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1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 08:31

po.JPG Jean Labellie (photo J.P.Bonnel)

 

 

Exquis Poucet rêveur (extrait)

 

 

Jean Labellie a trouvé l'itinéraire qui mène du réalisme (pays minéral, chemins pierreux faits de pavés) au mysticisme : verticalité du village, tour de galets de rivière, vitraux d'église, Eus sous la montagne du prieuré de Marcevol...

 

   Les strates de la vie vous mènent à l'expérience. On choisit ou pas ces périodes, ces moments de souffrance ou de joie, semblant presque dérisoires avec le recul de l'âge, quand seuls comptent le présent à jouir et l'avenir peu sûr à envisager, à organiser ou à craindre...

 

Il y eut l'origine de la peinture avec ce premier tableau, le portrait du grand-père dans le Cantal, près d'Aurillac... L'influence, à vingt ans, de Villon, un des frères Duchamp : l'hôtel du parc, situé en face des Buttes-Chaumont, peint dans une chambre de bonne; la propriétaire était auvergnate : un autoportrait en noir et vert, très ressemblant, en 1939 : "J'étais maigre comme un clou !" 

 

Il y eut, il y eut... Et le passé défile, résumé dans le grenier-atelier de la maison d'Eus : les années soixante ont donné naissance à des toiles gestuelles... A côté, celle-ci est datée "09.08" : peinte en août ou en 2008 ? Les gammes, les influences : le loup se construit en croquant tous les moutons qu'il peut... Une vue de Paris, rue Ménadier, aux Buttes : le figuratif est toujours à l'incipit de l'itinéraire !

 

Le hasard, aussi ! 

 

Jean fit un jour connaissance du directeur des Gobelins; celui-ci connaissait Raoul Dufy, qui travaillait avec de la peinture fraîche et un medium secret : la solution se trouvait dans Tite-Live ! Jean Labellie a donc lu toute l'oeuvre du mémorialiste latin, à la bibliothèque de la rue Soufflot, et le fameux mélange se trouvait là, au coeur du livre ! 

 

Visiteur, voyeur, vous vous extasiez devant Les Bleuets de 1954 !

 

Les années d'apprentissage à Paris constituent des moments de rencontres et d'amitié : Jean se trouve avec François Desnoyer aux arts décoratifs, rue d'Ulm. Puis il est accepté dans un des ateliers des Beaux-arts, tenu par Untersteller : 

"Je lui présente une toile figurative de 1941 : trois personnages de dos, sur un chemin; après la sélection, mon tableau est mis à la première place; il me demande alors "Qui tu es, toi ?" Comme je lui apprends que je viens des Arts Déco, la toile est alors placée en seconde position... On me demande ensuite de me mettre avec une jeune fille nue, qui vient me dessiner sur les fesses de petites fleurs ! Bref, je n'aimais pas l'ambiance des Beaux-arts !"

 

 

Visiteur candide, je trouve que cet empilement de travaux, sous les toits, que toutes ces toiles qui, au hasard du rangement, se superposent ou se juxtaposent, créent un nouveau tableau, une fresque immense, nécessitant un œil panoramique... Je me dis que reconstituer, dans une galerie, ce fouillis d'une beauté plurielle et éclatée, constituerait une expérience inédite... Je me souviens du "mur" intime d'André Breton : le malheur des héritages et des successions a tué à jamais une oeuvre d'art, témoignage d'une vie, d'une quête patiente, si vite dilapidée...

 

(extrait)   J.P.B.

 

 

Dimanche 1er juin au Monastir del Camp :

 

Vous pourrez partir dès 10h à la découverte du Prieuré ou - à votre convenance - des jardinspotagers de Passa (rv à la salle des fêtes) avant de vous laisser conter «l’Art des Jardins» par Aziz Bouftila à 10h30 (toujours à la salle des fêtes).

 

Pour les amateurs de pique-nique à la fraîcheur des oliviers, les portes du Monastir ouvriront grand leurs portes entre midi et deux. Et pour ceux qui l’auront manquée le samedi, dès 14h Nicole Le Bigot vous transportera dans les coulisses historiques du Prieuré.

 

Elle sera suivie dès 15h par l’intervention sur les Oliviers de Gildas Girodeau, écrivain de renom, formateur et producteur du Domaine Oléicole du Mas Boutet.

 

Enfin, pour clôturer cette journée de qualité un concert au Jardin est proposé à 17h par la compagnie «La Lucarne Bleue» qui rendra hommage au poète Alain Taurinya dans leur nouvelle création «La fanfare des bois qu’avec les yeux j’écoute.» (avec Jean-Paul Sire, Florence Sire, Bernard Cabanne, Maryse Duquesne. 7 € l’entrée).

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Published by leblogabonnel - dans peinture
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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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