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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 08:39
H.Rigaud (autoportrait) - H.Rigaud : portrait d'Antoine rousseau de Thelonne - Gaspard Rigaud, par Hyacinthe Rigaud-1691 - Le CERCLE de l'INTIME -
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H.Rigaud (autoportrait) - H.Rigaud : portrait d'Antoine rousseau de Thelonne - Gaspard Rigaud, par Hyacinthe Rigaud-1691 - Le CERCLE de l'INTIME -

* Perpignan, rue de l'Ange

 

Chez Madame Paule De Lazerme *

 

 

Dès que le visiteur quitte la rue, passante, commerçante et piétonnante, de l’Ange, pour pénétrer dans le patio de l’hôtel particulier, qui accueillit Picasso et ses amis, il entre dans un silence plombé. C’est ici, et non dans la rue du vieux Perpignan, qu’un ange passe ! La première porte invite aux dorures nouvelles et aux nouveaux Dauras des salles rénovées du musée Rigaud. La deuxième n’invite à rien - elle est privée -  si ce n’est à la confrontation avec une belle dame de quatre-vingt-douze ans…qui est l’ultime témoin des années cinquante, quand Pablo venait ici passer quelques jours, voire quelques semaines, de farniente. Ces années glorieuses, fastueuses et créatrices semblent loin ; le temps a passé, comme en témoigne l’escalier monumental jonché de gravats et nimbé de poussière : une partie du toit s’est effondrée ! Le visiteur pourrait rebrousser chemin : le ciel peut lui tomber sur la tête, comme peut s’abattre la foudre annoncée de la maîtresse de maison qu’on dit cassante, peu communicante et pas drôle du tout… 

 

Pourtant, l’effet de surprise jouant, sans doute, et la beauté du matin d’été y mettant du sien, la grande dame De Lazerme accueille l’inconnu scribouillard sans broncher, sans barguigner, au cœur de son cocon, dans son vaste appartement saturé de toiles, d’objets et de pièces d’argenterie, jusque dans le coin salon aux plafonds hauts et aux longues fenêtres ouvertes sur un grand jardin sauvage, insoupçonné dans le centre-ville…

 

Calme, sereine, élégante, reposée, de bonne humeur, même si une froideur et une retenue certaines dominent, Paule de Lazerme, allongée sur un fauteuil-divan, apparaît. Elle est immobile dans un monde de silence. Elle incarne un temps arrêté occupant l’espace qui mène du patio au jardin ; elle est dans une vie d’intériorité, dans un monde où tout est intérieur : cour, jardin, temporalité ; elle vit avec son passé, non avec la fébrilité de la rumeur du village total ou avec l’actualité enivrante de la rue : les touristes, les portables, les soldes…

Elle n’a que faire de ce prosaïsme qui court les venelles, elle s’est résignée au silence, au repos, au re mâchage d’un passé qui, parfois, lui échappe et s’enfuit par les sables de la mémoire. Elle règne au milieu d’un monde de solitude, simplement ponctué par l’arrivée ou le départ d’une de ses dames de compagnie, ou la venue, très rare, d’un neveu. Elle mène une pérennité de vie dans un fauteuil de velours rouge, cousin de celui qui fut immortalisé par Picasso dans les trois dessins de 1954. Elle se sent en sécurité, chez elle, entourée des portraits de ses ancêtres, des livres de Carlos ou des d’objets personnels, tous signifiants et qui mériteraient la gloire d’un roman…

Elle est la conservatrice de son musée intime, ouvert de façon très parcimonieuse, et qui recèle les photos en compagnie de Georges Dufy, Jean Cocteau, Manolo…et bien sûr Pablo. Musée dont les murs montrent les dessins dédicacées, un Chagall, l’affiche de la corrida de Vallauris 1954, dédiée à Paule et à Jacques. Musée de secrètes cimaises, où les Picasso sont omniprésents : la Rosita (portrait de la fille de Totote et Manolo), les taureaux, le portrait en miniature de Paule, réplique du célèbre profil visible à loisir au musée, officiel, lui, d’à côté, à quelques pas de là… La grande photo de Paule jeune à côté de Pablo est placé sous verre au-dessus d’un rayonnage. Puis, non loin, et quelques années plus tard, c’est en compagnie de Dufy que Madame De Lazerme fixe l’objectif…Quant aux lettres échangées avec tous ces artistes, elles demeurent dans le secret des tiroirs et il n’est pas question de les lire ou de les publier : c’est égoïste, l’intimité ! 

...à suivre...

texte et photos : Jean-Pierre Bonnel  

  * le 3 août 2002 -

 

 

- - - -

***Plusieurs portraits par les Rigaud acquis par Perpignan

 

Nous avons publié cet article le 7 février au soir, et Ariane James-Sarazin nous a signalé fort aimablement que les deux portraits reproduits étaient deux œuvres acquises en 2016 par le Musée de Perpignan, mais dues également à Hyacinthe Rigaud. Le musée nous les avaient envoyées comme les photos des deux Gaspard Rigaud. Nous avons donc modifié cet article. Ce sont donc cinq portraits, trois par Hyacinthe, et deux par Gaspard, qui ont été acquis par Perpignan.

 

1. Hyacinthe Rigaud (1659-1743)

Portrait de Gaspard Rigaud, 1691

Huile sur toile - 79 x 62 cm 

Perpignan, Musée d’art Hyacinthe Rigaud

Photo : Musée Hyacinthe Rigaud 

 

7/2/17 - Acquisitions - Perpignan, Musée Hyacinthe Rigaud - Un tableau de Hyacinthe Rigaud est récemment réapparu : découvert par Michel Reymondin, il se trouvait dans une collection suédoise et vient d’être acheté par le musée de Perpignan. Il s’agit d’un portrait représentant le frère de l’artiste, Gaspard Rigaud (ill. 1).

Peint en 1691, il correspond peut-être à celui qui fut exposé au Salon de 1704, en pendant à un Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. C’est ce que suggère Ariane James-Sarazin dans le catalogue raisonné de l’œuvre du maître publié aux éditions Faton en novembre 2016 (nous en reparlerons bientôt). Rigaud garda ensuite cette effigie de son frère dans son appartement jusqu’à sa mort. 

Comme le signale Claire Muchir, directrice du musée, il fut par la suite acquis par David von Schinkel (1743-1807), qui était traducteur officiel auprès de Bernadotte. Restée dans la famille, la toile fut déposée au château de Tidö Slott, acheté par le baron Carl-David von Schinkel en 1890 et détenu encore aujourd’hui par les descendants de celui-ci.

Gaspard, représenté en buste, la tête tournée vers sa gauche, coiffé d’une perruque noire, est élégamment négligé, vêtu de riches habits, sa chemise s’échappant de son col défait. Comme toujours chez Rigaud les matières sont traduites avec soin. Stephan Perreau remarque que la composition est la même que celle d’un Portrait d’homme peint par Rigaud, exposé à la galerie Mendès en 2010 ; le maître utilise une pose similaire pour représenter Charles de La Fosse en 1682 ou encore Everhard Jabach en 1688.

 

2. Hyacinthe Rigaud (1659-1743)

Antoine Rousseau de Thelonne, 1737

Huile sur toile

Perpignan, Musée d’art Hyacinthe Rigaud

Photo : Musée Hyacinthe Rigaud 

 

3. Hyacinthe Rigaud (1659-1743)

Marie Charlotte Rousseau née Bouche, 1737

Huile sur toile

Perpignan, Musée d’art Hyacinthe Rigaud

Photo : Musée Hyacinthe Rigaud 

Deux autres portrraits par Hyacinthe Rigaud ont également été acquis en 2016 par le musée de Perpignan, directement d’une collection privée (ill. 2 et 3).

 

4. Gaspard Rigaud (1661-1705)

Portrait d’homme, 1699

Huile sur toile

Perpignan, Musée Rigaud

Photo : D. R. 

 

5. Gaspard Rigaud (1661-1705)

Portrait de femme, 1699

Huile sur toile

Perpignan, Musée Rigaud

Photo : D. R. 

 

Éclipsé par son frère, Gaspard Rigaud fut pourtant peintre lui aussi. D’abord actif à Montpellier, où il entra dans l’atelier d’Antoine Ranc en 1678 (sa fille épousera Jean Ranc en 1715), il rejoignit en 1695 l’atelier parisien de Hyacinthe qui venait de réaliser le premier portrait de Louis XIV et devait faire face à de multiples commandes. Gaspard produisit plusieurs portraits, trouvant sa clientèle au sein de la bourgeoisie parisienne. On peut voir deux exemples de son art dans les collections de Perpignan, achetés dans une vente à Blois en octobre 2015 (ill. 4 et 5). Il fut agréé à l’Académie en 1701 et mourut en 1705.

Actuellement fermé pour des travaux de rénovation et d’agrandissement, le Musée Rigaud rouvrira ses portes le 25 juin 2017.

 

(C) Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mardi 7 février 2017 : "L’actualité de la politique patrimoniale et de l’histoire de l’art" - The Art Tribune

 

*** Ouverture du musée Rigaud : nocturne le vendredi 23 juin 2017, à partir de 22 heures.

Je n'ai pas reçu d'invitation (et n'en recevrai sans doute pas, mais j'ai pu lire le carton d'invitation chez l'éditeur Richard Meier qui va recevoir une commande de la mairie : mettre en boîte, dans un de ses merveilleuses petites boîtes artistiques, le musée rénové...

 

Je me permets de reproduire ci-dessous l'article intéressant publié sur Facebook, par 

Jean Schmit, qui a ajouté une photo à l’album Remembrances ...

et parle du livre de Renata Portet (j'ai moi-même écrit un compte-rendu de son Rigau (pas de D en catalan), dans le blogabonnel)

 

1 ― « Heureux Rigau(d).
Hyacinthe, te voilà fait et accompli. Devant ton miroir, tu es un beau gaillard de trente-neuf ans et, quelque trois cents ans plus tard, c’est moi qui te regarde. En position critique devant ton autoportrait. Oui, peut-on imaginer plus grande gloire ? En 1698, tu es déjà le peintre le plus en faveur à la cour du « plus grand Roi du monde ». La renommée a fait de toi le premier peintre d’Europe et on dit que tu es capable, à l’égal d’un magicien, d’accomplir des prodiges. On sait, par exemple, qu’il est impossible de faire un portrait de mémoire, sans voir le modèle. Personne ne le peut. Mais toi, tu l’as fait. Nul ne peut rivaliser avec toi. On n’a jamais vu un créateur aussi béni des dieux, et ton autoportrait est bien là pour en faire référence. Avec autosatisfaction. Tu ne peux le dissimuler.

Magicien, je veux bien croire que tu le sois quelque peu... Car, par quel sortilège, dont toi seul a le secret, faut-il que, devant cette peinture, je me sente autant troublée... Comment expliquer ce charme qui me cloue sur place ? Je suis comme envoûtée. Mes yeux ne peuvent se détacher de toi... Serais-tu bruixot ? On dit, en catalan, qu’un bruixot en sait plus long que sept sorcières réunies...

Comme avec le dernier autoportrait de Rembrandt (la plus grande émotion esthétique de ma vie, un jour, à l’Orangerie), où l’on ne voit d’abord, de loin, qu’un barbouillis noir, sur fond noir, d’où peu à peu sort, au fur et à mesure que le regard s’attarde, une lumière qui, progressivement, se met à éclairer un visage sympathique et rieur (qui, dans le cas de Rembrandt, est celui d’un vieillard), voici que ici aussi, devant ton séduisant portrait où le visage surgit graduellement dans l’éclairage d’une lumière secrète, ta présence captivante devient si vivante, si concrète, si criante de vérité que je ne peux m’empêcher d’avancer mes doigts vers toi, ma main se leurrant à croire qu’elle peut te toucher... (oui ? je peux ?) jusqu’à sentir le contact avec la peau de ta poitrine (mmm...) à travers ta chemise entr’ouverte ou encore en caressant doucement l’épiderme de ta joue où une ombre brune rappelle, dans un jeu de reflets, le rasage matinal. Il émane de toi, mon beau Rigaud, comme un subtil parfum d’élégant garçon toujours impeccable, soigné et raffiné qui peut encore, à bon droit et à distance, émouvoir... Ai, manyac, si sabies com m’agrades ! Si tu savais comme tu me plais ! Vrai de vrai, c’est comme si je me sentais amoureuse. Mais oui. J’ai tellement envie de déposer un baiser sur l’adorable fossette de ton menton, qu’en dis-tu ? Tu permets ?

Incontestablement tu es beau. Très beau. Irrésistible. Je serais même capable de faire des folies pour toi. Je ne puis me le cacher. Tes yeux caressants brillent, avec douceur, d’un éclat plein de cette lumière qui monte d’une source intérieure. Tu souris d’une façon contenue ― dame ! il faut se montrer modeste ― mais les plis de ta bouche, de chaque côté des lèvres, ne peuvent dissimuler que tu es quelque peu fier de toi... En toute raison, mon ami. Et cela ne perturbe en rien l’ambiance qui t’entoure, faite de sérénité, d’équilibre, de quiétude. Et moi, je reste là, quel bonheur ! près de toi, dans cet atelier où flottent de délicieux effluves d’essence de térébenthine, un peu excitants... Muette d’admiration, fascinée. Et je te regarde poser du bout des pinceaux ces délicates touches toujours réussies. Un frottis de ce blanc gris mauve, par exemple, si difficile à nuancer, légèrement posé sur le col de ta chemise entr’ouverte, fait ressortir à côté ta saine et ferme carnation hâlée des fils du Midi... Et maintenant, c’est le plus fin de tes pinceaux, en poil de martre, qui dépose des parcelles d’or sur le précieux brocard de ton bonnet, petits points scintillants qui courent aussi tout au long du galon de ta robe de chambre faite dans un somptueux velours bleu nuit doublé d’une soie sauvage vieux rose dont la teinte raffinée est identique à celle du tissu de ton bonnet. Goût sensuel d’artiste. Goût exquis. Émerveillée, éblouie, accrochée à ton image, je n’arrive plus à me défaire de toi. »

Renada Laura Portet ― ‘Rigaud - Un peintre catalan à la cour du Roi-Soleil’ © Balzac éditeur, Baixas, 2005 ― La version originale de cet ouvrage (‘Rigau & Rigaud, un pintor a la cort de la rosa gratacul’) est parue en 2002 aux éditions Destino, Barcelona.

En illustration : Autoportrait au turban, 1698, Musée d'art Hyacinthe Rigaud, #Perpignan.

 

 « (...) il y a bien quelque chose de particulier dans l'histoire du peintre Hyacinthe Rigaud, reconstruite par Renada Laura Portet dans cette singulière biographie romancée.

 

Sait-on que quand le petit Hyacintho Rigau né à Perpignan, en juillet 1659, trois mois avant l'annexion du Roussillon à la France, était sujet du roi d'Espagne, fils d'un modeste tailleur et que personne n'aurait pu prévoir que, vingt ans plus tard à peine, il allait devenir le plus parisien des peintres français de renom, celui qui ferait du Roi-Soleil le portrait le plus célèbre et qui aurait « l'honneur de peindre cinq souverains parmi les plus grands rois du monde et tous les princes du sang jusqu'à la quatrième génération »

 

Hyacinthe Rigaud est actuellement exposé dans 264 musées de par le monde, son œuvre extraordinairement féconde de portraitiste (près de deux mille portraits), est à la fois miroir et mémoire des deux siècles qui comptent parmi les plus éblouissantes périodes de la culture et de la politique françaises. C'est à ce plasticien « catalan », formé dans sa prime jeunesse aux canons de l'école catalane (avec les Rigau de sa famille et Guerra l'Ancien), que revient le mérite de nous restituer toute la haute société du Siècle de Louis XIV et celle de la première moitié du Siècle des Lumières. 

 

Cette biographie originale, excitante et pleine de charme, a le mérite de ravir le lecteur par sa remarquable qualité littéraire, ainsi que le souligne, dans la préface, Baltasar Porcel, le grand écrivain majorquin.

 

 

 On appréciera, aux pages 108 à 112 du livre de Renada Laura Portet, le chapitre très drôle consacré au portrait du marquis de Dangeau peint en 1702 par Hyacinthe Rigaud et exposé au musée du château de Versailles (photo). Un régal tel qu’on en vient à se dire que l’on aurait bien aimé avoir dame Portet comme professeur d’histoire.

 

Et on lira avec intérêt la page 199 du même ouvrage expliquant ce que Perpignan a fait du « portrait de Louis XIV en habit d’apparat du couronnement » offert par Rigaud à sa ville natale. Autres temps, autres mœurs !

 

 Le Musée d'art Hyacinthe Rigaud de Perpignan rouvre ses portes le samedi 24 juin 2017 (jour de la Saint-Jean), après de longs mois de travaux et une complète restructuration de son espace. Pour l’occasion, le musée propose une importante exposition temporaire : « Picasso – Perpignan, Le cercle de l’intime, 1953-1955 », jusqu’au 5 novembre 2017. 

L’exposition permanente se situe désormais au premier niveau du musée, tandis que le second niveau est consacré aux expositions temporaires d’artistes contemporains et aux espaces techniques de conservation. Le rez-de-chaussée regroupe les fonctions d’accueil du public. L’entrée du musée s’effectue maintenant par la rue Mailly. 

On y retrouve, naturellement, les œuvres majeures de Rigaud avec deux nouvelles acquisitions. Un accord avec le musée d’Orsay permet l’exposition de trois œuvres de Monfreid et du torse du ‘Printemps’ réalisé par Aristide Maillol. Grâce à la Fondation Maillol, cinq œuvres du Maître seront également présentes. 

 

Ouverture : Du 1 juin au 30 septembre, de 10h30 à 19h. Tous les jours.

Du 1 octobre au 31 mai, de 11h à 17h30. Fermé le lundi.

Nocturnes (en juillet et août) les jeudis et vendredis jusqu’à 21h.

Renseignements : 04 68 66 30 30.

En illustration : Le patio du musée en 2013 – bien avant les travaux de rénovation – avec, au premier plan, une copie du buste de Hyacinthe Rigaud réalisé en 1827 par Jean Marie Pigalle (1792-1857).

 

* Faut-il associer autoportrait avec narcissisme ? Le meilleur exemple étant celui de Rembrandt (1606-1669) et de ses 80 autoportraits, à une époque où les peintres ne se représentaient eux-mêmes qu’une à deux fois. 

De nombreux historiens d’art ont avancé l’explication d’un profond narcissisme du peintre et graveur néerlandais, lui-même ne s’étant jamais expliqué sur le sujet. Mais rien n’est moins sûr. Rembrandt s’est peut-être tout simplement pris comme modèle pour des raisons tout bonnement pratiques (nul besoin de chercher de modèles) ou économiques. A son époque, l’on parlait, non pas d’autoportraits – le terme n’apparaît qu’au XIXème siècle – mais de « Portraits de Rembrandt par lui-même.» Ses autoportraits lui permettaient d’affiner sa technique, de résoudre avec succès ses problèmes d'éclairage et de clair-obscur, de maîtriser ses couleurs. 

Sa démarche ne serait pas motivée par des préoccupations narcissiques mais par des enjeux de technique picturale. Autoportrait ne serait donc pas à coup sûr synonyme de narcissisme.

En illustration : Reproduction de « L’autoportrait au turban » de Hyacinthe Rigaud (1698) utilisée lors de l’exposition « Narcisse – le pouvoir de l’autoportrait » organisée l’été 2015 par le Musée d'art Hyacinthe Rigaud dans deux des salles du Centre d’art Walter Benjamin, place du Pont-d’en-Vestit, à Perpignan.

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