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7 août 2019 3 07 /08 /août /2019 09:30
Dali - Bunuel et Lorca - La Tour de Carol : rando culturelle - Rosa Luxembourg, par Anne ROCHE, prix W.Benjamin 2019 -
Dali - Bunuel et Lorca - La Tour de Carol : rando culturelle - Rosa Luxembourg, par Anne ROCHE, prix W.Benjamin 2019 -
Dali - Bunuel et Lorca - La Tour de Carol : rando culturelle - Rosa Luxembourg, par Anne ROCHE, prix W.Benjamin 2019 -
Dali - Bunuel et Lorca - La Tour de Carol : rando culturelle - Rosa Luxembourg, par Anne ROCHE, prix W.Benjamin 2019 -
Dali - Bunuel et Lorca - La Tour de Carol : rando culturelle - Rosa Luxembourg, par Anne ROCHE, prix W.Benjamin 2019 -
Dali - Bunuel et Lorca - La Tour de Carol : rando culturelle - Rosa Luxembourg, par Anne ROCHE, prix W.Benjamin 2019 -

Dali - Bunuel et Lorca - La Tour de Carol : rando culturelle - Rosa Luxembourg, par Anne ROCHE, prix W.Benjamin 2019 -

LIDIA : son délire

 

 

Elle a donc passé une partie de sa vie obsédée par la figure d'Eugeni d'Ors. La fascination pour ce jeune dandy et le monde qu'il représentait, poussa certains psychanalystes à la qualifier de « paranoïaque érotomane »...

 

Ainsi cette "maladie" serait née d'une lecture idéalisée, passionnée des articles et « gloses » de Eugeni d'Ors.

L'interprétation de ces textes s'opérait par des associations d'idées et des analogies puisées dans l'étymologie des noms communs, car le journaliste n'a jamais, bien sûr, cité le nom de Lidia. 

 

Simplement, si Xènius n'a jamais expliqué de façon explicite qui se cachait sous le surnom de La Bien plantée, il a cependant fait apparaître le personnage d'un pêcheur nommé Nando qui correspondait au portrait du mari de Lydia.

De même, une autre fois, il écrivit dan un magazine consacré à la tauromachie dans lequel une Lydia apparaissait...

 

Elle était convaincue que ces textes constituaient des allusions à sa propre personne, et que ces chroniques formaient une correspondance personnelle qui lui était adressée… Cette interprétation personnelle, cette lecture incroyable trouvèrent leur apnée quand elle s'identifia tout-à-fait avec Teresa, la protagoniste fictif de le "bien plantée", créé par D'Ors.

 

 Peu à peu, tout le monde au village fut au courant de cette lecture interprétative : elle conservait les coupures de journaux dans le panier de poissons, quand elle allait apporter la pêche fraîche dans les maisons des gens aisés. 

C'est ainsi que, dans une de ces familles bourgeoises, celle du notaire de Figueres, ces extraits de presse et les lectures de la poissonnière éveillèrent l'imagination de Salvador Dalí, qui était encore un enfant. Plus tard, Lídia sera un cas d'école et deviendra la muse de la méthode paranoïaque-critique. Le maître n'inventa pas grand-chose, amis s'inspira du délire de cette femme en proie aux fantasmes les plus extravagants !

 

 Pour Salvador Dalí, son esprit était "enclin à la poésie.» Il est vrai qu'elle s'exprimait avec des images inédites et des formules énigmatiques. Par exemple, « Le miel est plus doux que le sang ». L'expression signifie que si vous devez choisir entre votre famille et une personne anonyme, pour laquelle vous éprouvez soudain une forte inclination, vous serez conduit à choisir le bel inconnu. Pour elle, le miel représentait Eugeni d'Ors et le sang symbolesait ses fils jumeaux Nori -Honorius-, et Venido, signifiant Bienvenu. 

 

Lydia fut donc connue pour ses élucubrations "surréalistes" et ensuite parce qu'elle vendit sa cabane de Portlligat à Salvador et Gala. En outre, Dali la représentera à plusieurs reprises et écrira sur elle. Pour les Surréalistes qui vinrent à Cadaqués, ce personnage fut une rencontre inattendue, une Nadja humble et torturée; Crevel, Eluard, Char, Buñel…en parlèrent dans leurs correspondance avec Breton et Aragon…

 

Comment expliquer le délire lydien..? Par une différence d'âge œdipien ..? En effet, il faut savoir que l'écrivain est devenu vite orphelin de mère. Il se pet aussi que l'attrait physique pour cet adolescent intelligent et beau ait joué dans    le refoulement du désir de la magicienne-poissonnière 'et l'interprétation des messages secrets.

 

 Quelques phrases mystérieuses de Lydia ont été captées et célébrées par Dali et Lorca, telle "la fuente est sec" : on sait que, dans un moment de lucidité, la Lidia écrivit une carte à Lorca, avec Dali, le 16 avril 1927 : "M. Federico G. L., si vous avez vraiment faim et soif, venez à la fontaine. Il y a sur la fontaine sacrée le nom de "bien Plantà". Mais la fontaine est tarie, elle a perdu la Foi, l'Espérance et la Charité et elle ne peut pas trouver le salut.

Les deux amis se souviendront toujours d'un autre aphorisme façon Lydia : "Fandango est un todo el mundo"...

 

Ou, encore, l'intelligible « La paix poursuivie par un grain de raisin. »

 

Au fil du temps, l'obsession de Lydia augmentait. Le panier de la vente de poissons, rempli d'algues et de coquillages, contenait surtout des textes, des fragments de journaux, toute une mémoire : les créations du génial d'Ors !

C'est ainsi que tous les livres publiés par Eugeni d'Ors, même L'ennui de la mer, furent soumis à l'interprétation de la Poissonnière délirante. 

Quant à la véritable histoire de la Bien plantée, selon Lidia, le livre tournerait autour de la lutte entre ce qu'elle appelle « les chèvres et les anarchistes » d'une part, et le groupe secret de « Xènius » de l'autre, parmi lesquels Pichot, Dalí, Eduardo Marquina et Carles Fages de Climent….

 

 Lydia avait découvert un matin le livre d'Eugeni sur la table, à côté d'une coupelle de cerises, d'un bol de de lait et d'une assiette de fromages. Ce livre était un secret; sont apparues alors toutes sortes de spéculations. Il fallait trouver la vérité ! elle pensait : « Ce secret, si je l'explique, ne sera plus un secret. »

 

Il avait donc réuni les gloses quotidiennes ou hebdomadaires, pour en faire un recueil hybride, au genre flou, ni fiction, ni reportage journalistique, une sorte de discours au fort contenu idéologique…qui allait connaître la gloire, et être réédité sans cesse…Une histoire simple, celle d'une femme qui vient de la ville et s'installe dans un anonyme port côtier, agricole, tellurique : ses belles manières, son élégance, son esprit tranquille et serein vont bousculer le microcosme du petit village… Le personnage va provoquer un émoi, une catharsis qui va faire émerger les vielles discordes ancestrales. C'est l'ordre, la civilisation, Midi le juste qu'elle apporte au coeur des racines du petit peuple. L'auteur chante la mesure, l'idéal de concorde, la civilisation urbaine faite de lois, de valeurs positives, d'art, de mathématique et d'architecture. La revendication de l'ordre classique s'oppose aux tentations anarchistes et l'intelligence aux sentiments, aux épanchements, aux sensations…Doit naître ainsi la modernité ! 

 

D'Ors, qui vécut beaucoup à Paris, était influencé par le poète Jean Moréas, qui fut d'abord tenté par la veine symboliste mais l'abandonna pour tendre vers une esthétique et une identité méditerranéennes. Il fallait retrouver l'inspiration méridionale, les traditions du Midi afin d'aller vers le progrès ! Son écriture s'inspirait de racines françaises, attachées aux idées nationalistes, patrie, tradition, maternité, morale… C'est pourquoi Teresa la sereine, l'équilibrée, était habillée de blanc…

 

Le succès de l'ouvrage va susciter un débat enflammé,une sorte de psychose collective : mais quel est donc le modèle de cette Teresa ? On cita plusieurs noms, des personnalités féminines bien connues entre Figueres et Gérone, et ceux des conquêtes de ce séducteur d'Eugeni…  Or ce personnage était une femme imaginaire, pas la transposition plate et directe d'une dame référencée dans le monde littéraire et bourgeois de la Catalogne. Ce n'était pas là, bien sûr, la conviction de Lydia : pour elle, Teresa, cédait elle, en chair et en os, en langage fleuri et en actions ! L'identification était évidente, et évidente l'intention de l'écrivain : écrire un chant d'amour à la poissonnière de Cadaqués ! 

 

(LIDIA de CADAQUES, de J.P.Bonnel - Color gang éditeur, 13 euros)

Rosa Luxemburg :

une mémoire à tout le monde ?

 

En 1947 à Berlin-Est, dans le quartier de Berlin-Mitte, l’ancienne place Babelsberg est baptisée « Rosa-Luxemburg-Platz ». Après la réunification de l’Allemagne, alors que nombre de rues et de places étaient débaptisées et nommées à neuf, la place Luxemburg a gardé son nom.

Cette pérennité serait-elle le signe d’une pensée consensuelle, que les nouveaux dirigeants adouberaient sans en craindre une quelconque portée subversive ? Le fait que la mémoire de Rosa Luxemburg ait été historiquement revendiquée aussi bien par les communistes de stricte obédience que par la gauche antistalinienne, voire parfois par les anarchistes, oblige à s’interroger. Un recours aux textes, et aux jalons de l’histoire (1871-1919) devrait permettre quelques éléments de réponse.

 

Présentée par Christian Tarting, Anne Roche, écrivain (roman et théâtre), critique et théoricienne de la littérature, parlera, le 7 août 2019 à Saint-Étienne-les-Orgues – au coin de la rue de l’Enfer –, de l’auteur de L’Accumulation du capital cent ans après son assassinat ; de son importance, aujourd’hui toujours, pour la pensée critique mais aussi l'action ; de ce que la social-démocratie fait aux corps pensants et résistants.

Anne Roche est la lauréate du prix Walter-Benjamin 2018 pour Exercices sur le tracé des ombres. Walter Benjamin 

(les éditions chemin de ronde, coll. “Strette”)

Nuits transfigurées, Musiques dels Monts 

 

Tradition désormais solidement établie, les Musiques dels Monts transfigureront les nuits des Albères du 8 au 11 août.

 

L’enfant du pays, le clarinettiste Florent Pujuila revient chaque été dans son village de Villelongue-dels-Monts avec ses amis musiciens, l’académie où ils enseignent et de nombreux élèves. Comme les élèves sont très jeunes les familles les accompagnent. Le village devient ainsi une grande ruche musicale, faite de sérieux et de décontraction selon les heures, les moments et les prestations des uns et des autres. Les chaudes nuits d’été offrent aussi la musique en partage, l’inventivité s’y déployant largement.

 

Autre plaisir démultiplié, celui d’un recours à de multiples formes musicales : jazz, classique, musiques du monde, arrangements savants ou fantaisistes. La musique sous toutes ses formes et selon toutes compétences. Il est mille façons d’être musicien et autant d’aimer la musique. Et le faire sous l’égide d’un titre aussi beau que Nuits transfigurées n’en rend l’attente que plus exaltante.

 

Des journées aux multiples attraits, des soirées-phares et des nuits surprenantes

Florent Pujuila et ses amis ouvriront le festival le 8 août à 18h avec un hommage à la musique de John Zorn, intitulé Zornitologie. Bodegas, avec des cartes blanches aux élèves et aux improvisateurs, musiques dans les jardins et promenades matinales, musique et BD autour du Petit Prince de Saint-Exupéry (le 9 à 16h), musique de chambre au prieuré du Vilar (le 9) et à l’église du village (le 10 et le 11). Histoires chantées à propos des zanimaux, musique africaine, avec la fanfare Olaïtan, venue du Bénin, musiques balkaniques, roumaines, cubaines mises en concert par Deborah Nemtanu et Lucas Henri (le 11 au Vilar). Et les Nuits surprise… pour ceux qui ne veulent pas dormir.

Quatre soirées sur la grande scène et un feu d’artifice

Le 8 août, à 21h soirée Andy Emler : d’abord du jazz avec le trio E.T.E. (Emler, Tchamitchian, Echampard), puis Carte blanche à Andy Emler qui invite autour de son trio quatre clarinettistes connus, aimés et fidèles: Di Donato, Nageotte, Lochet et Pujuila. Le 9, en 1e partie, Holi, création de Nicolas Nageotte, musique du monde, inspiré de la fête de couleurs indienne, en 2e partie Mowgli, Trio incontournable, Born in Occitanie (saxo, claviers, batterie). Le 10 le quatuor Voce offrira un programme autour de La nuit transfigurée de Schönberg,  suivi du Cabaret contemporain par cinq artistes improvisateurs. Après les concerts traditionnels du dimanche après-midi, la dernière soirée sera animée par le trio de jazz Fourneyron, Gesser, Beliah avant le grand feu d’artifice final où s’immergeront quatre percussionnistes déchaînés.

 

academie.delsmonts2@gmail.com 

 0662492166

 

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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