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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 11:36
La vie sous-marine (conférence à Banyuls) - POESIE : Pere FIGUERES, Jean IGLESIS -

 

 

***POESIE : Pere FIGUERES et Jean IGLESIS

 

 

Témoin

 

Je n’ai fait qu’être là, debout, sous la lumière,
Écrivant d’une faible voix,
A regarder les vieux monter les murs de pierre,
Quand le temps s’enfuit sous leurs doigts.

 

Je n’ai fait que croiser les âmes passagères,
Pleurant le départ ici-bas
De rêves d’absolu, jetés dans la poussière,
D'amours qui ne reviendront pas.

 

Je n’ai fait que cueillir les fraises printanières,
Bordant le chemin, çà et là,
Sans chercher à savoir quel est donc leur mystère,
Mais ébloui par leur éclat.

 

Je n’ai fait qu’écouter des dévots les prières
Qu’en mon être je n’entends pas,
Mêlant mes propres mots à leurs sentences fières,
Mais à jamais sourd à leurs voix.

 

Je n’ai fait que guetter, des murailles altières,
La longue marche des soldats,
Aux mélopées scandant quelque passion guerrière,
Prompte à commettre un coup d’état.

 

Je n’ai fait que braver les futiles chimères
Qui tracent le destin des rois,
Qui peuplent d'innocents les lointains cimetières
Que la gloire ne connaît pas.

 

Je n’ai fait que sentir la mer, depuis la terre, 
Bercer mes peines et mes joies,
Que rendre grâce au vent, quand il fend les fougères
Pour guider à nouveau mes pas.

 

Je n’ai fait que plonger, dans le lit des rivières,
Mes yeux, en pleurs souventes fois,
Sans jamais retrouver le visage éphémère
De l’enfant qui sommeille en moi.

 

Jean Iglesis

 

Homme de lettres, femme de chiffres (Equation pour deux inconnus)

 

Je rêvais de Verlaine et de son matin calme
Quand je t’ai découverte entre tes statistiques.
Paul Valéry t’aurait sans doute offert sa palme
Pour apaiser tout net tes craintes algébriques.

 

J’ai suivi pour tes yeux les chemins de Laclos
Pour n'être que le seul de tes nombres premiers.
J’ai joué non sans style un rôle de héros,
Gravitant, tel Newton, dans l’ombre des pommiers.

 

Je suis entré, vainqueur, grâce au cheval de Troie,
Dans ta ville assiégée, aux mains de Pythagore,
Refusant les rigueurs de la règle de trois
Pour te séduire enfin, et te garder encore.

 

J’ai lu dedans ta main le destin de Juliette,
Dénonçant avec foi le triste théorème
Qui énonce au tableau noirci de chaque fête
Qu’il faut toujours souffrir, pour le lambda qui aime.

 

J’ai adoré Kipling pour devenir un homme,
Tandis que tu taillais le bonheur en fractions.
Je n’ai pas entendu le sentencieux axiome
Qui condamne toujours les douces illusions.

 

J’ai marché longuement dans les traces d’Homère,
Gardant toujours le cap, malgré la tête vide,
Avec à mes côtés la rage coutumière
De te savoir livrée aux rites froids d’Euclide.

 

Je n’ai durant ce temps rien voulu démontrer,
Ni ajouter à ces instants, ni rien soustraire.
Je n’ai fait que donner, refusant de compter,
Préservant dans mon cœur les vers d’Apollinaire.

 

C’est depuis lors, ma mie, que les mathématiques
Jaunissent au soleil des probabilités,
Feuilles de saule, chues sous les assauts tragiques
D’un vent calculateur qui a tout emporté.

 

Jean Iglesis

 

 

 

Écrit sur du vent

 

Les rires des enfants au sortir de l’école,
Les billes que l’on gagne et les rêves qu’on vend,
Les taches aux cahiers et les heures de colle,
Les châteaux-forts que des ennemis l’on défend.
Tous les instants perdus s’envolent 
Pour n’être écrits que sur du vent.

 

Le chien, vieux compagnon bien repu, qui somnole
Tout au pied du fauteuil patiné, triomphant,
Dans lequel grand-mère inlassablement cajole
Le bambin qui soupire et dort contre son flanc.
Toutes les images s’envolent 
Pour être écrites sur du vent.

 

Ma mère vient vers moi, me parle et me console
Car je pleure et j’ai peur dans le soir étouffant.
Mon père me sourit, tapote mon épaule
Et leur amour me rend plus fort dorénavant.
Tous les moments bénis s’envolent 
Pour n’être écrits que sur du vent.

 

Je ressens les baisers, les promesses d’idole.
L’amour vibre en mon cœur quand je pense souvent
Que j’ai pour quelque instant hérité du beau rôle,
Sans jamais deviner que j’étais le suivant.
Toutes les illusions s’envolent 
Pour être écrites sur du vent.

 

Comme le soir descend sur moi, telle l’étole
Qu’arbore sans fierté le sage survivant,
Refusant de poursuivre plus la route folle, 
Je décide de fuir le monde en écrivant.
Tous les plaisirs soudain s’envolent 
Pour n’être écrits que sur du vent.

 

Jean Iglesis

 

- - -

Bon dia,

Vos esperi el divendres 27 de gener del 2017, a les 18h, a

 

la Llibreria Catalana, place Jean Payra, a Perpinyà, per la

 

presentació del meu llibre de poesia "9"

 

 

Presentació a càrrec de Jaume Queralt, i lectures de Júlia

 

Taurinyà, Maite Barcons, Cristina Giner i Pere Manzanares.

 

 

"9"

 

aquesta xifra és el títol de l'últim treball d'aquest home "fora

 

de mida", com diu Renada Laura Portet en el prefaci del llibre.

 

Pere Figueres, sempre humil però sorprenent. Aquest cantautor

 

dels Arbres i dels Ocells, aquest artista plàstic inventor d'una

 

tribu de "Kanyataps" , ens lliura un recull de poesia que canta

 

com l'aigua d'una font clara. Aquesta font de Pere Figueres no

 

ha perdut res dels seus sabors catalans. Unes cinquanta pàgines

 

de poemes, paraules de cançons, de pensaments. A flor de cor.

 

Una filosofia de l'esbalaïment. Una saviesa de la intimitat.

 

Sentimental i descriptiu: El "jo" mai és abstracte. I

 

l'arrelament a un país no és patològic. Ni l'amor d'un mester de

 

terra. Puntes de revolta també. I... Alegria d'espigolar mots,

 

trets i algunes rimes.

 

 

Amb

 

9 il.lustracions inspirades de les seves escultures de suro...

 

 

 

 

Amicalment,

 

 

PERE

 

 

 

- - -

**Communiqué du Bureau de l’A.S.A.M.E. (Association des Amis de la Mer et des Eaux)

 

Vous êtes cordialement invités à assister à la Présentation d’une conférence « LA VIE SOUS-MARINE » Comportement des espèces qui aura lieu à la salle BARTISSOL à Banyuls sur Mer, LE VENDREDI 20 JANVIER 2017 à 16h 00

 

Cette conférence sera présentée par Monsieur Henri COLONNA D’ISTRIA, naturaliste sous-marin spécialisé dans l’étude des coraux, photographe ARESMAR (Association de Recherches Archéologiques Sous-marines du Roussillon) qui animera les débats et pourra répondre aux diverses questions.

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Published by leblogabonnel - dans poésie
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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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