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4 janvier 2019 5 04 /01 /janvier /2019 09:57
Dessin d'André Scobeltzine

Dessin d'André Scobeltzine

Saint-Jacques : la reconstruction

 

Après les destructions menées par la municipalité, avant l'arrêt du 30 juillet 2018 en raison de l'insurrection d'une centaine d'habitants du quartier, il s'agit de sortir de l'immobilisme. 

La mairie attend le résultat des experts. Habitants et "Riverains de St-Jacques" aussi...

Les associations de défense du patrimoine veulent la restauration des immeubles et des maisons qualifiés d'insalubres. Elles ne veulent pas du projet immobilier présenté, mais conserver l'architecture et l'identité du quartier :

 Un village catalan tout près du coeur de ville.

 

Les citoyens veulent rester sur place, voir leur logement réhabilité et bénéficier d'un loyer modeste…

 

Afin de récupérer l'argent de l'Etat, destiné à la réhabilitation des ghettos et des quartiers pauvres et déshérités, il faut avancer : utiliser les places nées des destructions pour construire des lieux de sport, de culture, de loisirs, de santé… Restaurer les maisons qui peuvent être sauvées : cela coûtera moins cher qu'une démolition suivie d'une reconstruction : pas dans l'esprit municipal puisqu'un ensemble luxueux serait projeté excluant ainsi les habitants d'origine, qui devront être relogés ailleurs, à la périphérie, au Vernet, etc…

 

 

Dans l'attente d'une réunion en préfecture avec tous les acteurs (mairie, élus, associations…), l'objectif est de répondre aux attentes des citoyens français d'origine du quartier Saint-Jacques (après les événements de fin juillet 2018) et d'autres (St-Mathieu, Le Vernet…).

 

Il s'agit de trouver des aides sociales, de créer des structures de proximité pour accueillir la population dans les domaines de la santé, de l'éducation…

 

ll faut aussi trouver des solutions pour éviter l'oisiveté des jeunes (salles de jeux, de sport, création d'un gymnase, d'un centre culturel…). 

La condition des femmes est aussi un sujet préoccupant : des assistantes sociales travaillent au collège Jean Moulin; il faut une autre structure au cœur du quartier. 

 

Faire d'abord le bilan de ce qui existe déjà (actions de la mairie, du CG66…); de quels personnels dispose-t-on..? 

 

L'objectif est, avant tout -pour sortir des critiques sur l'absence de propreté, sur l'insalubrité de certains ilots, sur l'absence de rénovation, sur les tentations de destructions et de projets immobiliers et architecturaux méprisant la spécificité historique du quartier - de donner une image positive de Saint-Jacques. 

 

-La propreté avec l'aide de responsables par rue, d'animateurs sociaux, pour que les habitants se prennent en charge : insister sur le civisme, sur la responsabilité de chacun : pour éviter l'assistanat, les petits boulots donnés par copinage, électoralisme, une formation sérieuse des jeunes est essentielle. Les familles doivent savoir qu'un emploi valorisant ne pourra être trouvé si les enfants ne vont pas à l'école, au collège et n'atteigne pas une formation, technique ou autre. 

 

Aux parents, d'abord, de ne pas laisser les jeunes enfants sortir tard le soir, et de les accompagner le matin à l'école… 

Ce travail de persuasion, d'éducation civique peut être engagé par des "sages", des responsables du quartier estimés par tous. 

 

Le danger de l'absence d'insertion sociale : l'existence de trafics en tous genres, en apparence plus faciles et rémunérateurs.

 

L'action des élus, gestionnaires…pour changer le contexte social, négatif depuis des décennies, doit se porter sur des aides utiles, sur la formation, le civisme et non sur le communautarisme, le mépris des populations ou la répression. D'où la présence de formateurs, d'éducateurs, de médiateurs de rues, d'auxiliaires de vie, sur place. Présence de bénévoles, d'associations, d'aides entre citoyens d'origines diverses : préserver la mixité sociale. 

 

La population veut de l'aide, de l'information, de la proximité, de la reconnaissance…Elle a raison d'exiger la restauration de son cadre de vie…la fin des marchands de sommeils, des propriétaires exploiteurs…

 

Elle a raison de demander la fin de l'insalubrité et des destructions qui n'ont pas un objectif précis et cohérent. 

 

En échange, elle devra s'adapter aux règles de vie commune, au droit pour tous, à l'urgence de la propreté, de l'éducation, du respect d'autrui…pour le vivre ensemble, pour l'insertion sociale, pour l'honneur de chacun, loin de l'assistanat...

 

L'animation du quartier (rencontre conviviales autour de musiciens, d'un grillade, d'un échange sur la culture ou les problèmes du moment…) devra redonner vie et espoir à la population : des espaces (places publiques), des salles sont nécessaires pour apporter un rayonnement culturel et ré-enchanter St-Jacques. 

 

Dans cette optique, avec Clarisse Requena, docteur en Lettres, journaliste, avec l'aide de Jean Gimenez, nous avons organisé une première conférence * sur l'histoire et la culture gitanes, à partir de Mérimée et de ses héros gitans. Ensuite l'échange a permis de mieux se connaître

(* le samedi 8 décembre à 16h, café Le Tanger, entrée libre, sous l'égide de l'association "Walter Benjamin sans frontières" créée à Banyuls en 2015.)

Il s'agissait d'une rencontre destinée à la population métissée : habitants d'origine catalane, française, gitane, maghrébine…sans exclusive et désireuse de ne pas être récupérée par quelque groupe ou parti que ce soit… Cependant les élus et les institutionnels sont invités à participer à cette expérience inédite : une suite de "conférences "ou d'exposés est envisagée tout au long de l'année afin de valoriser les gens du quartier et donner la parole à ceux qui créent, travaillent, agissent, veulent changer le visage du "ghetto"…Afin de trouver des passerelles entre les divers citoyens…

 

Dans cette optique, il faudra sans doute créer une nouvelle structure (une association) réunissant les gens de bonne volonté et les acteurs de tous bords… Pour prendre en charges des spectacles (fanfares, concert de guitares, lectures de contes, récits de traditions, etc), des rencontres culturelles et obtenir des subventions…

 

Il faut absolument lier le social et le culturel. 

Le social, c'est le matériel, le nécessaire immédiat. 

Le culturel, c'est le spirituel, l'envie d'en sortir, de créer, d'apprendre, de se valoriser, de trouver le bonheur ensemble ! On ne peut les dissocier : il faut agir sur ces deux fronts essentiels pour changer la vie dans ces quartiers abandonnés…

 

J.Pierre Bonnel  -  jean-pierre.bonnel@orange.fr 

06 31 69 09 32

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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