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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 10:06

 

images-copie-32.jpeg  (C) Georges Badin

 

 

 

 

Georges Badin, le bonheur de peindre

 

 

Je me rends en compagnie de Claude Massé, à la maison de G.Badin, rue du lycée.  Sa femme, jeune, nous conduit à son atelier, à l'étage.

 

Les couleurs se sont nichées sous les toits, partout sur le plus simple support...Sa toile est un décor matissien sans porte ni fenêtre, sans intérieur ni extérieur : plus de limites à la célébration de la beauté du monde :les couleurs, vives, pleines, quasi primaires, avec les rouges violents, les jaunes aveuglants, sont là, étalées dans toute leur sensualité sur un papier, un tissu, un support qui ne supporte plus la clôture du cadre traditionnel, la frustration, l'ordre ou la restriction de l'encadrement.

 

Il nous montre les livres qui accompagnent les textes de grands poètes. Tel Michel Butor. Ces taches colorées sont indéfinissables, des explosions de joie intérieure sur les étoffes : Badin l'enchanteur, l'alchimiste, le teinturier. Georges Badin semble ne raconter, avec une outrance toute personnelle, que le bonheur de la peinture... 

 

Picasso, en déformant les figures, les corps...est réaliste, il montre l'horreur des guerres, des désastres...Il estime que son rôle, son engagement est de stigmatiser la haine. 

Matisse, quant à lui, pensait qu'il devait rendre l'Homme heureux : si sa toile arrivait à donner un instant de joie au spectateur, alors il avait gagné ! Matisse est le peintre du "bonheur de vivre", même s'il ne méconnaît pas les injustices; il estimait que si chacun, dans son coin, faisait son boulot avec honnêteté, sans nuire aux autres, le bonheur serait possible...

 

G.Badin se trouve dans la lignée de Matisse; son originalité est dans la systémisation de cette idée de bonheur : agrandir les cadres, portes et fenêtres de son art; il est antiréaliste, sa peinture est utopiste, sa vision est colorée...

 

Je constate que je suis incapable d'écrire sur G.Badin : on ne peut sortir ses mots pour gloser sur la pleine beauté. Ce que l'on ose faire, alors, c'est écrire un texte autour de la peinture, ou parallèlement à la peinture...Un poème, un hors-texte, un article hors-sujet, qui brode sur les broderies du peintre...

 

Oui, impuissant et je ne badine pas ! Que faire face à ces couleurs comme des feux d'été, comme des mers dévorées par le bleu... C'est pourquoi G. Badin aime le site de Paulilles, cette crique chargée à blanc, creusée d'explosifs, les vestiges insidieux d'une usine de mort. 

 

Ecrire la peinture à retardement !

 

J.P.Bonnel

 

 

**mai-25julian-garciaTorero.jpeg (C) Galerie Odile OMS, Céret - 

 

 

Exposition de Julian Garcia découvrir les œuvres sur le site : http://www.odileoms.com/fr/ 
 

 

 

 

En parallèle vous pourrez voir les artistes permanents de la galerie et en particulier un accrochage des œuvres de : 

 

Patrice Deixonne : http://www.odileoms.com/fr/artistes/patrice_deixonne/

d'Emmanuel Bolzoms pour lequel nous avons privilégié les œuvres  de 2000 à 2004 : http://www.odileoms.com/fr/artistes/emmanuel_bolzoms_689/ 

                                                   ( pour les oeuvres plus récentes voir : http://www.odileoms.com/fr/artistes/emmanuel_bolzoms_1213/)

 

 

L'accrochage de Patrick Jude (  http://www.odileoms.com/fr/artistes/patrick_jude/ )    

et celui d'Emmanuelle Jude ( http://www.odileoms.com/fr/artistes/emmanuelle_jude/ ) sont encore visible

 

 

 

 

Julian Garcia

25 Mai au 12 octobre 2014

 

 

Les Papiers collés de Julian Garcia

 

Julian Garcia est un chineur de vieux papiers : turquoises délavés, jaunes passés, bleus célestes fanés et tapisseries désuètes seront déchirés ou découpés, puis collés à même le support très librement pour évoquer le hasard des affiches lacérées chères à Raymond Hains et Jacques de la Villeglé.

 

L’effet de temps est crée tour à tour avec la matériologie même (vieux papiers) et par les références aux vieux maîtres de l’art (Velasquez, El Greco, Derain, Dufy, Picasso, Clavé, Rouault) emblèmes pérennes historiques devenus icônes, rongés transformés physiquement par la matière, « ce subconscient de la forme » (Bachelard).

 

Cet éloignement temporel est doublé de la distance créative que julían García prend avec son modèle, poster du souvenir, patiné lui aussi par la mémoire, rendu à la faiblesse d’une simple suggestion. Quelques fois le pinceau vient dessus, ce trait est une déchirure comme le passant iconoclaste anonyme lacère l’affiche. C’est entre cette double distanciation, dans son épaisseur même que se glisse la singularité poétique de ses collages.

 

Le peintre lui-même semble insaisissable, il est projeté lui aussi très loin dans le passé. Deviendrait-il « l’œuvre esthétique d’un inconscient collectif » ? qu’appelle de ses vœux Jacques de la Villeglé. Le travail de Julian Garcia nous dit que l’art est éternel dans son essence mais périssable dans son image-objet.

 

Galerie Odile Oms

 

 

 

Dimanche 28 Juillet - Papiers collés sur bois, 87x49 cm - 2014

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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