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29 novembre 2018 4 29 /11 /novembre /2018 08:42
PDF, affiche et invitation par la mairie de Ste-Marie (M. Brunet, adjoint à la Culture)
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La vie de Walter Benjamin : le chemin de l'exil

 

La vie du philosophe allemand fut un incessant cheminement vers l'exil et la mort, qui eut lieu le 25 septembre 1940. Ses dernières heures, le passage de la frontière jusqu'à son agonie à l'hostal de Francia, à Port-Bou, fut un véritable chemin de croix.

Mon livre, à la lumière des derniers ouvrages et enquêtes concernant l'auteur du Livre des passages, tente de dresser un bilan du destin d'un homme hors du commun, mais qui, en 1940, est identique à celui de milliers d'anonymes -émigrés, apatrides, expulsés, Républicains de l'exode et de la Retirada- qui sont passés par la frontière des Pyrénées, par la route Lister ou par d'autres cols plus ou moins difficiles et dangereux, à Balitres, au Perthus, autour du Canigou...

 

  Walter Benjamin est né le 15 juillet 1892 à Berlin. Il obtient le baccalauréat à Pâques 1912. Il suit des cours dans les universités de Fribourg, Berlin, Munich et Berne où il achève ses études en juin 1919 par un doctorat en philosophie. Sa thèse traitait du Concept de critique esthétique dans le romantisme allemand.

       A Berlin il participe activement au « Mouvement de jeunesse » anti-bourgeois et publie ses premiers essais au journal du mouvement « Le commencement ». Son père l’envoie à Paris en 1913. L’expérience sera inoubliable. La première guerre mondiale, marquée par le suicide de ses amis, le poète Heinle et son amie Rika Seligson, est une dure épreuve pour lui. En 1915, il se lie d’amitié avec Gershom Sholem qui va l’initier à la mystique juive. Reconnu physiquement inapte au service en 1914, il est réformé en 1917. Il se marie en avril de la même année avec Dora Pollak. Un fils unique, Stefan, naît de cette union le 11 avril 1918. Il divorcera en 1930.

 

  Son premier ouvrage, une traduction des Tableaux parisiens  de Baudelaire, paraît en Allemagne en 1923. Les travaux suivants sont consacrés essentiellement à la littérature allemande. Son essai « Les affinités électives de Goethe » paraissent en 1925. Suit le livre Les origines du drame baroque allemand, publié à Berlin 1928. 

 

En 1927, un éditeur allemand lui propose de traduire Proust. Ce travail lui donne l’occasion de faire des séjours prolongés à Paris entre 1927 et 1933. Il donne un compte rendu régulier de la vie intellectuelle française au « Frankfürter Zeitung » et au « Literarische Welt » De la traduction de Proust, seuls trois volumes paraissent avant l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Il découvre au cours d’assez longs voyages l’Italie, les Pays Scandinaves, la Russie (Journal de Moscou et rencontre d’Asja Lacis) et l’Espagne (Barcelone, Ibiza).

 

  Il quitte l’Allemagne en mars 1933 et s’installe à Paris où il est accueilli par l’institut de Recherches Sociales de Francfort, transporté à Paris, comme membre permanent. Son essai  L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique (1936) représente une contribution essentielle à la sociologie des arts plastiques. Il rédige ses derniers essais Sur le concept d’histoire  pendant l’hiver 39/40. Il en transmet une copie à Pierre Missac qui les fera paraître dans la revue Les Temps Modernes  en 1947.

 

  1940. W.Benjamin est déchu, en juillet, de la nationalité allemande, sur la demande de la Gestapo. Le 4 septembre, les émigrés allemands, suspects d’aide à l’ennemi, sont internés dans des camps. Benjamin, après un regroupement au stade de Colombes, est interné au camp de Vernuche, dit camp des travailleurs volontaires, près de Nevers. Il est libéré le 25 novembre, grâce à l’insistance, auprès des autorités françaises, de Gisèle Freund, la célèbre photographe, d'Adrienne Monnier, la libraire et à l’intervention d’Henri Hoppenot, alors haut-fonctionnaire des Affaires étrangères. 

Il cherche alors à rejoindre les Etats-Unis grâce au visa que lui procure Max Horkheimer, directeur de l’école de Francfort, réfugié à New York. La seule issue possible passe par la frontière avec l’Espagne :

 « Dans une situation sans issue, je n’ai d’autre choix que d’en finir. C’est dans un petit village des Pyrénées où personne ne me connaît que ma vie va s’achever. Je vous prie de transmettre mes pensées à mon ami Adorno et de lui expliquer la situation où je me suis vu placé. Il ne me reste pas assez de temps pour écrire toutes ces lettres que j’eusse voulu écrire » (Carte postale envoyée à Juliane Favez, secrétaire de l’Ecole de Francfort, dont le siège se trouvait alors à Genève, datée du 25 septembre 1940).

... 

à suivre, ce jeudi 29.11.2018, à 18h, salle Oméga, Sainte-Marie de la Mer.

(pas aux Saintes Marie...ô mes gars !!!)

 

JPB

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...

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