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24 mai 2019 5 24 /05 /mai /2019 10:50
Vitrine librairie Torcatis (Perpignan) - Paul Preston - Nicolas Marty  -  Benoît Pellistrandi
Vitrine librairie Torcatis (Perpignan) - Paul Preston - Nicolas Marty  -  Benoît Pellistrandi
Vitrine librairie Torcatis (Perpignan) - Paul Preston - Nicolas Marty  -  Benoît Pellistrandi
Vitrine librairie Torcatis (Perpignan) - Paul Preston - Nicolas Marty  -  Benoît Pellistrandi

Vitrine librairie Torcatis (Perpignan) - Paul Preston - Nicolas Marty - Benoît Pellistrandi

A l'heure des élections européennes, il faudrait revenir sur la question catalane. Après le référendum "illégal" (selon la constitution espagnole) et la déclaration de C. Puigdemont sur l'instauration de la république catalane (elle a duré 6 secondes), ce fut la répression, la prison, l'exil de ministres catalans et du président de la Generalitat (en Belgique).

 

Avec le gouvernement du socialiste Sanchez, l'apaisement et la libération des prisonniers "politiques" indépendantistes sont envisageable. Le parti populaire, à l'origine de la répression du mouvement séparatiste, a dû quitter le pouvoir, mais son affaiblissement a permis au parti d'extrême-droite Vox de s'installer dans le paysage politique de la péninsule...

 

Sans être favorable à l'indépendance de la Catalogne (c'est aux Catalans de décider !), tout en percevant, chaque fois que je me rends dans le sud, que ce pays est une nation, je désire en savoir plus : lire l'analyse passionnante de N.Marty, futur président de l'université de Perpignan, favorable à l'indépendance... Lire aussi le point de vue opposé, celui de B. Pellistrandi, dont le livre récent est aussi une intéressante étude historique, minée de temps à autre, par des critiques acerbes (sur la corruption dans le parti de centre-droit indépendantiste de Jordi Pujol, C. Puigdemont...ce que reconnaît aussi N.Marty, avec sa volonté d'être objectif.

 

Il est objectif car il dit la vérité, mais ne dit pas tout : ainsi, des anecdotes de l'adversaire Pellistrandi, accusé de faire partie de l'opus dei par les partisans de l'indépendance...

 

Commençons par Paul Preston, grand connaisseur de l'Espagne : son long article dans le quotidien Le Monde du 19/20 novembre 2017, intitulé "L'intransigeance de Madrid nourrit le séparatisme catalan"...

En comparant les trois analyses historiques, nous pourrons peut-être y voir plus clair et nous rapprocher de la vérité...

 

J.P.Bonnel - 24 mai 2019

 

à suivre...

- - -

 

La question catalane vue par les historiens Paul Preston, Nicolas Marty  et Benoît Pellistrandi 

 

1. Paul Preston :

 

Paul Preston (Liverpool, 1946) est un historien britannique, docteur en histoire de l'Université d'Oxford. Il est spécialiste de l'histoire de l'Espagne contemporaine et en particulier de la période de la guerre d'Espagne. Il s'est notamment opposé à la lecture qu'en fait Pío Moa1.

 

 

Certains spécialistes de la guerre d'Espagne ont sévèrement critiqué les positions de Preston exposées dans The Spanish Holocaust : Inquisition and Extermination in Twentieth-Century Spain, une étude des atrocités perpétrées en Espagne au xxe siècle. Stanley Payne juge ainsi que le livre « reproduit bon nombre des plus anciens stéréotypes sur la guerre civile espagnole » et le considère comme « un échec »2.Réception critique de The Spanish Holocaust

Arnaud Imatz dans une critique publiée par La Nouvelle Revue d'histoire, considère que l'ouvrage de Paul Preston est « un véritable condensé de manipulations, de semi-vérités et de mensonges »3

Reprenant des explications fournies par le Komintern lors de la guerre civile, Preston présenterait le terrorisme de gauche comme toujours « accidentel », « spontané », jamais organisé, ses crimes étant perpétrés par des « éléments incontrôlés » à la différence de ceux des partis de droite ou du centre qui se seraient fondés sur un programme de répression, un « programme de massacre systématique » 3

Selon Imatz, Preston ignore les avancées de plusieurs décennies de recherche, sollicitant « à son gré » une partie des études récentes. Selon lui, les chiffres connus infirmeraient les affirmations de Paul Preston concernant les crimes franquistes, car sur les 140 000 victimes que fait la répression, 60 000 seraient le fait du Front populaire 4 et 50 000 le fait des rebelles nationalistes, auxquels viendraient s'ajouter 30 000 exécutions au lendemain du conflit, des chiffres bien plus proches en termes de pourcentage de ceux de la révolution cubaine (selon Imatz) que ceux concernant le régime nazi 3.

 

Jeremy Treglown (en) estime que la comparaison de Paul Preston avec l'Holocauste expose rapidement ses limites. Selon lui, l'histoire du xxe siècle montre qu'« il n'est pas nécessaire de faire des comparaisons lointaines pour voir que, si effroyables et, oui, criminelles, les actions qu'il décrit ont été, elles différaient tant sur le plan qualitatif que quantitatif de la planification à froid et de l'application industrielle de l'Holocauste nazi. Cet élément de sensationnalisme, aggravé par le sous-titre « Inquisition et extermination dans l'Espagne du XXe siècle », risque de transformer l'histoire elle-même en inquisition : quelque chose de plus proche d'un tribunal moral vengeur que d'une tentative de comprendre le passé. » Treglown note également que dans cet ouvrage comme dans ses autres livres, lorsque Paul Preston documente les atrocités commises par les partis de gauche, il tend à les présenter comme ayant toujours été la « conséquence » de celles commises par les partis de droite 5.

Le livre The Spanish Holocaust a remporté le Prix d'histoire de la Catalogne en 2011 5.

 

  1. (es) Interview [archive] de Paul Preston dans El Mundo, 24 juin 2003.
  2. Stanley Payne, The Wall Street Journal, 13 avril 2012
  3. a b et c Arnaud Imatz, « La guerre d'Espagne fantasmée de Mr. Preston », La Nouvelle Revue d'histoire, no 89, mars-avril 2017, p. 24-26
  4. voir l'article Terreur rouge (Espagne). Le chiffre est discuté. Pour l'historien britannique Hugh Thomas, le bilan des persécutions antireligieuses s'élève à 55 000 morts, le même auteur estimant les assassinats et exécutions politiques de « nationalistes » à environ 75 000 pendant la guerre. Selon Antony Beevor, le bilan de la plupart des actes de la terreur rouge espagnole, qui se déroulèrent au début du conflit à l'été et automne 1936, s'élèverait à environ 38 000 personnes, dont presque la moitié furent tués à Madrid (8815 victimes) et en Catalogne (8352 victimes). Guy Hermet penche pour une estimation de 75 000 victimes environ.[réf. nécessaire]
  5. a et b (en) The Spanish Holocaust by Paul Preston: review [archive], Jeremy Treglown, telegraph.co.uk, 28 février 2012.

(C) source : wikipédia.

 

Paul Preston,

dans

Le Monde du 19/20 novembre 2017, article intitulé "L'intransigeance de Madrid nourrit le séparatisme catalan"...

 

-Avant 1923 le nationalisme prospérait dans la bourgeoisie catalane, qui avait le sentiment de posséder une identité propre, fondée sur une culture et une langue différentes. Avec la perte des colonies, et les difficultés économiques, les élites catalanes s'élèvent contre l'indifférence de Madrid : cependant elles ont besoin de l'appareil de l'Etat central pour réprimer l'agitation ouvrière, en particulier anarchiste.

-13 sept 1923, coup d'Etat du général Primo de Rivera, gouverneur militaire de la Catalogne; ami personnel de nombreux oligarques catalans, impitoyable dans sa répression des anarchistes, il est considéré comme un défenseur de l'élite économique catalane.

-P. de Rivera déçoit les Catalanistes : politique très anticatalane, langue catalane interdite à l'école, institutions catalanes dissoutes.

La Gauche républicaine de Catalogne, nouveau parti, remporte des élections municipales de 1931 : l'ERC proclame la République le 14 avril.

-Face à la déclaration unilatérale d'indépendance de la part d'ERC, le gouvernement de Madrid (Républicains/socialistes)accorde un large statut d'autonomie à la Catalogne (sept.1932)

-Le président de la Généralité, Lluis Companys proclame "sans enthousiasme" l'indépendance de la Catalogne; il est arrêté, accusé de rébellion, traduit devant la cour constitutionnelle (30 ans de prison, mais après la victoire du Font populaire, il est rétabli dans ses fonctions  février 1936).

- Coup d'Etat militaire du 18juillet 36, guerre civile, prise du pouvoir par Franco : L. Companys, exilé en France, est arrêté par la Gestapo, jugé et fusillé le 15 oct. 1940 à Barcelone.

-Après a mort de Franco, le roi Juan Carlos et le premier ministre Suarez arrivent à neutraliser les aspirations nationalistes : retour de J. Tarradellas, président en exil de la Generalitat, rétablie, avec une adaptation du statut d'autonomie de 1932. E échange : serment d'allégeance des Catalans à la Monarchie, acceptation de l'unité de l'Espagne, respect des forces armées.

 

-1979 : le statut d'autonomie, grignoté par Madrid, est adopté par référendum.

 

-1980 : premières élections au parlement catalan (135 députés) : victoire de CiU  Convergence et Union, de centre-droit, dirigée par J. Pujol, jusqu'en 2003.

 

-Transfert de compétences de Madrid à Barcelone, mécontentement croissant en Catalogne : 14% seulement des Catalans soutiennent l'indépendance aux élections de 2005.

 

-Un nouveau statut est adopté par le parlement espagnol en juin 2006 (ratifié par référendum en Catalogne).

 

-le gouvernement très droitier de M. Rajoy (parti populaire) conteste le statut : le tribunal invalide le 28 juin 2010 plusieurs articles relatifs à la péréquation fiscale et rejette la définition de la Catalogne comme nation.

 

-Gouvernement "tripartit" en Catalogne (PS-ERC-Verts), puis retour de Convergence dirigée par Arthur Mas, lors des élections régionales de déc. 2010. -2011 : 46,4 % des Catalans réclament l'indépendance.

 

-A.Mas organise un référendum d'indépendance le 9 novembre 2014 : 80,76 votent pour, mais la participation n'est que de 37%. 

 

-La tension s'intensifie. Face à la dénonciation d'une région riche qui veut garder pour elle ses richesses, les indépendantistes répondent que, avec 16% de la population de l'Espagne, la Catalogne apporte 22% des recettes fiscales nationales et ne reçoit que 8% des investissements publics.

 

-Elections régionales anticipées le 27 sept. 2015 : "Ensemble pour le OUI" (CiU, ERC: 39%. - CUP, parti anticapitalist, 8,21%); même unis, ces partis ne sont pas majoritaires et non crédibles pour faire prospérer une déclaration d'indépendance; pourtant A. Mas annonce l'organisation d'un réferendum pour instaurer un Etat catalan indépendant.

 

-Carles Puigdemont est investi à la place d'A.Mas le 9 janvier 2016 Convergence change de nom  (révélations sur la fortune cachée de J. Pujol dans des paradis fiscaux) : il devient le Parti démocrate européen catalan.

 

-La nouvelle coalition nationaliste annonce un référendum définitif sur l'indépendance. Madrid décide de faire échouer ce vote : dix mille policiers sont dépliés en Catalogne, répression rappelant la dictature franquiste :  

                                 "Des centaines de Catalans, se sont fait matraquer, dont beaucoup qui avaient l'intention de voter contre l'indépendance."

-43 % des électeurs ont participé au référendum; 90%  ont voté pour l'indépendance.

 

-déclenchement de l'article 155 de la constitution : suspension de l'autonomie régionale et arrestation des dirigeants politiques et associatifs catalans : sédition, rébellion et détournement de fonds publics pour organiser le vote...

 

"Une réforme de la constitution espagnole et l'ouverture de négociations sur un nouveau statut catalan seraient à même de panser les plaies.." P. Preston

 

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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