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26 août 2018 7 26 /08 /août /2018 00:03
photo (C) Jean IGLESIS : le 19 mai 2004 L'UTC – par la voix de Bernard Guasch – annonce l'entrée des Dragons Catalans en super ligue

photo (C) Jean IGLESIS : le 19 mai 2004 L'UTC – par la voix de Bernard Guasch – annonce l'entrée des Dragons Catalans en super ligue

Perpignan – Pyrénées-Orientales – Sports

 

 

Les Dragons Catalans remportent la Cup...

 

 

Témoignage : il y a 14 ans, les Dragons Catalans entraient en super ligue...

 
 

 

 

Mercredi 19 mai 2004, Domaine de Cap de Fouste, à quelques encablures au sud de Perpignan, l'Union Treiziste Catalane (UTC) et la Table Catalane (organe satellite composé des partenaires : commerçants, artisans et professions libérales qui supportent le club) rassemblaient leurs forces vives, à l'unisson...

 

 

Une opportune, heureuse et prophétique rencontre: l'UTC venait de remporter la finale de la coupe de France Lord Derby, qui l'avait opposée, le week-end passé, à l'émérite formation homologue de Carcassonne, laquelle ne s'était pas affirmée sur le terrain et sous les maillots des moins vaillantes et aguerries.

 

 

Mais l'événement – le vrai - devait s'exprimer ce soir d'il y a près de 15 ans par la voix-même de son gourou : Bernard Guasch qui- face aux vents du hasard et aux marées de l'infortune – avait toujours su conduire, en capitaine éclairé, confiant et visionnaire, son embarcation... jusqu'à ce samedi 25 août dernier où les Dragons Catalans ont franchi le Rubicond et décroché la timbale - pour employer deux expressions qui, au demeurant éculées, disent bien ce qu'ils veulent signifier...

 

 

Mais revenons à notre témoignage : en 2002, l'UTC avait déposé, auprès des clubs d'Angleterre, un dossier en vue d'entre en super ligue... Dès lors, ce sont des enjeux sportifs certes, mais encore économiques et touristiques qui se trouvaient de fait mis en perspective...Prosaïquement – et comme nous le constatons depuis l'entrée en super ligue des Dragons Catalans -, ce sont plus nettement aujourd'hui des échanges sociaux, linguistiques et culturels que Perpignan – n'en déplaise au Brexit – vit à un rythme bimensuel avec nos voisins outre-manche..

Gageons que la victoire des Dragons Catalans, qui réhabilite historiquement du coup le regard que la France de Pétain a lamentablement par le passé porté sur le rugby – et non pas sur «le jeu» - à XIII tissera pour longtemps des liens de tolérance, de respect et de solidarité dans un espace communautaire que tout citoyen espère plus juste, plus humain et plus fraternel... et ce dans les valeurs-mêmes et égalitaires que nous offre le sport...

 

 

Jean Iglesis

 

 

Photo : copyright Jean Iglesis - Tous drois réservés

 

Légende photo : 19 mai 2004

 

L'UTC – par la voix de Bernard Guasch – annonce l'entrée des Dragons Catalans en super ligue

 Je m'appuie au chambranle des choses.

 

Je fais l'enfant.

J'ai fait l'adulte trop longtemps.

J'ai fait le mort trop tôt en des théâtres dispersés et lointains !

Je fais « à la vie à l'amour » maintenant.

Je fais l'idiot entre les ruisseaux. L'eau qui coule dans les torrents, court sous ma peau.

Le ciel se lève comme il peut dans mes sourcils.

Le vent qui court, le vent carré, le vent bleu, le vent qui tourne les cyprès...voilà qui éclabousse mes neurones.

Même la neige prend feu au milieu de la page. 

J'invente le temps(puisqu'il insiste à vouloir exister) et je le prends pour moi. 

Je me sens né à chaque instant.

J'écoute passer la corneille comme un clochard heureux.

Je crois aux fées comme un enfant, aux mirages, aux manèges, aux miracles sans dieu.

Sans les éclats de rire, les lèvres seraient fades, les baisers moroses, les caresses inutiles.

Une vie d'homme dure autant que dure son amour.

J'apprends à lire l'indéchiffrable. À cœur ouvert,les fleurs écloses, les nuages en bonbon.

La vérité n'est jamais ce qu'on voit. Rêve-t-on comme Sigismond, fans la Vie est un Songe ?

Elle est ce qu'on écrit.

Je suis un petit homme sonore. J'accueille tous les sonorités que j'entends. Je les prends dans la rue. 

On ne déterre jamais qu'un lambeau de vie entre les pages d'un dictionnaire.

Au seuil de l'enfer, une frange d'herbes folles me murmure le ciel.

D'autres bourgeons s''allument. Dans une lumière de fin le début s'éclaire.

Debout sur le côté, j'ai vu pleurer un arbre.

Des grosses larmes tombaient plus vieilles que le malheur. Je ne sais dans quelle langue il parlait au merle. 

J'ai mis sur ses épaules ma vieille veste usée dont les mots se démaillent

J'ai réchauffé les nids avec un air de flûte. Il s'écoulaient des échardes, des feuilles à peine vivantes,

Ses bourgeons s'éteignaient un à un dans les branches et la sève chantait en mémoire des fleurs.

Je m'appuie au chambranle des choses.

D'étranges femmes en noir immolent leurs poupées.

Des vieillards jouent aux dames leur éternelle jeunesse.

Des hommes jouent aux cartes des continents entiers.

On lange les bébés dans la soie des drapeaux. Ils sont à peine vivants et ils entrent dans l'horreur.

J'écris avec les bleus, les ecchymoses, les mains brisées, les fleurs au garde à vue.

Les hommes qui travaillent n'ont pas le temps d'arroser leur jardin

et ceux qui ne travaillent pas ne savent plus ce qu'est qu'un jardin.

Ce sont les grosses légumes qui en profitent.

Le singe, descendant du baobab, n'aurait jamais du troquer le partage pour celui du profit.

Un sanglier a planté ses bois au milieu des chênes. Il se planquait des chasseurs.

Peut-être qu'ailleurs, un poisson vole à marée basse. 

Il y a aussi l'agitation des solitudes...

Aujourd'hui, les arbres meurent peu à peu avec leurs racines trop courtes pour dire la vie.

Le vent ne n'accroche plus aux branches. Il passe son chemin entre les bras tendus. 

Les oiseaux volent bas et n'osent plus chanter.                   

Trop de balles aux aguets n'attendent qu'un signal.

Le rire des enfants se cache dans la cave et celui des amants ne sort plus sans montre.

C'est en catimini que le soleil se lève, caché derrière la neige, les nuages, les toits.

Le corps du jardin a perdu sa tête d'ail, ses pieds de céleri, ses grands pas de concombre.

Le verger est tombé dans les pommes.

Seule une piqûre d'abeille pourrait le réveiller... le duvet d'un étourneau...l'appétit d'un môme grappillant ses branches.

L'espoir ne sait plus voler au-dessus de l'abîme.

La lumière se cogne dans un décor en loques.

La soif se brise comme un verre

Que ferais-je avec les dictionnaires trop petits pour la douleur humaine, 

les chats pelés dans la rue, les sans abri main tendu à nos portes,  

les voisins qui nous ferment la leur, les bêtes qui nous fuient, 

les oiseaux de bonheur qui réclament des miettes ?

On ne perd pas le cap mais le bateau prend l'eau.

Seules les voiles brûlent à la moindre risée....Faut écoper et faire gaffe  !

... Alors, je fais l'enfant, quoi !

 

Guy*più

Guy JACQUET

 

"jubarte696" <theatrerencontre@gmail.com>

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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