Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 09:20
Picasso au musée Rigaud, Perpignan (photo J.P.Bonnel-) -  à Colliore, avec René POUS - au musée de  GOSOL (Catalogne, Cadi)
Picasso au musée Rigaud, Perpignan (photo J.P.Bonnel-) -  à Colliore, avec René POUS - au musée de  GOSOL (Catalogne, Cadi)
Picasso au musée Rigaud, Perpignan (photo J.P.Bonnel-) -  à Colliore, avec René POUS - au musée de  GOSOL (Catalogne, Cadi)

Picasso au musée Rigaud, Perpignan (photo J.P.Bonnel-) - à Colliore, avec René POUS - au musée de GOSOL (Catalogne, Cadi)

Personnalités inhumaines... Le catalogue de l'expo de Perpignan (été 2017)

 

PICASSO ce barbare...ce cannibale prenant et jetant les femmes pour se nourrir de leurs talents (Dora Maar la photographe, Françoise et Jacqueline, les artistes, Olga la danseuse...), milliardaire avare, qui ne prête pas un sou à ses petits-fils : le témoignage de Marina Picasso, fille de Paulo, petite-fille d'Olga , est éclairant (lire Grand-père, folio Gallimard n°3818). Paulo sert de chauffeur, exploité, devant mendier un maigre salaire : "chauffeur payé à la semaine, factotum sans existence propre, sa marionnette et son souffre-douleur..."

 

Pablo est un sadique qui méprise sa descendance;il est indifférent : "Pablito -frère de Marina- s'est suicidé à l'âge de 24 ans en avalant une dose d'eau de javel...Ma grand-mère Olga, humiliée, salie, dégradée par tant de trahisons, a terminé sa vie paralysée..." (page 16)

 

Françoise Gilot, dans son beau livre Vivre avec Picasso, corrobore ce témoignage : "Dix ans avec Picasso, l'enfer." (cité par Pierre DAIX, dans sa biographie de Picasso, en 2007 : "Je suis restée dix ans parce que j'étais jeune, je croyais qu'il était encore capable d'évoluer. C'était une utopie." (page 482)

 

Avec le temps, la vie de artiste, et surtout ses défauts, ses mesquineries, passent au second plan; seul compte le "génie", pas les sentiments, l'humanité du personnage. Pourtant, celui qui se disait communiste et en lutte avec le fascisme, exploitait ses proches et se comportait en fasciste chez lui !!! Qui le dit ?

 

Ainsi, peu de critiques osent dire le vrai; et les journalistes glorifient, et les catalogues d'exposition n'écrivent que l'aspect positif, par désir de faire de ce musée une destination pour les touristes ! Le catalogue publié à Perpignan (et imprimé à Gand!), même s'il est bien fait, bien documenté, bien écrit (1) ne fait pas exception : Picasso est grand, Perpignan est accueillant et les quelques semaines passées à l'hôtel De Lazerme constituent une "parenthèse estivale " (Claire Muchir) heureuse. (2)

 

(1) Etude intéressante de Brigitte Manera sur les intellectuels et artistes dans les années 50, autour de la présence de Picasso. Texte significatif montrant que les séjours picassiens chez les Lazerme furent des vacances, un havre sur la route des corridas (Nîmes, roi des fêtes de Collioure, photographié aux arènes de Céret avec Cocteau...Retrouvailles à Céret, après le Cubisme des années 10, avec des artistes et la section du PCF...). B. Manera écrit en fait sur Céret et non sur Perpignan - merveilleux pied de nez aux concepteurs du projet-, suggérant la vacuité du séjour perpignanais et les minces rapports "intellectuels", avec le photographe R.Fabre, avec Firmin Bauby à Sant Vicens... 

 

Article original de Joséphine Matamorros, ancienne conservatrice du musée de Céret, qui connaît bien Picasso et son séjour à Céret, bien plus essentiel que la halte de Perpignan. Elle a, en outre, participé au Mucem de Marseille à l'expo su les objets, l'artisanat, le folklore populaire, dont s'est inspiré Pablo. (texte ci-dessous).


 

(2) Catalogue "Picasso Perpignan, le cercle de l'intime, 1953/55" (Snoeck, 20 euros)- Passionnant pour l'histoire locale et les documents. 175 pages pour une histoire de quelques semaines, les séjours à Perpignan ne représentant que 12 lignes dans la biographie de F.Gilot et guère plus dans celle de Daix, l'ami, le camarade communiste des Lettres françaises (pages 465 et 468) !!!

J.P.Bonnel

 

- - -

Picasso à GOSOL

 

Je suis de retour dans la montagne du CADI, trois ans après être monté vers Pedraforcada, à partir de Saldes. Souvenirs de pâturages : les gens ici sont bons et intelligents, ils utilisent, pour séparer les parcelles, non des pierres, ni des clôtures, mais des arbres…C'est plus simple, plus humain. J'avais aussi le souvenir des cerises, deux fois plus grosses de celles de Céret, où Pablo aurait inventé le Cubisme… Le temps des cerises...

 

Ici, à Gosol, en 1906, encore dans la période rose, marquée par une ligne épurée, à la méditation sur le style roman et la peinture ibère, il ne trace pas des cubes, mais des lignes; Le cubisme, c'est Horta de Ebro. 

Ici, dans le massif du Cadi, tout est rondeur, absence de lignes droite : le massif est rond, Piedraforcada fait le dos rond, partagé par une coulée vertigineuse de pierres et de névés… Rondeur de femme, seins de Pedraforca...

 

Je reviens à Gosol par Tuixén, par le refuge du Coll de Port, par les routes sinueuses qui montent vers les herbages et descendent vers des villages bâtis comme des forteresses sur des collines inexpugnables !

 

Tout est beau, ici : Cadi, un début de paradis ! Tout est balade, ici et les cartes sont appelées "Cami de Picasso" et des tas de livres, de colloque et un petit musée dissertent sur l'importance de ce séjour de dix semaines de l'Andalou : l'avant-garde de la Modernité, rien que ça ! 

Picasso voulait revoir la Catalogne, des amis, profiter du miel sensuel de Fernande Olivier, rencontrée à Paris, sur les pentes de Montmartre. Il remplit un "carnet catalan", source de toiles à venir, ébauches, croquis… Il peint beaucoup : arrivé à Guardiola par le train, il doit atteindre Gosol à dos de mule : il n'a qu'une serviette avec des crayons, des huiles, quelques cartons…

A son retour, précipité en raison de l'expansion d'une épidémie de typhoïde, il repart avec tout un caravansérail, preuve que les tableaux (paysans, paysages, animaux dans les ocres rose, orangé, jaune, couleurs des roches qui mènent à Pedraforca) sont nombreux…Pablo a bien travaillé dans ce hameau d'ascètes à la peau cuivrée !

 

Sur la place du village, dans la seule auberge de l'époque, la pension "Can Tampanada", il peint la solitude du hameau gosolenc, il s'entretient très souvent avec le propriétaire, Josep Fontvila, un contrebandier farouche et misanthrope âgé de 90 ans…Celui-ci accepte d'être son modèle : les traits de crayon expriment la rudesse de cet homme, semblable à la désertique de ce pays, logé au coeur de l'alto Urgell, au sud de la Seo d'Urger, non loin de Berga et de l'actuel du Cadi, qui draine les Barcelonais pressés vers les stations de ski de Cerdagne et du Vallespir…

 

A plus de mille quatre cents mètres d'altitude, Gosol respire et ses habitants restent amicaux, malgré la présence des touristes et d'un camp de vacances, avec piscine et roulottes à cinq cents mètres…

On est en Catalogne, dans un Etat qui semble déjà indépendant car les drapeaux flottent partout et la langue naturelle est parlée dans une musique et une richesse qui la différencie tout de suite des autres idiomes… Picasso serait content de cet état d'esprit et qu'on pense ici souvent à lui, sobrement...

JPBonnel

 

- - -

Picasso en son palais catalan

 

 

 

 

Visiter un musée consacré à Picasso me donne toujours l'envie de fictionner. Autant la peinture comme discours ou commentaire est souvent ennuyeuse, autant la flânerie dans les salles d'exposition suscite le romanesque: l'envie d'écrire, car je n'envisage l'art que comme un prétexte à l'écriture...

 

C'est pourquoi je m'applique à revenir périodiquement à Barcelone, dans cet espace picassien installé dans plusieurs hôtels particuliers du XII° siècle, restaurés au XVII° et aménagés à partir de 1963,  afin de communiquer et de donner de la respiration aux nombreuses œuvres de l'artiste. Ce musée est passionnant quant aux toiles de jeunesse (souvenirs de Malaga, représentation des parents, du communiant de 1896...), à la période « bleue » où domine le motif des saltimbanques et des marginaux, tel El Loco de 1904, et à celles de la période ultime: les « retrats » de Jacqueline, à Mougins, en 1962. Ce lieu installe ainsi le début et la fin d'une vie: entre ces deux grandes parenthèses, il s'agit de remplir une vaste béance en se rendant à Paris, à l'hôtel Salé, ou à Madrid, pour le Guernica de la Reina Sophia, ou à New York, ou un peu partout dans le monde car Pablo a jeté son sperme au-delà de tous les océans...

 

J'aime surtout m'attarder sur les variations picturales, quarante-quatre huiles inspirées des Ménines de Vélazquez, dans une atmosphère dramatique grise ou noire, d'où émerge la lumière des jaunes et des bleus nimbant les personnages symbolisant l'innocence.

 

 

JPB

 

- - -

 

*** Picasso à Marseille

 

Le MuCEM a présenté du 27 avril au 29 août 2016 une grande exposition de 270 oeuvres qui s’attache à montrer comment Picasso, tout à la fois inscrit dans son époque et attaché à ses racines, a nourri son travail d’influences issues des arts et traditions populaires. Le parcours, divisé en quatre sections, met en miroir des chefs-d’œuvre de l’artiste avec des objets-références issus des riches collections du Mucem. Grâce à des prêts exceptionnels et au soutien de nombreuses collections publiques et privées, françaises et internationales, parmi lesquelles il convient de citer le riche partenariat avec le Musée national Picasso-Paris, l’exposition permet de réunir des œuvres essentielles et iconiques, mises en perspective avec des découvertes inédites.

 

Après avoir évoqué l’aspect sacré de ces sources, essentiellement espagnoles, le propos met en évidence cette présence des souvenirs dans l’inspiration de l’artiste. Sont ainsi illustrés des thèmes et des motifs mémoriels récurrents chez Picasso, fasciné en particulier par l’univers de la parure (Jacqueline à la mantille), de la musique, du cirque (L’Acrobate bleu), de la tauromachie (Tête de taureau) et du jouet, par exemple.

 

L’exposition est ensuite construite autour de rencontres faites par Picasso avec des personnalités ayant affirmé un savoir-faire artisanal qui pouvait nourrir sa propre expérience et ses propres recherches. Sont alors successivement développées les incursions de l’artiste dans la connaissance du travail du bois (Paco Durrio), de la céramique (Suzanne et Georges Ramié et l’atelier Madoura), de l’orfèvrerie (François Hugo), de la linogravure (Hidalgo Arnéra), du cinéma (Robert Picault), du textile (Marie Cuttoli) et de la tôle découpée (Lionel Prejger).

 

La question de l’utilisation du quotidien dans sa dimension la plus prosaïque (les objets de rebut), mais aussi la plus personnelle, s’exprime dans un très bel ensemble de sculptures d’assemblage (La Guenon et son petit) dans lesquelles se lisent aisément les objets glanés et les matériaux recyclés.

L’art au XXe siècle a souvent joué avec ses origines pour construire un nouveau rapport au monde. Les racines de Picasso sont multiples. Parmi ces fondations, l’environnement de son enfance fut un terreau très fertile. Les objets du quotidien auxquels Georges Henri Rivière rend hommage au sein du musée des arts et traditions populaires, qu'il crée en 1937, font infiniment partie du bagage affectif et esthétique de l'artiste. Les collections du Mucem qui jalonnent le parcours ont été choisies parmi les objets acquis par Georges Henri Rivière, comme autant d'échos au travail de Picasso.

 Fort de cette connaissance à la fois intime et universelle, Picasso s’affirme alors lui-même comme le véritable signal d’une nouvelle culture populaire.

 

Commissariat général :

Joséphine Matamoros, conservateur en chef du patrimoine, directrice honoraire du Musée d’art moderne de Céret, directrice du Musée d’art moderne de Collioure

Bruno Gaudichon, conservateur en chef du patrimoine, conservateur de La Piscine-Musée d’art et d’industrie André Diligent de Roubaix

Emilie Girard, conservateur du patrimoine, responsable du Centre de Conservation et de Ressources du Mucem.

Scénographie : Jacques Sbriglio, architecte, scénographe

 

- - -

 

Partager cet article

Repost 0
Published by leblogabonnel - dans polémique
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blogabonnel
  • Le blogabonnel
  • : Création et information culturelle en Catalogne et... ailleurs.
  • Contact

Profil

  • leblogabonnel
  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...

Recherche

Articles Récents

Liens