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29 juin 2018 5 29 /06 /juin /2018 09:10
Centro espagnol par DUFY - LORCA - Masques, expo estival à Limoux, par Guillaume LAGNEL
Centro espagnol par DUFY - LORCA - Masques, expo estival à Limoux, par Guillaume LAGNEL
Centro espagnol par DUFY - LORCA - Masques, expo estival à Limoux, par Guillaume LAGNEL

Centro espagnol par DUFY - LORCA - Masques, expo estival à Limoux, par Guillaume LAGNEL

*Théâtre de Lorca vendredi 29 juin à Perpignan (gratuit, en français, à Perpignan !)

 

**Théâtre aussi à Saint-André tous les soirs à 18h30 ou 21h, festival 19° du nom, avec Claude CANET, présidente

billets, de 5 à 10 euros - réserver : www.saint-andré66.fr

 

 

***BANYULS, Mas REIG, 30 juin 2018 à 20h30 

 

Durée : une heure et quart -  spectacle suivi d'une dégustation gratuite par TEMPLERS -

 

 

Walter Benjamin : Allemands, une série de lettres 

 

 Entrée : 6 et 4 euros (adhérents à l’Association Walter Benjamin – Réservation : 06.31.69.09.32.

 

 

Lecture par la Compagnie Théâtre du Tourtour, Gabrielle de Poncheville et Dominique Delpirou 

 

Compagnie : Atelier Théâtre du Tourtour

-Adresse : 156 boulevard Magenta – 75010 Paris

-Siret : 395 148 448 00065

-Contact : dominiquedelpirou@hotmail.fr

 

 

« De l'honneur sans la gloire, de la grandeur sans l'éclat, de la dignité sans la solde » (épigraphe de Benjamin)

 

 

En 1936, pendant son exil en Suisse, Walter Benjamin fait paraître, à Lucerne, sous le pseudonyme de Detlef Holz, Deutsche Menschen (Hommes Allemands), un livre réunissant vingt-cinq lettres qui couvrent un siècle entier, de 1783 à 1883. Goethe, Hölderlin, Nietzsche, Büchner et Metternich voisinent avec des personnalités moins connues, sinon inconnues. Ces lettres, précédées d’une brève introduction, avaient déjà été publiées séparément, entre 1931 et 1933, dans la Frankfurter Zeitung. Mais tandis que cette publication dans la presse avait eu un grand retentissement, celle du recueil, alors qu’Hitler occupait le pouvoir depuis déjà trois ans, passa complètement inaperçue. Gershom Scholem, l’ami le plus proche de Benjamin, écrira : « Ce volume resta pratiquement inconnu. On ne perçut rien d'un éclat désormais tout intérieur, à cause des conditions extravagantes de la publication du recueil chez un éditeur suisse obscur qui fit faillite peu après ». Il fut d’ailleurs interdit en Allemagne en 1938.

 

En réunissant ces lettres, Benjamin, qui ne cessa jamais de croire dans la force de l’écrit contre la barbarie nazie, accomplissait un geste de résistance intellectuelle. Il alertait ses compatriotes sur les risques d’anéantissement de l’esprit allemand, tel que l’Aufklärung [Les Lumières] et le romantisme l’avaient façonné. Mais il le faisait à sa manière, discrètement, avec une sobriété égale à celle de ces lettres, soigneusement choisies, agencées et présentées. Et si, comme Adorno, il est possible de voir dans la publication de ces témoignages du passé un recours contre « l’accélération catastrophique de l’histoire », on peut aussi la regarder, plus naïvement peut-être, comme l’ultime tentative, peu de temps avant qu’elle ne soit foulée aux pieds, de sauver quelque chose de la culture allemande, quelque chose d’humain. 

 

En effet, qu’il s’agisse de J.H Kant désirant avoir des nouvelles de son frère Emmanuel avant de mourir, d’Overbeck conseillant à Nietzsche, après la publication de Zarathoustra, de devenir professeur d’allemand dans un lycée, de Zelter retenant ses larmes après la mort de Goethe, ou encore de Wilhelm Grimm décrivant les constellations ou l’envol des cygnes à une jeune amie, tous, dans leurs écrits, expriment la même humanité. Une humanité qui passe par l’amitié, cette « amitié allemande », sur les deux versants de laquelle, l’un solaire, l’autre glacé, s’ouvre et se referme le recueil. Parce qu’elles annoncent la catastrophe de l’intelligence et qu’elles témoignent de l’impérieuse nécessité de se tenir, quoiqu’il arrive « à l’état d’esprit dans lequel nous avons été formés », comme l’écrivait Goethe à son ami Zelter, ces lettres que Benjamin aimait à lire à voix haute à ses interlocuteurs, nous sont proches et plus que jamais nécessaires. 

 

 

• Lettres extraites de Allemands ; une série de lettres (1936)- Traduction de Georges-Arthur Goldschmidt - Éditions de l’encyclopédie des nuisances, Paris, 2012.

 

 

Spectacle à BANYULS le 30 juin : lecture de ALLEMANDS, de Walter BENJAMIN : Mas REIG, à 20h30, 4 et 6 euros, partenaire : Les Templiers

 

La lecture  

 

Pour que la lecture n’ait pas une durée trop longue et qu’elle soit portée par un rythme, il fallait faire un choix. Nous avons donc retenu onze des vingt-cinq lettres qui composent le recueil de Benjamin. Il ne s’agit pas d’un choix arbitraire ; c’est celui qui s’est imposé au cours de notre travail. Bien qu’ils soient, selon Gershom Scholem, sa plus belle réussite avec Enfance berlinoise, nous n’avons conservé des commentaires de Benjamin que sa présentation générale.

 

Les textes retenus : 

Présentation de Walter Benjamin

Karl Friedrich Zelter au chancelier von Müller, 31 mars 1832

Georg Christoph Lichtenberg à G. H. Amelung, début 1783

Johann Heinrich Kant à Emmanuel Kant, 21 août 1789

Georg Foster, 8 avril 1793

Heinrich Pestalozzi à Anna Schulthess

Friedrich Hölderlin à Casimir Böhlendorf, 2 décembre 1802

Johann Heinrich Voss à Jean Paul, 25 décembre 1817

Annette von DrosteHülshoff à Anton Matthias Sprickmann, 8 février 1819

Wilhelm Grimm à Jenny von DrosteHülshoff, 9 janvier 1825

Karl Friedrich Zelter à Goethe, 16 octobre 1827

Georg Büchner à Karl Gutzkow, fin février 1835

 

 

 

Extraits

 

 

« Je m’indigne autant à l’idée que le despotisme pourrait se répandre insupportablement en Europe si la France n’arrive pas maintenant à imposer ses intentions. Pour m’imaginer cela, il faut que je renonce à croire à la vertu, au droit, à la justice. Je préférerais encore désespérer de tout cela ensemble plutôt que de voir mon espoir anéanti. Les têtes froides sont ici peu nombreuses, on bien elles se cachent ; la nation est ce qu’elle fut toujours, primesautière et versatile, sans constance, sans chaleur, sans amour, sans vérité ; rien que de la tête et de l’imagination, mais ni cœur ni sensibilité. Avec tout cela, elle accomplit de grandes choses, car justement cette fièvre froide leur donne (aux français) cette agitation éternelle et l’apparence de s’émouvoir pour de nobles causes, alors qu’il n’existe en eux que l’enthousiasme des idées, mais non la sensibilité aux choses. »

(Georg Forster à sa femme, le 8 avril 1793)

 

« Écris-moi donc bientôt. J’ai besoin de tes sons purs. La psyché entre amis, la naissance des pensées dans la conversation et les lettres sont nécessaires aux artistes. Car nous n’avons pas de pensée pour nous-mêmes : notre pensée appartient à l’image sacrée que nous créons. » 

(Friedrich Hölderlin à Casimir Böhlendorf, le 2 décembre 1802)

 

« Mais je ne voudrais pas avoir trop l’air d’un mendiant devant toi. Appelle cela de la fierté-mais cette fierté est mon plaisir. Depuis ma jeunesse, je me suis senti attiré, poussé vers ceux qui savent davantage, qui savent ce qu’il y a de meilleur. Courageusement, j’ai surmonté ce qui pouvait me déplaire en eux. Je savais ce que je voulais, même si j’ignore ce que j’ai appris. Tu fus le seul à me soutenir et tu me soutiens encore, je pourrais renoncer à moi-même, non à toi » 

(Karl Friedrich Zelter à Goethe, le 16 octobre 1827)

 

 

« …En fait c’est le siècle des cerveaux capables, des hommes pratiques qui comprennent vite et qui, doués d’une certaine agilité d’esprit, sentent toute leur supériorité sur la masse, même si leurs dons ne s’élèvent pas jusqu’au niveau suprême. Tenons-nous-en autant que possible à l’état d’esprit dans lequel nous nous sommes formés ; avec quelques-uns, peut-être, nous serons les derniers d’une époque qui ne reviendra pas de sitôt »

(Goethe à Karl Friedrich Zelter)

 

 

La lectrice, le lecteur

 

Gilberte de Poncheville a été libraire à Paris. Pendant presque quarante ans, elle a fait découvrir à des habitués, ou des passants occasionnels, des livres et des textes, souvent peu connus, qui lui tenaient à cœur. Le recueil de lettres allemandes de Benjamin en faisait partie. Elle s’est aussi consacrée au théâtre, sa seconde passion, et a joué dans des pièces de Tchekhov, Duras, Thomas Bernhard, Pirandello, Beckett, sous la direction de Claudine Gabay. Elle a été l’une des cinq comédiennes d’Une Mouette, dans une adaptation de Tchekhov portée à la scène par Isabelle Lafon. Au cinéma, elle a joué dans Les Merveilleuses, moyen-métrage réalisé par Isabelle Lafon.

 

Dominique Delpirou a été directeur artistique de la compagnie Choliambe. Il a exploré  des textes qui ne sont pas d’emblée écrits pour le théâtre et a mis en scène Le Voyage en Arménie de Ossip Mandelstam, La Prose du Transsibérien de Blaise Cendrars, Poète à New York de Garcia Lorca, La Maladie du sens de Bernard Noël. Il a aussi donné plusieurs cycles de lectures sur la poésie américaine (Williams, Ginsberg, Kerouac) et fait entendre régulièrement Mallarmé. Artiste associé au Chapiteau des Turbulents qui permet à des adultes autistes d’accéder à des formations artistiques, il a monté avec eux Le Rêve d’Anselme, d’après Francis Ponge.

 

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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