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6 septembre 2018 4 06 /09 /septembre /2018 10:29
Serge Kamké chez lui, brd Clémenceau, à Perpignan, en 2014 (photos Jean-Pierre BONNEL)
Serge Kamké chez lui, brd Clémenceau, à Perpignan, en 2014 (photos Jean-Pierre BONNEL)
Serge Kamké chez lui, brd Clémenceau, à Perpignan, en 2014 (photos Jean-Pierre BONNEL)
Serge Kamké chez lui, brd Clémenceau, à Perpignan, en 2014 (photos Jean-Pierre BONNEL)
Serge Kamké chez lui, brd Clémenceau, à Perpignan, en 2014 (photos Jean-Pierre BONNEL)
Serge Kamké chez lui, brd Clémenceau, à Perpignan, en 2014 (photos Jean-Pierre BONNEL)
Serge Kamké chez lui, brd Clémenceau, à Perpignan, en 2014 (photos Jean-Pierre BONNEL)
Serge Kamké chez lui, brd Clémenceau, à Perpignan, en 2014 (photos Jean-Pierre BONNEL)
Serge Kamké chez lui, brd Clémenceau, à Perpignan, en 2014 (photos Jean-Pierre BONNEL)
Serge Kamké chez lui, brd Clémenceau, à Perpignan, en 2014 (photos Jean-Pierre BONNEL)
Serge Kamké chez lui, brd Clémenceau, à Perpignan, en 2014 (photos Jean-Pierre BONNEL)

Serge Kamké chez lui, brd Clémenceau, à Perpignan, en 2014 (photos Jean-Pierre BONNEL)

Mort de Serge Kamké (5 sept. 2018)

 

Rencontre avec le peintre Serge Kamké

 

J'avais rencontré Serge Kamké à l'occasion du vernissage de la rétrospective Martin-Vivès à Saint-Cyprien. Je lui ai parlé de mon projet de livre sur la "mémoire culturelle" en Roussillon-Catalogne. Intéressé, cet homme discret, modeste, m'a donné rendez-vous chez lui, à Perpignan.

 

L'appartement, qui s'ouvre sur un grand boulevard du centre-ville, est aussi l'atelier de l'artiste. Je suis accueilli par la gentillesse et un grand soleil de février... 

 

Nous allons dérouler l'existence longue et riche de ce peintre figuratif sensible à toutes les nuances de bleus et privilégiant la représentation de personnages immobiles.

 

* Cet artiste, installé depuis des décennies à Perpignan, né à Toulouse, est parisien, d'origine nordique et catalan d'adoption par ses parents, et a passé son enfance et son adolescence à Barcelone.

 

Issu d'une famille du Nord de la France, il été élevé au Sud, en Catalogne. Barcelone était à l'époque une ville très cosmopolite... 

 

Il n'était pas programmé pour venir à Perpignan; il a passé son enfance à Barcelone. Cette ville est, avec Paris et Toulouse, un des meilleurs souvenirs. "J' aime Perpignan parce que c'est le lieu où je réside. J'aime les villes, les musées, les galeries de peinture; je vais très souvent à Toulouse, à Paris ..."

 

Au lycée français de Barcelone, S. Kamké apprend à côtoyer des collégiens de nationalités très différentes. Il découvre la peinture en observant le savoir-faire de son oncle, le peintre Georges Kamké, qui venait, de Paris. Serge Kamké est attiré par le dessin; il entend parler de la célèbre salle Parès de Barcelone, d'artistes catalans, ainsi Santiago Rusiñol.

 

Puis c'est l'horrible guerre civile en Espagne, suivie de celle de 1939/45 : ces événements tragiques perturbent de fond en comble son existence familiale...

 

Arrivé en France à la suite des événements, il subit alors les années noires. Après la guerre, il reprend ses études aux Beaux-arts, aux académies libres...Il découvre les galeries parisiennes et fréquente la "Grande Chaumière".

 

"A l'âge de seize ans, je suis confronté à la guerre civile de 1936 en Espagne. Le consulat nous a conseillé d'aller en France et là je suis mobilisable, mais non mobilisé ! Je n'ai pas eu vingt ans, je n'ai pas connu ce bel âge... A la fin de la guerre, j'avais vingt-six ans...

 

Après toutes ces années terribles, je me suis remis totalement au dessin et j'en ai vécu, jusqu'à ma nomination aux Beaux-arts de Perpignan, sur concours."

 

En Roussillon, il se lie d'amitié avec Jean-Jacques Prolongeau et Roger Maureso, deux grandes figures de l'art roussillonnais...

 

"Je ne dirai pas de mal du Perpignan culturel, bien au contraire, étant ancien professeur à l'Ecole des Beaux-Arts. Au début, nous étions quatre, puis vingt-cinq, vingt ans plus tard... J'ai éprouvé des difficultés pour m'intégrer; puis je me suis adapté... Les Catalans ? Quand on a des amis ici, ils sont fidèles...

 

J'ai été reçu à un concours d'Etat, après la guerre; j'ai commencé à enseigner au collège Jean Macé; j'aime la pédagogie...

 

Ensuite, avec Prolongeau, l'école de dessin s'est transformée en Ecole des Beaux-Arts, très appréciée dans tout le bassin méditerranéen. J'appréciais en particulier mes collègues Germain Bonel, Huguette Béziat, Gony, très gentils... qui sont devenus des amis..."

 

Serge a été nommé professeur titulaire, sur concours, aux Beaux-Arts; enseignant la discipline des arts graphiques dans laquelle le dessin est roi; il demandait à ses élèves des dessins au crayon très précis. 

 

"Mme Béziat elle voulait, par exemple, que l'on dessine un artichaut coupé en deux : c'est formidable, un artichaut ! Ou des squelettes de poissons : ça devient des monstres ! Elle faisait dessiner à partir d'éléments naturels; il fallait les analyser et traduire par le dessin ce que l'on voyait...", explique S. Kamké.

 

"On travaillait aussi à l'aquarelle, à la gouache,à l'acrylique, avec des outils agricoles rouillés... On se familiarisait avec les différentes techniques.

 

Je suis resté plusieurs décennies aux Beaux-Arts; j'y ai créé l'atelier d'arts graphiques et j'ai organisé des expositions et quelques événements dans le cadre de l'école ; sur le livre, les jaquettes, le grand art et l'affiche, en m'inspirant des Suisses et des Russes, qui ont compris qu'on pouvait être à la fois peintre et publiciste..."

 

J'ai exposé dans une galerie pour la première fois à Paris, puis à Perpignan, à la galerie de "La main de fer"; ensuite à la salle Arago, qui a peu à peu décliné...

 

Bien plus tard furent créées les galeries de Thérèse Roussel,  de Madame Gueynoun, avec L'Olympe, de Roger Castanl, avec la Castangalerie, puis la salle basse du Palais des Congrès, la Maison de la Catalanité...

 

J'ai connu et apprécié Manolo Valiente, Balbino Giner... J'ai aussi connu Maître Marius Rey, un personnage extraordinaire, amoureux fou de la peinture et ami des artistes : sa collection de tableaux miniatures se trouve au musée Rigaud.

 

Une de mes toiles de très petit format figure dans la collection du musée Rigaud; c'est Martin Vivès qui avait acheté deux de mes tableaux pour Rigaud : il adorait recevoir des artistes chaque samedi soir, dans le Didi's, sa villa de Canet-plage; il a hébergé des peintres qui sont devenus ses amis...

 

Il était aussi correspondant d'un journal d'art, qui avait quelques centaines d'abonnés. Il participe tous les ans -depuis trente ans !-  à l'événement "Art en Capital", au Grand-Palais, à Paris : "Voyez les catalogues, avec les tableaux exposés à cette occasion : "Le retour", "Les menhirs"...

 

"Ma peinture est figurative, libre; je suis classique sans être académique. Je ne transforme pas le sujet; ma peinture, parfois, est presque abstraite... Je ne raconte pas d'histoires : pas de narration, pas de message à délivrer, mais une suite de réactions, d'impressions, ou de sensations...

 

Je place dans le tableau quelques personnages car cela donne une échelle dans le paysage... Mes personnages sont souvent des figures sévères, silencieuses, mais figées..."

 

S. Kamké a aussi donné parfois des cours de dessin, à l'atelier boulevard Clémenceau : "A présent, je suis égoïste, je travaille pour moi... »

 

La peinture, aujourd'hui, ce sont les petits formats, en attendant que les doigts veuillent bien fonctionner à nouveau ! Il y a eu une évolution dans ma peinture : elle naît à présent de lieux mystiques, austères, minéraux...J'ai l'air "rigolard" en apparence, mais on a tous deux faces opposées... J'aime beaucoup la montagne, le ski; cependant, depuis un an, je regrette de ne pas pouvoir m'adonner à cette passion... 

 

J'exalte, dans ma peinture, le silence et la solitude; mes personnages ont l'air mutiques, inhibés... Au départ, avant de commencer un tableau, j'ai une sensation : une sorte de sévérité...

 

Jean-Pierre BONNEL

Perpignan, 11 février 2014

 

(texte à paraître avec d'autres "Rencontres" : mémoire culturelle du Pays catalan (si un éditeur est intéressé...)

RENTRÉE DU CML

 

AUX SOURCES DU « GRAND BLEU »

 

Jean-Marc Barr et Francine Kreiss donneront une conférence, aujourd'hui à partir de 14h30 à la CCI

 

La saison du CML débute par une rencontre grand-public avec les deux parrains du Visa Off, l’acteur Jean-Marc Barr et la championne de l’apnée Francine Kreiss, tous deux passionnés de photographie. En 1988, Jean-Marc Barr a été révélé par « Le Grand Bleu ». Dix ans plus tard, il réalise « Lovers », son premier long-métrage. Entre les deux, l’acteur français d'origine américaine , symbole d’une génération, a pris goût à la photographie. Une passion pour l’image qui est vitale pour lui. Après le succès du Grand bleu il a tout de suite réalisé « que si je me prenais au sérieux, écrit-il, je me tirerais une balle dans la tête ». Le cinéma est pour lui un travail. Alors, il a fallu qu’il cherche d’autres activités pour accompagner ses envies. Il trouvé la photographie à ce moment-là. Lors de sa conférence, il  évoquera les clichés de son exposition « East/West » qui nous offre une série de photos prises avec un Leica M6. Tranches de vie saisies sur le vif, il nous fait partager ses moments de vérité. Rire, enfant, couple, amour, voiture, ses photos parlent de lui, de nous, l’émotion y est palpable. Jean-Marc Barr dédicacera son livre de photos personnelles  « Instantanés » (Gallimard).

Francine Kreiss, championne d’apnée, photographe et journaliste française, évoquera lors de la conférence les clichés de son exposition « My Wild Office », qui est un tour d’horizon de son « bureau » mouvant. Son travail est sans fioritures : « Je plonge en apnée, sans bouteille, sans moyen pour respirer, sans lumière, autrement dit sans artifice autour » confie l’artiste. « Je montre ainsi vraiment, uniquement, ce qu’on peut voir quand on plonge avec un masque et un tuba. » 
Elle vient de publier un premier livre plein de mystères, « Le squale » (Cherche-Midi). Le récit de cette fascination entre une femme de haute moralité et un meurtrier était incroyable. Le livre démarre sur un curieux hasard, dans un bar du port d’Hyères. Un homme accoste notre narratrice (plongeuse en apnée de renommée internationale) pour lui soumettre une idée de récit sur Toussaint Recco, un plongeur légendaire qui officiait en corse à Propriano… Véritable thriller du réel ce roman nous offre dans une langue fabuleuse un face-à-face sidérant qui nous emporte au-delà du bien et du mal. 

Entrée libre 
 
 
Emmanuelle Malé
Administration du CML - Secrétariat des Prix Méditerranée
CML - Hôtel Pams - 18 rue Emile Zola - 66000 Perpignan
Tél. +33 4 68 51 10 10
Port. +33 6 69 79 15 01
www.cmlprixmediterranee.com

 

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commentaires

R
Merci pour ces photos de mon regretté professeur à qui je dois mon métier actuel ! Franchement un grand artiste !
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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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