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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 09:57

garcia-Fons.jpg (C) P.Garcia-Fons.

 

 

 Mar, Massilia, la réécrire, la ville, et la mer qui bouge, dans les deux sens. Vers l’Afrique : désir de désert. Mouvement vers l’Europe des pauvres, des sans-papiers : après le péril jaune, la peur de l’Arabe…De l’autre, du Noir, de l’immigré…

 

 

  *  J'étais au sommet comme un corail profond. Je voyais le bout des terres, la pointe rouge de la mer depuis mon nid préhistorique. Je dévorais la montagne des calanques, vertes de thym et de lumière d'incendie. Soleil dans les yeux, soufre au fond du nez.

 

  Les feux étaient pourtant morts d'angoisse à l'idée de lécher la conque de la mer, de peigner la douce ennemie, de brûler de plaisir les bateaux...

 

  Victoire, tu prêtais le soleil comme un premier matin sur une terrasse d'ifs, insérée dans une baise grise endormie, inhumaine...

 

   Ile hypothétique d'un nouveau monde. Je restais là, prostré dans la chaleur du Bengale, prisonnier des mâchoires du spectacle solaire... Hébété jusqu'au soir, jusqu'au cercle ocre de la mort inscrite dans les pins dégénérés de Cassis.

 

   Redescendre vers l'embrun, vers la pluie des rivages, avec des espoirs de plein midi réitérés. Ecouter ton chant, montagne, suivre ta loi inflexible, Nausicaa, à la triple roche élevée. 

   Demain, je planterai la tente à la crête du chemin de ronde. Pour une randonnée farouche sur l'immobilité du temps...

 

  * Marseille, porte de l'Orient dessinée par Puvis de Chavanes. Je n'ai pas vu Marseille simplement de l'intérieur des rues, des terrasses du Vieux-Port. Je me souvient de la ville depuis la mer, la vision acquise depuis le bateau africain...

 

  * Marseille transit ? Fille à voyous, à femmes faciles ? Cité violente, chaude ?

   Non, Marseille la poétique, entre Garrigue et Afrique.

 

  * Visite à Sud, revue de poésie, rue Saintes, en plein Midi de Marseille, sous la pluie. 

 

  Lettre à Sud. Les épreuves du bac au lycée Thiers me donnent l'opportunité d'écrire sur la cité. Je vous laisse à voir ces pages extraites d'un Bel été (recueil Méditerriennes). Sont-ils publiables ? Peu importe. Là n'est pas la question, la gestion du temps, de l'argent, de la diffusion, de la notoriété : la poésie a tout son temps. Le temps du monde. Le chant du monde ! 

 

  Je veux, tout simple, vous dire ma fatigue d'avoir arraché à la ville, à la plage, au soleil artiste, à la foule phocéenne, ces quelques mots ramassés en des pages compactes...

 

  La boîte à poèmes annonce "Sud, Broussard et Lovichi". Pas de minuterie, les clairs-obscurs de la poésie. Le sol est inégal dans cette mansarde énorme et labyrinthique. Mais, du sud au nord, de la cour intérieure aux escaliers des terrasses, délabrement, délitement. Littérature absente, du diminuement...

 

  *  A Marseille, le vieux port, qui semble sans issue vers la mer...Valéry Larbaud.

 

 

 

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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