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2 juin 2019 7 02 /06 /juin /2019 18:30
Rencontre avec Ludmilla  Poliakova, musicienne, compositrice, au coeur du spectacle vivant, à Perpignan
Rencontre avec Ludmilla  Poliakova, musicienne, compositrice, au coeur du spectacle vivant, à Perpignan
Rencontre avec Ludmilla  Poliakova, musicienne, compositrice, au coeur du spectacle vivant, à Perpignan

Rencontre avec Ludmilla  Poliakova, musicienne, compositrice, au coeur du spectacle vivant, à Perpignan 

 

 

 A Perpignan, entre le Conservatoire de musique Monserrat Caballé et les salles de spectacle qui l'accueillent, vit une jeune femme, séduisante et enthousiaste, artiste engagée dans la société, sur laquelle les muses et les fées se sont penchées...

 

Elle a un nom slave et pourtant elle est née en France, à Lyon: elle est de la deuxième génération, ses grands-parents ont émigré de l’ex-URSS entre-deux-guerres. Elle a un prénom qui vient du froid et pourtant une chaleur, une passion pour les arts émane d'elle !

 

J'avais déjà rencontré Ludmilla au Café La Source, en compagnie du poète Gabriel Groyer, pour évoquer ses deux recueils et son spectacle musical « Errances », donné à la  médiathèque temporaire de Perpignan, place du Pont-d'en-Vestit , accompagné par Ludmilla POLIAKOVA à l'alto. Un grand moment !

 

Enfant, Ludmilla vécut dix ans à l'étranger, entre Moscou et Londres. Une grande voyageuse : il faut dire qu'elle a suivi sa mère, travaillant aux Affaires étrangères et qui fut consul en Lituanie. 

 

Dans le domaine de la musique, elle a fait des études modestes : à l’époque ne parlant pas assez bien le russe, Ludmilla n'a jamais vraiment acquis le solfège et, au collège, elle abandonnera la musique en classe de quatrième pour se consacrer au théâtre.

 

Elle va alors se vouer pleinement au spectacle vivant, engagé, social, et donc politique. Elle est comédienne à Nantes, où elle travaille à l'insertion des chômeurs, des SDF , par le biais de l’expression artistique. Elle crée des vidéos pour les restos du coeur, avec sa Cie Théâtre et Démocratie et participe à plusieurs festivals régionaux.

 

Elle travaille parallèlement pour des groupes de musiques actuelles locaux en tant que tourneur avec Patrick Bonnet chez « A l’Abordage » ( Dolly, EV, Les Gargouilles, Luc Ternil entre autres).

 

Puis elle "monte" à Paris et demeure pendant dix ans dans la capitale. Intermittente du spectacle, elle acquiert une expérience certaine auprès de professionnels, déjà passionnée par les spectacles d’époques avec la Cie Acta Fabula et la Cie Cyclone.

 

Et la musique, les amours, me direz-vous..? C'est une vie spirituelle très fournie qui l'occupe; le contexte familial peut expliquer cette autre passion, intime : elle a été baptisée par son propre père, pope orthodoxe. Ensuite, Ludmilla a découvert le bouddhisme, après la lecture capitale du Livre de la Vie et de la Mort Tibétain, et la philosophie taoïste dans sa pratique quotidienne avec Tapa Sudana, artiste balinais.

 

Le spectacle vivant l'accapare jusqu'à la trentaine : en effet, à trente ans, la voici dans une ferme équestre, en Seine et Marne, avec des cascadeurs, musiciens, dans la veine médiévale, inspiration importante qui la conduira à créer en 2018 le groupe "Psaltérion", que le public perpignanais a pu applaudir, samedi 11 mai dernier, à L’Atmosphère Bella Ciao, place Rigaud… 

 

Ce groupe de quatre musiciens se compose d'une harpe (Diane), d'un alto (notre héroïne), d'une flûte (Sarah) et d'un…psaltérion (Diane). Sans oublier le chant et les percussions (Dimitri)!

 

Théâtre, spectacle équestre, elle lâche ces amours-là pour la musique. Retour à la passion originelle ! C'est le hasard - ou le destin - qui la guide car, à trente ans, elle hérite d'un violon  de famille du 18e siècle, fabriqué sans doute en Bohème.

 

Par hasard en 2009, à l'occasion d’une saison au village-vacances EDF-GDF, CCAS à Portiragnes dans l'Hérault, cette "indépendante sans carte ni diplôme", comme elle aime se qualifier, va ensuite trouver un logement à Perpignan : Ludmilla la musicienne, compositrice et amatrice de musique électroacoustique et médiévale, s'installe au pays catalan ! Elle décide de suivre les cours du Conservatoire de Perpignan, pour acquérir la théorie et la pratique qui lui manque. En ce moment, elle étudie la composition et l'alto.

 

Tout en participant à des spectacles, elle prépare le concours du DUMI : il s'agit du diplôme universitaire pour musiciens intervenants, diplôme d'Etat reconnu pour faire de l'éveil musical entre autre, en entreprise ou dans les écoles, avec un projet de cohésion sociale et de découverte du monde. Il permet d'accéder à des contrats courts, pour d’intenses aventures humaines. 

 

Outre ses nombreuses activités au sein du Conservatoire, son calendrier artistique se remplit. Avec le Train Rouge, elle accompagnera les sorties en Fenouillèdes: la bande sonore est enregistrée avec l'ensemble Psaltérion! Cet été et pendant deux ans, ce sera la découverte de l'histoire catalane et cathare, au départ de cet insolite train estival… A la belle saison, encore, elle va réaliser au musée Rigaud, à l'occasion d'une exposition de sculpture de Muriel Persil, la création sonore avec une bande-son électroacoustique, et va dire "Ophélie", le célèbre poème de Rimbaud ! Et bien-sûr, elle poursuit l’aventure avec le poète Gabriel Groyer.

 

Ludmilla, l'éternelle déracinée, désirant rester libre, sait s'adapter à tous les pays, à tous les contextes. Sa véritable racine, c'est la musique, qui lui permet, en outre, de maintenir des liens profonds avec les autres. Musicienne pour la danse et le théâtre, elle donne beaucoup d'elle, de ses talents, et joue dans de nombreux  spectacles.

 

Elle souhaite participer pleinement au spectacle vivant du territoire régional et connaître les programmateurs.

 

Et enfin, mais chut! Elle rêve d’un autre projet, encore plus personnel, qui serait de créer son disque de variété "world music".

 

Sans oublier le monde de la poésie, du théâtre, des itinérances de par le monde et les arts…

 

Femme orchestre, douée, passionnée, elle ne peut que donner réalité à ses rêves, Ludmilla !

 

J.P. Bonnel, mai 2019

- - -

 

« J’ai rencontré Jean-Pierre Bonnel au Centro Espagnol, cette année à Perpignan, à l’occasion d’un hommage au grand poète Machado.

Avec son association Walter Benjamin, cet homme est passionné de littérature et de poésie, favorise les évènements et écrit lui-même, d’ailleurs.

J’ai pensé lui faire rencontrer Gabriel, poète local à l’âme universelle, et la rencontre a fait TILT! La poésie de Gabriel est d’une grande force c’est vrai, et une fois lue, on y pense encore et encore. Mais c’est alors que Jean Pierre s’est intéressé également à mon parcours…Ainsi, j’ai la joie d’avoir aujourd’hui mon portrait sur son blog! Je l’en remercie, et le remercie tout autant pour l’amitié qu’il me porte. »

 

Ludmilla P., juin 2019

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commentaires

R
Superbe portrait de Ludmilla que j'aime beaucoup moi aussi !
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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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