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23 juin 2017 5 23 /06 /juin /2017 09:57
Picasso à Perpignan, près de la Vénus au collier de Maillol - L'obscène titre "Le cercle de l'intime"
Picasso à Perpignan, près de la Vénus au collier de Maillol - L'obscène titre "Le cercle de l'intime"

Picasso à Perpignan, près de la Vénus au collier de Maillol - L'obscène titre "Le cercle de l'intime"

*** Inauguration du musée Hyacinthe RIGAUD -23/6/2017 - Les affaires culturelles censurent la presse - Un musée aseptisé, débarrassé de ses décors 17 ème siècle !

Le Grand RIG ô ! 

 Le cercle de l'intime ou l'obscène exp ô ! sur Picass ô !

Oui, le titre est bien choisi, car on sait l'amour du natif de Malaga pour les femmes, sa peinture, avec les thèmes de l'érotisme, du Minotaure, de la tauromachie et du sexisme, s'inspirant du génie des maîtresses, et plus cannibalisant le corps et le talent des femmes séduites… 

Chaque femme de Pablo incarne une période de sa création; il pouvait avoir des relations avec deux ou trois dames en même temps, mais n'hésitait pas à en "jeter" soudain une pour se consacrer à une autre ou envisager la conquête d'une nouvelle.

Ainsi, lors des vacances érotico-tauromachiques à Perpignan, l'hôtel de Lazerme servait de point d'ancrage pour faire le tour des fêtes estivales consacrées à la corrida (Nîmes, Céret, Collioure…). La massive architecture classique de l'Hôtel particulier servait aussi de rencontres : Françoise Gilot, la délaissée, Jacqueline Roque, l'ultime conquête, et Mme de Lazerme, l'amante catalan, se retrouvaient sous le même toit, à la même table. C'était un cercle de famille étonnant. Pau Picasso passait d'un cercle intime à un autre de façon naturelle, et personne n'était choqué, dans le milieu bourgeois du centre-ville, de ces relations amoureuses et sexuelles : on tolérait tout de la part d'un artiste, on aurait même bien voulu appartenir au "cercle de l'intime" de ce génie, de ce sacré petit démon, rue de l'Ange..!

 

 

le journaliste et écrivain Xavier FEBRES vient de publier un livre en catalan sur Maillol. Et un article sur sa passion pour le musée Rigaud, l'ancien, le suranné, avant que les travaux nouveaux n'en fassent une machinerie contemporaine... Xavier regrette le temps de la visite dans le silence et la solitude, dans les salles anciennes aux hauts plafonds, aux dorures et décors rococo... C'était un musée de province, très peu fréquenté, malgré son prix modique et ses salles consacrées à Picasso, Maillol, Dufy... 

Les jeunes et les habitants ne venaient pas dans l'ancien hôtel des Delazerme, où Picasso passa de brèves vacances, (1) dans l'intimité d'une famille bourgeoise, dans le cercle d'in intime très intime et érotique...

Quelle idée d'avoir intitulé l'expo Picasso "Le cercle de l'intime", c'est d'une obscénité sans nom...mais c'est si vrai ! 

Et le club, autour du musée, le "Cercle Rigaud", comme on parle de "cercle de famille", en tentant de toujours l'agrandir...

 

Febres regrette...On regrette toujours le temps passé car il nous fait passer de l'autre côté... Les vieux deviennent passéistes et n'acceptent pas que les plafonds hauts soient abaissés, que les dorures soient supprimés, que le lieu perde son caractère ancien, catalan ou baroque pour n'être plus qu'impersonnel... Faut être aux normes européennes…faut économiser l'énergie…Faut plaire au public ou à ce que l'on croit être le goût du public… On met du placo pour abaisser les murs, on détruit les structures, boiseries, charpentes, du 17 ème siècle !

On installe une "fosse aux lions", une cage horrible à l'ancienne entrée, rue de l'Ange, pour sans doute, faire reculer le terrorisme…Musée fermé, une forteresse, alors qu'il faut inviter le public, sans frontière… 

 

Il faut donc perdre un peu de son caractère local, catalan, être au plus près de la concurrence, des grands musées français, imiter Paris, plaire à la mode et au goût des touristes, se compromettre avec l'esprit du temps...

A ce prix, Perpignan pourra être une "destination" et dans cette renaissance muséale, on ne cache pas que le lieu doit servir le commerce, l'économie urbaine, le tourisme mercantile, bien avant la culture…

 

La presse "officielle", celle qui écrit ce qu'on lui dit (voir l'article récent de Connaissance des Arts sur le musée Rigaud, reportage tout à fait lénifiant et aseptisé, à l'image de ce musée (ne pas écrire ce qui fâche, d'ailleurs la journaliste venue à Perpignan ne connaît rien du contexte local), a été seule invitée le jeudi 22 juin à visiter les nouveaux lieux. 

La mairie et le service culturel de la ville sont à la hauteur de leur réputation : censure, intolérance, esprit de vengeance de la part de ces "Napoléons les petits" !

Je n'ai pas été invité (je ne dois pas faire "presse" sérieuse) par un maire qui est venu m'agresser dans une librairie, lors d'un débat philosophique ! Je suis ignoré par un adjoint à la culture qui ne supporte pas la critique et se venge comme il peut, de façon mesquine ! Ce n'est pas avec ce comportement que Perpignan la moribonde va se sauver par l'art et la culture...

J.P.Bonnel

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Published by leblogabonnel - dans débat - polémique
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virjaja 23/06/2017 21:04

à 10 euros l'entrée, j'aurais aimé voir autre chose que du placo...merci pour l'info, je vais l'éviter. bonne soirée

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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