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20 novembre 2018 2 20 /11 /novembre /2018 11:02
Franco par Bennassar - Jo Falieu (photo J.P.Bonnel)
Franco par Bennassar - Jo Falieu (photo J.P.Bonnel)
Franco par Bennassar - Jo Falieu (photo J.P.Bonnel)

Franco par Bennassar - Jo Falieu (photo J.P.Bonnel)

Quand un écrivain, un historien vient de mourir, on revient vers son oeuvre.

 

Celle de B.Bennassar m'avait ravi par son essai d'aller vers la vérité historique, décrire les mauvais aspects de chaque bloc idéologique : le fascisme et les crimes de Franco, les exactions et les incohérences des anarchistes ainsi que le cynisme et les éliminations de militants de gauche par les Staliniens du PCE...

 

A lire en particulier, les passages sur les Brigades internationales décrites à Perpignan (pages 148/150), sous la conduite du catalan André Marty, le boucher d'Albacète (p.145/150), la position de Blum désirant intervenir en Espagne (p. 154), l'ambiance surréaliste à Barcelone en raison de la conduite des libertaires, les entorses à la non-intervention à La Tour de Carol, (p.134), enfin La Retirada, avec Negrin à Figueres et les républicains mal reçus en France...Moments pathétiques, démonstration que la République a perdu d'abord par sa faute et ensuite à cause de Staline et des dirigeants européens (les Anglais avant tout)...

Tout est à lire, puis à confronter avec d'autres analyses, bien sûr...

 

JPB

 

 

Je me replonge dans son livre sur La guerre d'Espagne (Perrin, 2004)

 

 

 

Bartolomé Bennassar est décédé le 8 novembre 2018 à l'âge de 89 ans. Philippe-Jean Catinchi rend hommage à ce grand spécialiste de l'histoire de l’Espagne moderne et de son empire colonial.

Grande cité universitaire, Toulouse est décidément rudement éprouvée ces derniers temps. Après le contemporaniste Pierre Laborie, disparu en mai 2017, et Alain Ducellier, byzantinisme mort fin septembre, Bartolomé Bennassar, référence internationale du monde hispanique à l’ère moderne, est décédé dans la Ville rose le jeudi 8 novembre à l’âge de 89 ans.

Né à Nîmes le 8 avril 1929, il y grandit dans une culture ibérique naturelle puisque son père, mallorquin, partage avec les siens les codes des îles Baléares : cuisine et art de vivre, football et tauromachie, culture et histoire aussi. Et de fait en 1951, le jeune homme ne connaît encore que Majorque quand il découvre la péninsule en jeune étudiant.

Élève de l’École normale supérieure, il prépare l’agrégation – il y décroche le 3erang en 1952 face à un jury présidé par Fernand Braudel dont il a dévoré la thèse, éditée trois ans plus tôt, sur La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II. La rencontre est décisive et, dans l’esprit des Annales, Bennassar choisit d’étudier pour son propre doctorat Valladolid au Siècle d’Or. Analysant l’espace, la ville et les hommes, l’économie et ses rythmes comme le style de vie propre de la cité castillane, il signe une thèse magistrale, soutenue en 1957 et publiée en 1967, qui l’impose comme un moderniste aussi rigoureux qu’audacieux.

Entre temps, alors que le doctorant est déjà à Madrid membre de la Casa Velasquez, le doyen Jacques Godechot l’attire à la faculté des lettres de Toulouse où Bennassar accomplira, de l’assistanat (1956) à l’éméritat (1990), toute sa carrière universitaire. Il préside même l’université Toulouse II-Le Mirail (aujourd’hui Jean-Jaurès) en 1978, même si le décès brutal de son fils, le poète Jean Bennassar (1957-1979) le conduit à quitter la fonction dès 1980.

Pédagogue hors pair, l’historien innove pour réveiller un modèle universitaire endormi. Face aux cours magistraux, il prône les sorties sur le terrain, bientôt, rejoint par son nouveau collègue Alain Ducellier, pour des voyages plus lointains, vers des destinations, Venise en tête, qui ouvrent les horizons autant que les esprits.

Ses livres montrent la même volonté décapante : le manuel qu’il cosigne avec Jean Jacquart (Le XVIe siècle, « U », A. Colin, 1972) comme le volume inaugural de la collection « Le temps & les hommes », conduite par Jean Delumeau, L’Homme espagnol (Hachette, 1975) qui, en privilégiant l’étude des comportements et des mentalités, annonce cette histoire des sensibilités sur le point de s’imposer. Dans le même esprit il étudie en historien la corrida, avec une Histoire de la tauromachie(Desjonquères, 1993) qui fait référence et dont il reprend l’apport en ouverture du collectif dirigé par Robert Bérard, La Tauromachie (« Bouquins », Laffont, 2003), chez l’éditeur qui a déjà accueilli sa magistrale Histoire des Espagnols VIe-XXe siècle.

S’il s’est aussi penché sur l’aventure coloniale des Ibères, biographe de Cortés(Payot, 2001) et auteur d’une Histoire du Brésil, première synthèse en langue française sur le sujet cosigné avec Richard Marin (Fayard, 2000), Bennassar n’a pas ignoré le XXe siècle, se penchant à deux reprises sur le personnage de Franco(Perrin, 1995 et Autrement, 1999) comme sur La Guerre d’Espagne et ses lendemains(Perrin, 2004), ouvrage couronné par le Grand Prix Gobert de l’Académie française en 2005. Pas étonnant que le sujet ait interpellé un homme soucieux de traquer les fables et les lieux communs comme il l’avait fait dès les années 1970 à propos de l’Inquisition espagnole.

Dynamique et enthousiaste, cet humaniste à la culture offerte était aussi romancier à ses heures – son premier roman, Le Dernier saut (1969), fut porté à l’écran et ses héros incarnés par Maurice Ronet et Michel Bouquet – et a livré avec sa femme Lucile, outre une passionnante anthologie sur Le Voyage en Espagne (Laffont, 1998), une histoire des renégats aux XVIe et XVIIe siècles (Les Chrétiens d’Allah, Perrin, 1989) dont la lecture offre à partager une générosité exceptionnelle.

Philippe-Jean Catinchi

 

Ses articles parus dans L'Histoire :

« L'Inquisition espagnole au service de l'État »
Gratuit Bartolomé Bennassar, L’Histoire n°15, septembre 1979.

« Bogota : du paradis à l'enfer »
Bartolomé Bennassar, Marie-Noëlle Stevens, L’Histoire n°68, juin 1984.

« Tordesillas : le premier partage du monde »
Bartolomé Bennassar L’Histoire n°146, juillet-août 1991.

« Pourquoi l'Espagne a inventé la corrida »
Gratuit Bartolomé Bennassar L’Histoire n°164, mars 1993.

« L'irrésistible ascension du général Franco »
Bartolomé Bennassar L’Histoire n°191 septembre 1995.

« Les deux Espagne »
Bartolomé Bennassar L’Histoire n°200, juin 1996.

« Dieu, le diable et le bon sauvage. La découverte du Brésil »
Bartolomé Bennassar L’Histoire n°243, mai 2000.

« Portrait d'un fanatique, Torquemada »
Bartolomé Bennassar L’Histoire n°259, novembre 2001

« Franco, portrait d'un dictateur »
Gratuit Bartolomé Bennassar Les Collections de L’Histoire n°31, avril - juin 2006.

« Espagne 1936 la grande mobilisation »
Bartolomé Bennassar L’Histoire n°311, juillet-août 2006.

« L'Eldorado a-t-il existé ? »
Gratuit Bartolomé Bennassar L’Histoire n°322, juillet-août 2007.

Brésil « Du bois et du sucre »
Bartolomé Bennassar L’Histoire n°366, juillet-août 2011.

« Le départ des Hollandais »
Bartolomé Bennassar L’Histoire n°366, juillet-août 2011.

Brésil « La trouvaille »
Gratuit Bartolomé Bennassar L’Histoire n°366, juillet-août 2011.

Brésil « Les premiers habitants »
Bartolomé Bennassar L’Histoire n°366, juillet-août 2011.

« Cortés avançait masqué »
Gratuit Bartolomé Bennassar L’Histoire n°386, avril 2013.

 

 

BANYULS

Mardi 20, à 18h15, salle Novelty - L'association Walter Benjamin vous propose : 

 

une conférence sur la poésie, par Jo Falieu - professeur  de philosophie à Prades – Auteur de plusieurs livres de poésies. Lectures, projections, dédicaces, dialogue avec l'auteur. Entrée libre.

 

Sur deux livres de Jo Falieu : Silence sous les pierres  & Mai...bien sûr

 

Sur ma table de lecture : Silence sous les pierres de Jo Falieu aux éditions Itaca. J'ai rencontré le poète aux festival des Voix Vives à Sète. Sa poésie a un vrai souffle de l'expression. Le préfacier Alexandre Larguier a vu juste quand il qualifie les thèmes approchés par le livre l'appui et l'alerte comme si ces deux notions complémentaires  se diffusaient discrètement  et imprégnaient l'écriture du poète . La poésie se fait dans un lit comme l'amour écrit André Breton dans la poème « sur la route de San romano ». Le premier poème du recueil est de ce point de vue une belle entrée en matière.  « et puis soudain rugit/ au ventre profond / des fleurs de ciel /où dansent des gitanes ». Il y a dans ce mouvement poétique du vers ou de la phrase du recueil cet élan vital qui devient musique et floraison d'images savoureuses. « air pur//ritournelle du verbe:dans ses éclats /laisser s'écouler ce grand fleuve tranquille » Ce fleuve, c'est le lit d'amour que j'évoquais plus haut.  Le poète Falieu est le grand questionneur du réel dans ses mots rêvés . Il est l'orage même qui « tangue comme un pardon/pour que la fleur du cœur/vibre sur ses pétales ». Le poète Jo Falieu porte dans ces flancs l'aventure des images, des flux poétiques qui animent légèrement et intensément tout à la fois son désir des étreintes fraternelles et/ou amoureuses. De nombreux poèmes sont dédiées aux amies et aux amis avec la clarté de ses intentions de rencontres et de dialogues. Le poète est connecté avec les œuvres-vie de Léo Ferré, de Baudelaire, de Prévert, d'Aragon, Miro, le catalan etc... pour conjurer les blessures du temps. Sa poésie semble lever à chaque poème les mots-guerriers qui désarmeraient les plus violents des hommes. Fugaces ou pleines par ces images sa poésie conjugue à tous les temps les utopies du présent et tisse la toile de « l'étrange voilure du temps ». Sa poésie est, brise, exhalaison et sa barque mène au chemin de la vraie joie, à la semblance des oeuvres des troubadours. Fleure la rose écrit-il. Le poète perdu est comme un chat qui sait retomber sur ses pattes. La mémoire et ses terres de solitudes accompagnent constamment l'esprit et le cœur du poète dans sa quête des incertitudes et des mots-corail et la partition de la parole muette que sa poésie traduit en mots souverains. Je tirerais de ce recueil une anthologie personnelle qui accompagnerait mes reflexions sur le sens des mots et d'un poème. J'en choisirais trois : le clown bleu, bulles de soleil, désert bleu ...J'ai lu aussi Mai... bien sûr où le poète plonge dans le social, les luttes collectives, la révolution à vivre, les manifestations à partager où tout semble aller l'amble pour un monde meilleur. L'écriture dans ce cas est parfois délicate. Le risque est de lire à mon avis une poésie militante qui se chargerait de soutenir un mouvement fut-il le plus vrai pour nos libertés et la transformation sociale. Mais ce second livre que je viens de lire est un complément fort et juste au service de la poésie même et du souffle que j'ai perçu et aimé dans ces deux bouquins. La poésie de Jo Falieu m'a donné envie de relire Pour un brasier dans un désert de Victor Serge, ce poète rebelle et authentiquement poète.

                                                                                           Luc Vidal, le 21 septembre 2018

 

 

 

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CHALON-SUR-SAÔNE ,  20/11/2018

 

Chalon-sur-Saône en mouvement

 

Le festival Instances de Chalon-sur-Saône accueille depuis 2002 des créations de danse contemporaine de la scène internationale. Cette année est d’autant plus spéciale : Espace des arts ouvre la saison dans le bâtiment réagencé après deux ans. La Veronal, Maria Mascarell et Pere Faura font partie de la programmation qui inaugurera l’espace.

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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