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2 août 2018 4 02 /08 /août /2018 09:33
Place du Puig, rue de l'anguille, devant les travaux stoppés par les habitants (C) Jean-Pierre Bonnel

Place du Puig, rue de l'anguille, devant les travaux stoppés par les habitants (C) Jean-Pierre Bonnel

"Ce n'est plus le moment de polir votre fusil : il faut tirer !" (Stendhal, à propos de Mérimée et du théâtre de Clara Gazul, 1825)

 

A peine l'entrevue entre les responsables des communautés gitane et maghrébine a-t-elle eu lieu à la préfecture, que la mairie publie un avis de concurrence pour la destruction de nouveaux ilots "insalubres"...

 

La trahison de la municipalité de M.Pujol va-t-elle se manifester de façon aussi évidente et peu subtile? Les responsables de la mairie veulent-ils enflammer le quartier..? 

En tout cas les Français d'origine gitane sont énervés. Il faut se rappeler mai 2005, la scène de violence et la mort au bout d'un fait divers.... 

 

Voici le début du reportage d'Ariane Chemin, dans le quotidien Le Monde de l'époque:

"Perpignan, un brasier mal éteint

 

Ce qui n'aurait dû être qu'un terrible fait divers a fait naître de la colère. Celle des "Arabes", les Français d'origine maghrébine d'abord, qui sont plus de 10 000 en ville.

Aziz ouvre sa chemise noire pour découvrir un tatouage posé sur son cœur. "Ma Gitane", dit-il, fier des boucles noires et des courbes qui s'enlacent sur sa poitrine. Hélas ! La carte de visite dessinée au henné n'a pas suffi. Le mariage mixte n'a pas permis d'éviter le meurtre. C'est chez lui, rue Llucia, en plein centre de Perpignan, que Mohamed Bey-Bachir­ "l'Arabe"­ s'est réfugié, dimanche 22 mai 2OO5, la tête en sang. Mohamed pensait peut-être qu'Aziz et sa femme gitane le protégeraient. Mais Aziz n'a pas pu calmer la vingtaine de Gitans lancés à sa poursuite. La horde a forcé la porte et "fini" le jeune homme de 28 ans à la barre de fer..."

 

Aujourd'hui, ce n'est pas un fait divers, c'est un énorme fait d'été en pleines vacances, en pleine canicule et il faut ôter son chapeau (pas longtemps, car ça tape) aux associations (J.Bernard Mathon, Fabien Candoret...), aux partis politiques (Françoise Fiter pour le PCF, les Insoumis, Nou.s... et, hier soir, mercredi 1er août, la République en Marche : la rumeur disait que M. Pujol et le Préfet devaient venir, et ce fut...le député Romain Grau, qui s'opposa franchement à la politique de la ville défendue par Olivier Amiel...

D'autres redoutent de se rendre dans le "ghetto" de Sant-Jaume :

Citons encore l'article du Monde :

 

"Dans les cités qui entourent Perpignan, au Vernet par exemple, on en veut à Nicolas Sarkozy de s'être contenté d'une visite aux commerçants de la rue Foch, dévalisés le soir du 29 mai, sans même entrer à Saint-Jacques…"

 

En tout cas, attention à la violence qui peut, soudain, déferler, si la concertation et les promesses ne sont que des leurres, si l'heure n'est pas à la discussion, mais à la trahison.

 

Se lèvera alors un peuple longtemps asservi… Bohémiens nomades ou gitans d'Espagne, d'Andalousie, chassés de la péninsule, comme les Juifs en 1492, par les souverains castillans. (Lire, de Cervantès, La Gitanilla, 1612.)

 

Certains ont pu rester :

"Ce sont les aristocrates andalous qui ont protégé les tribus nomades des Gitans." écrit Jaubert de Passa.

 

Les ancêtres des Gitans actuels sont arrivés dans le quartier du Call (des Juifs), autour de la rue de l'Anguille au début Du XIX° siècle, puis se sont sédentarisés. Ils sont assignés à résidence en 1940 par un décret de Vichy, et s'installent dans des maisons rachetées à la sauvette, tandis que des familles entières fuient pour tenter d'échapper au camp de Rivesaltes, alors antichambre de la mort…

 

Violence et racisme sont encore présents : certains partis (Les Républicains, Le Rassemblement national) voudraient raser ce quartier "sale, insalubre", disséminer les Gitans dans d'autres quartiers pauvres de Perpignan, renoncer au patrimoine architectural et humain, à la mixité sociale et à une vie ensemble, sans communautarisme (40% de Gitans, 40% de Maghrébins, 35% de Perpignanais de souche, 5% autres nationalités…) : les maisons vraiment insalubres doivent être rasées, après négociation avec les habitants et les spécialistes; les autres, ayant un intérêt patrimonial doivent être restaurés. Les habitants doivent pouvoir choisir entre rester et être relogés ou aller ailleurs (exemple des constructions HLM du haut-Vernet).

 

Alors, Saint-Jacques, quartier historique, typique, exotique, rénové (en style catalan, avec des rues andalouses, avec une ancienne caserne de cavalerie consacré aux arts et traditions rom et agitante), alors St-Jacques l'Andalouse, ville dans la ville, sera une destination culturelle et touristique pour Perpignan la Catalane…

JPBonnel

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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