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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 14:29

 

100_0192.JPG Tableau de Dominique Baillieux

 

j'ai bien apprécié les images originales, fortes, parfois les métaphores osées de ces poèmes. J'ai aimé Barbarie, la politique d'Esprit... l'humour dans l'Inst tee... Ulysse d'Intériorité...le mouvement de Ballerine...l'écolo dans L'homme médusé...les masques de la vérité dans "Persona"... J.P.Bonnel

 

(à suivre, pour d'autres textes de T.Mahaut)

 

Sente douanière 

 

 

Que dire d’ici !

Qui ne serait que vague semblant à l’identique 

Que la nature est nature 

Que les sentes douanières sinuent et transhument 

Le regard qui se perd d’horizon    au-delà 

Le vent qui enfante les voiles    hoquette l’étrave

Et tire quelques larmes 

Aux rides argentées de perles du soleil

Faisant au loin la dérive berçante à l’azur pommelé

Où danse chaloupes en plumes catalanes

Quand chaque vague se plait sardane aux chants des galets

Et s’envole gerbes d’arc en ciel éphémère

Papillons par-dessus le tumulte de schiste et d’écume

Tandis que sous le voile d’un monde que l’homme voit du silence 

Ondulent vols sinueux en bandes souples vert-bleutées    En l’abîme foison 

Lumières et silences

Sons et couleurs

Partition d’un opéra sauvage

Nature

Où chaque instant se forge d’essentiel

Agora

Règne d’élans et de ressacs 

Berçant l’hypnose 

De tout geste et son 

Utile et sincère

Dénué d’humains    non de grâce   

Et que de chaque vague

La mer de tous ces crocs exulte

Respiration en l’âme pure 

Le cœur d’un monde qui irradie  

L’humanité

Que dire d’ici !

Si ce n’est que le silence se respire

Et que bat le cœur du monde

Sauvage 

 

Songe sur un banc, en la naissance d’un matin d'estive à’Elne, Nébla déambulant autour

Navire    ville haute

 

Navire forteresse      ville haute   sereine

A la vue imprenable s’éveille 

Au  vrombissement balayant mécanique  

Rugissante Tarasque de rue s’ébroue

Dont les soubresauts de vapeur donnent

Un air de départ

   Face à la proue 

Des rubans s’entremêlent   tissées 

Aux liserés d’ors fins

Teintés de violines évanescentes   et  

Que pourpres enchevêtres lentement

De limbes jaunis et d’incarnats 

Semblant une arche de bienvenue 

Nous accueillant

   De bâbord 

L’interminable vague des Albères secoue

Au ciel   son drap de mousseline bleuté

Et lève le voile à une journée

D’un calme majestueux

Les minutes sont sereines

Comme le ciel qui déjà traîne sa ouate

L’ambre grise du matin s’étire   baille

Langoureusement se teinte

Peu à peu

Parcimonieusement s’estompe

Se mirant d’une clarté   d’un bleu

Où plutôt de bleus changeant et alternant

Mimant et semblant

Vouloir tenir tête à son miroir alter et go

Qu’est la mer

Chacun sonnant et multipliant

Les tonalités de bleus et nuances

Les gommant

Les estompant   les ravivant

Chaque instant se superpose

Chaque tonalité aussi

Qu’on finit par se croire au bout d’un moment

Revenu à l’instant précédent

On ne saurait dire si

C’est une querelle d’amoureux

Ou une danse nuptiale

Telle la parade de deux seiches se livrant

Un combat de sentiments amoureux

Exalte 

Une palette aux multiples et extravagantes couleurs 

Tour à tour flamboyantes et plus nuancées

A chaque fois   dans l’instantanée

Comme une flèche touchant le cœur 

Mais rien n’est moins sûr

Défilent cyans   céruléens et azurs

Tours de garde et collines

Nuages bleus et nuages blancs

Chapelet Catalan   s’égrenant

Comme ces étourneaux sous les palmes d’un dattier 

Ainsi les mots du poète fourmillent

Bruissent ressentis   en son âme

Suivant des yeux

L’instantané d’une queue rousse

Rasant Lantanas et Laurettes 

Puis   glisse dans la chaleur humide d’un figuier

Tandis que de chaque côté du navire

Dansent de juvéniles hirondelles

Dans la claire lueur du soleil

De ce matin   galet poli par la douceur du temps

La marée 

A posée le contenu de ses filets devant le Cara Sol

Les fenêtres de son âme encore closes

Des conversations de couverts prolongées   au-delà  

Le pot au noir de la nuit

A aucun des marins passant la coursive   ne viendrait 

L’idée de l’aubaine d’une maraude

Tel dans le courant   chacun tire son vent

Ainsi dans le vent   chacun borde son courant

De vertus

Fier impression de puissance

Sorte de Titanic immuable 

Vestige d’un passé tellement présent

Et ce bateau là ne coule pas

Son bastingage émietté    terni

De bric et de broc   subit  

Les outrages du temps   l’abandon

Las    juste échoué

Entre deux villes

Vile préretraite pourtant méritée

Et moi    passager clandestin

Capitaine d’un instant 

Au rappel sautillant du médaillon de Nébla  

Rechausse humbles semelles et rêverie de vent 

Quête de nuages blancs et crêtes d’écume 

Les arcanes du temps       

 

 

Thierry MAHAU      -       Lou Nissart

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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