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13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 12:33

images-copie-5.jpeg (C) Jaume Plensa

 

Je viens de revoir à Barcelone quelques retables de Martorell et, d'Antibes (Musée Picasso) à Nice (place Garibaldi), les sculptures impressionnantes et grandioses du Catalan Jaume Plensa (né en 1955 à Barcelone). 

Pourquoi ce petit pays, la Catalogne, donne-t-il naissance à autant de grands artistes..? (Dali, Miro, Picasso, Tapiès, Cuixart, Ponç, Gaudi, Barcelo, Grau-Garriga...)

 

 

 

** Catalanité : art classique et contemporain, religiosité et patrimoine

Publié le 6 août 2014 par Lux Catalunya

 

Retable de Saint Vincent

Longtemps, connu sous le nom de "maître de Saint Georges", la cohérence de l'oeuvre de Bernat Martorell et sa prédominance dans le gothique international catalan ont été reconnus à l'issue de nombreux travaux de recherche.

Lux Catalunya vous propose un voyage à la Cour d'Aragon que ce grand peintre catalan a représentée comme un décor, comme un univers dans lequel il a placé des scènes de la vie des saints. Dans la peinture de Martorell, la réalité porte la symbolique et la mystique devient réelle.

 

Des portraits méticuleux de la société du royaume d'Aragon

Sur cette vue de la "Décapitation de Saint Georges", le talent de miniaturiste de Martorell s'exprime avec une grande précision. Le sens du mouvement est donné à l'avancée de la foule massée par le pli des étoffes. La présence de différentes classes sociales dans les différentes oeuvres de Martorell donne lieu à un aperçu de la garde-robe de l'époque.

La mode est aux vêtements longs pour les personnages de pouvoir, tel Dacien qui porte un long manteau brun dont les manches sont ouvragées. Le chapeau rouge marque, souvent, le personnage qui occupe la position de juge ou de dignitaire.

 

Les bourgeois sont vêtus de riches étoffes brunes et vertes, au revers d'hermine parfois, et coiffés de chapeaux.

Les hommes et les femmes du peuple sont en tunique, déchirée, rapiécée et savates aux pieds.

 

Du goût de l'époque à une maturité artistique

Les procédés décoratifs utilisés par Martorell peuvent également nous renseigner sur le goût de l'époque et les tendances esthétiques en vogue.

 

Plaçant les décors des "vies de saints" dans sa contemporanéité, Martorell travaille les sols carrelés et les murs couverts de broderies. Dans le triptyque consacré à Saint Michel, Sainte Eulalie et Sainte Catherine (ci-dessus), Martorell s'inspire des motifs géométriques à la mode à l'époque dans lesquels certains auteurs reconnaissent une influence hispanique empreinte de courant" mozarabe".

Les fonds dorés travaillés de caractères fins et de motifs fleuris et variés pourraient corroborer cette hypothèse. Ces fonds sont aussi une des caractéristiques du raffinement de Martorell.

 

Concernant les scènes d'extérieur, le recours à des paysages arborés rappelle les primitifs flamands, tout comme le traitement morphologique des personnages. Pourtant, en privilégiant la représentation de la foule, Martorell se distingue vivement des principes caractéristiques de ce courant et développe, dans son approche des groupes, une stylistique personnelle.

 

Martorell a, sans doute, pris la mesure de l'essentiel des courants stylistiques porteurs à cette époque et a su en faire une fertile synthèse à partir de laquelle s'est affirmée son esthétique. Ce parcours témoigne aussi de l'ouverture et de l'enrichissement de l'art catalan à la Cour d'Aragon.

 

 

L'intervention divine représentée en nuée : la signature Martorell

Sur la plupart des tableaux de Martorell, notamment ceux qui consacrent la maturité de son style, l'artiste n'hésite pas à figurer l'intervention divine, avec le même réalisme que les scènes historiques.

Ce choix, qui peut paraître surprenant aujourd'hui, est fort logique à l'époque où la distinction entre le spirituel et le matériel n'est pas encore entièrement tracée. L'intervention divine n'est pas suggérée ; elle est clairement représentée, au coeur des scènes religieuses afin que le spectateur puisse identifier et retenir sa présence, sa manifestation et son implication dans le déroulement des évènements.

 

Dans la "Décapitation de Saint Georges", un ange apparaît dans une forme de nuée qui est un procédé typique de Martorell pour figurer les interventions divines. Le ciel semble s'ouvrir pour laisser passer l'ange et le porter. De l'autre côté, la foudre qui s'abat sur la Cour du proconsul Dacien pour venger le martyr de Saint Georges est également remarquable d'intensité.

Le retable des Saints Jean comporte également cet effet ; cette fois-ci c'est Dieu tenant un globe crucifère qui se trouve au centre de la nuée, penché vers le Christ pour apporter sa bénédiction à son baptême par Saint Jean Baptiste.

Il faut avouer que le rendu photographique de ce détail est bien en deçà des nuances et des vibrations qu'il produit lorsqu'on observe physiquement le tableau.

 

Sur une des rares oeuvres de Martorell consacrée à la Vierge Marie, l'Annonciation, on retrouve cette nuée, particulièrement accentuée, qui accompagne le message de l'archange Gabriel. Ce tableau, daté de 1427, est aujourd'hui conservé au Musée des Beaux arts de Montréal.

 

 

 

* Remerciements à ce blog passionnant : luxcatalunya.over-blog.com

 

(Catalanité : art classique et contemporain, religiosité et patrimoine)

Publié le 11 août 2014 par lux catalunya


En octobre 2012, Jaume Plensa a investi la Place Vendôme à Paris de ses sculptures monumentales.

 

Entre virtualisation croissante de l'existence et incarnation de l'éphémère, les personnages de Jaume Plensa nous renvoient à nos propres variations entre l'heure du jour et de la nuit.

 

 

En 2007, Antibes avait accueilli Jaume Plensa dans le cadre d'une exposition temporaire organisée par le musée Picasso. La ville a acquis en 2010 la sculpture monumentale Le Nomade en acier inoxydable peint en blanc, de 8 mètres de hauteur installée sur la terrasse du bastion Saint Jaume telle une figure de proue. Le visiteur peut entrer facilement dans cette sculpture creuse d'un géant formé de lettres blanches en acier soudées les unes aux autres. Elle représente un humain assis, une jambe repliée et le visage tourné vers la mer.Son visage est ouvert avec deux hypothèses possibles : soit les lettres n'ont pas pu se développer ou sont en cours de développement soit elles ont subi une désintégration. Jaume Plensa ne délivre aucune réponse définitive. C'est une invitation à un voyage à l'intérieur de la sculpture faite de vide et de silence voire dans l'espace. La pièce se trouve sur une roche non taillée délimitant un fragment de terre voire un monde. Dans la mythologie et dans l'Antiquité, il était courant de vouer un culte aux roches dont on estimait qu'elles étaient capables de prédire l'avenir. Chez les Sémites et les grecs, il est souvent fait référence au fait que l'homme est né de la pierre. Dans Les métamorphoses,Ovide raconte que les titans Deucalion et Pyrrha ont fabriqué une nouvelle race humaine après le fort déluge provoqué par Jupiter pour punir les hommes : les yeux bandés, ils ont lancé des pierres non taillées loin derrière eux et elles se sont transformées sans qu'ils s'en rendent compte en hommes et en femmes.

 

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Published by leblogabonnel - dans peinture
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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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