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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 11:35

fossa.jpeg  François de Fossa, né le 31 août 1775 à Perpignan et mort le 3 juin 1849 à Paris, est un compositeur français.

Fils d'un juriste perpignanais de petite noblesse, il part, à 21 ans pour l’Espagne, investi dans une mission volontaire, la « Légion des Pyrénées ». François de Fossa séjourne ainsi au Mexique, alors espagnol, de 1798 à 1803, avec un séjour à Acapulco en 1800. Puis il regagne, en Espagne, un poste de chef de bureau au ministère des Indes. Emprisonné à Grenade lors de l’invasion de l'Espagne par Napoléon I, il repart pour la France en 1814 lors du repli de l’armée française vaincue par les troupes britanniques.

François de Fossa fut nommé chef de bataillon (commandant) à Molins de Rei, tout près de Barcelone, en 1824, lors de la campagne du Duc d’Angoulême. Il fut décoré par les monarchies espagnole et française, celle de Louis XVIII et Ferdinand VII. La France lui remit les insignes d’officier de la Légion d’honneur, avant qu'il ne participât en 1830 à la prise d’Alger. Enfin, il quitta l’armée en 1844, s’installa à Paris, où il mourut en 1849.

Son approche de l’écriture musicale débute à Cadix, puis à Madrid, vers 1808. C’est sous la Restauration française, puis sur la période 1824-1844, en France et en Allemagne qu’il produit et édite sa création. Son style marie le violon, le violoncelle et la guitare.

Ce n’est qu’au début des années 1980 que l’œuvre de François de Fossa sort lentement de l'oubli. Actuellement, les compositions pour quatuors, duos et solos de De Fossa sont enregistrées au Japon, en Italie, en Allemagne. L’œuvre de De Fossa, aujourd’hui dispersée, est en cours de reconstitution.


** Le projet François de Fossa

 

 

Un petit groupe d'amis, réunis le 31 août 2013,  dans la demeure de la fille d'André Suspuglas, a rendu un hommage inattendu  à François de Fossa, le musicien du quartier de la Révolution française, à Perpignan.

 

  Dans cette splendide maison de Palau del Vidre, conçue et décorée par Gustave Violet en 1914, il a été convenu, en effet, de se réunir chez Marie, la date anniversaire  se révélant motivante afin de préparer un projet d'envergure autour de F. de Fossa !

 Poser les premières pierres, ici, sous les toits décorés et maçonnés par le sculpteur catalan, semble bien présomptueux; cependant, la rencontre de personnes bien différentes, un guitariste (Francisco Ortiz), une éditrice (Marie-Ange Falquès), un scénographe (Guillaume Lagnel), un dynamique animateur culturel illibérien (Jean Bigorre) un philosophe buissonnier (Jacques Quéralt), un écrivain-blogueur (J.-Pierre Bonnel, auteur de ce compte-rendu), et le président-fondateur des Amitiés internationales A.Malraux, à l'origine de cette initiative (Pierre Coureux), ne pouvait qu'apporter de l'eau claire au moulin de l'ambition culturelle, populaire et de haute qualité ...

 

  Chacun put s'exprimer, apprendre, par morceaux temporels, la vie tumultueuse de cet artiste perpignanais, dont les idées  peu conformes à l'air du temps -royalistes- et la difficile technique de ses pièces musicales, ont conduit au silence, grâce à l'universelle omerta des autorités locales et des pseudo-intellectuels en place, un guitariste talentueux, copié par Boccherini et quelques autres...

 

  Il est vrai que François de Fossa a pu pâtir de la présence d'un père juriste, à la notoriété certaine : "La culture roussillonnaise se réfère au père.", a bien dit Jaume Quéralt, ajoutant une corde psychanalytique à son arc...Pardon, à sa guitare... Pourtant, celle-ci, la guitare en question, était à l'époque, préromantique, de F.de Fossa, faux aristocrate, enseignée par huit professeurs ! 

 

Il est donc grand temps d'écouter les pièces de ce musicien mort en 1849. Francisco Ortiz, qui, en 1991, avec l'aide du CEDAC, grava un CD, nous fit savoir que des enregistrements étaient accessibles sur "You Tube". L'acteur fondateur est à l'honneur de F. Ortiz : en 1977, il découvre par hasard une partition, dans la méthode de Tarrega; il s'agit de "Folies d'Espagne"; puis, à Cracovie, il rencontre un chercheur qui s'était rendu aux archives départementales...

Le fil du destin musical se déroula : F.Ortiz se mit au travail, beaucoup et longtemps; il enregistre dans la "prison du Castillet", avec l'aide de France Bleue Roussillon. Les autorités locales restèrent sourdes à ses demandes d'aide *; il dut mettre trente mille francs de sa poche pour sortir le disque et établir un programme, le 17 septembre 2005, à la Casa Xanxo, avec des morceaux de D.Aguado, Fernando Sor et F. de Fossa ... Une brochure sur F. de Fossa, en anglais et français, avec présentation par les éditions Orphée.

 

   Le groupe a l'intention de publier la correspondance de F.de Fossa, avec des nombreuses personnalités du début du 19ème siècle et, en particulier avec Ramon Carnicer, directeur du théâtre de Barcelone, puis de Madrid, qui demanda à de Fossa un "barbier de Séville" pour l'adapter.

 

   En suivant la correspondance et la vie de F. de Fossa, on pourra revivre l'histoire tumultueuse de la fin du 18° et du début du 19° avec les grands moments de la Révolution et de la Restauration...l'exil en Espagne et en Amérique du Sud, la carrière d'un militaire peu orthodoxe... Ainsi que la lignée du préromantisme musical, dont le précurseur fut Julian Arcas, suivi de Juan Parga, Agnado (ami de Fernando Sor à l'hôtel Favart à Montmartre) et Trinidad Herta, le Lagoya de l'époque...

 

Il est aussi question d’organiser un festival autour de F. de Fossa, en 2015, c’est-à-dire…demain ! Concert accessible à tour, sur la place du figuier ou autour du puits de la salamandre ; dans le quartier natal du musicien ; concert plus élaboré sur le site de Monastir del Camp, ou dans la chapelle basse de la résidence des Rois de Majorque, ou encore dans l’intimité de l’ermitage de Consolation, au-dessus de Collioure… Les lieux, les mas hospitaliers ne manquent pas…. 

 

Une visite guidée du quartier et de la maison, autour de cette maison qui jouxte celle de Jaubert de Passa, conservateur en chef du patrimoine et président du conseil général, ami de l’écrivain Prosper Mérimée (évoqué dans la nouvelle fantastique « La Vénus d’Ille ») peut être envisagée…

 

Des bouteilles à la mer du mécénat et de la culture ouverte sont lancées en direction de tous, population locale, mécènes, partenaires privés et institutionnels ! Le travail ne fait que commencer : que les bonnes volontés se révèlent afin de participer à l’élaboration du projet, à sa réalisation concrète, à son aventure insoupçonnable.. !

 

* Soyons justes : la municipalité de Perpignan acheta dix disques...

 

 

 

----- Sous l'égide des AIAM en présence du président Pierre Coureux : 10 ans après cette première pierre posée à Palau del Vidre, en 2005, au festival Concert d'été, Juillet Août 2015 : 

Colloque avec l'université de Perpignan (UPVD) et les Archives Départementales. 

Rencontres internationales, concerts, éditions, cd, actes du colloque.

Invités de haute qualité, spécialistes - Constitution Comité de Pilotage et  Scientifique.

Lancement d'une proposition de Festival Musical sous le parrainage de François de Fossa :

Festival ou Rencontres musicales / concours et  Prix.

 

… Un projet innovant ouvert à la Jeunesse alliant musique et peinture, musique et patrimoine "François de Fossa. et Jaubert de Passa, 1750 / 1850 à Perpignan en Roussillon"

* Diversité des lieux d'actions : Palau del Vidre - Perpignan - Elne - Monastir del Camp à Passa - Fort de Bellegarde - Gérone.- Acapulco au Mexique...

 

* Contact : Pierre Coureux

Fondateur des AIAM - Amitiés Internationales André Malraux

72, rue Vauvenargues - 75018 Paris

Tél.: HYPERLINK "tel:01%2042%2063%2089%2046"01 42 63 89 46 - Port.: HYPERLINK "tel:06%2013%2053%2030%2048"06 13 53 30 48 - HYPERLINK "http://www.andremalraux.com/"http://www.andremalraux.com

Facebook: AIAMfr   Twitter: AIAMtwit

 

 

* Correspondant des AIAM, dans le Roussillon : Jean-Pierre Bonnel : 04.68.55.96.39. - 06.31.69.09.32. - jean-pierre.bonnel@orange.fr  -  leblogabonnel -


Le père juriste François de Fossa (1726-1789), par l'abbé Capeille

Il naquit à Perpignan le 21 juillet 1726. Son père, qui était inscrit comme avocat au barreau du Conseil souverain du Roussillon, lui avait inspiré, avec le goût des études juridiques, l'amour de son honorable profession. Avec un tel maître, les progrès du jeune Fossa dans la science de la jurisprudence furent si rapides qu'à l'âge de dix-huit ans à peine, il disputait une chaire de droit civil dans l'Université de sa ville natale. Elle lui aurait même été adjugée, s'il avait eu l'âge requis.

Deux ans après, en 1746, le talent supérieur qu'il déploya dans un autre concours pour l'obtention de la chaire de droit canonique, lui mérita la faveur spéciale d'une dispense d'âge pour l'occuper. François Fossa devint en peu de temps l'oracle du barreau perpignanais : on rapporte même que d'Aguesseau le comptait au nombre des plus éminents jurisconsultes du royaume. En 1759, il était doyen de la faculté de droit et recteur de l'Université où il donnait ses doctes leçons. Ses cours manuscrits témoignent d'une connaissance approfondie du droit ecclésiastique ; l'exposé est sobre et lumineux ; l'ex-pression claire, élégante même ; le fond imprégné des idées gallicanes, propre à plaire aux esprits du temps.

Mais il y avait en Fossa comme une double personnalité : le professeur était un véritable érudit en matière d'histoire locale. Ses connaissances étaient très étendues et son jugement des plus sûrs. Ces rares qualités déterminèrent les savants auteurs de l'Art de vérifier les dates à solliciter sa coopération à ce grand ouvrage. Fossa se montra digne d'un tel choix par les mémoires qu'il fournit sur la chronologie des comtes de Roussillon, de Cerdagne, de Besalu et d'Empories. Un procès long et retentissant, commencé dès 1738, entre les nobles et les bourgeois honorés de Perpignan, engagea Fossa, défenseur des premiers, dans d'interminables recherches très précieuses pour l'histoire du pays.

Il en consigna le résultat dans les Observations historiques et critiques sur le droit public de Catalogne et de Roussillon. Cet ouvrage, édité à Perpignan en 1770, était une réplique aux Recherches historiques sur la noblesse des citoyens honorés de Perpignan et de Barcelone publiées par l'abbé Xaupi, sept ans auparavant. Loin de se rendre aux raisons de son contradicteur, Xaupi refit son livre, et il en publia une seconde édition en 3 volumes, l'année 1776. Fossa ne fit pas attendre la réponse. Elle parut l'année suivante sous le titre Mémoire pour l'ordre des avocats de Perpignan. Cette dernière oeuvre, au dire de M.Brutails, «dénote des qualités maîtresses. de la puissance de travail, de la subtilité, la pratique des affaires... Mais à côté de ces avantages, on trouve de graves imperfections : Fossa est un érudit plutôt qu'un savant, un plaideur bien plus qu'un historien ; il n'a pas le sens historique du droit ; il cherche avant tout à prouver sa thèse, même en modifiant un peu la portée des documents». Un autre mémoire de Fossa intitulé Réponse pour le marquis d'Oms au mémoire du sieur Berteau (sur les eaux de sa seigneurie de Suréda) parut en 1777, à Perpignan.

Mais les écrits qu'il a mis au jour ne constituent que la mineure partie de ceux qui sont sortis de sa plume. Le doyen de la faculté de droit avait tracé l'esquisse et rédigé le recueil diplomatique d'une Histoire du Roussillon qui est demeurée inédite. Il avait encore écrit un volumineux traité sur le Franc-alleu de Roussillon et de Catalogne. Fossa ne mit la dernière main à cet important travail qu'an bout de vingt années consacrées à la recherche et à la lecture d'un millier de chartes, dont la plupart des originauxn'existent plus de nos jours. Il en avait envoyé une superbe collection au dépôt des chartes du roi, à Paris. Fossa comptait au nombre des membres de l'Académie des Belles-Lettres de Barcelone. Louis XVI l'avait anobli, et il avait reçu encore de ce monarque le cordon de Saint-Michel. Homme de lettres, jurisconsulte consommé, Fossa fut encore un admirable philanthrope. Son nom paraît sur la liste des administrateurs de l'hôpital Saint-Jean, durant une longue période de vingt-six ans (1758-1784). Fossa mourut àPerpignan, le 6 août 1789, dès les premiers jours de la Révolution.

Archives communales de Perpignan, GG. 189. - Annuaire de 1834. - Mémoires de Jaume. - BrutailsEtude sur la condition des populations rurales du Roussillon (préface). - Abbé TorreillesL'Université de Perpignan.


 

 

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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