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16 juin 2014 1 16 /06 /juin /2014 17:17

Unknown.jpeg Jean Guéhenno

 

 

 

* Certains bouquinistes sont incultes ou peu attentifs : l'un d'eux, lors du marché de Prades, vendait plusieurs livres de J.Guéhenno à un prix dérisoire. J'ai acheté "Changer la vie" (éditions Grasset, 1961) dédicacé et contenant, à l'intérieur, trois lettres manuscrites ! Je vous livre ces missives adressées toutes à Paul Roger, habitant Carcassonne, et ayant une résidence secondaire à Montolieu (Aude)   - J.P.Bonnel -

 

 

 

1. En-tête "Académie française" - Jean Guéhenno, le 3.1.1968 (Paris, 5ème)

 

à M et Mme Paul Roger, 11, Mountolieu, Aude

 

 

Cher Paul Roger,

 

Je vous renvoie à votre souvenir. Je vous envoie tous nos voeux pour vous et les vôtres. N'allez pas croire que j'oublie Montolieu. J'y pense souvent et j'ai quelquefois la nostalgie de son soleil et de ses garrigues.

Croyez à notre fidèle sympathie. Bonne année ? 

 

Guéhenno

 

 

 

2.    Jean Guéhenno  le 8-1-1971 (Paris, 5ème)

 

à Paul Roger, 18 rue Coste-Reboull, 11, Carcassonne

 

 

Cher Paul Roger,

 

Je vous remercie de vos voeux et nous vous envoyons tous les nôtres, pour vous, Madame Roger, vos enfants. Bonne année !

 

Je souhaite quant à moi, que les voeux que je reçois soient efficaces. La dernière année n'a pas été très bonne. On vieillit, malgré tout, et il faut s'y résoudre Mais j'ai l'impression d'aller mieux, et je "remonte" si je puis dire.

 

Je travaille. Jean-Marie et sa maman aussi, ils vont bien. JM est à l'Ecole normale, mais il est notre voisin et, gentiment, il vient très souvent à la maison Nous nous voyons aussi quelquefois; nous voudrions les voir plus souvent, Louisette et Jeanne. Mais comme chacune d'elle est très occupée, et elles sont à l'autre bout de Paris. Je pense souvent à Montolieu. Louisette et Emilie m'en donnent des nouvelles.

 

Je regrette de ne pas y aller plus souvent ! Dites, je vous prie, mon souvenir fidèle à tous nos amis communs. S'il vous arrive de venir à Paris et si vous avez le temps, téléphonez-moi  (med. 06.64).

Nous aurons plaisir à vous recevoir...

Amicalement,

 

Guéhenno

 

 

 

3. Paris, le 2.1.1973

àM. Paul Roger, Secrétaire général des transports routiers, 18 rue Coste-Reboull, 11, Carcassonne

 

 

 

Cher Paul Roger,

 

Nous vous remercions, vous et Madame Roger, de vos voeux et nous vous envoyons tous les nôtres.

 

Croyez que nous ne vous oublions pas. Nous pensons souvent à Montolieu. Louisette, Emilie nous donnent quelquefois des nouvelles et nous savons un peu ce qui vous arrive. Ainsi, la semaine passée, ce grave accident près de la maison de Raymond Rives. 

 

Je souhaite que quelque jour nous ayons l'occasion de nous retrouver. Montolieu me reste très cher.

Bonne année, chers amis et à vous, amicalement..

 

Guéhenno 

 

 

 

 

* Né à Fougères (Ille-et-Vilaine), le 25 mars 1890, Jean Guéhenno a raconté dans Changer la vie son enfance pauvre. Fils d’un cordonnier breton, il fut contraint d’abandonner l’école à quatorze ans pour s’engager comme employé dans une usine de galoches, ce qui ne l’empêcha pas de continuer à étudier seul, après ses journées de travail. Il obtint son baccalauréat, puis réussit le concours d’entrée à l’École normale supérieure, et enfin l’agrégation, qui lui ouvrirent les portes de l’enseignement secondaire.

Après avoir servi pendant la Première Guerre mondiale comme officier d’infanterie, Jean Guéhenno devient professeur de littérature pour les classes dekhâgne aux lycées LakanalHenri-IV et Louis-le-Grand. Il achève sa carrière dans l’Éducation nationale comme inspecteur général.

Jean Guéhenno se consacre par ailleurs à la critique littéraire, notamment à une étude approfondie de l’œuvre de Jean-Jacques Rousseau, à qui il consacre les livres suivants : Jean-Jacques en marge des Confessions (1948), Jean-Jacques, roman et vérité (1950), Jean-Jacques, grandeur et misère d’un esprit(1952) et Jean-Jacques, histoire d’une conscience (1962). Il est l'auteur de nombreux autres ouvrages, dans lesquels il proposait un humanisme original, notamment L’Évangile éternel (1927), Caliban parle (1928) et La Foi difficile (1957) et Caliban et Prospero (1969).

C’est à cet humanisme que ressortit l’engagement politique de Jean Guéhenno entre les deux guerres. En 1927, il signe avec AlainLucien DescavesLouis GuillouxHenry PoulailleJules RomainsSéverine, notamment, la pétition contre la loi sur l’organisation générale de la nation pour le temps de guerre, loi qui abroge, selon les signataires, toute indépendance intellectuelle et toute liberté d’opinion1. Cette pétition paraît dans le numéro du 15 avril 1927 de la revueEurope dont il deviendra le directeur de 1929. Il assurera cette fonction jusqu'en mai 1936. En 1935, il fonde l’hebdomadaire Vendredi...(lire la suite dans Wikipédia)

 

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Published by leblogabonnel - dans littérature
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lannevere 16/06/2014 18:05

Merci de redonner une place et celke qu'il merite a mr guehenno..les fils d'ouvriers et d'employes en college et lycee technique k'ont connu grace a des orofs de vie contemporaine..notre pgilo a
nius vakait bien celle des lycees ..le reste ceux qui ont voulu l'ont "vole"..surtout les biuquins..!

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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