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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 07:52

Juan-Gris--Arlequin--1920-col.-Musee-de-Ceret-bd.jpg   Juan GRIS, Arlequin, 1920, Dessin et gouache 29,6 x 18,6 cm, Collection Musée dart moderne de Céret(crédit : Musée dart moderne de Céret).

 

 

 

Le Musée Regards de Provence accueille l’exposition temporaire « Autour du Bateau-Lavoir. Des artistes à Montmartre (1892-1930) et la Méditerranée » (du 29 mars au 24 août 2014).

 

Cette exposition, à la fois plastique et littéraire, illustre l’importance majeure de la colline

de Montmartre dominée par le Sacré Cœur - véritable foyer de création et lieu extraordinaire de rencontres -, et le foisonnement de l’art moderne durant la période de l’entre-deux guerres.

Cet évènement regroupe des œuvres de peintres, graveurs, sculpteurs, originaires de pays méditerranéens (Grèce, Italie, Espagne et France) qui ont choisi à cette époque de vivre dans ce quartier mythique de Paris, et des photographies. Parmi eux, certains vinrent travailler en Provence, d’autres sont à l’origine du Fauvisme et du Cubisme.

 

Vous trouverez ci-joint le dossier de presse de l’exposition au Musée Regards de Provence et des reproductions d’œuvres.

 

Légendes des œuvres « Autour du Bateau-Lavoir"

 

Georges BRAQUE, Etude de nu (Nu 1907), Eau forte originale sur Arches 27,5 x 19,7 cm, Fondation Marguerite et Aimé Maeght, Saint-Paul-de-Vence, © Adagp, Paris 2014 (crédit : Archives Fondation Maeght, photographe Claude Germain).

 

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Autour du Bateau-Lavoir

Des artistes à Montmartre (1892-1930) liés à la Méditerranée

Au Musée Regards de Provence, du 29 mars au 24 août 2014 à Marseille

 

 

Le propos

 

Le Musée Regards de Provence illustre une période de vie et d’ébullition culturelle d’un quartier de Paris - la Butte Montmartre et son poumon artistique, le Bateau-Lavoir - lieu essentiel de résidences et de rencontres entre les artistes, les hommes de lettres, les gens de théâtre et les marchands d’art. Montmartre est alors une sorte d’aimant où converge toute une fantastique communauté de talents les plus divers, de créativités les plus audacieuses, exemple incroyable dans l’histoire de l’art d’un quartier qui en quelques années va générer tous les ingrédients d’une véritable révolution de l’art moderne. 

 

L’exposition « Autour du Bateau-Lavoir. Des artistes à Montmartre (1892-1930) liés à la Méditerranée » regroupe des œuvres, qui témoignent d’une aventure unique, d’un brassage étonnant de créateurs de nationalités et d’origines différentes, où la Méditerranée tient une place non négligeable. 

 

Ces artistes ont entretenu des liens avec la Méditerranée soit par leurs origines de pays ou de régions du littoral méditerranéen, soit par leurs séjours dans le Midi pour suivre les traces de Cézanne. Des peintures, dessins, sculptures, céramiques et pièces d’orfèvrerie d’Henri Bouvet, Georges Braque, Charles Camoin, Ricardo Canals, Casagemas, André Derain, Raoul Dufy, Francisco Durrio, Démétrios Galanis, Pablo Gargallo, Gen Paul, Pierre Girieud, Juan Gris, Auguste Herbin, Manolo, Francisco Iturrino, Marcel Leprin, Elysée Maclet, Pierre Mac Orlan, Henri Matisse, Opisso Ricard, Pablo Picasso, Ramon Pichot, André Salmon, Léopold Survage, Kees Van Dongen, Maurice de Vlaminck, sont réunies au Musée Regards de Provence, provenant de musées, de fondations, d’institutions publiques, de galeries et de collections privées françaises et européennes. 

 

 

Le contexte 

 

A la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle, l’Europe traverse une période de calme sur le plan politique. Paris est incontestablement devenue la référence artistique et culturelle et le lieu de passage obligé pour des artistes étrangers venus aussi bien de Grèce, d’Italie, d’Espagne, d’Allemagne que d’Europe Centrale ou du Nord pour la plupart, mais aussi pour des Français, essentiellement provinciaux. 


L’usage de la langue française étant répandu en Europe et les communications devenues plus faciles, Paris est un véritable carrefour, une exceptionnelle place d’échanges et de confrontations pour les artistes et intellectuels, au moment où les salons littéraires sont nombreux, les expositions, les spectacles et les concerts prolifèrent. Dans ce grand phalanstère qu’est devenu Montmartre, il n’y a pas de hiérarchie, mais des personnalités qui se respectent, se parlent et s’entraident. Au cours de la seconde moitié du XIXème siècle, ce quartier atypique, tel un vaste atelier, a déjà accueilli de nombreux artistes, comme Edgar Degas, Paul Cézanne, Georges Seurat, Henri de Toulouse-Lautrec, Emile Bernard, Auguste Renoir, Vincent van Gogh...

 

Dès 1892, ce microcosme artistique voit arriver une nouvelle vague de peintres et sculpteurs, venus à Paris de divers horizons, rarement fortunés, qui se retrouvent par la force des choses dans des quartiers où ils peuvent se loger et survivre à moindre frais. Dans ce contexte, le quartier de Montmartre est un îlot où ils trouvent refuge.

 

Montmartre, ce vaste atelier

 

Encore très peu urbanisé, le quartier de Montmartre offre un constrate frappant avec le Paris chic des grands boulevards et avenues. Il conserve un caractère presque rural, avec ses carrières abandonnées, ses vieux moulins qui nourrissent la ville, ses jardins, ses zones en friches, ses espaces verts où paissent des vaches laitières, ses terrains vagues. Son surprenant bidonville champêtre connu comme le « maquis », est habité de constructions éphémères et de jardinets où vivent des artistes démunis, des chiffonniers, et d’autres qui trouvent un refuge provisoire pour se cacher et fuir. 

 

C’est un terrain d’élection pour les peintres, les poètes, les écrivains et les compositeurs. Ils y trouvent un hébergement bon marché, vivant en compagnie des acteurs, des lavandières et des couturières du Bateau-Lavoir, le plus célèbre immeuble d’ateliers d’artistes. La pauvreté constitue un élément crucial de leur cadre de vie, de leur attitude bohème, reflétant leur désir de liberté individuelle et artistique.

 

Un plan du quartier indiquant tous les ateliers qu’occupèrent les protagonistes de cette époque ressemblerait à une toile d’araignée, dont le centre serait le Bâteau-Lavoir.

 

 

Des artistes autour du Bateau-Lavoir

 

Le Bateau-Lavoir, ancienne Maison du Trappeur, construite en grande partie en brique et en bois sur le flanc d’une carrière éboulée, est compartimentée en petits logements d’une pièce répartis de chaque côté d’un couloir rappelant les coursives d’un paquebot, et ne comportant qu'un unique poste d'eau, raison pour laquelle Max Jacob baptisa ainsi cette maison. 

 

Des artistes étaient installés dans des locaux souvent médiocres et peu confortables, dont le fameux Bateau-Lavoir fut l’exemple même d’inconfort et de promiscuité comme le relatait Fernande Olivier dans ses mémoires. Celle qui fut la compagne durant neuf ans de Picasso dans cette période de « vaches maigres » se souvenait : « … La maison que nous habitons est au rez-de-chaussée de la rue d’Orchamp. Au premier la chambre, derrière l’atelier, donne sur un jardin charmant. Cet atelier fait lui-même partie du Bateau-Lavoir, trois corps de bâtiments habités surtout par des artistes pauvres, jeunes, pleins d’ambition. Au 13 de la rue Ravignan, quelques ateliers au rez-de-chaussée, puis d’autres en bas, auxquels on accède par un escalier de bois sonore et poussiéreux…»

 

Lieu de travail et de discussions, ce petit quartier de Paris verra passer et se succéder des artistes qui, entre autres, participèrent au mouvement Nabis, comme Maxime Mauffra, premier locataire du lieu, à la fin du XIXème, ou au mouvement cubiste grâce à la présence du célèbre Picasso.

 

La Butte Montmartre et ses abords deviennent très vite de véritables laboratoires d’idées et de réussites où vont se côtoyer Georges Braque, André Derain, Raoul Dufy, Paco Durrio, Démétrios Galanis, Pablo Gargallo, Juan Gris, Francisco Iturrino, Manuel Hugué dit Manolo, Henri Matisse, Amedeo Modigliani, Pablo Picasso, Gino Severini, Léopold Survage, Suzanne Valadon, Kees Van Dongen, Maurice de Vlaminck, pour ne citer que les plus connus.


Ils ont pour amis et souvent pour voisins de grands esprits, poètes et écrivains comme Guillaume Apollinaire, Francis Carco, Blaise Cendrars, Roland Dorgelès, Max Jacob, Alfred Jarry, Pierre Mac Orlan, Maurice Reynal, Pierre Reverdy, Eric Satie, André Salmon, …

 

Ces ateliers, destinés à la création sont aussi des lieux de réunions, d’invitations et de rencontres.
Sur la Place, « on prenait l’air » se remémorait Fernande Olivier, dans ses mémoires : « Souvent, les soirs d’été, tous les artistes locataires de cet étrange vaisseau de bois et résonnant s’assoient sur le seuil, devant le grand portail de bois ocré et sali. » 

 

André Salmon, dans « Souvenirs sans fin », rappelle que souvent Picasso fut l’amphitryon de frugales agapes. Il était alors vêtu d’une salopette bleue et d’une ceinture de flanelle rouge et sans « dire un mot, recevait, ou plus exactement, acceptait que l’on soit si nombreux chez lui. Il y avait là Max Jacob, Guillaume Apollinaire, Maurice Vlaminck, Henri Matisse, Maurice Princet, Georges Braque, … » 

Son atelier, sur la porte duquel il avait affiché « Au rendez-vous des poètes » devint ainsi un lieu d’échanges et de fêtes que rappelait Fernande Olivier : «  C’est à cette époque que le nombre de nos amis augmenta : Derain, Vlaminck, Braque, Herbin, Rousseau (le douanier) et bien d’autres fréquentèrent de plus en plus l’atelier… »

 

Ces ateliers furent avant tout des lieux de création. C’est dans l’un de ces espaces rudimentaires que Picasso peignit « Les Demoiselles d’Avignon », dont l’acte de naissance est daté de 1907. La toile fut pour certains comme le coup d’envoi de l’aventure cubiste. On sait la surprise et les réactions que déclencha la toile lorsque le peintre la dévoila à ses amis : Braque le soupçonna d’avoir bu du pétrole ! Manolo, en catalan, apostropha le malaguene: « Si tu allais chercher tes père et mère à la gare et qu’ils arrivent avec une gueule pareille, avoue que tu ne serais pas content ! »

 

 

Fin d’une période de gloire


La période de gloire de la Butte, du Bateau-Lavoir et des autres lieux prend fin avec la grande guerre et ses conséquences. Alors, beaucoup d’artistes se dispersent, certains quittent le quartier pour Montparnasse ou d’autres lieux de Paris, d’autres partent en Province, certains retournent dans leurs pays. Au sortir du premier conflit mondial, plus rien n’est comme avant. Ce groupe d’artistes, dont l’union avait été la force principale, ne trouvait plus le même plaisir à se retrouver.


Une sorte de méfiance les rendait plus distants.  Enfin la guerre a fait de cette fêlure une lézarde. Un moment réunis par l’angoisse, ce rapprochement n’a pas duré. L’argent abondant maintenant leur permettait de se libérer, leurs goûts différents s’affirmaient. Les uns recherchaient la solitude, qui leur fut toujours nécessaire. Les autres, au contraire, se jetaient dans le tourbillon mondain. On ne fréquentait plus les mêmes maisons. Les amis nouveaux s’imposaient, éloignant les anciens.

 

Entre les deux guerres, l’Ecole de Paris regroupera une multitude d’artistes, dispersés géographiquement dans la ville. La fabuleuse opportunité qui se fit autour du Bateau–Lavoir est maintenant une légende et fait partie de l’histoire. Si le Bateau-Lavoir, véritable poumon artistique de Montmartre subsiste, car il est reconstruit après son incendie en 1970, c’est une expérience qui ne pourrait plus se reproduire avec le contexte et les mentalités qui ont changé. Les créateurs devinrent plus repliés sur eux-mêmes, méfiants ou outrageusement ambitieux pour certains, enrichis prématurément pour d’autres ou définitivement célèbres.


L’ouvrage, édité pour cette circonstance permet de retrouver les pièces exposées accompagnées d'un texte rappelant l'histoire de la Butte, du Bateau-Lavoir et du quotidien de leurs habitants.

 

 

Le Musée Regards de Provence est ouvert tous les jours de 10h à 18h. Fermeture annuelle : 1er mai, 15 août. 

 

Billet expositions temporaires : Plein Tarif : 6,00 €. Tarifs  réduits: 5,00 € - 4,20 € - 2,00 €. 

Billet couplé expositions temporaires & scénographie permanente : Plein Tarif : 7,50 €. Tarifs réduits : 6,50 €-5,50 € 

Visite commentée : tarif d’entrée + 6 € par personne (groupe de 8 à 30 personnes)

Musée Regards de Provence : Allée Regards de Provence - Avenue Vaudoyer, 13002 Marseille

Tél. : 04 96 17 40 40 - Mail :  HYPERLINK "mailto:regards-de-provence@wanadoo.fr" regards-de-provence@wanadoo.fr  – Site : http:// HYPERLINK "http://www.museeregardsdeprovence.com" www.museeregardsdeprovence.com 

 

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Georges-Braque--composition-Nature-morte-1--col.-Fondation-.jpg André DERAIN, Femme nue assise, 1928, Huile sur toile 45,5 x 34 cm, Collection Ramon Vallbe, Barcelone, © Adagp, Paris 2014 (crédit Ramon Vallbe).

 

 

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Musée Regards de Provence

Tél. Musée : +33 4 96 17 40 40

Site : http://www.museeregardsdeprovence.com/

 


 

***  VIERGES à l'enfant médiévales des Pyrénées-orientales  - PUP de Perpignan, 32 euros, en librairie pi à la faculté, par courriel : pup@univ-perp.fr  (488 pages, diffusion SODIS) : e vous informe de la publication par les Presses Universitaires de Perpignan du corpus des Vierges à l'Enfant médiévales de notre département. Ce travail a été réalisé par le Centre de conservation et de restauration du conseil général 66. Chacune des 150 Vierges à l'Enfant est présentée sur 2 pages (1 page de notice historique et technique avec clichés documentaires et 1 page des photos des 4 faces).

La première partie de l'ouvrage est constituée par les actes du colloque qui s'est tenu en décembre 2011 à Perpignan dans le cadre de l'exposition Romanes et gothiques, vierges à l'Enfant restaurées des Pyrénées-Orientales.

Dans le dépliant joint vous trouverez le sommaire du volume et les indications pour se le procurer si vous êtes intéressé(e).

 

 

Jean-Bernard MATHON

Conservateur des antiquités et objets d'art du département des Pyrénées-Orientales

Responsable du Centre de conservation et de restauration du patrimoine du Conseil Général

150, avenue de Milan - 66000 Perpignan

Tel: +33 468 85 89 40 - N° interne : 58940 - Fax: +33 468 54 45 61

Port: 06 70 48 91 24

jeanbernard.mathon@cg66.fr 

                vierges-1.jpg  vierges--JFMathon--2.jpg

 

* "Regards de Provence" <regards-de-provence@wanadoo.fr>

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