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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 07:37
Palais du verre : Festival de musique de Palau - Expo André Susplugas à la Catalanité -
Palais du verre : Festival de musique de Palau - Expo André Susplugas à la Catalanité -

Palais du verre : Festival de musique de Palau - Expo André Susplugas à la Catalanité -

André SUSPLUGAS ou la peinture de proximité : elle témoigne du local pour affirmer l'universel

 

Dans la galaxie de ces grandes personnalités catalanes qui ont marqué les années de la seconde partie du XIX° siècle, les Maillol, Henri Frère, J. Sebasia Pons, Marcel Gili…le docteur Susplugas investit le monde pictural : il croque le décor de la vie quotidienne, le travail de la vigne à Trouillas et l'intimité de la famille, de la maison, les repères primordiaux de la casa Pairal.

 

Vos yeux sont attirés tout de suite par la simplicité des scènes, par l'humilité des sujets choisis, par cette atmosphère de calme, de paix, de sérénité au plus près de la nature et de la sincérité. On est tenté de parler de réalisme bien construit, aux couleurs chaudes et chatoyantes, une inspiration personnelle, née in situ, dans un champ, dans une pièce, d'où se dégage un lyrisme retenu.

 

En effet, en regardant ces portraits d'un parent, de Mariette, de Marie cousant, de Marguerite l'épouse - l'admirable Guite au jardin-, de ces jeunes filles jouant aux dames, d'Hélène et Laure, le visiteur pense à l'esthétique de Bonnard, croquant la vie la plus proche, l'environnement le plus immédiat.

 Et c'est vrai, de ces "heures les plus simples" de 1965 à "L'été heureux" de 1976, où la lecture est sans cesse célébrée, c'est une thématique en apparence "banale" qui semble s'emparer de la succession d'une existence normale. 

Le miracle opère pourtant, qui impose la beauté et surtout le dialogue avec le public : chacun se retrouve dans une scènette, ou plutôt chacun de nous voudrait évoluer dans un quotidien aussi serein. L'osmose a lieu : le tableau d'André Susplugas rend heureux car on sent que l'artiste l'est, de façon intense, et que son plaisir de peindre transcende les petits complots visant à la gloire, à la reconnaissance, au succès commercial, au vain anti-destin de l'oeuvre d'art…

 

Bonheur, plaisir et sensualité : la toile qui expose "L'été heureux" cadre, avec les persiennes et les volets bleus, une jeune femme au bleu déshabillé : le plaisir du livre posé sur le lit est une attente patiente, un prélude inattendu à la jouissance du corps…

Cette peinture refuse la provocation, tout engagement, qu'il soit social ou idéologique : Susplugas ne s'engage que dans son art et, sans le crier sur les toits, mais en oeuvrant chaque jour, dans son métier, au chevet de ceux qui, loin du bonheur de vivre, se démènent dans la douleur…

 

Ainsi, on a pu parler d'une vision humaniste chez ce "fauve" assagi. C'est son optimisme qui prouve l'amour et le respect de l'Autre. Le "regardeur", celui qui donne vie à l'oeuvre et prolonge le regard, aime la joie de vivre de ces foyers catalans : hors de ce cadre, le monde extérieur, le village global, ne semble pas exister.. Repli sur son cadre -au double sens de limite du tableau et de frontière familiale - là, y a-t-il oubli des autres cultures et traditions, des autres pays et continents..? 

Non, cette philosophie, résumée dans la geste chromatique susplugassienne, affirme que chacun vit dans son microcosme, entouré d'enfants et d'animaux -de chiens, surtout, pour Orion-Susplugas, ce chasseur passionné !- et que la sagesse et l'identité heureuses consistent à fréquenter ses proches et son jardin.

 

En effet, pas de mouvements de foules, pas de tableaux de bravoure décrivant guerres, manifestations grèves, élans vers l'avenir…Cette peinture, d'une éternité imperturbable, telle Marie cousant, Marie lisant, Marie méditative dans le double jeu de reflet du cadre d'une toile et l'encadrement d'une fenêtre…Cette peinture, fermée dans sa thématique de l'intime, ose ici l'entre-deux, avec cette tentation de "sortir du cadre", comme chez Flaubert, avec ces fenêtres au bord desquelles les mélancoliques héroïnes, rêvent à des amours romanesques… 

 

Cependant l'inspiration n'ouvre le tableau que dans les toiles consacrées aux vendanges, aux paysages des Aspres et aux meutes de chiens.  Elle puise dans le quotidien des jours et l'admiration pour le travail bien fait. De cette simplicité naît un art de célébrer, à l'instar de Virgile, Giono et Maillol, le bucolique, le panthéisme, le respect du labeur ancestral : le modelage de la plaine et des roux sillons, la beauté des arbres roses et blancs en fleur, l'émergence de la beauté sont l'oeuvre du paysan et l'artiste n'a plus qu'à copier… Il n'aurait plus qu'à copier-coller…

 

Erreur : André Susplugas, au-delà du naturalisme, invente une sorte d'abstraction figurative... les personnages se rapprochent, tendent à la fusion, vers une forme aux contours flous désirant exprimer l'unanimisme, le coeur total du monde. Regardons les troupeaux de chèvres, les meutes de chien de chasse…

Le peintre est parti des études, brouillons, esquisses, essais, croquis de ses célèbres carnets de l'instant. Ensuite la toile s'élabore et gomme les traits forts, les limites des sujets : même les tableaux les plus réalistes (vendanges, groupes) s'estompent et glissent vers une masse abstraite au coloris indécidable…Le cadre est alors saturé, où les figures se côtoient pour finir dans une ronde silencieuse, dans une osmose générale. Le cadre est plein comme un oeuf, celui du bonheur et dans la rondeur des jours tranquilles au pays catalan.

 

Cette "abstraction figurative" impose la force d'un territoire, son intemporalité, avec ses travailleurs, ses saisons, ses amours : la terre âpre, la famille unie, le paysan laborieux, l'ami fidèle, des personnages toujours actifs, saisis en train d'oeuvrer , comme dans Mariette en 1953, La mule de 1956, La jupe rouge de 1957, Une barque à Venise en 1974, ou La bougie de 1964…

C'est cette énergie représentée dans un halo poétique léger, ô paradoxe, que j'aime dans la palette d'André Susplugas…

 

Jean-Pierre Bonnel, mars 2017 (extrait du catalogue de l'expo)

***RETIRADA : l'exil - PARRA Manuella et Antoine :

 

l'association FFFREE se retire à Argelès, en plein centre et quitte son local de Valmy, si grand, si bien placé, avec une terrasse pour des concerts d'été...Pourquoi ? La mairie d'Antoine Parra veut sans doute, dans un but touristique, regrouper toutes les activités et associations culturelles en coeur de ville. 

C'est une autre perspective. Des problèmes pour accéder se garer...

***

*** EXPOSITION  « BOITES NOIRES DE L’EXIL »  Manuella PARRA

 

DU 13 AU 23 JUIN 2017 - MEDIATHEQUE FRANÇOIS MITTERRAND SETE

L’exil n’est jamais consenti. C’est une douleur, un déchirement, une blessure intérieure gravée en « ébarbes de cœur » avec laquelle les déracinés devront apprendre à vivre ou à survivre.

 

Les « Boîtes noires de l’exil » ont gardé l’empreinte d’une mémoire, celle des républicains espagnols, des crimes commis sous la répression franquiste, des luttes, de la chute de la république espagnole, de l’exode massif vers la France et des conditions atroces des réfugiés dans des camps et enfin de l’histoire étouffée des deux côtés de la frontière.

 

Et l’exilé se tait pour oublier la défaite. Et celui qui est resté se tait sous l’oppression et la peur. 

 

Manuela Parra, poète-graveur, fille de républicain espagnol réfugié puis exilé en France, a rompu le silence transmis en héritage grâce à la découverte de poèmes du Romancero Gitano de Federico García Lorca recopiés par son père dans le camp d’Argelès-sur-Mer.

  

A la pointe sèche ou à coup de morsures, elle rappelle, gravure après gravure, cette histoire tragique. Elle suggère par quelques objets les conditions de vie dans les camps ou dans des prisons.

Elle nous offre en partage cette écriture paternelle sur ces feuilles jaunies, Reyerta, La muerte de Antoñito el Camborio, San Gabriel et le poème écrit par Pilar Felliu en février 1941 dans le camp d’Argelès-sur-Mer.

Ce patrimoine poétique, témoignage de résistance est délicatement posé dans quelques boites noires mais l’auteur nous montre également la souffrance accrochée à ces barbelés du mépris..

Son travail artistique rend un vibrant hommage au courage de ces femmes et de ces hommes engagés puis sacrifiés. Il nous invite, à travers ce  pèlerinage de mots et d’images, à rebrousser les chemins de cette histoire et à maintenir cette mémoire vivante.Un souffle de vie encré, une focale, des éclats de lumière, pour résister et éviter « la chute de cette lutte dans l’oubli ».

L’exposition présentée suit le cheminement du recueil de poésie de Manuela Parra « Les pas d’un exil à l’encre rouge » publié aux Editions de la Nouvelle Pléiade : 

-           L’Ebre rouge

-           Cerbère,la Retirada,

-           Les camps, 

-           La résistance dans les camps

-           Un rêve esquissé, la "reconquista"

-           L’Espagne sous Franco

Après Sète, cette exposition sera accueillie par la Fondation Zenobia Juan Ramòn Jimenez en Andalousie à Moguer (province de Huelva), dans le cadre des rencontres des Poètes « Voces del extremo » animées par le poète Antonio Orihuela. 

Elle sera présentée du 26 juillet au 15 septembre dans la maison/musée dédiée à l'oeuvre de Juan Ramón Jimenez, poète espagnol, républicain, mort en exil, prix Nobel en 1956 et qui échangea  des poèmes et des correspondances avec Paul Valéry !!!

 

- - -

*** Théâtre : Du 26 au 30 juin, le Théâtre du Réflexe accueille en résidence la compagnie parisienne "Avant l'aube".

Après un long travail de création, cette compagnie (dont fait partie l'enfant du pays : Aurélien Pawloff qui joue dans ce spectacle) vient nous offrir la primeur de la toute première représentation de ce nouveau spectacle avant  leur départ pour le festival d'Avignon où vous pourrez les retrouver du 7 au 30 juillet au Théâtre des barriques à 21 h 45 (tous les jours).

 

BOYS DON'T CRY

de Jean-Gabriel Vidal-Vandroy

 

Écarter les obstacles. Tenir tête. Passer à l'offensive. Séduire, respecter. Ne pas se disperser.
« Et surtout
Ne pleure pas.
Ça pleure pas un homme. »

.

Quatre hommes face à l'image du mâle viril et conquérant. Fiers, violents ou minables, désenchantés et sentimentaux, ils ne sont pas des guerriers, des prédateurs, des héros (faut pas croire ce que disent les journaux). Lui vend son corps à de riches clientes. Lui passe sa nuit sur des sites pornographiques. Lui va à l'opéra avec une femme plus âgée. Ils attendent qu'on les rappelle.

Cette nuit, ils se réunissent et s'offrent à votre regard. Cherchez le garçon. Traquez le masculin : il est partout.
Regardez ces hommes tomber : ils portent en eux la joie désespérée de ceux qui n’ont plus rien à perdre.

.

Création 2017 de la compagnie parisienne « Avant l’aube »
de Jean-Gabriel Vidal-Vandroy
d'après une idée originale de Maya Ernest et Jean-Gabriel Vidal-Vandroy
Mise en scène : Maya Ernest
Comédiens : Aurélien Pawloff, Léonard Bourgeois-Tacquet, Raphaël Goument, Vincent Calas

  • le jeudi 29 juin à 20 h 30 au Théâtre du Réflexe à Canohès (Réservations :  06.52.19.49.69)
  • du 7 au 30 juillet (tous les jours) à 21 h 45 au Théâtre des Barriques à Avignon

 

Maryse PAWLOFF   comédienne - chargée de production

06 . 52 . 19 . 49 . 69

Alicia GRISON   comédienne - chargée de diffusion et communication

06 . 77 . 82 . 21 . 84

 

theatredureflexe@hotmail.fr

www.theatredureflexe.com

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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