Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
30 décembre 2019 1 30 /12 /décembre /2019 00:07
Ouvrages de l'autrice
Ouvrages de l'autrice

Ouvrages de l'autrice

Maryvonne de Raymond, Sur les chemins du Roussillon

 

 Saint-Estève, Les Presses Littéraires, 2016 *

 

 

Dans cet ouvrage, sous-titré Fragments de vie et lieux de mémoire, l’autrice livre-t-elle des fragments de mémoire (la sienne) ou bien propose-t-elle tout simplement une fiction ? On hésite parfois. Ainsi, si l’on ne considère que l’évocation de Prosper Mérimée qui a effectivement emprunté les chemins du Roussillon en 1834, on sera surpris de la révision de sa biographie par l’autrice. L’un des problèmes majeurs réside dans l’absence de sources pour appuyer les affirmations alors que, par ailleurs, la bibliographie s’avère fournie et intéressante. 

 

Or donc, dès la première mention de l’écrivain, l’autrice évoque la date de naissance de Mérimée qu’elle situe en 1813. Admettons qu’il s’agit d’une coquille pour 1803. Cependant, on nous parle très vite d’une fonction, celle d’attaché d’ambassade à Londres, que Mérimée aurait remplie en 1828. La fiction commence vraiment. 

 

Passons quelques autres détails avant d’arriver à la nouvelle La Vénus d’Ille publiée en 1837 soit trois ans après le séjour de Mérimée en Roussillon. Il est dit, p. 115, que Mérimée exploite l’origine de la légende. Qu’est-ce à dire ? De quelle légende s’agit-il à supposer qu’il n’y en ait qu’une lorsqu’il s’agit de La Vénus d’Ille ? P. 116, l’autrice poursuit : Mérimée « reconnaîtra que sa Nouvelle ‘n’a jamais existé’ ». Pour qui n’est pas familier des dix-sept volumes de la correspondance de Mérimée et compte sur l’ouvrage de Raymond pour l’initier, il devient difficile de voir là encore une coquille. Il faut remplacer « Nouvelle » par « statue de Vénus ».

 

Et encore : en 1834, lorsque Mérimée est nommé inspecteur général des Monuments historiques, l’écrivain s’occupait surtout d’histoire antique et médiévale. Quelle est la source de cette affirmation ? On ne sait pas. Classons cela dans la rubrique « fiction ».

 

Page 117, l’autrice confond l’auteur et le narrateur citant La Vénus d’Ille, œuvre de fiction, comme s’il s’agissait d’un journal de voyage. Puis, elle affirme que Mérimée, recommandé par Jaubert de Passa, fut reçu à Ille par Alphonse de Peyrehorade. Comment Mérimée a-t-il pu être reçu par un personnage de la nouvelle ? D’autant que si l’on veut admettre un parallèle entre la réalité de la tournée d’inspection de Mérimée et la nouvelle, il conviendrait de remplacer Alphonse par son père, M. de Peyrehorade, antiquaire catalan qui reçoit un archéologue parisien.

 

P. 118, La Vénus d’Ille est citée avec pour référence la correspondance de Mérimée. Il en est de même pour les Notes d’un voyage dans le midi de la France du même auteur (titre d’ailleurs transformé plus haut en Voyage dans le midi de la France).

Il est ensuite fait allusion à la visite de Mérimée au pont de Céret. Là encore la référence est fausse puisque l’inspecteur en parle dans les Notes alors que la correspondance est invoquée comme source.

 

P. 120, on nous parle d’une monarchie plus libérale qui permet à Mérimée d’intégrer l’équipe du comte d’Argout et d’être élu à l’Académie française. Or,  à partir de 1834, le libéral Mérimée est devenu inspecteur général des Monuments historiques et le restera jusque sous le Second Empire. Quant à son élection à l’Académie, comment pourrait-elle être liée à la monarchie ? En 1844, Mérimée est un écrivain reconnu mais aussi un savant, un érudit qui a publié des travaux historiques qui constituent encore aujourd’hui des références pour la recherche.

 

Qu’importe, l’autrice poursuit sur sa lancée et nous annonce en 1848 une Mme de Montijo épouse de Napoléon III. Or, le futur Napoléon III n’est pas encore empereur à cette date et  Mme de Montijo à qui Mérimée écrit est la mère d’Eugénie, future impératrice des Français que notre écrivain rencontra fortuitement en 1830 alors qu’elle n’avait que quatre ans.

 

Nous n’égrènerons pas  les erreurs dans les références bibliographiques qui rendent donc l’histoire de Mérimée dans le Roussillon revue et corrigée, inutilisable.

 

On peut concevoir qu’un auteur veuille faire œuvre de vulgarisation mais cela ne signifie pas qu’il faille faire passer une fiction pour de la recherche historique. Les œuvres de Mérimée ne sont pas inaccessibles et la moindre nouvelle publiée en poche est la plupart du temps accompagnée d’une biographie et d’un appareil critique fiable. Il suffisait de recopier, mais de bien recopier.

 

Si les autres écrivains ou personnages historiques figurant dans l’ouvrage sont traités sur le même mode, il est regrettable que ce livre circule. A moins que Mérimée fasse exception et qu’il n’ait tout simplement pas eu de chance.

 

Clarisse Réquéna

 

docteur es-lettres, thèse sur Mérimée et la Vénus - éditions Champion, Paris.

 

- - -

* Texte de présentation (4° de couverture)

 

Ce livre de mémoire parcourt le Roussillon et dévoile l'héritage tissé par les Catalans dont les fragments de vie s'entrecroisent au cours des siècles. Des invasions successives et des bouleversements politiques entre la France et l'Espagne, l'ancrage des ordres monastiques, des artisans, et les fluctuations de la langue, ont contribué à travers rencontres, débats et combats, à la formation de la Catalogne française. Les impressions des voyageurs célèbres ou méconnus, les souvenirs des politiciens, les regards des scientifiques, le bonheur des curistes, le chant des poètes, la palette des peintres de Collioure et de Céret, la partition des musiciens, apportent un éclairage nouveau sur ces témoins qui ont contribué au patrimoine du Roussillon.

 

Des fragments de vie se sont entrecroisés au fil des siècles: rencontres, débats et combats
Nombreux ont contribué à la formation de la Catalogne française comme:

des invasions successives, des bouleversements politiques entre la France et l'Espagne,

l'ancrage des ordres monastiques, des artisans,

les fluctuations de la langue...

Des témoins ont contribué à un éclairage nouveau sur le patrimoine du Roussillon comme:

les impressions des voyageurs célèbres ou méconnus,

les souvenirs des politiciens,

les regards des scientifiques,

le bonheur des curistes,

le chant des poètes,

la palette des peintres de Collioure et de Céret,

la partition des musiciens,

Présentation brochée: 22,00 €

    Date de parution : 26/07/2016

    ISBN : 979-10-310-0191-3

    EAN : 9791031001913

    Nb. de pages : 282 pages

    Poids : 0.43 Kg

    Dimensions : 15,0 cm × 22,5 cm × 1,6 cm

 

 

- - -autre livre de l'Autrice :

 

Votre tristesse se changera en joie (préface Thomas De Konink)

Maryvonne de Raymond

 

Cet ouvrage documenté et illustré rappelle le cheminement de la Passion du Christ suivant les prophéties bibliques et les récits du Nouveau Testament. Les enseignements des Pères de l'Église, la lumière de la spiritualité classique et les analyses de penseurs contemporains éclairent cet événement qui annonce l'heureuse nouvelle de la Rédemption où l'Incarnation de Dieu appelle la divinisation des hommes. Il présente l'histoire du Chemin de Croix depuis la mémoire vive des premiers Chrétiens, à travers des périodes de guerre et de paix, des pèlerinages aux croisades, aux voyages, où se mêlent les expressions mystiques, les observations et l'enthousiasme des fidèles. 

La ferveur qui s'exprime dans la culture universelle, par la poésie, la musique, la peinture, la sculpture, y traduit la Foi chrétienne devant le mystère du don de Dieu. Maryvonne de Raymond, mère de trois enfants, a résidé à plusieurs reprises à l'étranger. Elle a publié  deux ouvrages historiques : La Maison Kent. La pierre et l'histoire, XVIIe-XXe siècles : une mémoire retrouvée ; Sur les chemins du Roussillon. Fragments de vie et lieux de mémoire. Les Presses littéraires, Saint-Estève, 2016, et a participé avec son mari à l'édition de correspondances diplomatiques. 

 

- - - et…

Fillols, village du Canigou

des paysans mineurs

de Maryvonne de Raymond

chez Lacour-Ollé

 

Fillols, village du Canigou, des paysans mineurs

 

 

Fillols, village catalan des Pyrénées-Orientales, s'agrippe à l'un des flancs du Canigou. Depuis le haut Moyen-Age, il s'est maintenu à travers les rivalités qui déplacèrent, jusqu'au milieu du xvite siècle, la frontière avec l'Espagne. La rencontre des deux cultures a contribué à la chronique de cette société unique de paysans mineurs : techniques ancestrales de vie, mêlées aux croyances tenaces et aux coutumes traditionnelles. C'est ici tout un monde qui vécut longtemps en autarcie et qui se transforme aujourd'hui. Maryvonne de RAYMOND présente le village catalan auquel elle est attachée par des racines familiales. Elle a contribué ailleurs, avec son mari, universitaire et diplomate, à l'édition de textes historiques.

 

15.24€

112 pages
21 x 15 cm
Imprimé en 1995
Broché

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blogabonnel
  • : Création et information culturelle en Catalogne et... ailleurs.
  • Contact

Profil

  • leblogabonnel
  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...

Recherche

Liens