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12 juin 2018 2 12 /06 /juin /2018 09:17
Lumières en Roussillon, exposition à St-Cyprien, vendredi 15 juin 2018 à 18h, musée Desnoyer

Lumières en Roussillon, exposition à St-Cyprien, vendredi 15 juin 2018 à 18h, musée Desnoyer

Le tourisme qui tue

 

Tandis que la ville de Barcelone s'énerve à force d'être envahie par un tourisme de masse bête, inculte, en quête de défoulement, nos start-up locales de "e-tourisme", se prennent à "pitcher", à challenger, et se croient "vecteurs de synergies". Attirer les touristes en Roussillon, déclare sans rire la directrice de "Ir Oui Come", en se rendant à Madrid pour diffuser la bonne parole anglaise...pas catalane, of course !!

 

Ce tourisme va étouffer notre petit territoire. Pendant ce temps, un tourisme planétaire, en expansion continue, en raison du mondialisme, des moyens de transports aériens moins chers et de l'enrichissement des classes supérieures des pays émergents, pollue et tue, à moyen terme la planète...

 

L'organisation mondiale du tourisme (OMT, dépendant de l'ONU) prévoit pour 2018 une hausse de 5% : l'impact environnemental du tourisme va contribuer au réchauffement climatique ! L'empreinte carbone du tourisme mondial est énorme : 8% des émissions de gaz à effet de serre… 

 

Que faire ? On ne peut interdire ces déplacements, tout le monde (libéralisme économique, entreprises…) étant pour la consommation touristique massifiés !

 

On pensait que le tourisme, en induisant des "retombées" économiques dans les pays pauvres ou "exotiques" (îles, Malaisie, Maurice, Maldives…) était un plus pour le développement : les "retombées" ne sont plus celles que l'on espérait; au contraire :  les émissions de CO2 tuent les populations faibles, les enfants, les gens âgés…

 

Autre tourisme néfaste : au Rwanda, les touristes doivent désormais débourser 1500 euros chacun pour aller à la rencontre des gorilles de montagne (parc des volcans). Point positif : la valeur touristique de ce gorille l'a sauvé de l'extinction, avance-t-on… Cependant, ce tourisme d'observation habitue les animaux à la présence humaine très proche et cette accoutumance accrue les met en danger car les braconniers et revendeurs-charognards sont nombreux en Afrique !

 

Que faire ? Surveiller, contrôler encore plus..? Mais les gouvernements sont souvent complices et les dirigeants recherchent leurs intérêts particuliers...

 

En Roussillon, quand nos compatriotes de Céret ou de Rivesaltes attirent les hordes touristiques grâce à l'élégant concours du cracher de boyaux de cerise ou à l'incroyable ingestion d'abricots par la plus grosse bedaine, le touriste n'a rien à craindre, si ce n'est de devenir un peu plus con !

Le tourisme est générateur de bêtise et Ménard à Béziers a compris qu'il fallait, au "con peuple", offrir des jeux et des bouts de pain…

 

Cependant, ni rions pas car le tourisme tue. Il a tué, au temps béni des colonies : l'exposition coloniale montre l'indigène pittoresque conforme aux stéréotypes; le racisme se montre dans ces événements touristiques : les hommes sont chameliers ou cavaliers de fantasia, lise résume leur culture ! Quant aux femmes, pas un brin de civilisation, bien sûr : ce sont des passantes voilées ou des prostituées de "quartiers réservés." (étude de Christine Peltre : Le voyage en Afrique du Nord, images et mirages d'un tourisme, 2018, éditions Bleu autour, 28 euros)

 

Enfin, nous savons qu'en TANZANIE le tourisme chasse les Masai: les zones interdites aux semi-nomades se multiplient. Les peuples minoritaires disparaissent, l'uniformisation du progrès, de la technique, des idées, des lieux communs, estompent les traditions et les styles de vie de nos pères et ancêtres, qui sont relégués dans un musée ou une "Casa pairal" vouée au sourire ou à l'étonnement de l'étranger…

 

En Tanzanie, un long processus entamé sous l'époque coloniale a provoqué une limitation des terrains accessibles aux MASSAI… Chez nous aussi, les terres diminuent, grignotées par les lotissements et l'arrivée de gens extérieurs, venus pour la retraite ou à cause d'une pauvreté moins pénible au soleil… A Collioure, les habitants du crû ne sortent plus dans les rues consacrées aux touristes. Certains lieux ne vivent plus que du tourisme : travailler la terre ou être artisan est trop dur : il vaut mieux se prostituer et vendre le pays !!!

 

Que faire ? Limiter les entrées, fermer les frontières..? Monter les prix des locations, des denrées…afin qu'une minorité seule puisse s'installer chez nous..? Ce serait bien anti-démocratique…

 

Mais l'absence de démocratie est déjà là, depuis des décennies : nos jeunes ne peuvent plus vivre dans leur village car l'immobilier flambe et les maires sont rares, ceux qui osent réserver des terrains aux HLM et l'accessibilité au logement à prix raisonnables !

 

 

JPBonnel

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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