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18 juillet 2014 5 18 /07 /juillet /2014 11:09

IMGP0002_2.JPG,  Michel Pinell (photo J.P.Bonnel)

 

 

   Pour ses cent jours à la mairie de Perpignan, le nouvel adjoint à la culture a bien voulu me rencontrer à la terrasse du Café de la Poste rénové. Pour l'instant, il n'a donné d'entretien que dans des médias marginaux, tels "l'Archipel contre-attaque" de Nicolas Caudeville, et donc le "blogabonnel", qui se veut culturel mais aussi polémique (voir les articles publiés lors de la campagne des municipales)...

 

Avant de se confier à la presse traditionnelle (au quotidien L'Indépendant), M.Pinell a donc montré un certain courage en acceptant de faire un premier bilan avec des médias qui ne sont pas, a priori, favorables au pouvoir en place : en effet,  à l'occasion de son entrée en fonction, j'avais critiqué Michel Pinell pour n'avoir pas commencé par une action "symbolique" dans les quartiers, par exemple...

 

Il m'en a voulu, il a été choqué par ce texte provocateur, mais, preuve de son intelligence, et sans doute pour se souvenir d'une amitié de trente ans, Michel a remisé la rancune…

 

Ayant montré ma liberté de parole, je peux donc me permettre de dire aujourd'hui que je trouve que la culture est bien partie à Perpignan; qu'elle est dans de bonnes mains, celles d'un homme honnête et expérimenté (il a déjà été conseiller municipal sous Paul Alduy et fut à l'origine de bien de créations, le CML, Visa, la tentative de faire revivre le carnaval…Voir ce blog) … d'un homme passionné, qui a préparé ses projets pendant deux ans, avant les élections, en s'entourant d'un groupe d'amis et en tenant compte des conseils des acteurs culturels.

 

Il continue à rencontrer les associations "au moins deux fois par jour, tu n'imagines pas le temps que je passe !"

 

Du temps, certes, et Michel est encore directeur d'une agence de la Banque populaire, mais il sait que la culture doit venir de la base, des gens, en travaillant et en consultant sur le terrain; il ne veut plus qu'on dise, à l'instar du toujours directeur de la culture de Perpignan, Jordi Vidal : "Pas de quartiers pour les quartiers !"

 

Surtout, il ne s'agit pas de faire du symbolique (là, il reprend ma critique…), du démagogique,: M. Pinell n'a pas voulu la culture pour la gloire, les beaux discours ou l'argent : à ce propos, il s'insurge contre ceux qui profitent de leur place à la mairie (inviter son épouse ou sa petite amie au restaurant, avec un chèque municipal, nommer son épouse commissaire d'expositions…); tous ces passe-droits, toutes ces magouilles de gens qui, souvent, prétendent avoir de grandes idées humanistes, il faut les supprimer, mettre enfin de l'éthique dans l'action politique…Michel préférerait démissionner que d'être mêlé à une affaire trouble !

 

"La culture, il faut que ça parte des quartiers !", et de citer les premières initiatives : mettre un local à la disposition d'artistes, de jeunes, lancer un festival de street art, un concours de fresques sur la façade de la médiatthèque, côté Archives municipales…On reviendra sur tous ces projets, même s'il faut du temps pour aménager des espaces dans des quartiers souvent difficiles…

 

Mais M. Pinel y croit, qui vient d'ouvrir des espaces de liberté et de créations à Cassanyes et à la Révolution française. Il y croit car il vient de là : il est né à Cassanyes, de parents d'origine catalane; ses grands-parents étaient de la Seo D'urgell et de Sarragosse; les parents de Michel , venus en France avant 1936, ont accueilli la famille qui se serait retrouvée dans les "camps de la honte" du Barcarès ou d'Argelès.

 

On comprend ainsi que Michel Pinel soit d'accord avec la conception d'une "culture pour tous", populaire et de qualité, comme le voulait Jean Vilar et comme le réclament des gens "de gauche", le plus souvent discrédités, car bobos ne connaissant rien au peuple… Michel ne se réclame d'aucun parti, n'est pas encarté, mais croit en l'action du maire actuel; Michel est d'origine populaire, d'une famille de travailleurs, de prolétaires : "de gens très pauvres qui allaient faire cuire un plat de pâtes chez le boulanger de Cassanyes"… 

 

On ne voudrait pas donner d'étiquette, mais l'action de l'adjoint à la culture peut facilement se situer plus à gauche que la théorie de certains pseudos-révolutionnaires qui excellent plus au ministère de la parole que dans l'action concrète, quotidienne….

 

(demain, les faits, les actions)

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Published by leblogabonnel - dans débat - polémique
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catalane 19/09/2014 13:40

"Partir des habitants" : la fresque a-t-elle été réclamée par les habitants ? Réalisée par des habitants ? Ont-ils été ne serait-ce que consultés sur cette initiative ? Quelle est la part de la proposition populaire et celle des amis et accointances dans cette action ? : ce sont les vrais questions

Catalane 19/09/2014 13:22

Comme par hasard 2 personnes sont systématiquement à l'initiative de ces actions de street art : ce n'est pas ce que j'appelle de la culture pour tous ! Attention à l'enfumage !!

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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