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5 novembre 2018 1 05 /11 /novembre /2018 09:45
Bibliothèque de la Zad de Notre-Dame des Landes - Structure des activités
Bibliothèque de la Zad de Notre-Dame des Landes - Structure des activités
Bibliothèque de la Zad de Notre-Dame des Landes - Structure des activités

Bibliothèque de la Zad de Notre-Dame des Landes - Structure des activités

Sur la ZAD... Et si les lieux contestés de Perpignan devenaient des ZADS (blocage à St-Jacques, contestation de la création d'un parc d'animation à Château-Roussillon, destructions dans le secteur sauvegardé)...???

Eloge des mauvaises herbes

 

J'ai tenu à rendre compte de ce livre de témoignages publié en juin 2018 par LLL, éditions "Les liens qui libèrent.

"C'est d'abord une tentative pour définir la Zad, pas simplement le plus grand squat de France : on aurait tendance à y discerner une communauté, "à l'image de celles qui ont fleuri après Mai 68, mais l'espace est plus étendu: la Zad est plus nombreuse, entre 200 et 300 personnes, et plus éclatée, avec des dizaines de lieux de vie..." (page 23, Jade Lingaard)

 

Surtout elle est "plus novatrice, par sa volonté de composer un mouvement commun avec les paysans historiques anti-aéroport, les opposants légalistes,les naturalistes, une coordination de diverses associations..."

 

La Zad est le lieu de toutes les imaginations créatrices, mais c'est aussi un lieu "rude, qui n'a rien d'un camp de vacances...zone de boue extrême et de froid humide qui vous transit la nuit, mais ici et maintenant l'action directe que propose la zad est d'une efficacité désarmante : s'initier à la vie collective..." (page 86, Geneviève Pruvost).

 

Pour diviser les occupants, l'Etat, avant d'utiliser la violence, a tenté de diviser les zadistes : avec des expulsions "ciblées", affirmant que "80 "radicaux" seraient pourchassés et que  les autres, les "bons" devraient choisir la légalité.Le bon zadiste était une caricature du gentil "néo-paysan" qui fait son retour à la terre. Le mauvais : le révolutionnaire ultra)-violent qui n'est là que pour semer le désordre…fantasme…"(page 44, John Jordan).

Le livre évoque cette "culture de résistance" (p.45), les pratiques de la Zad (p.82), la "biovariété" (p. 69)… Les expériences de la Zad sont les symptômes d'un monde globalisé en crise, en perdition : deux traits majeurs caractérisent l'époque que nous vivons "l'accroissement des inégalités et le dérèglement de la planète, car 82% des richesses générées en 2017 profitent au 1% des plus riches…"

 

Enfin, il faut savoir que ce peuple de contestataires ne bloquent pas les "innovations" des puissants et des responsables, mais veulent le bien-être de tous : les fronts du combat, ce sont : "ralentir la destruction du monde, expérimenter des façons d'habiter la terre qui soutiennent la vie, participer aux changements de conscience de la société."

 

JPB

(auteur des Communautés libertaires agricoles et culturelles en pays catalan - Trabucaire éditions)

ZAD de Notre-Dame des Landes : structure des activités 

 

Activités présentent Association

en développement

Activités du mouvement

d'activités

 

Liens d’échanges entre les lieux

 

Association pour un Avenir Commun

Dans le bocage

 

Activités présentent et fonctionnelles

 

Filiation statuaire

 

Structure de gestion

 

 

Structure futur possible

Légende des couleurs

 

Activités Agricoles

 

Activités d'Artisanats

 

Association pour un Avenir Commun

Dans le bocage

 

Aire Agricole

 

Aire d'Artisanat

 

Activités présentent et fonctionnelles

 

Activités Culturelles

 

Activités
de distribution

 

Aire Culturelles

 

Aires
de distribution

 

Schématisation
Projet Coopérative ZAD

  

CURCUMA

Atelier mécanique agricole

Des chênes et vous:

Menuiserie, charpente, couverture

Conserverie & Mielerie

Noé Verte

Boulangeries Collectives

Fosses Noires, Bellevue

Meunerie

St Jean du Tertre

Atelier bois et cuir

Associations lois 1901

        

Fromagerie

Forge

Bellevue

Fromagerie

Bellevue

Activités Artisanales Énoncés par projets 

Q de plombs

Cantine associative

Réseau de ravitaillement

Système de distribution solidaire

Réseau de distribution commun

Épiceries solidaire & groupements d'achats du 44
Marchés alentours

Associations lois 1901

    

Activités de Distributions Énoncés par projets

SCIC

Le très petit jardin

Plantes aromatiques et médicinales

 

SCEA

Vaches laitières

Élevages et céréales

 

Paysan Boulanger

Héliciculture

Cueillette sauvage et plante aromatique

Ferme Auberge

Plantes aromatiques et médicinales

Verger et maraîchage

Élevage ovins

Vache allaitante et bœuf

Maraîchage agroforesterie traction animale

Verger

Gestion/entretien Des haies, bois et forêts

Moutons/Apiculture

Semence

Maraîchage Ferme pédagogique

Apiculture

Maraîchage diversifié

Sarrasin Blé

Plantes Médicinales

Élevage ovin

SCOP  

Fond de Dotation     

Associations Lois 1901

Association pour un Avenir Commun

Dans le bocage

   

Atelier Populaire

Association Garde partagée

Association travaillant sur les

liens intergénérationnels

Organe formation ?

Éducation populaire Ferme pédagogique Troupeau école

Dispositifs d’accompagnement à l’installation

et à la réinsertion professionnelle

Club sportif

Le Taslu

Bibliothèque

Ambazada

Centre International Colloques, rencontres,

échanges de savoirs

          

Activités Culturelles Énoncés par projets

Ensemble des Vergers collectifs :

Patates, oignons, tournesol Haricots, légumineuses

Paysan Brasseur

Ensemble des potagers, jardins collectifs et vivriers

Activités Agricoles Énoncés par projets

Moutons 

Maraîchage diversifié

 

 

La Zad de Notre-Dame-des-Landes, un bouillonnant laboratoire social et culturel

     

Le gouvernement souhaite expulser les projets non agricoles de la Zad de Notre-Dame-des-Landes. Mais la ruralité ne se limite pas aux travaux des champs et à l’isolement. De la maison de retraite à l’auberge en passant pas la bibliothèque, la zone fourmille de lieux culturels et de vie collective.

Dans le cadre du processus de négociations avec l’État, des habitants de la Zad de Notre-Dame-des-Landes ont déposé quarante-et-un formulaires d’installation à la préfecture à Nantes, dont treize décrivent des activités artisanales, sociales et culturelles. Ces projets sont dans le collimateur du gouvernement, qui ne veut prendre en compte que les projets agricoles. Reporterrevous entraîne à la découverte d’un échantillon de ces ateliers et lieux de sociabilité, en deux volets :

  • La filière bois et la forge 
  • L’auberge des Q de plomb, le projet de maison intergénérationnelle et l’Ambazada aujourd’hui.

Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), reportage

À la ferme de Bellevue, entre la cuisine collective, le Free Shop, le stand d’accueil et un des points Médics de la Zad, difficile de louper l’énergie communicative et la gouaille de Berthe. À « bientôt 70 » printemps, la Finistérienne n’a pas l’intention de troquer la lutte contre la maison de retraite.« Mon ami Paul — 84 ans — et moi avons des copains qui partent en Ehpad [Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes]. Quand vous n’êtes plus productif, on vous case dans des établissements où vous n’avez plus aucune liberté. Mais nous voulons continuer à cultiver notre jardin tant que nous le pouvons, cuisiner ensemble et avoir des échanges intergénérationnels. En un mot continuer à vivre ! » Pour s’inventer un avenir plus désirable, elle a entraîné une dizaine de personnes de sa génération dans la création, pendant l’été 2017, d’un groupe baptisé « Vivre à tous âges sur la Zad ».

 

Ce collectif informel se réunit un mardi sur deux à 16 h pour réfléchir à un projet de maison commune. Une façon aussi d’inscrire la Zad dans la durée et dans la diversité de ses activités, après l’abandon du projet d’aéroport. « On voulait aussi (se) rappeler que vivre sur cette zone, ce n’est pas seulement agricole. De fil en aiguille, on en est venu à […] penser à nos vieux jours sur cette zone, à accueillir les camarades de lutte qui prendraient bien leur retraite par ici, s’interroger sur la place de tout-es celleux qui ne sont pas jeunes et/ou valides et/ou efficaces dans le modèle de société qu’on combat, et de celui ou ceux dont on rêve. Et cette manière de montrer qu’on est ici, qu’on va rester ici et que cela va durer, on trouvait ça pas mal », expliquait le groupe en février dernier.

 

Depuis que la Pruche, une maison près du Carrefour de la Saulce, s’est libérée, le collectif y a établi ses quartiers. Une chambre et une cuisine sont à sa disposition. L’occasion pour les Vieilleux-ses, comme ils se surnomment, de donner un coup de main à leur façon. « On y a préparé des panneaux pour la déambulation du 10 février entre le Gourbi et Bellevue, raconte Berthe en se roulant une cigarette. On y a aussi installé un café de la sérénité, où les personnes peuvent se replier. La Pruche a même accueilli un salon de coiffure, et j’ai pu m’y faire masser par quelqu’un venu de l’extérieur ! » Mais l’objectif du collectif reste d’avoir sa propre cabane. « On a même commencé à imaginer les espaces et à dessiner les plans. Reste à trouver l’harmonie de désirs différents, entre des arbres partout et une cuisine collective ! »

À moins d’un kilomètre de là, au Liminbout, l’auberge des Q de plomb offre un autre lieu de convivialité aux habitants de Zad. En face, un enclos où folâtrent trois petits cochons. Dans les toilettes sèches, un tome fatigué de Rubrique à brac de Gotlib. Sur le comptoir, des verres en plastique consignés marqués du logo « Aéroport, non ! ». Casquette vissée sur le crâne et barbe de dix jours, Jules [*] tient le zinc depuis 2005. À son rythme de croisière, il sert le deuxième vendredi de chaque mois un dîner à prix libre, cuisiné à partir de produits de la zone et arrosé de bière locale brassée par un soutien de la lutte — le brasseur de la Zad ne produit pas encore suffisamment pour faire trinquer tous les convives. Une fois par trimestre, le week-end, un banquet d’au moins cinquante personnes est organisé sur le même principe. « Le premier était en 2009, à l’occasion du Camp action climat à Notre-Dame-des-Landes. Des gens sont restés, qui nous ont aidés, ma compagne et moi, à organiser les suivants. Cela permet de créer du lien et c’est devenu une institution », raconte le patron. Difficile de ne pas se lécher les babines à la lecture du menu du dernier festin : « œuf mimosa, pâté et carottes, cassoulet, plateau de fromages, riz au lait et madeleines, café et goutte ».

 

Mais en ces temps troublés, s’il est là, Jules abreuve quiconque pousse la porte de son établissement. « Notre valeur, c’est l’entraide. Cinq cents à six cents personnes sont arrivées le premier jour des expulsions. Sans les gens qui vont au contact des gendarmes, on serait mort. Moi, je n’y vais pas, mais je leur permets de se détendre en leur servant des bières à la fin de la journée. » D’ailleurs, quatre visiteurs entrent, dont deux Corses qui se transmettent un poste d’ambulancier chargé de conduire les blessés de la Zad à l’hôpital. « Habituellement, je vis dans un lieu alternatif en Corse mais je n’ai pas hésité longtemps à venir quand j’ai vu ce qui se passait ici », confie le plus jeune.

 

L’auberge des Q de plomb.

L’histoire de cette auberge est étroitement liée à celle de la lutte. « Pendant les expulsions de 2012, des habitants se sont réfugiés ici. Ce n’était alors qu’une vieille grange au toit percé, mais on les a hébergés. Cela a duré six mois. » C’est le déclic. Alors que Vinci convoite la grange, le couple lance un appel à l’aide pour la reconstruire en dur et la transformer en une véritable auberge. Pendant les deux mois d’été, soixante à quatre-vingts personnes venues de partout se sont relayées chaque jour sur le chantier. Un copain menuisier a fabriqué l’escalier, un autre, électricien, installé le réseau. L’endroit est baptisé en hommage à « trois-quatre potes qui venaient me voir et qui ne partaient jamais — il y avait toujours une dernière cigarette, un dernier verre. Je les avais surnommés les culs de plomb », rigole le patron. Le nom inscrit en introduction des statuts de ce bar associatif traduit une autre envie de s’ancrer : « Le Liminbout restera debout ».

 

Mais l’auberge est en danger, comme les autres activités alternatives non agricoles de la Zad. « Je suis expulsable depuis le 31 mars », lâche Jules, amer. Des camarades ont déposé pour lui un formulaire simplifié à la préfecture à Nantes. « Deux choses. Une, je suis locataire. Si les flics veulent m’évacuer, il faudra qu’ils me prennent physiquement et me jettent dehors. De l’autre, si les camarades de la Zad se font virer, je quitterai la région aussi. Mais si on arrive à gérer cette crise comme en 2012, on a un bel avenir devant nous. On a un mode de vie agréable, on peut parler de politique, on n’est pas dans la surconsommation. Regardez les gens de Tarnac, ils ont mis dix ans à ce que leur innocence soit reconnue, ça a été une galère mais maintenant, c’est fait ! »

 

L’heure tourne, bientôt 18 h, l’heure de la représentation théâtrale à l’Ambazada. Il reste juste le temps de faire une halte à la Rolandière, pour demander aux Médics un peu d’huile essentielle d’arbre à thé à appliquer sur un petit abcès. À l’étage de cette belle étable, la bibliothèque du Taslu est calme ce jour-là. Officiellement inaugurée le 10 septembre 2016, elle abrite tout ce dont un habitant peut avoir envie de feuilleter, des très nombreux ouvrages historiques et politiques sur les révoltes et révolutions en France et dans le monde aux guides de permaculture et d’habitat léger, en passant par les fictions de « la Romandière ». On peut les lire (ou les emprunter si l’on habite la Zad) tous les mercredis, vendredis et dimanches de 15 h à 19 h. « Mais si vous avez des livres en retard, vous pouvez aussi les déposer dans la malle en bas de l’escalier, précise la jeune femme de permanence, en levant la tête de son écran d’ordinateur. On a eu un dernier gros arrivage à l’occasion de la mobilisation du 8 octobre, où de nombreuses personnes avaient rapporté un livre. On est obligé de trier, on ne garde que ce qu’on considère comme le plus intéressant pour nos lectrices et nos lecteurs. » La bibliothèque accueille aussi des animations, des soirées et des rencontres avec des auteurs. Dernier événement en date, un appel à lire des textes de résistance le 22 avril dernier, qui s’est transformé en une déambulation jusqu’au Gourbi entrecoupée de lectures allant de Pierre Rabhi à Kropotkine, en passant par Lucrèce et Thoreau.

 

 

 

À l’Ambazada, près de la Wardine, obscurité et silence pour la représentation de la pièce Le Dehors de toute chose, une adaptation du roman La Zone du dehors, d’Alain Damasio. Benjamin Mayet, le comédien, arpente la salle comble, étreint un spectateur, grimpe sur un banc, allume une cigarette. « La vertébrale colonne en moi, la colonne refuse de plier. Contre toute mesure et raison ! Elle dit non, je ne discute pas. Je sais que désormais il faudra aller au bout. La liberté est une chose complète. Une maladie dont l’hygiène sociale la plus stricte ne nous guérit pas. Non content d’être malade, on veut encore contaminer les autres. Leur passer nos miasmes ! » Les rires s’élèvent, joyeux. Habitants et visiteurs se serrent les uns contre les autres sur les étroits bancs de bois. D’autres s’appuient sur les piliers de cette belle charpente érigée à l’été 2017, ou sur les bottes de paille qui constituent les murs, empilées fin mars par une délégation d’une trentaine de Basques et de Bretons. Cette construction, dédiée aux assemblées de lutte et aux minorités, fait également office de lieu culturel et, bientôt de formation. « Elle va encore être améliorée et sera mise à disposition pour des réunions et des initiations, explique Benji, coprésident de l’association.Tous les projets de la Zad, y compris agricoles, peuvent avoir besoin d’organiser des transmissions vastes ou des colloques. Par exemple, le troupeau-école, pour la partie théorique de ses enseignements. C’est pour ça qu’avant les formulaires individuels, on leur avait proposé une convention collective. Parce que tout ce qu’on fait ici est indémêlable. »

 

3 mai 2018 / Émilie Massemin et Emmanuel Gabily (Reporterre) 

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