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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 14:05

 

  * Chronique du vagabondage :

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  Jack Kerouac, auteur du "Vagabond solitaire", écrit, dans "Les anges vagabonds" que "la mort est au Mexique"... On réédite "Sur la route", en version complète, non épurée. Et le film sort ces jours-ci...

 

  * Le poète et voyageur franco-irlandais Kenneth White se nomme "clochard transcendantal", "nomade intellectuel", ou "solitaire social". Ses poèmes et ses essais ( comme "La figure du dehors", biblio/essais) tentent de définir l'Homme, cet éternel vagabond : "C'est un animal que j'appellerais bio-cosmos poétique"...

 

  Les derniers films de Kurosawa ("Rêves") ou de Fellini ("La Lune") montrent un monde passé, passif, décadent ou en évanescence. On peut aimer ces songes, ces fantasmes, cette beauté plastique, mais où est le présent ? Fellini affirmait : "Vivre, c'est comme se souvenir."

 

  * Poète qui ne veut pas laisser de preuves, mais des traces, René Char, "passant appliqué à passer, donc à jeter le trouble", aimait les vagabonds, ces "transparents luni-solaires", qu'il a célébrés dans le recueil des Matinaux et dans les aphorismes de "Fureur et Mystère" :

 

  "Vagabonds, sous vos doux haillons, deux étoiles rébarbatives croisent leurs jambes narratives, trinquent à la santé des prisons."

  Réfractaire et vagabond ("épouse et n'épouse pas ta maison"), le poète ne pourrait pas avoir le prix Nobel : il ne peut "tomber" dans un concours...

 

  * Flâneries : Béatrice Commengé publié ses "Flâneries anachroniques (Finitude, 2012, 96 p., 12 euros) : voyages étranges, insolites à la recherche du lieu intime d'un écrivain, telles les chambres d'hôtel fréquentées par Henry Miller à Paris. Elle accomplit des pélerinages  autour du monde : à Trieste, elle note : "Dans le jardin public, on a volé la tête de Svevo, celle que j'avais photographiée le 14 février 1996..." Ne reste que le piédestal de marbre...Ne restent que les oeuvres...

 

  * L'écriture : mes textes commencent, en général, quand j'écris des bribes de phrases, des images, des idées, en marge de lectures : page de garde des livres, colonnes étroites des journaux; les articles d'un quotidien peuvent servir de tremplins à ma propre écriture.

  J'aime me sentir saturé de notes, d'esquisses (mon matériau essentiel est consigné dans un journal "de bord", une sorte de cahier de brouillon : ces "Mémoires provisoires", je les écrits depuis plus de vingt ans; elles constituent un grenier, une réserve de textes ou de livres à venir, du moins je l'espère...

  Un beau jour, je me décide à écrire le poème ou l'article (j'ai beaucoup publié dans des revues, journaux, blogs...) envisagé depuis un certain temps ! Je m'assois devant mon bureau, tel un fonctionnaire (pour réussir à aller au bout de soi et de l'écriture, c'est ainsi qu'il faut travailler, avec la patience d'un laboureur, et un strict emploi du temps !), alors que je déteste écrire dans une pièce. En effet, l'écriture est pour moi synonyme de mort. Ce que j'avance n'a rien d'original; déjà André Gide, au début du XX° siècle, le proclame dans "Les Faux-Monnayeurs":

  "Il me semble parfois qu'écrire empêche de vivre, et qu'on peut s'exprimer mieux par des actes que par des mots." (La Pléiade, page 1150).

  Délaisser le soleil, les amis, les aventures sensuelles, le sport, la mer et la montagne...est un martyre ! J'en viens parfois à souhaiter qu'il fasse mauvais afin de pouvoir rester chez moi, pour travailler, c'est-à-dire écrire !

 

  Mais c'est vrai, quand je m'y mets, quand j'ai la volonté de m'atteler à l'écriture, une jouissance intense s'installe, peu à peu : je me dis alors que la vraie vie, elle est vraiment là, dans le moment accaparateur de l'écriture...         ( avril 1991, revue "Les Alpes vagabondes", Gap)

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P
ICI LE RÊVEUR ÉQUITABLE<br /> vagabond poète du QUÉBEC:)))<br /> <br /> fantastique votre blog<br /> <br /> d'une si grande sensibilité poétique:)))<br /> <br /> Permettez-moi<br /> de vous offrir<br /> une de mes chansons<br /> qui parle de la vie<br /> d'un artiste-peintre<br /> et du rapport entre<br /> sa vie privé et son art<br /> <br /> EN MARCHE VERS UNE VIE PRIVEE OEUVRE D'ART<br /> <br /> Ce qui est beau dans la vie privée oeuvre d'art,<br /> c'est d'en être le peintre,<br /> dans un atelier où on doit à la fois<br /> peindre l'infinie joie d'une humanité<br /> qui s'élève peu à peu en soi<br /> et donner une poignée de main à celui ou celle<br /> qui reprend sa vie d'artiste du quotidien en main.<br /> <br /> 16 ANS D'AVENTURE<br /> <br /> une ière neige sur le lac<br /> un pic bois qui passe en ami<br /> un chien qui marche sur la galerie<br /> deux hommes qui parlent de la vie<br /> <br /> une peinture sur le mur<br /> l’homme se lève<br /> me rappelle l’essentiel<br /> <br /> sa peinture date de 16 ans<br /> l’homme avait déja 38 ans<br /> était amoureux fou d’une femme<br /> qui tenait dépanneur, corps et âme<br /> <br /> pendant que lui<br /> d’un autobus<br /> était chauffeur de vie<br /> <br /> travaillait pour<br /> Chevrette transport La Tuque<br /> avait hâte a la fin de semaine<br /> tiens ben ta tuque<br /> <br /> rêvait du cap de la madeleine<br /> mais le dépanneur ferme si tard<br /> toute la semaine<br /> <br /> en attendant<br /> monte chez son frêre en haut<br /> avec toiles et pinceaux<br /> <br /> REFRAIN<br /> <br /> sur sa toile<br /> des arbres, des billots et de l’eau<br /> qui dansent l’amour<br /> comme la chute entraîne tout su l’tableau<br /> <br /> quand on contrôle pu rien<br /> c’est qu’y a des matins<br /> où l’amour doux<br /> c’est trop fou<br /> <br /> quand on contrôle pu rien<br /> c’est qu’y a des matins<br /> où l’amour doux<br /> c’est trop fou<br /> <br /> COUPLET 2<br /> <br /> y a pu de neige sur le lac<br /> ou est le pic bois mon ami<br /> le chien est en bas d’la galerie<br /> l’homme est dehors avec un sac de voyage<br /> <br /> sa vieille peinture<br /> reste sur le mur<br /> avec toute sa magie<br /> <br /> un grand amour<br /> c’est tellement fort<br /> que leur ière fille s’appelle Pascale<br /> une ado de 15 ans qui mord<br /> la vie comme à son ier bal<br /> <br /> pendant qu’sa soeur<br /> Justine 9 ans<br /> sourit aux étoiles<br /> <br /> la femme se meurt d’un cancer<br /> l’homme a finit par jeter sa dernière bière<br /> il doit monter à Trois-Rivières<br /> il sera bientôt père et mère<br /> <br /> sa vieille peinture<br /> su l’mur le rassure<br /> sur 16 ans d’aventures<br /> <br /> pierrot<br /> vagabond céleste<br /> <br /> www.enracontantpierrot.blogspot.com<br /> www.reveursequitables.com<br /> <br /> sur google,<br /> Simon Gauthier, video vagabond celeste
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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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