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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 09:17
le burkini, synthèse de burqa et bikini, ou jilbab de bain.

le burkini, synthèse de burqa et bikini, ou jilbab de bain.

Le burkini à la plage : Voile & poésie - 

 

 

Hier soir, j'ai marché longtemps sur la plage, de Canet-sud au port de Canet-plage en Roussillon... De nombreux groupes de musulmans étaient présents, les hommes en maillot, les femmes en costume de bain. Certaines, habillées en noir, se baignaient, d'autres se promenaient. Les gens, tout autour, semblaient indifférents.

 

Or, c'est vrai, cet habillement peut choquer, quand il est porté par des femmes âgées qui semblent subir l'autorité du père, du mari, de la tradition, de la religion...Quand le burkini est porté par une adolescente, jolie en plus, notre regard d'Occidental quelque peu raciste l'accepte beaucoup plus facilement...

 

Hier soir, nulle provocation de la part de ces familles arabes ou françaises d'origine maghrébine. Le visage était largement visible, rien à voir avec la burqa, vêtement imposé par les talibans et couvre l'intégralité du corps et du visage. La laïcité peut donc l'accepter, même si on voudrait une meilleure intégration des musulmans dans la société française.

Le signe religieux devrait se faire discret (mot de J.P.Chevènement),  comme la croix que des femmes catholiques arborent autour du cou (et même dans les établissements scolaires publics où j'ai travaillé, ce qui est alors insupportable !), pas ostentatoire.

 

On ne peut interdire le burkini sur les plages et les maires qui l'ont fait (à Leucate, près de chez nous) vont sans doute interdire demain l'accès de la mer aux barbus… Comme M.Valls ils interdisent alors qu'aucune provocation n'a eu lieu, et même alors qu'aucun burkini ne s'est présenté..!

 

Ce qui m'a choqué ce n'est pas ce couple de musulmans qui s'enlaçait dans l'eau, alors que j'imaginais que, sous ses robes amples, la femme était nue et subissait l'assaut secret de son homme…

Ce qui m'a choqué, c'est l'allure de cette femme de 70 ans environ, marchant seule au bord de l'eau, le corps refait (lèvres boursouflées, fesses rebondies fendues par un string insolent et surtout cette paire de seins énormes et gonflés, exhibés de façon obscène…

 

Cependant j'accepte ce mélange de nudité stentatoire et de carnaval démonstratif, s'ils sont les signes de  la liberté et du libre choix...

 

D'où mon "humeur" dans le texte qui suit, écrit depuis des décennies, qui voudrait dire que, derrière le voile, se nichent l'érotisme secret et une libération insoupçonnée de la femme musulmane…

 

JPB

 

 

 

 

 A propos de la guerre au Moyen-Orient, du voile et du point de vue

 

        1.

 

L'affaire du voile islamique a donné lieu à de multiples défoulements, langagiers en particuliers.

 

En ce bicentenaire du bonnet phrygien, la presse a parlé de "foulard intégriste, de "tchador", ou de "hidjeb", en mélangeant l'origine iranienne ou algérienne; dans le journal "Le Monde", Samir Naïr a écrit de façon plus poétique "morceau de ténèbres" (10.11.1989).

De ce tissu transparent, vaporeux, évanescent, ou opaque, il m'est aussi arrivé d'en délirer: le débat étant obscurci par un "manteau d'Arlequin" (cf. "Les paradoxes du voile", mon article dans "La Gabignole" n°6, déc 1989)

 

Le vêtement musulman incriminé a été le plus souvent  défini comme un signe rétrograde, comme le symbole de l'aliénation féminine. Son port au sein de l'école laïque serait provocation de la part des fondamentalistes qui exporteraient en France la régression qu'ils tentent d'instaurer chez eux, en Egypte; par exemple, si on lit J.P. Péroncel-Hugoz : 

 

"De plus en plus d'étudiants réclament la séparation des sexes dans les universités, où de plus en plus de filles instruites s'enveloppent d'épaisses étoffes, alors que leurs propres mères ont renoncé au léger viole traditionnel" (Le Monde du 7.10.1989 "Les Egyptiennes du bon côté de l'Islam".)

 

Il fallait sans doute stigmatiser ce recul dans l'émancipation de la femme arabe. Cependant, je voudrais, en essayant d'oublier un peu mes yeux occidentaux, considérer le voile sous un aspect moins négatif, et esthétique. Grâce à ce "haïk", que m'on ne saurait voir, mettons les voiles vers la poésie, inutile et pernicieuse, comme chacun sait ..!

 

Pour un Occidental, le voile est synonyme d'obéissance au mâle, à l'époux, au père, à Dieu… Cependant, il faut voir comment la femme arabe, si elle n'a pas de responsabilité sociale, est toute-puissante chez elle…

 

De plus, le voile lui permet la duplicité, une vie parallèle et dans les coulisses de la vie quotidienne, elle peut tromper le mari, le maître de façon divers…

Grâce à la subtile stratégie des v-tissus, des masques que constitue le voile…

 

La femme arabe a le pouvoir de séduction, de conquête, quand l'homme ne peut lorgner qu'à ses chevilles…C'est la totale tentation : on n'entrevoit que la meurtrière des yeux de jais : persiennes, jeux de fenêtres, jalousies…

 

Depuis la clôture du moucharabieh bleu, depuis le balcon grillagé : on devine l'avant-corps derrière la fenêtre interdite…

L'homme devine à peine les grands yeux noirs faisant vibrer un blanc visage ovale…

 

…Erotisme et beauté

 

Il confère une attitude altière quand la femme est belle, montrant que le voile n'est qu'un accessoire de mode, un reliquat accrocheur de la tradition, une marque de respect pour la famille, la religion… Il anime un théâtre de dentelles, il donne à voir un monde entre-deux. Si on ne peut plus lire sur les lèvres, il faut percer l'autre d'un œil profond… Aérien, il est un rien de peau, une volute de corps, une sorte de pensée auréolant le visage féminin: un ange passe, si ce tissu ne se veut pas geste fanatique, slogan d'ostentation…

 

Il doit être objet léger mais s'il se veut trop conviction, il pèse une tonne d'idéologie…

 

En outre la sexualité féminine peut s'exprimer par cet attribut vestimentaire; il faut préférer cette danse du voile à l'archaïque danse du ventre des harems moites, même si les Américaines, tout récemment, s'en sont emparées pour charmer le mâle…

 

Après la guerre des étoiles, les médias people, le star system, "tout fait ventre" : on se vend avec le ventre…

 

Ainsi, au lieu de s’opposer brutalement au voile en France, il semble plus diplomatique et enrichissant de l’amadouer, de dialoguer avec lui, d’en extraire la part de séduction…

Il m’apparaît que l’école de la République s’est heurtée de front avec lui, plus pour le refoulé qu’il décèle que pour l’idéologie qu’il véhicule. Comme l’a écrit P. Sollers, à propos du livre Harem, le monde derrière le voile (1989): « Le foulard trouble la laïcité. C’est qu’il est une promesse de lascivité. » (8)

 

Le voile fait partie du code de l'amour, de la théâtralité de la passion : voyeurisme, comédie, mascarade à la Marivaux…

 

(Article "Voile et poésie", revue Le Cherche Midi n°5, janvier 1990)

 

JPBonnel

 

 

à suivre...

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16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 11:09
René Pous - Salle d'exposition d'Auterive - affiche des fêtes 2016
René Pous - Salle d'exposition d'Auterive - affiche des fêtes 2016
René Pous - Salle d'exposition d'Auterive - affiche des fêtes 2016

René Pous - Salle d'exposition d'Auterive - affiche des fêtes 2016

 

Fernand Roux - La fondation René POUS

 

Collioure : si les fêtes, en raison du contexte dramatique, n'ont pas eu l'éclat (la lumière des feux!) d'antan, il reste la méoire de la peinture, grâce à la famille Pous et des "Templiers...

 

 

Je faisais récemment le compte-rendu du livre insolite de F.Roux "Matisse et son coiffeur".

 

Je reprends les informations concernant la mémoire de René POUS, ami de Matisse et Picasso, propriétaire des "Templiers" à Collioure, en regrettant que la fondation qui lui est consacrée soit si discrète et si mal connue ici, en Catalogne et ailleurs...

 

 

* J'écrivais, le 10 mars 2013, dans le "blogabonnel":

 

(En hommage à Jojo POUS * décédé le 27.2.2013)

 

"La Fondation RENE POUS a pour vocation de perpétuer la mémoire du grand mécène que fut René POUS en présentant au public les œuvres de maîtres de sa magnifique collection de peintures, dessins, gravures, affiches et sculptures, de diffuser la connaissance artistique et d’apporter son soutien à la création contemporaine.

 

Elle a son siège depuis juillet 1989 à AUTERIVE, dans les locaux de grande dimension construits dans la tradition régionale.

La famille POUS, propriétaire de l’Hostellerie Les Templiers à Collioure a toujours abrité et protégé les artistes de cette capitale de l’Art où sont passés ou ont demeuré les peintures, compositeurs, écrivains, les plus célèbres du monde entier."

 

Fernand Roux - 05.61.08.34.03

FONDATION RENÉ POUS 

"Les Escloupiès"

Route de Grépiac

31190 Auterive

05.61.08.34.03

contact@fondationpous.org

http://www.fondationpous.org

Un musée aux champs

 

 

Entre Auterive et Grépiac, si le cœur vous en dit, la Fondation René Pous, située au lieu dit »les Escloupiès »vous accueille pour une visite, au fil des cimaises. Dans ce musée, tout près des champs, vous découvrirez une partie de la très belle collection particulière de la famille Pous de Collioure. Elle a reçu, dans son hostellerie, au début du siècle dernier, des peintres , qui, à l’époque, peu fortunés, lui laissaient en guise de remerciements pour son accueil, des peintures. Se sont ainsi succédés Matisse, Dali, Picasso, Giner, Mucha, Perrot et bien d’autres…Leurs dons ainsi que l’achat par la famille de nombreuses toiles lui ont ainsi permis d’être, par la suite, à la tête d’une collection de renom. Si vous passez par Collioure, l’Hôtellerie des templiers est actuellement tenue par Jo Pous, le fils du célèbre mécène et par sa fille Mané. Fernand Roux, le créateur de la fondation René Pous, ami aussi de la famille , a ainsi délocalisé une partie de la collection, en accord avec la famille, collection que vous pouvez admirer désormais à la Fondation. 

 

**Cher Artiste,

La Fondation René POUS organise du 19 nov. au 17 déc. 2016, son XXVIème SALON D’AUTOMNE ouvert aux artistes régionaux, nationaux, internationaux.
Cet événement encourage tout particulièrement la jeune création qui se verra décerner un prix
"Spécial Jeune Talent " réservé aux moins de 20 ans.
Comme à l’accoutumée une très large diffusion médiatique: journaux, radios, revues spécialisées accompagnera cette manifestation qui regroupe chaque année des dizaines d’artistes, exposant chacun de
1 à 3 œuvres.
Afin de matérialiser votre participation à ce grand événement annuel, vous trouverez, ci-joint le règlement, et ci- dessous la fiche d’inscription, documents disponibles également sur notre site Internet:
http://www.fondationpous.org

 

*** Des visites gratuites et commentées

 

Les visites sont gratuites et commentées, sur rendez-vous. Marie-Odile Peter, muse de l’artiste peintre Fernand Roux vous guidera au fil des salles et au fil des toiles, agrémentant la visite de savoureuses anecdotes. Cette fondation, ouverte toute l’année, reçoit des groupes et des particuliers, des écoliers, des ateliers d’art, des touristes… Chaque mois, se succèdent des activités parallèles aux visites : expositions personnelles ou de groupes, conférences, visites de musées, voyages et de mi-novembre à mi-décembre la Fondation organise un Salon d’Automne ouvert aux peintres, sculpteurs, français et étrangers ainsi qu’aux jeunes artistes désireux de se faire connaître.

 

 

Historique

" Loin des feux de la grande ville, il est très étonnant de trouver sur une petite route des bords de I'Ariège, un haut lieu culturel de la peinture : le musée de la fondation René-Pous.

Voulez-vous savourer un Don Quichotte de Dali ? La pureté d'un profil de Cocteau ? Retrouver Dufy, Brayer ? Il y a les beaux portraits de Grandidier. Matisse aux côtés de Balbino Giner ou Carzou qui côtoie René Aspe. La liste est vraiment très longue. Mais pas avant de dire que ce lieu a une Ame : celle de Fernand Roux. Ici fut sa demeure. Ici vit la fondation René-Pous. Normal alors de rencontrer aux détours de la visite, de nombreuses oeuvres de ce grand peintre : nus, en sanguines, au dessin linéaire où I'on sent qu'il fut I'ami de Matisse. Paysages, en peintures vigoureuses, construites et éclairées, corridas très présentes, en différentes manières."

Elfie DESSORT.

"L'Hostellerie des Templiers à Collioure est une véritable institution, connue pour avoir hébergé les peintres, compositeurs et écrivains qui venaient chercher l'inspiration dans ce charmant petit port catalan (en particulier durant la guerre d'Espagne).

Propriétaire de l'hôtel, René POUS les a bien connus et, en mécène autodidacte, a collectionné plus de deux mille toiles parmi lesquelles on relève les plus grands noms de l'art moderne (Dali, Derain, Maillol, Cocteau, Chagall, Picasso, Matisse, etc.)."

Les Guides de Charmes

 

René Pous à la terrasse de l'Hostellerie des Templiers

 

Fernand ROUX, élève et ami de Henri MATISSE, a habité

Collioure quelques années, séduit par la couleur des paysages de ce petit port de pêche. Il a naturellement fréquenté la famille POUS, qui est devenu son ami. Revenu plus tard dans la région toulousaine, Fernand ROUX lui a proposé de créer et d'héberger une Fondation de peinture qui serait le prolongement de l'hostellerie des Templiers. Aujourd'hui, c'est Marie-Odile PETER la compagne du peintre durant 30 ans, qui perpétue leur mémoire en faisant visiter cette fondation (gratuitement, mais, sur rendez-vous).

COLLIOURE, rendez-vous des artistes

Pourquoi tant d'artistes se sont retrouvés à Collioure?

COLLIOURE a représenté pour les artistes peintres et les sculpteurs, durant la première moitié du XXème siècle, ce qu'a été dans les années 1960-1980 Saint TROPEZ pour les artistes de cinéma et le show business. Il fallait s'y faire voir, et y être reconnu.

Collioure est situé tout près de la frontière espagnole, et durant la guerre d'Espagne, beaucoup d'artistes catalans y ont trouvé refuge, lorsque la "guardia civil" se faisait trop pressante.

Enfin Collioure possède aux dires de tous des artistes, une "couleur" inimitable.

Peu avant 1900, la famille POUS acquiert et exploite un café bordant le Douy, face au château des Templiers (actuel Château Royal à Collioure)

Ce café s'appelait le "Café des Sports".

 

 

En 1905, Matisse s'installe avec sa famille à l'auberge de Rosette, près de la gare et y travaille jusqu'en 1914. Derain est déjà sur place et Maillol est à Banyuls où il vient de quitter la tapisserie pour la sculpture.

 

Pendant que Mme Matisse et Mme Maillol font de la couture ensemble, Maillol présente Matisse et Derain à Monfreid.

De son côté, le jeune René POUS va à l'école avec le fils Matisse.

 

 

Maillol

Monfreid

 

 

En 1910, Henri-Jean-Guillaume MARTIN, toulousain, connu pour ses œuvres exposées au Capitole, habitait à Collioure la première maison de la rue Bellevue, la dernière étant celle du peintre Henri Marre (montalbanais d'origine)

Leurs œuvres se situant entre l'impressionnisme et le pointillisme.

Collioure par H. MARTIN

Henri MARRE

 

derain andré.jpg

Braque Georges.jpg

André DERAIN

Georges BRAQUE

 

En 1925, René POUS reprend le café des Sports.

En 1942, Fernand ROUX s'installe sur le port avec Sita, son épouse qui est la 3ème sœur des célèbres "Sœurs CARITA " qui ont tenu l'un des plus célèbre salon de coiffure parisien de l'époque.

Toujours en 1910, Picasso va travailler l'été à Cadaquès avec DERAIN et l'année suivante à Céret avec Georges BRAQUE (cubisme analytique).

Dans les mêmes années, Albert Marquet, l'ami fidèle de Matisse, habite lui aussi Collioure.

 

Albert MARQUET

 

En 1948, Dufy est également à Collioure.

A la fin de la 2ème guerre mondiale,

Le café des Sports devenu Hostellerie des Templiers fait également restaurant.

Tous les artistes de l'époque s'y retrouvent régulièrement.

De 1950 à 1952, Picasso installe sa famille à la Miranda, annexe de l'Hostellerie des Templiers.

 

 

De 1953 à 1957 Salvador DALI se rend fréquemment à Collioure où il retrouve l'ambiance de "fêtes" qu'il adore.

 

 

En 1950, Fernand Roux séjourne à Nice où vit son oncle, le coiffeur de Matisse.

Matisse (jusqu'à sa mort, en 1954) devint le mentor de Fernand ROUX durant toutes les dernières années de sa vie.

Henri MATISSE

 

 

"Les Escloupiès"

Route de Grépiac

31190 AUTERIVE

 

Tél. : 05.61.08.34.03

 

Visite sur rendez-vous

- - -

 

 

*Joseph Pous, dit « Jojo », est décédé mercredi soir, à son domicile, à Collioure, entouré des siens et de Michel Moly (PS), maire de Collioure et 1er vice-président du Conseil général des Pyrénées-Orientales, l’Ami de toujours, avec lequel, avant de s’endormir pour l’Eternité, il avait pu échanger quelques bons mots et précieuses anecdotes autour du rugby, de Collioure bien sûr, des Templiers (l’un des hôtels-restaurants les plus réputés autour du bassin méditerranée dans la famille Pous depuis toujours) évidemment, des joueurs de cartes… « Collioure est orphelin ! », nous a confié Michel Moly, le coeur gros. Jojo Pous avait 86 ans.

 

Car en effet, avec la disparition de Jojo, c’est peut-être l’âme de Collioure qui s’en est allée.  Collioure, célèbre certes pour son clocher, ses parties de cartes légendaires face à la barque-catalane-comptoir des Templiers, célèbre pour ses fêtes inoubliables autour du 16 août et de la plage Saint-Vincent, célèbre pour son rugby, ses vins, ses anchoix, son hameau du Rimbau, son ermitage de Consolation, célèbre pour sa galerie de personnages incomparables et indéfinissables à la fois, dont Jojo Pous était justement le plus célèbre parmi ses contemporains !

 

Grâce à lui, avec lui, sa modestie dût en souffrir, Collioure et LE Livre d’or de l’auberge des Templiers étaient (re)connus dans le monde entier… Dans une lettre adressée à Vlaminck, et reproduite dans ce fameux Livre d’or, l’artiste-peintre Derain, par ailleurs l’un des chefs-de-file du fauvisme, célébrait la beauté de Collioure en ces termes : « Un village serré dans ses remparts, dressant entre la mer et la montagne une harmonie de formes denses et de tons purs, l’animation du port avec ses voiles blanches et ses barques multicolores, le caractère des gens, le pittoresque des costumes et des fêtes populaires, la qualité et surtout la lumière. Une lumière blonde, dorée, qui supprime les ombres (…) ».

 

Cette longue phrase, on peut la retrouver dans le livre paru aux Editions Equinoxe, en 2009, écrit à quatre mains : celles de Jojo Pous, pour les légendes, et Michel Descossy, peintre et photographe de talent(s), pour les illustrations.

C’est à Collioure, en 1905, que Matisse et Derain se sont rencontrés pour vivre un été fauve qui donnera naissance à la peinture moderne… Un été flamboyant qui fera de « Collioure, le bonheur des peintres ! » (Déclaration de Henri Matisse, 1950). Autre déclaration d’amour à Collioure, elle est signée cette fois-ci de Camille Descossy (1976) : « Collioure fait partie de nôtre patrimoine artistique, de notre patrimoine national. C’est un admirable morceau de France. C’est un des joyaux de la couronne de lumière qui ceint la Méditerranée. C’est la plus radieuse raison d’orgueil dont se justifie notre fierté de Catalans Français ».

 

© Ouillade du 28 février 2013

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12 août 2016 5 12 /08 /août /2016 09:47
Coiffures : Matisse - Nicolas Langrand dans la ville de Matisse - Picasso - Le coiffeur de Picasso
Coiffures : Matisse - Nicolas Langrand dans la ville de Matisse - Picasso - Le coiffeur de Picasso
Coiffures : Matisse - Nicolas Langrand dans la ville de Matisse - Picasso - Le coiffeur de Picasso
Coiffures : Matisse - Nicolas Langrand dans la ville de Matisse - Picasso - Le coiffeur de Picasso

Coiffures : Matisse - Nicolas Langrand dans la ville de Matisse - Picasso - Le coiffeur de Picasso

Haine des coiffeurs : ceux de Matisse, Picasso, Hollande, des frères Coen

 

 

Il m'a donné l'idée de parler des amis coiffeurs des grands artistes, le film des frères Coen programmé ce vendredi soir 12.8.2016, sur "Ciné+club" à 20h45...

 

Ed Crane est coiffeur en Californie, à Santa Rosa, mélancolique, désabusé. Sa femme le trompe avec son patron; le film sera une histoire de chantage, de crime passionnel, mais tout va marcher à l'envers...L'humour, la reconstitution historique de 1949, l'ambiance des romans noirs font oublier la figure de ce personnage déplaisant…

 

Coiffeur, le mot est d'actualité, après la révélation du salaire de celui du président Hollande : 10 000 euros par mois et c'est un scandale de plus, on devient blasé…

 

Le motif du coiffeur, je l'ai utilisé dans mon autobiographie (très incomplète) : "L'infini de l'enfance"; dans un chapitre, je raconte ma hantise de me rendre chez le coiffeur, notre voisin de la rue St-Jean, à Perpignan : ma mère m'y poussait pour me faire tondre, car elle avoir peur de ma révolte de futur ado, désirant arborer une longue chevelure, au temps yé-yé des Antoine et Hallyday…

 

Les coiffeurs ont souvent été les amis et confidents des grands peintres : l'affaire (tirée par les cheveux) du coiffeur de Picasso fut célèbre:

 

 

Le Coiffeur de Picasso

Histoire d’une amitié

MONIKA CZERNIN (Actes-Sud)

 

Eugenio Arias, coiffeur attitré et ami fidèle de Picasso, avait fait la guerre d’Espagne avant de se réfugier en France. L'histoire de l’un des derniers témoins vivants de l’entourage du peintre est un hommage à l’auteur de Guernica autant qu’aux immigrés espagnols des années 1940 et 1950.

 

- - -Picasso payait souvent ses artisans en tableaux et la famille des héritiers veut désormais récupérer tous ces trésors…Ces cannibales, les Paul et les Paloma sont prêts à couper les cheveux en quatre afin d'augmenter leurs fortunes…

 

Je me suis surtout intéressé à un livre très insolite de Fernand Roux "Matisse et son coiffeur", préface de Georges Montiès, 1993, imprimerie de Auterive, Haute-Garonne (auto-édition).

 

L'auteur rencontre, à la fin de la guerre de 39/45, le peintre Henri Matisse, par l'intermédiaire de son coiffeur d'oncle, Jean Combès.. Une amitié naitra jusqu'à la mort du maître en novembre 1954.

 

Outre ses nombreuses expositions à l'étranger, F. Roux a créé la Fondation René Pous, célèbre propriétaire de l'auberge des Templiers, à Collioure, et ami des artistes (son livre d'or est fameux) : son fils, Jojo Pous, décédé depuis quelques mois, avait poursuivi le chemin de son père… à suivre…

 

Donc, dans "Matisse et son coiffeur" sont rappelés les anecdotes sur Matisse, Picasso et les Stein (page 121) : Matisse et Marquet, réformés en 1914, pour "faiblesse de constitution", veulent être pourtant mobilisés; leur ami, le ministre Marcel Sembat, leur répond simplement : "Continuez à peindre!"

 

Un jour, Lydia, un des modèles de Matisse, apporte au peintre "L'oiseau de paix" de Picasso. Matrisse le regarde à peine et se tournant vers Lydia : "Mais c'est mon pigeon!"

 

Les séjours à Collioure sont abordés page 127 : l'auberge de Dame Rosette et l'hostellerie des Templiers de l'ami R. Pous; puis la découverte de la collection Monfreid à Corneilla, l'escapade à Banyuls avec Willy Mucha, Jean Cassou, R.Pous, Grandidier, pour rendre visite à Maillol. Celui-ci, autre histoire, n'aimant pas les Toulousains (ce Catalan pestant déjà contre l'Occitanie, refrain actuel.…) pestait car la statue que ces "imbéciles de Toulousains" lui avaient commandée, "A la gloire des ailes", moisissait dans un coin…

 

De Collioure, voici les portraits de "Mounine" au maillot rayé (on pense aujourd'hui à cet ancien marin, petit et malin, râleur et danseur de sardanes, qui fabrique des maquettes de barques catalanes…c'est qui…oui…c'est ça…"Petit.." ??? (envoyez-moi vos réponses et commentaires, merci)…

 

Et le chapitre consacré au livre d'or de René Pous (page 139) dans ce livre étrange, passionnant, introuvable, à présent !Il est surtout précieux car le seul à parler de la fondation R. Pous, ignorée, occultée, bien en sommeil…

 

JPB

 

- - -

 

L’Artisan Coiffeur dans la cité de Matisse: son succès ne va pas faire un pli

 

PUBLIÉ LE 01/06/2015

La Voix du Nord

 

Nicolas Langrand, à 30 ans, vient d’ouvrir un salon de coiffure au Cateau, à la place d’un ancien magasin de déco, sous l’enseigne L’Artisan Coiffeur. De déco, il en est question dans son salon qui ne ressemble en rien à ceux que l’on connaît.

- - -

 

 

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11 août 2016 4 11 /08 /août /2016 10:15
Tableau de Christian VILA - Autoportrait de C. VILA
Tableau de Christian VILA - Autoportrait de C. VILA

Tableau de Christian VILA - Autoportrait de C. VILA

 

L'utopie christique de Christian VILA

 

 

 

Alors que l'été cérétan revient, au musée d'art moderne, à l'utopie surannée du paradis des bergers, à l'imagerie rétrograde d'une Arcadie chimérique, sous la houlette de Maillol, Terrus et Frère (très belle expo, toutefois), la galerie-chapelle de la Capelleta (située tout près du musée "Music", à voir absolument !) abrite la croyance christique de Christian Vila.

 

 L'artiste heureux a désormais trouvé sa voie, son chemin de croix : dans son prénom, déjà, effleurait le catholicisme, le messianisme. CHRIST/CHRISTIAN.

 A présent, la peinture se nourrit des textes sacrés pour transfigurer l'expérience personnelle.

 

Salut l'artiste qui dévoile ses deux décennies de labeur secret dans le mysticisme de ce lieu clos : utopie, là encore, à Céret. Après des années de vie communautaire, dans un projet généreux, libertaire (C.Vila a donné son témoignage dans mon livre, publié avec Paul Gérard, il y a quelques mois : "Communautés libertaires en pays catalan", 1968/2016), le plasticien, a reçu la lumière divine, optant pour un destin plus singulier, individualiste, après le combat social, collectif, dans le réel et le politique.

 

Dans ces toiles minimalistes, le visage improbable du dieu fait homme apparaît; tel un palimpseste, ces traits du saint-Suaire de Turin, comme un leitmotiv , pour finir, avec humour, avec le clin d'oeil de l'autoportrait : si le cadre avait été posé de façon horizontale, on aurait bien reconnu le visage de Christian; celui-ci a voulu sans doute suggéré l'ascension, une érection colorée dans la verticalité virtuelle…

 

La religion est omniprésente avec le Christ, les putti, les icônes, les mains priantes; les motifs de la Renaissance sont revisités; en effet, cette peinture est référentielle, comme on dit d'un livre qu'il est intertextuel quand il fait référence à d'autre écrits: sa lecture est alors plus intellectuelle qu'émotive.

 Avec Christ Vila, le sentiment prime, avec les couleurs, le trait simple, spontané, la balade colorée dans la Nature. sont présents les oiseaux de bonheur (on pense à Braque et Picasso) et de malheurs (les corbeaux noirs de Van Goh), le Saint-Paul du Caravage, la beauté spirituelle de Fra Angelico…le spectateur est convié à une visite dans l'histoire de l'art. 

 

L'imaginaire du public est respecté encore dans la série des toiles noires, beaucoup plus libres et aérées que des Soulage, tableaux laissant vierges des espaces de toiles, des blancs, donc, où le regarder peut écrire ou dessiner…dans sa tête.

 

On ne sait si, de ces monochromes,de ce geste minimal, comme superficiel, de ces "prémices d'un travail à venir", vont jaillir les affirmations d'une peinture neuve, traversant la vie et le réel pour dire l'absolu…

 

On sait que, dans l'immédiat, on s'amuse avec les yeux qui nous narguent, avec ces injonctions amicales : "les saluts rappelant le "Bonjour M. Courbet" de Fabre (à voir à Montpellier), le "salut Jean-Louis" (Vila, celui de Collioure, ancien directeur des Beaux-Arts de Perpignan), le "Salut Vincent" (Van Gogh, pas Bioulès, pourtant un amoureux de Céret), le "Salut Emmanuel" (Bolzoms, autre peintre de la tradition catholique)…

 

Salut Christian et à bientôt, pas dans vingt ans, ne nous rejoue plus Alexandre Dumas…

 

J.P.Bonnel

 

 

* Conseil artistique de la galerie Odile Oms à CéretChristian Vila s'expose du 29 juillet au 29 août à la Capelleta de Céret.

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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 08:38
Alain Gélis - La casa De Fossa - F.Ortiz et G.Lagnel devant la maison De Fossa - Portrait du musicien F.de Fossa
Alain Gélis - La casa De Fossa - F.Ortiz et G.Lagnel devant la maison De Fossa - Portrait du musicien F.de Fossa
Alain Gélis - La casa De Fossa - F.Ortiz et G.Lagnel devant la maison De Fossa - Portrait du musicien F.de Fossa
Alain Gélis - La casa De Fossa - F.Ortiz et G.Lagnel devant la maison De Fossa - Portrait du musicien F.de Fossa

Alain Gélis - La casa De Fossa - F.Ortiz et G.Lagnel devant la maison De Fossa - Portrait du musicien F.de Fossa

Une fondation Casa De Fossa/Alain Gélis

La bonne nouvelle provient de la municipalité de Perpignan :

Madame Elisabeth Doumeyrou, directrice en chef du patrimoine et M. Guizard, conseiller municipal en charge du patrimoine perpignanais sont venus l'annoncer à Alain Gélis, plasticien et propriétaire (avec sa soeur) de la maison natale du guitariste catalan François de Fossa : la mairie a décidé de gérer la casa située rue Na Pincarda, dans le quartier historique de la Révolution française.

Un contrat va être signé, M. Gélis gardant l'usufruit, la mairie se chargeant de la restauration de la maison et de la création d'un musée : les 3 aspects de la bâtisse, objets de la préhistoire (M. De Lumley, chercheur à Tautavel, devait venir voir ces trouvailles), patrimoine musical et créations picturales d'Alain Gélis.

Ce musée fera partie d'un itinéraire du patrimoine et de l'hyper-centre historique; il ne faut pas que la Casa de Fossa devienne une simple annexe du futur grand musée Rigaud !

Il reste à M. Michel Pinell de revenir auprès de M. Gélis et de concrétiser ce beau projet qui restera dans la mémoire municipale du passage de M. J.Marc Pujol à la mairie.

Ainsi, après de longs mois de visites et d'interrogations, grâce à l'intérêt de Maître Parra, conseiller municipal, des élus s'occupant du patrimoine, en dépit de la grande réticence et coupable indifférence de M.l'adjoint à la Culture, le maire a dit "oui"; en effet, M. Pujol a toujours été très ouvert sur ce projet quand Alain Gélis le "happait" dans la rue pour lui parler...

Je partage le bonheur de la famille Gélis qui veut donner au pays catalan cette maison qui réserve bien des surprises. De nombreux archéologues et préhistoriens étaient venus sur place, M. Jean Abelanet en tête, s'intéressant au lieu, la mairie de Collioure aussi, très motivée... mais personne ne voulait se déterminer de façon officielle...

La mairie de Perpignan l'a fait et c'est à son honneur. Après la période de destruction, il est temps de construire et de mettre en valeur le patrimoine de la cité catalane afin qu'elle mérite son statut de "ville d'art et d'Histoire"...

JPBonnel

 

 

***Je suis content d'avoir été à l'origine de la diffusion de ce projet, mes textes faisant polémique, mais, en fin de compte, motivant les interlocuteurs et faisant "avancer le chmilblick"...

 

J'écrivais (dans le blogabonnel), le 1er mars 2015 : 

 

MAISON DU COMPOSITEUR DE FOSSA, PROJET D'ALAIN GÉLIS : LETTRE DE JEAN-PAUL ALDUY, ANCIEN MAIRE DE PERPIGNAN

 

Je reviens sur le projet d'Alain Gélis, artiste et propriétaire de la maison natale du compositeur et guitariste aujourd'hui trop oublié, François de Fossa.

 

A. Gélis consacre son énergie à la reconnaissance, par les autorités locales, mairie (et plus, si Perpignan ne veut pas se décider, en direction du CG66 : au passage, disons que celui-ci devrait aussi s'intéresser à la maison de Jaubert de Passa, ancien directeur du patrimoine au XIX° siècle, désormais en vente, rue Na Pincarda aussi…).

 

La maison Gélis/De Fossa est plurielle : maison du musicien, maison du peintre Géli, soubassements préhistoriques (?) : plusieurs musées sont possibles en ce lieu et le propriétaire donne la maison à Perpignan et paie les travaux de rénovation… Peut-opn rester longtemps dans l'expectative..?

 

Plusieurs spécialistes sont venus…Des élus, aussi : Pierre Parra, avocat et conseiller municipal pour l'urbanisme est emballé , il ne manque que l'accord de J.M.Pujol. M.Pinel, délégué à la culture, est venu lui aussi, mais ne se décide pas : la voix du maire sera décisive ! On attend le choix de M.PUJOL...

 

En attendant, voici un document, la lettre de J.Paul Alduy, maire précédent, montrant son grand intérêt pour ce lieu culturel et patrimonial … à suivre...

 

*** J'écrivais dans mon blog :

 

19 JANVIER 2015

ALAIN GÉLI (3) MAISON DE FOSSA : DE LA PRÉHISTOIRE À L'ART CONTEMPORAIN

Ce reportage sur Alain Géli prend fin avec ce troisième volet consacré à la richesse préhistorique qui dort sous la maison natale du compositeur François de Fossa. J'ai parlé du projet de résurrection du musicien : Alain fait tout pour le vulgariser, il restaure la Casa de Fossa...

J'ai dressé le portrait de l'artiste, ancien élève des Beaux-arts de Perpignan, qui veut donner à la ville un rayonnement culturel international : Perpignan ne peut faire la sourde oreille ! Pas d'argent ? Voyons avec les institutions, le mécénat, les banques, les étrangers… On peut lancer une souscription…

En tout cas A. Géli y croit : il est un peu mystique, il croit à un esprit, à un créateur...

 

Ce chamans qui vient d'ailleurs a trouvé la maison de fossienne : sept copropriétaires y vivaient; le frère et la soeur ont acheté peu à peu : la maison a été quasiment reconstituée… C'est grâce à Jacques Quéralt, journaliste, poète, philosophe et prof d'art plastique, que Géli a su que ce lieu appartenait au compositeur perpignanais. Avec Henri Carbonneil, ancien délégué municipal, décédé il y a peu, il a lancé le projet; ils sont allés voir J.Paul Alduy; six maisons autour de la place du figuier ont été classées…

Alors revenons à l'éternel, cette possibilité de trésor humain qui nicherait dans la boue millénaire, dans les terres alluviales, dans la préhistoire de ce quartier de Perpignan. Alain Géli a ainsi découvert "par intuition mystique, des pièces préhistoriques, datant de milliers d'années, dénichées dans une agouille ruisselant dans les sous-sols, qu'il ne peut exploiter plus profondément aujourd'hui, faute de droit." (**)

 

On ouvre des yeux d'enfants (mais je suis incapable de juger du bien-fondé de ces découvertes !) quand Alain nous montre ces sculptures naturelles au coeur des os, ou cet os qui se minéralise, datant de 25000 ans avant J.C. (paléo supérieur équivalent à la grotte Chauvet), ou encore cette tête de bison en ombre portée …

Faut-il faire connaître ceci et donner la maison au peuple catalan, du haut (fondation de Fossa, musée Géli) en bas (la mémoire des hommes et des bêtes) : en tout cas le geste est généreux et participe du désir de "donner à la ville un rayonnement culturel international" !!

 

Des scientifiques sont venus rue Na Pincarda, alertés par notre hôte. Jean-Paul Cross, archéologue de Béziers, venu reconnaître le matériel… Olivier Poisson a conseillé à A. Géli de s'adresser à la Drac de Montpellier (M. Marchesi); à Paris le service archéologique ne croit pas à la richesse de ce terrain…M. Jean Abelanet est venu ici plusieurs fois : il a affirmé qu'il était trop âgé pour s'en occuper… M. Martzluff a reconnu les pierres taillées, en disant que c'était de l'art et a identifié les choppers…

 

A. Géli a donné à la mairie le droit de photographier; simplement il garde le droit à l'image, de la même manière qu'il veut garder l'usufruit de la maison.

Enfin, pour la partie plus récente, Olivier Bru, de la ville, a décrit le bâtiment du n° 9 de la rue Foy...

 

***et aussi : Deux musiciens perpignanais : Fr. de Fossa et Bodin de Boismortier ...

leblogabonnel.over-blog.com/.../deux-musiciens-perpignanais-fr-de-fossa-et-bodin-d...

 

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19 avr. 2016 - F. Paule de Fossa par Nathalie Serre Deux grands musiciens ... Le propriétaire de la maison natale du compositeur, Alain Gélis, met à ...

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Hommage au musicien François de Fossa, à Perpignan, le 31 août ...

leblogabonnel.over-blog.com/article-hommage-au-musicien-fran-ois-de-fossa-a-perpi...

 

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28 août 2014 - Hommage au musicien François de Fossa, à Perpignan, le 31 août 2014, ... de F. de FOSSA (avec l'aimable autorisation d'Alain Gélis, artiste).

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***COLLIOURE :

 

Rendez‐vous au théâtre ce jeudi 11 août à 21h. 

Richard Bohringer est à Collioure, l'affiche de "Traine pas trop sous la pluie", au Square Caloni, véritable théâtre sur la mer.

 

Sur scène, Richard Bohringer réinvente, retrace toute une vie d'écriture, de passions, d'amours et de tendresse. Un voyage au pays de sa mémoire, un road-movie dédié à l'Afrique, aux amis, morts ou vivants, aux femmes, à l'alcool, aux errances. Tel un boxeur sur le ring, l'émotion à fleur de peau, il nous fait voyager au travers de ses propres textes, dans cette atmosphère que lui seul sait créer.

 

***

 

FREE SUMMER STYLE par Concordia Art Gallery 

 

Une quinzaine d'artistes sont exposés par Concordia Art Gallery à la Galerie Plaça Nova, à l'angle de la rue des Augustins et de la rue de la Cloche d'Or à Perpignan. Ce lieu d'exposition a vu le jour à l'initiative de Stéphane Michel, propriétaire des lieux, qui a décidé de raviver la flamme commerçante de ce quartier et a dédié ce lieu aux collectifs d'artistes. 

 

Céline Marcadon, présidente de l'association Concordia Patrimoine et Culture y présentera  ARTFABETIC dictionnaire biographique des artistes plasticiens de France qu'elle édite. C'est une sélection d'artistes présents dans ce dictionnaire qui sont exposés pendant deux mois. 

 

Le VERNISSAGE aura lieu le jeudi 11 aout à 19H et la galerie sera aussi ouverte tous les jeudis en nocturne. 

Galerie Plaça Nova : 35, rue des Augustins. PERPIGNAN

Contact : Céline Marcadon - 06 81 42 98 75 

 

Vernissage  : JEUDI 11 août à partir de 19h 

 

 

Les artistes : MADELORA, DETINE, Eric MARSIAM, Monique FREMONT, Alain AMIAND, Patrick FAUCONNIER, COSMOS, Wei YAN, Fan CHENG, Na LI, Haomin YANG, Henri IGLESIS, Claude PORTELLA, Sébastien LEFEBVRE, Jean DELCOURT. 

 

 

 

Concordia Art Gallery à la Galerie PLAÇA NOVA, 

à l'angle de la rue des Augustins et de la rue de la Cloche d'Or - PERPIGNAN

 

Céline MARCADON

06 81 42 98 75

cmarcadon@gmail.com

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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 10:15
Jean-Marc Roberts

Jean-Marc Roberts

Lectures estivales, suite...

 

L'été, je fais le point avec mes livres accumulés durant toute l'année. Je range, je relis les notes  dans ces tas de bouquins comme des tours qui me défient. Je note les meilleurs phrases et tente un bilan. Qu'est-ce qui m'a plu...? très peu de livres, je ne suis passionné par aucun, c'est pourquoi j'en lis 3 ou 4 en même temps. Un bon livre, c'est celui que je termine. La plupart me tombent des mains...

 

Sauf les classiques, les très grands, Céline, Proust, les Surréalistes... J'écris donc ce texte pour y voir plus clair et puis je laisse mourir ces livres dans un recoin de mon garage...

 

Les Nobel, exemples de magouille et d'arbitraire, trompent les lecteurs; ils sont vite oubliés : amusez-vous à retrouver la liste des primés; et la belle collection à jacquette blanche des Nobel est invendable, bradée dans les vide-greniers... 

 

Le destin de Claude Simon, à l'écriture serpentine et chiante, est celui de l'oubli, et ne parlons pas de Modiano : écriture plate, ennuyeuse; j'ai parcouru sa mini-biographie "Un pedigree" et je n'en ai conservé qu'une phrase (folio page 84) : "Je vais continuer d'égrener ces années, sans nostalgie mais d'une voix précipitée..."

 

Il est triste et "ennuyant" dans ses petits recueils, alors que, si l'on croit le témoignage de J.Marc Roberts, ce jeune homme trop tôt disparu, ce romancier léger qui m'avait enchanté à ses débuts, en 1972 :

 

 "Nous avions passé une soirée comme tant d'autres, Patrick et moi, à improviser des canulars téléphoniques. C'était notre occupation favorite." (Deux vies valent mieux qu'une", Flammarion, page 18.

 

Cette anecdote est à propos de Muriel Cerf, la belle romancière des "Rois et des voleurs" dont j'étais amoureux et dont je dévorais les phrases riches et nourries d'un vocabulaire exotique et précieux... Disparue, oubliée, M.Cerf, la maladie, le cancer effacent le succès fulgurant. 

 

La notoriété rapide, grâce à l'entregent, aux prix truqués, aux mesquineries sexuelles et financières, à l'esprit de courtisanerie, occupe les médias, la mode, le microcosme parisien, et puis adieu, on passe au suivant...

 

Localement c'est idem: copinage à tous les étages, retours d'ascenseurs, lécheries pour être invité dans un salon, être publié, être identifié...

 

Certains osent le dire, ainsi le sympathique Jérôme Garcin :

 « Jean-Marc Roberts n'est pas très fier de la manière dont, chaque automne, il magouille pour que ses auteurs obtiennent des prix ; il juge d'ailleurs que le milieu littéraire s'aigrit et se momifie. »

 

Quant à Richard Millet, auteur de livres glauques et de réflexions dignes du fascisme et de l'antisémitisme d'un Louis-Ferdinand, c'est, hélas, de la belle littérature : je joue à saute-moutons avec ses réflexions contenues dans "Le sentiment de la langue" (La Table ronde, 1993) avec une préface du libertaire Yannick Haenel…

 

Ces auteurs d'extrême-droite ont souvent du talent, c'est pourquoi on les garde en vie au lieu de les passer par les armes comme le Perpignanais (hélas, encore, pour l'image de la ville !) collabo et délateur : Renaud Camus, Lucien Rebatet, et le Céline, bien sûr…

 

Millet est capable de bien parler de musique, de nocturnes et de l'Ariégeois G. Fauré : j'aime cette écriture autour du nom de lieu: "sa ville natale, Paliers, qui évoque, un peu mièvre, je ne sais quelle incongrue palmeraie au coeur de l'Ariège…comment ne songerais-je pas à l'antique Apamée de mon enfance, à ces ruines arpentées sous un ciel gris de Syrie..?"  

 

 

On est ici encore avec Proust, c'est-à-dire avec la vraie littérature, écrite avec les tripes de la vie recluse (je reparlerai de Joë Bousquet), et la volonté de créer du neuf, pas la cuisine pour être dans l'air du temps et vouloir pmaire à tous prix :

 

"Bien que Fauré se soit accordé à merveille avec les textes verlainiens, les grandes coulées fluides de sa musique de chambre et de piano ne s'apparentent-elles pas plutôt à la phrase proustienne..?" (p. 62)

 

Voici un beau styliste qui dit la vanité de la littérature et l'inanité de la peinture : "Le misérable silence de la peinture…La musique possède une autorité que n'ont ni l'écriture ni la peinture (encore qu'elles y prétendent outrancièrement)…"


JPB
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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 07:44
L'âne catalan )- David Morer - Le pays dont je suis épris © J. IGLESIS
L'âne catalan )- David Morer - Le pays dont je suis épris © J. IGLESIS
L'âne catalan )- David Morer - Le pays dont je suis épris © J. IGLESIS

L'âne catalan )- David Morer - Le pays dont je suis épris © J. IGLESIS

* Région : changer de nom ? - L'identité catalane - A mon pays
(Per al meu amic, el cantautor Joan Llorenç Solé...)




Mon pays



Sur notre nouveau nom de baptême : Occitanie…
Si je te donne un nom, tu deviendras celui qui porte le nom que je lui ai donné…


On n’a jamais cessé de nous débaptiser et de nous rebaptiser, et tout cela pour nous dépouiller et nous asservir, le moins élégamment du monde. « Canviaràs de moliner, però de lladre no en canviaràs » (une « dita » qui en dit long : tu changeras de meunier, mais c’est toi qui seras toujours volé…).


Les meurtrissures de l’Histoire
L’histoire catalane en est témoin : jamais une nation et son peuple n’ont été à ce point trahis, harcelés, martyrisés, humiliés…Quelques épisodes choisis à l’emporte-pièce pour en témoigner : le traité de Corbeil (1258), le compromis de Caspe (1412), la révolte des faucheurs, « els segadors » (1640), le traité des Pyrénées (7 novembre 1659), l’édit du roi Louis XIV, interdisant l’usage de la langue catalane (2 avril 1700), la chute de Barcelone (11 septembre 1714), assortie du décret de Nova Planta (1707-1716), la loi Jules Ferry, sciemment détournée à l’encontre des langues régionales (1882), la création du sentiment nationaliste français dans les rangs des fortes-têtes, des têtes- brûlées dont les Catalans,  les Audois et les Héraultais, « morts pour la France » lors de la guerre de 1914-1918, la circulaire décidant de l’expatriation et de l’exil des Catalans, des Corses, des Bretons et des Basques, afin d’éradiquer leurs espoirs et leurs pulsions d’autonomie ou – pire -d’indépendance, en corollaire le plan Racine, tendant à touristifier à outrance le pourtour méditerranéen (les Pyrénées-Orientales, l’Aude et l’Hérault notamment)…
Ne prenons pas les enfants du bon dieu pour des canards sauvages !...


Languedoc-Roussillon, en 1982, à l’avènement de la régionalisation…  Pyrénées-Roussillon ensuite…Septimanie en 2005…Sud de France dans la foulée…Aujourd’hui Occitanie… Il faut appeler un chat un chat et un Catalan un Catalan… Quand on prend des burros (des ânes) pour des chevaux limousins(*), alors-là, le bât blesse… et que dire des ruades qui s’ensuivront ?




Jean Iglesis

---
(*)Le cheval limousin est une ancienne race chevaline de selle originaire de la région française du Limousin et désormais disparue. Cheval de luxe de taille moyenne et de type montagnard, assez proche du Barbe, il est élevé au moins depuis le XIIesiècle. Il possède une grande réputation jusqu'à l'époque de la Révolution française, en particulier durant le Grand Siècle où il remonte les armées de Louis XIV. La Guérinière et Buffon le considèrent, en leur temps, comme le meilleur cheval de France.Très apprécié pour la chasse, il est également une excellente monture de manège, dont l'élevage est principalement aux mains de nobles, de bourgeois, et du haras de Pompadour. Ses bons services durant les différentes guerres entraînent de fréquentesréquisitions sous la République et le Premier Empire, en particulier pour la guerre de Vendée et les différentes guerres napoléoniennes, ce qui cause une raréfaction de la race. Croisé à l'Arabe et au Pur Sang durant le XIXe siècle, puis reconverti dans les courses hippiques, le cheval limousin a disparu à l'orée du XXe siècle, en particulier sous l'influence de l'Anglo-arabe.


Et bla-bla-bla et bla-bla-bla… et coetera, etc…


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Al meu país
(Per al meu amic, el cantautor Joan Llorenç Solé...)



Del cim del Canigó sagrat
A la Llotja de Mar superba,
De la plana on madura el blat
Al pi que el migdia exacerba,
Canti la passió i l’encís
Del meu país.
Del Vallespir regat de deus
A la rocallosa Corbera,
Dels teulats blanquejats de neus
Als roures negant la frontera,
Canti la passió i l’encís
Del meu país.
Dels Aspres ofegats pel vent
A l’Albera que el sol irisa,
De l’ona vestida d’argent
Al camp que bressola la bisa,
Canti la passió i l’encís
Del meu país.
De la Cerdanya compartida
A la sardana per ballar,
Del gall que cada matí crida
Al burro que es vol català.
Canti la passió i l’encís
Del meu país.
Elna el 5 de març de 2016
Joan Iglesis


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En tant que citoyen catalan…
(Photo de mon talentueux et courageux ami David Morer : Flodama)


En tant que citoyen catalan (à savoir dépositaire et responsable de notre langue et de notre culture, de notre histoire et de nos traditions, de notre spécificité et de notre engagement dans un monde de progrès, d'équité, de paix et de respect, il nous appartient de défendre tous ceux qui distinguent notre territoire géographique et humain, fruit des métissages pluri-séculaires... Quand l'un d'entre nous est mis au-devant de la scène, nous devons être là pour le féliciter et l'encourager à progresser encore... 


Quand l'un d'entre nous est attaqué, nous devons faire bloc pour le protéger de notre mieux... C'est ainsi que se conduisent et doivent t se conduire les grandes nations et les grands peuples. Personnellement, je souffre en déplorant bien souvent que de côté des Pyrénées., c'est le contraire qui se produit. C'est peut-être l'une des raisons - à l'aspect collectif et individuel, à la fois -pour lesquelles nous sommes les "desdichados" de la France...


Jean Iglesis

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Sur notre nouveau nom de baptême : Occitanie…


Si je te donne un nom, tu deviendras celui qui porte le nom que je t'ai donné…
On n’a jamais cessé de nous débaptiser et de nous rebaptiser, et tout cela pour nous dépouiller et nous asservir, le moins élégamment du monde.
 « Canviaràs de moliner, però de lladre no en canviaràs » (une « dita » qui en dit long : tu changeras de meunier, mais c’est toi qui seras toujours volé…).


Les meurtrissures de l’Histoire

L’histoire catalane en est témoin : jamais une nation et son peuple n’ont été à ce point trahis, harcelés, martyrisés, humiliés…Quelques épisodes choisis à l’emporte-pièce pour en témoigner : le traité de Corbeil (1258), le compromis de Caspe (1412), la révolte des faucheurs, « els segadors » (1640), le traité des Pyrénées (7 novembre 1659), l’édit du roi Louis XIV, interdisant l’usage de la langue catalane (2 avril 1700), la chute de Barcelone (11 septembre 1714), assortie du décret de Nova Planta (1707-1716), la loi Jules Ferry, sciemment détournée à l’encontre des langues régionales (1882), la création du sentiment nationaliste français dans les rangs des fortes-têtes, des têtes- brûlées dont les Catalans,  les Audois et les Héraultais, « morts pour la France » lors de la guerre de 1914-1918, la circulaire décidant de l’expatriation et de l’exil des Catalans, des Corses, des Bretons et des Basques, afin d’éradiquer leurs espoirs et leurs pulsions d’autonomie ou – pire -d’indépendance, en corollaire le plan Racine, tendant à touristifier à outrance le pourtour méditerranéen (les Pyrénées-Orientales, l’Aude et l’Hérault notamment)…
Ne prenons pas les enfants du bon dieu pour des canards sauvages !...


Languedoc-Roussillon, en 1982, à l’avènement de la régionalisation…  Pyrénées-Roussillon ensuite…Septimanie en 2005…Sud de France dans la foulée…Aujourd’hui Occitanie…


 Il faut appeler un chat un chat et un Catalan un Catalan… Quand on prend des burros (des ânes) pour des chevaux limousins(*), alors-là, le bât blesse… et que dire des ruades qui s’ensuivront ?


Jean Iglesis


(*)Le cheval limousin est une ancienne race chevaline de selle originaire de la région française du Limousin et désormais disparue. Cheval de luxe de taille moyenne et de type montagnard, assez proche du Barbe, il est élevé au moins depuis le xiiesiècle. Il possède une grande réputation jusqu'à l'époque de la Révolution française, en particulier durant le Grand Siècle où il remonte les armées de Louis XIV. La Guérinière et Buffon le considèrent, en leur temps, comme le meilleur cheval de France.Très apprécié pour la chasse, il est également une excellente monture de manège, dont l'élevage est principalement aux mains de nobles, de bourgeois, et du haras de Pompadour. Ses bons services durant les différentes guerres entraînent de fréquentes réquisitions sous la République et le Premier Empire, en particulier pour la guerre de Vendée et les différentes guerres napoléoniennes, ce qui cause une raréfaction de la race. Croisé à l'Arabe et au Pur Sang durant le xixe siècle, puis reconverti dans les courses hippiques, le cheval limousin a disparu à l'orée du xxe siècle, en particulier sous l'influence de l'Anglo-arabe.


Et bla-bla-bla et bla-bla-bla… et coetera, etc…


Jean IGLESIS

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7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 07:47
photo d'Anie Tor

photo d'Anie Tor

* Littérature : une nouvelle érotique

 

 

L’effet retard

 

Elle est jeune, très jeune. Elle est jolie, non. Elle est ravissante. Ses cheveux sont noirs, presque bleus, une longue frange lisse cache le haut de ses yeux. Sa peau est nacrée, si blanche. Elle est nue, entièrement nue. Son corps est entouré d’une corde, grosse comme son petit doigt. Le chanvre tourne en spirale puis fait un angle droit et repart vers l’épaule, descend vers la taille. Ses jambes sont pliées, la corde passe sous les cuisses, coupe la  fesse fine et musclée, remonte, entourant les bras serrés le long de son torse. Son sein gauche se gonfle sous la pression de la corde qui passe près du mamelon, puis après un tour sous le genou puis la cheville, remonte de l’autre côté de sa poitrine. Sous la pression, le bout de son sein devient turgescent. Ses jambes pliées et enserrées dégagent son sexe blanc et gonflé.

Elle ne bouge pas, elle le regarde, elle l’admire, elle est fascinée par cet homme comme un oiseau est fasciné par un serpent. La corde est serrée, ça lui fait un peu mal. Elle commence à être un peu ankylosée aussi. A présent, l’homme l’enserre un peu plus rapidement, elle ne peut plus bouger, elle sait qu’il va faire vite.

Sa tête alourdie par la frange épaisse, sa tête se penche légèrement à gauche, elle le regarde par en-dessous. Il s’approche et envoie un petit coup de langue sur le téton dressé. Il passe une main douce sur la fleur de son sexe.

-« On y va »

L’homme attrape son appareil de photo et tourne autour de ce corps ligoté, complètement dépendant de sa volonté. Il retend la corde sur une courbe. Gros plan sur le gonflement de la chair. Il effleure la peau douce et sans défense. Il se baisse et capte ces lieux secrets qui lui sont livrés.

-« Regarde-moi »

Elle est à sa merci, mais il ne peut rien faire sans elle. Enfin, il s’arrête de tourner, pose son appareil de photo et éteint le projecteur.

Le maître du bondage connait cette chaleur dans son ventre, ce durcissement de son corps. C’est un rite entre le photographe japonais et son modèle. Elle est soumise, il est le guerrier, vainqueur de sa chair. Il a veillé à laisser libre les ouvertures de ce corps d’ivoire lorsqu’il l’a attachée et maintenant, il ouvre chacune des portes de cette très jeune femme consentante et prisonnière.

Son plaisir le laisse sans force, la bouche sèche, l’esprit en feu. La jeune femme gémit, la douleur de la corde dans sa chair, la bouche gourmande du maître, les doigts qui frôlent, les mains qui pressent sa peau, le corps dur qui la pénètre. Un plaisir fulgurant la traverse, longuement, encore et encore.

-« j’ai mal, détachez-moi »

L’homme reste en elle, ses mains trouvent les nœuds, la corde tourne, tourne et encore, délivrant un bras puis une jambe. Elle frotte ses bras, doucement.

«-« ne bouge pas, reste encore » commande l’homme.

Il déroule la corde, délivre sa proie, son modèle, la douce Liu. Se détache enfin de ce corps si délicat.

Il prépare une grande exposition internationale. Ses photos de bondage sont connues dans le monde entier. Il connaît l’effet retard de ses images sur ceux qui les regardent. Et cet effet, il le cultive, il le travaille. Les visiteurs de l’exposition trembleront un peu sur leurs jambes.

La rosée au cœur du corps des femmes, le gonflement au bout du corps des hommes se calmeront parce que « trop de monde », « trop de bruit ». I

 

Ils se réveilleront avec violence la nuit venue.

Merci Maître.

 

 

Anie Tor

 
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5 août 2016 5 05 /08 /août /2016 10:10
Nuit catalane (Comelade/Jacquet) au palais des Rois de Majorque : samedi 30 juillet 2016 - Port-bou : Quim Gallart présente Grau 33
Nuit catalane (Comelade/Jacquet) au palais des Rois de Majorque : samedi 30 juillet 2016 - Port-bou : Quim Gallart présente Grau 33

Nuit catalane (Comelade/Jacquet) au palais des Rois de Majorque : samedi 30 juillet 2016 - Port-bou : Quim Gallart présente Grau 33

    L'hôtel du week-end

 

 

 

C'est bon, pensa Serge en se réveillant, de penser que c'est la fin de la semaine, que je vais me prélasser dans ma chambre d'hôtel, la trente-deux avec douche, lits jumeaux, petite terrasse donnant sur l'avenue, tout tranquille pendant deux bons jours…

 

C'est relaxant d'arriver  de l'intérieur du pays avec un simple petit sac de voyage -ma vache- et de retrouver les mêmes garçons d'étage, avec qui l'on échange de rapides impressions sur le travail ou les menus faits hebdomadaires…Mais en ouvrant les volets vers ce nouveau samedi, son attention fut captée par le regard d'une jeune fille ou jeune femme, qui se trouvait juste en face de l'hôtel au troisième étage de cet immeuble gris où habite le docteur Ben Hamida…

 

Serge dut vite se cacher derrière les rideaux : il se rendait compte qu'il ne s'était pas habillé pour se mettre au balcon. En écartant un peu le voile de sa fenêtre, il observa le manège de cette personne : elle cousait mais toutes les cinq ou sept secondes, elle relevait la tête vers la chambre où l'apparition insolite de l'habitué de l'Alexander hôtel l'avait d'abord un peu émue, mais où elle semblait à présent trouver un dérivatif, en espérant que la silhouette réapparaisse…

 

Je n'ai pas du tout envie de créer un scandale dans la rue en m'exhibant à la fenêtre de l'hôtel pour les beaux yeux curieux de cette jeune femme ou fille, surtout que l'ambiance du quartier est très fébrile, ce premier samedi de printemps, à cause de l'arrivée des cars de touristes : les cafés sont pris d'assaut, les jus d'orange se succèdent sur les tables encombrées de souvenirs bon marché, de casquettes à visières et d'appareils-photos…. D'autres étrangers sont en train de marchander des objets en olivier. Des affaires se font, le soleil tape sur les crânes, les piétons engorgent les trottoirs…

 

    Serge s'habilla et sortit de nouveau au balcon en fixant la jeune brodeuse, fille ou femme… Elle baissa alors les yeux, le client de l'Alexander paraissant à l'évidence l'intéresser davantage dénudé que vêtu, même de linges transparents…Le jeune homme laissa son regard se perdre vers le bout du boulevard…

 

C'est fou de loger dans une avenue qui débouche sur la mer, sur le port, d'apercevoir un bout de navire (en partance pour la France ?) après les derniers pâtés de maisons ! On a l'impression que les voitures et les attelages vont se jeter à l'eau ! Et puis, du haut de ma chambre, je peux perdre mon regard vers les toits de la ville, dans les infinités de terrasses blanches, dans le dédale des venelles,m'arrêtant quelques instants aux mosaïques du minaret, au drapeau du Consulat de France, à ses arbres habités de grappes de moineaux…

 

    La dentellière assise -femme ou fille, jeune, en tout cas - avait relevé les yeux. La pièce où elle travaillait était assez vaste, à cause d'une absence de décoration sur les murs et d'une disposition à même le sol du mobilier; signe de la vie horizontale des foyers : des nattes, un tapis, une petite table ronde.

 

    J'irais bien déjeuner aujourd'hui dans un restaurant arabe de la médina, mais ce sont des industries à bouffe, les clients y deviennent des machines à ingurgiter poulets et sauces, méchouis et salades méchouis… Il faut se presser, et les plats arrivants froids, la plupart du temps… Le restaurant arabe populaire n'est pas un lieu de rencontre, de repos ou de causerie, il est uniquement fonctionnel ! Surtout, il nous frustre du plaisir d'un bon vin rouge ! Au loin, dans la vieille ville serrée dans ses remparts, le ribat entre les antennes de télévision et les linges géométriques. En bas de l'hôtel, un homme apporte des objets en plastique sur un chariot mu par un cheval maigre.

 

Penser à toute la force travail mise en oeuvre pour obtenir ces ridicules choses rouges ou blanches ! Des bidons, des jouets rudimentaires, des ballons, des timbales…venus de la matrice d'une machine à happer la matière et la main de l'ouvrier… Et la sous-traitance qui dépend des orientations économiques arbitraires, des horaires, des cadences… De plus, à présent, il crée un embouteillage montre, ce chargement hétéroclite, avec le harcèlement des Klaxons et la vague envahissante des vélos et des motocyclettes qui semble vouloir rejoindre la mer…

 

    Il est temps de m'habiller, de sortir -je préfère la déception d'une fille ou femme jeune ravaudeuse, à son excitation malsaine -malsaine, vraiment ?- Oui, étant donné le contexte sexuel répressif et puis, les révolutionnaires ont tout de même le droit d'utiliser des qualificatifs moraux, non..? 

 

 

C'est le décor du samedi. Le soleil frappe toujours fort sur les draps étendus aux fils des terrasses… Je vais acheter le journal, prendre l'apéritif au café des Mousses, retrouver Françoise-Marie, Rafik ou Abdullah…

 

    Les enfants débouchent soudain dans la rue en lançant des cris et leur cartable : insurrection et délivrance de midi…

 

 

J.P.Bonnel (écrit enTunisie)

- - -

 

***Mudiques du Monde / Musique-Dels-Monts : jusqu'au 7 août à Villelongue (66-Pays catalan)
 
Fiesta musicale à Villelongue-dels-Monts.
Festival de musique. Du 4 au 7 août, les Musiques-dels-Monts investiront pour la cinquième fois le piémont des Albères.



De l’église au bois du Roumaguer, de la salle polyvalente à la grande scène, avec quelques incursions au prieuré Santa Maria del Vilar où les plus vaillants montent à pied, parfois dans les bois la nuit, du matin jusqu’à très tard, une fête musicale déchaînée, animée par l’enfant du village, le clarinettiste Florent Pujuila, créateur, organisateur, animateur, envahit Villelongue dels Monts chaque été durant la première semaine d’août. Après quatre éditions de plus en plus suivies,  toujours riches d’actions et d’inventions, les Musiques dels Monts reviennent sous le thème Ailleurs, Musiques du monde.
 Du 4 au 7 août, du classique au jazz et aux fantaisies plus ou moins débridées, en tous temps et en tous lieux du village, la musique sera reine.


Balades musicales, concerts au jardin, impromptus, séances jeune public, la grande fanfare des étudiants et la musique turque accompagnant les repas, plusieurs concerts par l’orchestre du festival. A noter parmi un abondant programme : le 4, l’ouverture à partir de 18h avec la musique turque des Balkans pour unir Orient et Occident ; à 21h, la grande roue de la musique et « Chut les chiens » du trompettiste Fabrice Martinez. 


Le 5 à 18h. prieuré du Vilar  un Octuor de Schubert et le soir Supersonic : Thomas de Pourquery rend hommage jazz pop à Sun Ra. Le 6, Zik’&Bull pour les écoliers et un 2e Hommage à John Zorn. La soirée sera consacrée au tango et à la rumba catalane avant le concert Effraie la chouette (après 0h, promenade nocturne. Le dimanche 7, toujours débats, impromptus, musique de chambre, quatuor de clarinettes, Concert Tour du monde en 80 minutes devant l’église et Amane Amane, musique orientale, fusion jazz rock, avant le grand feu d’artifice de clôture : pyrotechnie, musique, danse, suivi d’improvisations dans le ciel étoilé.


Tarifs : pass 4 jours : 85€ ; 1 jour 29€. Soirée 6 août : 15 ou 12 (TR). Concerts à 12 & 10 ; autres à 9 &7 ; jeune public 5. Repas géant 15 €. Nombreux concerts gratuits. 
Renseignements programme complet et réservations : 06 64 44 03 20.


académie.delsmonts2@gmail.com. www.musiques-dels-monts.com

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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 09:32
Maillol dansant la sardane (DR) - http://www.tourisme-pyreneesorientales.com/fr/3583/pages/d/mediterranee/mediterranee-pyrenees-orientales/page/0
Maillol dansant la sardane (DR) - http://www.tourisme-pyreneesorientales.com/fr/3583/pages/d/mediterranee/mediterranee-pyrenees-orientales/page/0

Maillol dansant la sardane (DR) - http://www.tourisme-pyreneesorientales.com/fr/3583/pages/d/mediterranee/mediterranee-pyrenees-orientales/page/0

 

***Herve Donnezan

Coup de Gueule...
Indigne d'illustrer les couleurs et les plages du Pays Catalan...
Honteux cette photo de microstock "gratos" est toujours en ligne sur le site

http://www.tourisme-pyreneesorientales.com/fr/3583/pages/d/mediterranee/mediterranee-pyrenees-orientales/page/0


Voilà la catalane qui illustre nos plages avec le bleu du Pays Catalan ... vraiment dévalorisant 
Les touristes méritent le mieux !


***

Le week-end de la fin juillet (2016) a été consacré à la fête catalane : une association du sud avait choisi Perpignan pour accueillir des dizaines de danseurs et figurants catalans. Animation dans les rues, beau spectacle pour les yeux, mais cela suffit-il pour que les spectateurs comprennent ce qui se passe...?

A leurs yeux, cette fête apparaît comme une tradition lointaine, une évocation du passé (costumes, airs, jeux), un moment sans rapport direct avec le temps contemporain... Comment actualiser  la culture traditionnelle, montrer l'intérêt du folklore..?

La fête est populaire, le folklore est "vulgaire" (au sens latin - vulgus- de populaire, sans connotation péjorative), accessible à tous car ne demande pas d'effort; par exemple, comme le spectacle est silence linguistique (il n'utilise pas la langue), il n'y a pien à saisir, à ananlyser, à comprendre...

C'était moins facile à la soirée catalane des Rois de Majorque, mais c'était populiare au sens noble, de qualité, tant du point de vue de la musique (Pascal Comelade) que de la chanson (Gérard Jacquet); cependant il fallait être unpeu catalan pour saisir les paroles...un peu de pédagogie (distribuer les paroles des chansons...) aurait été nécessaire : les gradins étaient à moitié vides... Défaut de présentation ou perte alarmante de l'audience de la culture du pays d'ici...mangé par la pseudo Occitanie...

 

 

Pour un tourisme de qualité : respect de la culture locale, explication honnête du patrimoine, animation intelligente : pas le folklore des grosses têtes, des mascarades, des processions (voiles et capes noires ou rouges) et de la cargolade, du boulodrome ou de la feria de l'alcool et du défoulement obscène, mais la chanson, la littérature, la musique, les arts, la réflexion, l'esprit du temps contemporain… 

JPB


* Points de vue (j'insère souvent celui du CDC, car il me semble pertinent, les autres partis catalans offrant une maigre réflexion (que dit l'ERC..?)


**LE TOURISME VULGAIRE N’EST PAS UNE FATALITÉ
 
Une nouvelle fois, la pleine saison touristique est lancée depuis la mi-juillet dans les Pyrénées-Orientales : la population est multipliée par quatre, le littoral s’agite, les festivités se multiplient. Pourtant, les observateurs internationaux indiquent que le tourisme dépendant de la plage et du soleil est condamné : synonyme de misère intellectuelle, sur le déclin, de moins en moins dépensier, il dévalorise les territoires. En revanche, le tourisme lié à la culture, au patrimoine et aux paysages est porteur d’avenir. A forte valeur ajoutée, il induit respect environnemental, consommation de produits locaux et viralité positive : les visiteurs cultivés attirent d’autres visiteurs cultivés, en véritables ambassadeurs de destinations.


L’authenticité du Pays Catalan, sa profusion de monuments romans et gothiques, ses sites d’exception, constituent un gisement de tourisme culturel. Mais nos dirigeants, soumis à l’idéologie du soleil, ignorent les tendances, l’internationalisation et la séduction de nouveaux marchés émetteurs. Leur seul horizon touristique est l’été, leur seul public est le Français très moyen. A cause de leur passivité, notre tourisme n’est pas choisi, mais subi.


Convergence Démocratique de Catalogne (CDC) considère que la saison touristique doit être élargie aux « ailes de l’été », de mai à septembre. Au delà, en hiver et au printemps, nous devons attirer le public sud-catalan, comme le font Narbonne et Toulouse, moins complexés en matière de stratégies envers Girona et Barcelone. Le tourisme limité à la seule période estivale n’est pas une fatalité. L’étalement du tourisme à l’année, associée à sa montée en gamme, sont deux conditions qui doivent nous permettre de mieux choisir nos publics, pour de ne plus subir et pouvoir positiver sur un secteur économique vital dans nos contrées.


***
© CDC : Communiqué de presse. Perpignan, 18 juillet 2016

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Erreurs de l'ancienne préfète - Responsables touristiques, agricoles…achetés, la ferment - La réussite du camping. - Pourquoi Perpignan ne peut devenir une "destination"de masse et heureusement : on préfère la culture aux troupeaux  de moutons !


P-O : La Préfète veut imposer un autre tourisme


 « il faut sortir du trajet camping-plage ». Elle commet pourtant une grave erreur d’appréciation
C’était à la fin du mois d’avril 2016, dans les salons de La Villa Duflot, à Perpignan. Professionnels du tourisme, élus politiques et consulaires, institutionnels, étaient invités par le journal local à débattre sur le thème du tourisme, « à la conquête du marché espagnol »…


Naturellement, comme souvent dans ce genre de débats, localement en tout cas, on prend les mêmes et on recommence : on invite à prendre la parole celles et ceux qui ne voient que par le petit bout de la lorgnette et dont on sait, surtout, qu’ils ne feront pas de vagues, qui ne mettront pas de cailloux dans les chaussures en guise de talonnettes… et pour cause : ils sont eux-mêmes bien souvent à l’origine des situations actuelles, entre mer Méditerranée et montagne pyrénéenne, incapables de montrer du doigt, de dénoncer, les dysfonctionnements des administrations, mais aussi des représentations locales et territoriales. « Nous allons gaiement dans le mur ! » ; l’élue Arlette Franco, alors maire RPR de Canet-en-Roussillon, et le restaurateur Alain Bastus, alors bouillonnant président de l’Union des Métiers de l’Industrie Hôtelière, entre autres « empêcheurs de tourner en rond » et de ronronner n’ont cessé de le dire, de le répéter et de le crier dans les années 90.


Les responsables, achetés, se taisent:
Aujourd’hui : silence ! Tous les pseudos-agitateurs sont rétribués, indirectement de par les fonctions qu’ils occupent, pour se taire. Ne surtout pas bouger, ne surtout pas remettre en cause « le » système qui nourrit les privilèges et érige certaines baronnies locales en « espèces » sonnantes et trébuchantes.
Et dans ce domaine, le Tourisme, désormais – Quoi qu’en dise et quoi qu’en pensent les lobbies agricoles – principale activité industrielle sur le sol roussillonnais, n’échappe pas à la règle, hélas.


Josiane Chevalier, préfète des Pyrénées-Orientales, en place à Perpignan depuis maintenant 8 mois, a cru certainement qu’elle créerait un électrochoc lorsque, parmi les notables réunis à ce Club de l’Eco de L’Indépendant, en s’exprimant ainsi, s’agissant plus particulièrement de l’hôtellerie de plein air : « Même si les professionnels du secteur me disent qu’ils y travaillent, j’observe cependant que les trajets et les consommations des touristes dans les campings sont limités. Il faut une meilleure promotion de la ville de Perpignan et également de tout l’arrière pays roussillonnais pour qu’ils sortent du trajet camping-plage (…) ».


Le ghetto des campings
Visiblement, ses conseillers ne l’ont pas briffer avant qu’elle s’installe devant les micros. Car s’il est, sur le littoral roussillonnais en tout cas, un secteur qui a bien réussi sa révolution, c’est bien celui de l’hôtellerie de plein air : depuis les criques de Collioure jusqu’aux plages de sable fin du Barcarès (pour rester dans les frontières départementales), en passant bien sûr Argelès, Saint-Cyprien, Canet et Torreilles, les campings ne sont plus uniquement les villages de toile qui fleurissaient au bon temps de la période des premiers congés payés.


Les campings du 66 ont suivi et subi une telle transformation pour séduire les tour-opérateurs européens, ils se sont tellement suréquipés que leur clientèle ne sort pratiquement plus lorsqu’elle débarque dans les sites où, autour des mobil-home, elle trouve tous les services, commerces, la sérénité… et les plus belles piscines plus bleues que la mer Egée et aux abords manucurés comme des lagons ! En 2015, les campings d’Argelès et de Canet proposent toutes les tentations estivales, du néo-écolo à l’ultra-luxe (spa…).


On comprend mieux, dès lors, pourquoi les touristes ne souhaitent pas forcément quitter les campings lors de leur séjour sur le littoral roussillonnais – puisqu’ils y trouvent (de) tout pour passer une saison radieuse – si ce n’est pour s’offrir un restaurant gastro ou effectuer une séquence-shopping.


Ensuite, oui Mme la Préfète les touristes qui viennent séjourner sous le soleil du Roussillon choisissent délibérément d’y venir car, et ils le confirment sur les livres d’or des Offices de tourisme dans les stations balnéaires, ils sont d’abord « attirés par les atouts naturels » de notre département : soleil, mer… et montagne.


La plage du Racou par exemple, située au sud du territoire d’Argelès-sur-Mer, ou la plage de Paulilles, entre Port-Vendres et Banyuls-sur-Mer, sont régulièrement plébiscitées dans les médias nationaux et européens comme « parmi les plus belles » plages de France.
Il en est de même pour la façade maritime de la Côte Vermeille, la plage de Torreilles et ses restaurants sur le sable, l’embouchure sauvage du bocal-du-Tech, la plage de Terrimbo à Cerbère, etc.-etc.


La mer, tourisme d'avenir
En ce sens, l’ancien président de la Région et sénateur des P-O, Christian Bourquin, avait été précurseur et visionnaire en créant le Parc marin naturel du Golfe du Lion, premier espace du genre en Méditerranée française. Il savait que la mer est notre avenir économique et donc touristique.


C’est bien Météo France qui, tous les soirs, ou presque, fait saliver devant les téléviseurs nombre de Français établis au nord de la Loire – et même plus bas à Toulouse, Albi, Rodez, Aurillac.. – en affichant des records de « chaleur » pour Perpignan et sa région.
Les 8 millions de visiteurs annuels qu’enregistre notre département ne se précipitent pas pour voir les Déferlantes d’Argelès, les Jeudis de Perpignan, le musée d’art contemporain de Céret ou encore pour se recueillir sur la sainte-tombe d’Arles-sur-Tech (pour tenter de résoudre le mystère de son sarcophage)…


Les plages et le Perthus
 C’est bien pour les magnifiques plages des Pyrénées-Orientales et son climat, pour l’essentiel, qu’ils viennent y séjourner. Et lorsque le temps n’est pas de la partie, c’est une balade à Collioure ou un business-plan-transfrontalier qu’ils privilégient.
Alors c’est sûr, dans ces conditions, la clientèle espagnole de proximité (les Catalans du sud) n’a aucun intérêt à venir en Roussillon : nous avons Collioure, ils ont Cadaquès ; nous avons Argelès et Canet, ils ont Rosas et Lloret-de-Mar, nous avons Saint-Cyprien, ils ont Platja d’Aro… et le Palais des Rois de Majorque de Perpignan ne pourra jamais rivaliser avec la Cité de Carcassonne pour leur assurer un total dépaysement !


Pour un tourisme oenologique
Le soleil, la mer et la montagne constituent nos richesses, ne commettons pas l’erreur de l’ignorer. Continuons en parallèle de développer la vigne et la gastronomie, qui constituent l’autre pan de cette offre touristique diversifiée et dont l’essor à l’international (côté image) ne cesse de grandir depuis une belle décennie. Nous l’avons vérifié tout récemment encore avec l’impact des vins roussillonnais sur le marché asiatique en général, chinois en particulier.
S’il est un créneau, dans le secteur du tourisme local, qu’il faudra revoir, c’est plutôt sur la sécurité et l’accueil des personnes qu’il faudra vite (ré)investir.

 

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