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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 21:59

 

 

 

 

 

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Le musée départemental Matisse du Cateau-Cambrésis (Nord) et le Domaine départemental de Kerguéhennec (Morbihan) s’associent cet été pour présenter l’oeuvre de Christian BONNEFOI.

Cette coopération s’établit autour d’une démarche originale, un parti-pris qui consiste à proposer dans les deux lieux une lecture singulière du travail de Christian BONNEFOI, chacun conservant liberté et autonomie quant à l’approche de l’oeuvre de l’artiste.

Christian Bonnefoi est un artiste né à Salindre dans le Gard en 1948, il vit et travaille à Gy les Nonains (Loiret).

Il développe, depuis les années 1970, un langage pictural à part, entre peinture, dessin, collage, et montage, mélangeant ainsi les formes et troublant les repères. Son travail se caractérise par une pratique singulière du collage utilisant deux matières de prédilection : la tarlatane et le papier de soie, dont l’assemblage produit une surface qui devient l’objet même de l’oeuvre. Christian Bonnefoi, historien d’art de formation, (doctorat en histoire de l’art obtenu à la Sorbonne), situe l’origine de sa démarche artistique lors de la découverte « des Dos » de Matisse présentés en 1970 à Paris au Grand Palais lors de l’exposition « Henri Matisse, l’exposition du

centenaire ».

 

Le musée Matisse du Cateau-Cambrésis fut créé en 1952 par Matisse. L’artiste fit don d'un superbe ensemble de peintures, sculptures, dessins et gravures, qu'il installa dans le Salon d'Honneur de l'Hôtel de Ville Renaissance de sa ville natale. Trente ans plus tard, le musée fut réaménagé dans un bâtiment du XVIIIème siècle, ancien Palais archiépiscopal.

La collection initiale fut alors considérablement enrichie par des dons généreux de la Famille Matisse, ce qui doubla l'importance du musée. Petit par sa dimension, mais grand par les oeuvres qu'il conserve, il fut toujours l'objet de sollicitude des descendants de Matisse, soucieux de prolonger le geste désintéressé de l'artiste.

Ainsi, grâce au don fait par la Famille Matisse des quatre plâtres originaux des basreliefs Dos, le musée Matisse possède ces sculptures réalisées en quatre étapes :

1909, 1913, 1916-17 et 1930-31, ainsi qu’un bronze du Dos I, exposé dans la cour du musée. Les quatre sculptures aboutissent à l'un des sommets de la sculpture de Matisse, à l'équivalent en volume des grandes réalisations en deux dimensions que sont la Danse de Chtchoukine et celle de la Fondation Barnes. Les tirages en bronze sont conservés dans les plus grands musées (MOMA, MNAM, Tate Gallery). Seul le premier état a été travaillé en terre. On sait que Matisse a travaillé les Dos II, III et IV à partir du moulage en plâtre de l'épreuve précédente. Il conservera dans son atelier niçois le Dos IV au milieu des dessins aux pinceaux et des gouaches découpées, comme une valeur de référence ou un point d'attache à un équilibre atteint en sculpture. Matisse sculpte quand sa peinture est travaillée en deux dimensions pour équilibrer son travail et retrouver un espace en profondeur, pour, dit-il, « mettre de l'ordre dans son cerveau », « organiser » et « ordonner ses sensations ».

 

 

Pour Christian Bonnefoi, cette découverte des Dos le pousse à fusionner le plan, la surface et le support. Il utilise dans ses collages la transparence, la souplesse, la porosité des matériaux. Il les manipule pour détruire l’unité de la surface et réintroduire « des profondeurs » révélatrices d’une complexification qui fait que l’oeuvre est « formée autant par ce qu’elle cache que par ce qu’elle révèle ». De même, se jouant de l’espace traditionnel de la peinture, il permet à l’oeuvre de sortir de son cadre en l’assemblant et en la punaisant directement sur le mur, démarche qui n’est pas sans rappeler les pratiques de Matisse avec les gouaches découpées. 

Le collage devient alors un moyen pour l’artiste de créer une surface se transformant en lieu d’expérimentation artistique et de réalisation de l’oeuvre. En collant et en entrecroisant des éléments en tarlatane qu’il fixe à l’aide d’épingles, il provoque une tension qui crée un dialogue entre le mur et les éléments peints.

 

L’exposition « Christian Bonnefoi, Dos à Dos », offre la possibilité de comprendre comment à partir d’un élément « déclencheur » : la découverte des Dos de Matisse, l’artiste s’engage dans un processus de création alimenté par de constants allers – retours entre ce questionnement central autour des Dos et des expériences renouvelées qui viennent enrichir sa pratique au quotidien. Christian Bonnefoi se plait à dire : « je me rends compte aujourd’hui que je travaille depuis trente ans à essayer de voir la face du Dos de Matisse », l’exposition nous donne l’occasion de voir comment l’artiste fait face à cette lancinante interrogation.

Le visiteur pourra poursuivre en allant voir, dans les collections permanentes, les Dos de Matisse exposés. De fait l’exposition répond à une préoccupation du musée départemental Matisse qui dialogue avec l’art contemporain en exposant des artistes dont le travail fait écho aux oeuvres de Matisse et Herbin : Claude Viallat, Pierre Buraglio, Monique Frydman, Christophe Cuzin, Philippe Richard, Norman Dilworth, Janos Ber, François Rouan, Bernard Piffaretti, Kees Visser, François Morellet…

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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