Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 octobre 2019 2 15 /10 /octobre /2019 09:35
Les Catalans par Henry de Laguerie -Manifestations du 14 octobre 2019 à Barcelone
Les Catalans par Henry de Laguerie -Manifestations du 14 octobre 2019 à Barcelone

Les Catalans par Henry de Laguerie -Manifestations du 14 octobre 2019 à Barcelone

Un peuple catalan non-violent et respecteux du droit en dépit des injustices de la justice espagnole

 

 

Après deux ans d'attente sans grande réaction des partisans de l'indépendance, les Catalans se sont mobilisés après le verdict de la justice espagnole, attendu, lui aussi, sans surprise, même si les sentences sont "allégées", l'accusation de "rébellion" ayant été annulée : en effet, c'est sans violence que le gouvernement catalan avait décrété l'indépendance unilatérale du territoire.

 

Malgré des peines très dures, malgré la répression, malgré l'exil et l'emprisonnement des dirigeants, le peuple catalan prône toujours la non-violence et le respect du droit et des institutions du pays.

Cette attitude n'étonne pas, de la par d'un peuple fier, mais décidé à trouver son destin, non par la force, mais en montrant sa bonne foi et sa confiance dans la constitution, votée à l'époque à 90%, en Espagne et en catalogne (se référer au livre de Nicolas Marty, voir ce blog).

 

Seul le slogan de "désobéissance civile" montre une attitude subversive des indépendantistes; leur modération peut s'expliquer par leur isolement : incompréhension du reste du pays, unité de l'Europe, occupée par l'Angleterre et l'Irlande, l'immigration et le conflit en Syrie, une Europe déjà bien affaiblie par le populisme, la montée du fascisme et ne voulant rien savoir des mouvements sécessionistes, comme en Ecosse...

 

Enfin, un aménagement de peine va bientôt entrer en vigueur, un prisonnier ayant purgé un quart de sa condamnation, peut, selon la justice espagnole, sortir de prison... En liberté surveillée, bien sûr, comme l'ensemble de la Catalogne...

 

JPB

Littérature : "Les Catalans", le portrait d'un peuple à travers son histoire et sa culture

 

Henry de Laguerie est installé depuis des années de l'autre coté des Pyrénées, dans ce que les indépendantistes nomment la "Catalogne sud". Témoin des vicissitudes de la vie politique catalane, le correspondant d'Europe 1 dresse dans son ouvrage, "Les Catalans", le portrait d'un peuple anticonformiste, frondeur... jusque-boutiste.

 

Henry de Laguerie - EDITIONS ATELIERS HENRY DOUGIER - (18/09/2014)

 

Pays d’accueil et lieu de passage ouvert sur la Méditerranée, la Catalogne est une terre d’avant-garde qui revendique ses racines et son histoire. Frondeurs, dissidents et anticonformistes, les Catalans ont forgé leur identité dans l’adversité. Ce peuple du nord de la péninsule Ibérique installé dans le sud de l’Europe n’a jamais renoncé à faire entendre sa différence. Lorsque les Catalans défendent leur langue et leur manière d’être, ils prônent aussi des valeurs : l’audace, l’initiative, l’entraide et le bon sens. Après trois siècles de relations tumultueuses avec l’Espagne, beaucoup d’entre eux sont décidés à larguer les amarres. Ce n’est pas une fièvre passagère, mais le résultat de longues années d’incompréhensions mutuelles et de rendez-vous ratés.

La Catalogne obtiendra-t-elle son indépendance ? Personne ne le sait. Mais elle luttera toujours pour ne dépendre de personne.

 

Carles Casajuana

Marianne Millon (Traducteur) - ROBERT LAFFONT (15/10/2009)

 

Au coeur de Barcelone, dans un immeuble déserté, deux écrivains tentent de finir leur livre. L'un, Miquel Rovira, obsédé par la disparition de la langue et de la culture catalanes, consacre toute son énergie créatrice à un ambitieux premier roman. L'autre, Ramon Balaguer, se refuse à quitter les lieux malgré le harcèlement du principal propriétaire de l'immeuble. Rovira écrit en catalan, Balaguer en castillan : chacun défend fièrement la langue qu'il a choisie, et bientôt deux conceptions de la littérature s'affrontent. Aussi quand Balaguer s'éprend de la petite amie du jeune romancier, le triangle amoureux suscite une nouvelle et cruelle rivalité, à l'issue inattendue. Ce roman brillant, aux dialogues mordants, est un magnifique hommage à la figure de l'écrivain, qui défend la langue et la littérature contre toutes les atteintes qui la menacent aujourd'hui. Cet ouvrage a reçu le premier prix des lettres catalanes, le prestigieux prix Ramon-Llull 2009.

 

Carles Casajuana est né à Sant Cugat (Catalogne) en 1954. Diplomate, il a habité en Bolivie, aux Philippines, à New York et à Kuala Lumpur. Il est l'auteur de nombreux romans et d'un essai. Il est actuellement ambassadeur d'Espagne à Londres. Le dernier homme qui parlait catalan est son premier livre traduit en français.

Commentaires :

Lundi 14 octobre au matin, les leaders indépendantistes ont été condamnés à des peines de 9 à 13 ans de prison pour sédition, malversation de fonds publics, et interdits d'occuper un poste public. 

Depuis, la Catalogne est en ébullition. L'aéroport en plein chaos. La ligne ferroviaire à grande vitesse entre Barcelone et la France reste interrompue ce mardi 15 octobre. 

 

Espagne

Désobéissance civile en Catalogne après les lourdes condamnations des leaders indépendantistes

© Marianne et  Daryl Ramadier, le 14/10/2019 à 17:55

Des blocages sont en cours à Barcelone et en Catalogne, pour protester contre les peines d’emprisonnement prononcées à l’encontre des responsables indépendantistes.

« Aujourd’hui c’est pour la démocratie, pas pour l’indépendance. Nous devons tous sortir dans la rue ! » Comme des centaines d’autres étudiants, Pau n’est pas allé à l’université de Barcelone ce lundi. Cela faisait plusieurs mois qu’il attendait le verdict du procès des leaders indépendantistes, jugés ce lundi 14 octobre pour l’organisation du référendum d’autodétermination du 1er octobre 2017, et la déclaration d’indépendance unilatérale qui a suivi. De la prison ferme a été ordonnée contre tous les accusés, pour sédition et malversation de fonds publics.

Dans le détail, l’ancien vice-président du gouvernement catalan, Oriol Junqueras, a écopé de la plus lourde peine (treize ans). Cinq de ses ministres ont eux reçu entre 10 et 12 ans. Et 11 ans et demi de prison attendent l’ex-présidente du parlement, Carme Forcadell. Pour leur part, les présidents des associations ANC et Omnium, Jordi Cuixart et Jordi Sanchez, ont été condamnés à neuf ans de prison.

Dès l’annonce du verdict, les Catalans sont sortis par milliers dans les rues, à l'appel notamment du mouvement Tsunami Democràtic, cette entité qui recouvrait depuis la fin septembre les murs des rues de Barcelone d'affiches appelant à « organiser la réponse » après la sentence, donnant rendez-vous sur la plaça de Catalunya. 

D'autre part, des axes de circulation ont été bloqués, la ligne de train reliant la France à Barcelone coupée, et une partie de l'aéroport «El Prat » de Barcelone a été pris d'assaut, causant l'annulation de 20 vols, par des indépendantistes venus malgré la fermeture de lignes de transport menant à l'aéroport. En toute fin d'après-midi, des charges policières ont été ordonnées pour évacuer les points occupés. Tandis qu'au même moment, d’autres rassemblements étaient en cours dans plusieurs villes de la région...« Est arrivé le moment de la désobéissance civile. Mais sans violence, insiste une membre du mouvement. Les Catalans sont un peuple non-violent. »

Dans la journée, plusieurs personnalités politiques européennes ont apporté leur soutien aux indépendantistes. C’est le cas de l’ex-ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis. Ou de la première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, pour qui « ces politiciens ont été emprisonnés pour avoir voulu permettre au peuple de décider pacifiquement de son avenir ».

En Catalogne, plusieurs acteurs culturels se sont également indignés de la condamnation. Le Football Club de Barcelone a ainsi témoigné de son « soutien aux familles de ceux qui sont privés de liberté », demandant aux leaders politiques « dialogue et négociation pour résoudre ce conflit ». Depuis sa cellule, Oriol Junqueras a lui dénoncé une « vengeance » : « Ça ne me fera pas arrêter d'être indépendantiste, ni abandonner mes valeurs républicaines. Au contraire, nous avons encore plus de raisons de vouloir l'indépendance de la Catalogne ».

À l’inverse, les adversaires des indépendantistes se sont insurgés de la non-condamnation pour « rébellion ». Le chef du parti d’extrême droite Vox, Santiago Abascal, a prié l’État de rendre illégales « les forces séparatistes et récupérer ses fonctions en Catalogne ». Manuel Valls, candidat déchu à la mairie de Barcelone, a lui demandé à ce que les Catalans « acceptent » la sentence.

Les suites de l’affaire ont déjà été enclenchées par la justice espagnole qui vient de réactiver le mandat d’arrêt européen contre l’ex-président catalan Carles Puigdemont, installé en Belgique. Le délit de rébellion étant exclu, la justice belge pourrait accepter de réviser son cas en retenant la sédition. Les indépendantistes, eux, préparent un recours devant le Tribunal constitutionnel, avant d'éventuellement porter l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’Homme. Bien que d’ici à ce que le processus soit terminé, les prisonniers seront sans doute déjà sortis. D’autant plus qu’ils peuvent demander un aménagement de leur peine après en voir purgé un quart.

Les regards se tournent désormais vers le gouvernement catalan. Son président, Quim Torra, n’a cessé de répéter que « s’il n’y a pas d’absolution, nous devrons nous mobiliser jusqu’à l’indépendance ». Vivement critiqué pour avoir beaucoup parlé mais peu bougé, que va-t-il faire désormais ? La condamnation risque aussi d’être le sujet de discussion majeur des élections générales espagnoles, prévues le 10 novembre.

Comment, enfin, va réagir la société catalane ? Les manifestants interrogés n’ont plus confiance en l’État espagnol, ni dans le gouvernement catalan actuel. « C’est au peuple d’agir. Mais maintenant il va falloir arrêter avec les banderoles et avancer concrètement », pestait Mireia en direction de l’aéroport, auprès de Marianne. Là-bas, la situation était toujours tendue en toute fin d'après-midi. Les collectifs indépendantistes parlent d’une « première action » à l’intérieur d’un « cycle de mobilisations ».

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blogabonnel
  • : Création et information culturelle en Catalogne et... ailleurs.
  • Contact

Profil

  • leblogabonnel
  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...

Recherche

Liens