, maquis perdurant de longues années en dépit d’une répression féroce. Et côté français, partagées avec les exilés,

toutes les formes de solidarité avec ceux qui tentaient de briser le joug, ouvriers des usines, universitaires, républicains d’obédiences diverses tous en lutte contre le même ennemi.

En France comme en Espagne, c’est une histoire plurielle. Les clivages existent, ont existé, perdurent et se renouvellent. « Nous n’avons pas voulu les gommer » disent Geneviève et Odette. Ni nous contenter d’exposer les documents et les signes d’une Histoire refroidie. Mais bien au contraire, « faire partager au cœur  de l’espace commun, le souvenir de ce qu’ils ont vécu et au delà des faits accomplis l’élan de leurs espérances ».

    

Dreyfus-Armand G., Martinez-Maler O. L’Espagne, passion française. 1936-1975. Guerres, exils, solidarités. 255p. Les arènes, 2015. 35 €.

 

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Published by leblogabonnel - dans patrimoine
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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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