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9 février 2018 5 09 /02 /février /2018 06:48
CENSURES : Le carnaval des GUEUX par le maire de Montpellier - Contre le liberté de pensée en Espagne - Céline, Carmen, Mauras censurés

 Montpellier. Philippe Saurel interdit le Karnaval des Gueux

 

Montpellier. Philippe Saurel interdit le Karnaval des Gueux

C’est une nouvelle qui apportera un peu de quiétude aux commerçants du centre ville. La session 2018 du très controversé Karnaval des Gueux ne devrait pas avoir lieu. Le maire de Montpellier, Philippe Saurel (DVG), vient de prendre un arrêté empêchant purement et simplement la tenue de cette manifestation anarchiste.

 

Cette décision fait suite aux dégradations commises pendant mais surtout après le défilé costumé populaire des années précédentes où une majorité des participants utilisaient cet événement festif pour se livrer à de très nombreuses dégradations. Étaient particulièrement visées les enseignes des établissement bancaires, les assurances, les agences immobilières qui constituent d’ordinaire les cibles de ces casseurs se réclamant de l’anarchisme et de l’anticapitalisme.

L’édition 2017 avait connu un basculement lorsque les agitateurs s’étaient attaqués aux vitrines de magasin de commerçants avec comme point d’orgue le saccage de la Grand Rue Jean Moulin. Des commerçants qui avaient même été parfois agressés physiquement. Cet accès de violence avait créé une vive polémique et passablement terni la réputation du carnaval.

Un arrêté municipal contre le Carnaval des Gueux

L’arrêté municipal prend en compte  » les débordements récurrents à l’occasion des carnavals dits « Karnaval des Gueux », notamment ceux du 4 mars 2014, du 17 février 2015 et du 9 février 2016, 28 février 2017 « .

Seront donc  » interdits, du mardi 13 février 2018, à partir de 18h00, jusqu’au mercredi 14 février 2018 05h00

– Les rassemblements et les occupations du domaine public qui ne sont pas dument autorisés

– La consommation et le transport de toutes boissons conditionnées dans des récipients en verre,

– La vente de boissons alcoolisées à emporter,

– L’installation et l’exploitation de commerces ambulants,

– La détention et l’usage de pétards ainsi que le tir de feux d’artifice sur la voie publique,

– La détention et l’utilisation de matières inflammables ou matières (objets) susceptibles d’être utilisées comme projectile,

– L’utilisation de tout matériel roulant de type caddie ou autres pour transporter des matériaux inflammables ou matériaux pouvant provoquer des risques d’incendie, dans le périmètre délimité par les voies, places et secteurs suivants (inclus dans le périmètre) :

Secteur Grand Centre :  » Ecusson – Plan Cabannes – Gares « 

Carnaval Des Gueux : @Saurel_P a pris un arrêté pour maintenir l’ordre public. Il demande au Directeur Général des Services de la Mairie, et au Directeur Départemental de la Sécurité Publique, chacun en ce qui le concerne, l’exécution de cet arrêté. #Montpellier #Sécuritépic.twitter.com/l675RUJOw2

— MaudBodkin (@maudbodkin) 8 février 2018

 

Un risque d’affrontement ?

En plus des habituels affrontements entre les « carnavaliers » et la police, la Ligue du Midi avait annoncé, suite aux débordements de l’année dernière, qu’elle se réservait le droit d’intervenir si les pouvoirs publics n’agissaient pas.

La décision du maire de Montpellier a donc réjoui le président de la Ligue du Midi Richard Roudier qui réclame désormais que l’arrêté municipal soit suivi d’actes. En effet, malgré la décision de la mairie et l’appui de la préfecture, rien n’indique que les militants d’extrême gauche respecteront l’arrêté municipal.

Photos : Lengadoc Info

Lengadoc-info.com, 2018, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

(C) Jordi Vives 8 février 2018 - Montpellier (Lengadoc Info)

 

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**Un  coup  de fouet  contre  la  liberté  de  pensée  en  Espagne
>

> Qu’est-ce qui se passe  avec la liberté d'expression en Espagne? En 2018, la censure de Franco semble être revenue. Un exemple frappant nous l’avons dans le processus judiciaire pénal   devant la Haute Cour  à Madrid (Audiencia Nacional) contre le rappeur et chanteur Pablo Rivadulla de  la ville  de Lleida, en Catalogne également appelé Pablo Hasel ; le Tribunal  demande  2  ans  et  6  mois de prison et 45.000 euros d'amende pour quelques tweets et chansons contre la monarchie, la police et l'Etat Espagnol. I

l faut  savoir que ce chanteur avait déjà passé quelques  mois en prison pour un autre "crime d'opinion". Je me  demande - et  je  veux demander à tous les lecteurs - si, par exemple, dans la France,  le  Royaume-Uni ou en Belgique, cette répression contre la liberté d'expression serait possible. Le même chanteur a déclaré que si ses chansons étaient  redigées contre la Catalogne, les homosexuels ou les immigrants, il ne serait pas inquiété...   Á món avis, c'est un terrible coup de fouet autoritaire contre  la  liberté de pensée en Espagne .

 

Robert Willing Port-Bou

 

La pression de certains intellectuels et d'organisations juives sont arrivés à interdire la publication des écrits polémiques de Céline, et  d'exclure Charles Mauras, dirigeant de l'Action française et antisémite notoire, des "commémorations officielles de 2018.

Ces deux écrivains, racistes, spécialistes de la délation, ne méritaient qu'un jugement menant à la peine de mort. Ce fut le cas de Brasillach, écrivain pro-nazi de seconde zone.

Leurs personnalités sont détestables. Cependant, leur oeuvre est à lire, les écrits racistes faisant partie d'un tout, d'une vie, d'un opus contenant des bons et des mauvais moments. En outre, ces textes contestables sont en lecture libre sur internet et les livres peuvent être achetés chez les libraires et bouquinistes : hypocrisie !

Il fallait republier ces oeuvres avec un avertissement et un appareil critique scientifique, objectif. La censure est la solution "finale" la plus détestable : la facilité ! Or on ne peut oublier les écrits de Céline, ni l'importance de Mauras dans la vie politique française du XX° s!ècle. Ce sont les censeurs qui resteront dans l'oubli...

JPBonnel

 

***Non-publication des pamphlets de Céline: au régal des antisémites

Gallimard suspend la réédition des pamphlets antisémites

 

 

La polémique autour de la réédition des pamphlets antisémites, close provisoirement par la décision de Gallimard, jeudi, d’en suspendre la publication sine die, n’a pas pris l’ampleur et la violence de la guerre civile entre les femmes ouverte depuis l’affaire Weinstein. Elle n’en est pas moins révélatrice de la question de plus en plus sensible de la liberté d’expression aujourd’hui. Contrôler la parole des uns au nom de la libération de celle des autres, censurer les écrivains et les artistes d’aujourd’hui comme d’hier, réécrire le passé en fonction des nécessités du présent (l’épisode grotesque autour de Carmen ou l’effacement stalino-hollywoodien de Kevin Spacey de Tout l’argent du Monde) n’est plus l’apanage oublié des dictatures mais celui, très actuel, de nos démocraties de marché.

Des pamphlets de Céline disponibles en ligne

Il avait donc été question de rééditer les pamphlets antisémites de Céline qui sont au nombre de trois, Bagatelles pour un massacre (1937), L’école des cadavres (1938) et Les Beaux draps (1941). Céline, dans l’après-guerre, s’est toujours opposé à leur réédition et sa volonté a été respectée par sa veuve Lucette Almanzor, qui a aujourd’hui cent cinq ans. Néanmoins, et c’était sans doute une des raisons qui a poussé Gallimard d’une part et Lucette Almanzor d’autre part à accepter cette réédition, les textes étaient disponibles depuis très longtemps, de fait. L’époque où les jeunes céliniens, dont j’étais, qui ne s’étaient jamais remis du choc de la lecture du Voyage, voulaient tout lire de Céline et payaient  à prix d’or ces pamphlets chez des bouquinistes qui les cachaient plus ou moins, est révolue. Une édition existe désormais au Québec et surtout, ils sont disponibles sur le net. Le problème, c’est qu’ils sont disponibles sur des sites crypto-révisionnistes et que, de fait, ils font partie de la panoplie abjecte que se doit d’arborer tout petit néo-nazi plus ou moins honteux.

 

Il est impossible d’interdire

Or le problème posé par ces pamphlets est tout de même un peu plus complexe. On a souvent entendu ici et là la comparaison avec Mein Kampf. La différence, c’est qu’Hitler n’était pas un écrivain et que Céline n’était pas un dirigeant politique. Mais qu’importe, au-delà de ces approximations, la question de la réédition des pamphlets de Céline a désormais lieu dans un contexte où il est impossible d’interdire, où la liberté d’expression existe de manière anarchique, totale, souvent ignoble sur Internet et que l’on va arriver à la deuxième génération d’enfants, par exemple, qui sont à deux clics de la pornographie la plus violente. Il faudra faire avec ces nouvelles technologies, ce nouvel environnement virtuel que ça nous plaise ou non.

L’interdit profite aux interdits

C’est la première raison qui me semblait rendre la réédition de ces pamphlets opportune. Une édition critique, officielle, avec des préfaces et des notes de spécialistes auraient permis de remettre en perspective l’antisémitisme de Céline dans son œuvre et dans son époque. Là, avec la persistance de cette interdiction, le complotisme va tourner à plein. Les ados boutonneux qui fantasment sur la virilité SS, les vieux pseudo-intellectuels décavés qui regrettent le bon temps des pogroms vont pouvoir continuer à dire, selon une logique aberrante et obsidionale mais imparable au premier regard : « S’ILS interdisent ça, c’est qu’ils en ont peur et c’est donc que c’est vrai. »

Deuxième raison, dans un monde où Internet a pris une ampleur définitive, toute loi interdisant le révisionnisme ou le négationnisme, par exemple, ne rime plus à rien, ce qui n’était pas le cas à l’époque où Jean-Claude Gayssot avait fait passer la sienne. Au contraire, laisser parler ces gens montrerait à tous, même à ceux qui seraient tentés de les croire,  qu’ils ne  sont en fait que des « historiens » bidons, que leurs « recherches » ne sont que des fantasmes malsains, que leur méthodologie est inexistante et leur documentation largement falsifiée. Là aussi, l’interdit profite aux interdits qui peuvent jouer aux martyrs de la liberté d’expression et éviter d’avoir à rendre des comptes sur le fond inexistant de leur travaux face à de véritables historiens.

En finir avec les clichés anti-céliniens

Troisième raison, plus littéraire celle-là, et qui a été développée dans Le Monde par Henri Godard, l’éditeur de Céline en Pléiade et grand spécialiste de l’œuvre : la publication de ces pamphlets permettrait d’en finir d’une part avec cette aura malsaine mais surtout avec quelques idées reçues sur cet antisémitisme de Céline qui aurait été constitutif de l’écrivain dès Voyage au bout de la nuit. On peut ne pas aimer Céline, ou Marx, et ne pas penser pour autant que la pulsion de mort nazie est déjà dans le Voyage et Mort à Crédit, de même que le goulag serait inscrit dès les premières lignes du Manifeste. Je sais que cette façon de se comporter en prophète du passé est très à la mode aujourd’hui pour discréditer  ce qu’on n’aime pas. Le droit de ne pas aimer Céline ou d’être anticommuniste n’est pas à remettre en question, évidemment, à condition de ne pas réduire le célinien à un antisémite  et le communiste à un employé de la Loubianka.

La société infantilisée

Pour le reste, il serait temps, aussi de prendre les citoyens pour des adultes. Et l’on retrouve ici, avec Céline, dans le domaine littéraire, ce que l’on retrouve dans le domaine sexuel. Les pamphlets comme le disait Philippe Muray dans son Céline, appartiennent de plein droit à l’œuvre. Il y a des génies maléfiques, des salauds magnifiques, des ordures précieuses. Le grand écrivain n’est pas forcément une grande conscience comme dans un biopic hollywoodien.  J’ai ainsi été heureusement surpris d’entendre le Premier ministre lui-même s’exprimer intelligemment sur la question en se déclarant favorable à la réédition selon un argument imparable, que ça plaise ou non : « Il y a d’excellentes raisons de détester l’homme, mais vous ne pouvez pas ignorer l’écrivain ni sa place centrale dans la littérature française ».

Vouloir aseptiser l’œuvre de Céline en la mutilant est aussi vain que de vouloir codifier jusque dans ses moindres détails la conduite  des hommes et des femmes dans l’exercice d’un désir qui a aussi, souvent, une face noire, pulsionnelle, incontrôlable. C’est aussi, avant tout, vouloir infantiliser l’ensemble d’une société.

(C) Jérôme Leroy - 12 janvier 2018 (Site CAUSEUR)

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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