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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 09:43
Liberté d'expression © Charlie-hebdo

Liberté d'expression © Charlie-hebdo

Lectures intelligentes :

 

-Pour pleurer et mourir (de rire), lire le dernier n° spécial de Charlie (3 euros), sur la laïcité. 

Ni le pape, ni Le Pen, ni Juppé n'ont apprécié : ça me rassure !

 

-Pour comprendre le génie du FN à réinventer sans cesse son discours, au risque de se contredire éternellement, pour saisir l'importance de ce "parti lobby", selon l'expression du duo Lebourg Nicolas/Camus J.Yves, pour voir que le mouvement frontiste est un fourre-tout, un attrape-tout (et surtout nigauds !),lire sans attendre "Les droites extrêmes en Europe" (Seuil, 320 pages, 20 euros) !!!

La Marine, le Louis, le Jean-Marie, le Connard…n'apprécient pas : j'en suis fort aise…

 

JPB

 

 

 

--- La France du deuil

 

Depuis des mois, une année (janvier 2015, attentats à Paris, Charlie...) et avant (victimes françaises au Mali...), la République pleure : au larmes, citoyens !

 

Les cérémonies, les funérailles s'enchaînent...Le Président est sur tous les fronts de la mort... Il est sans doute sincère, mais tous ces événements macabres flattent sa cote de popularité;..

 

Fleurs, couronnes, bougies, célébration d'un massacre, messe : la place parisienne est un autel à ciel ouvert.

 

Rassemblements populaires spontanés : l'émotion. Un jour, viendra la raison...

 

Décors grandioses, austères et funèbres aux Invalides : les victimes sont plus que handicapées. La France est à genoux, éplorée. La Rép est en pleurs. L'hommage national n'est refusé que par quelques intransigeants qui accusent le gouvernement, l'Etat, la police...

 

Bleu, blanc, rouge, mais le noir domine !

Grande marche, mise en scène, puis des tas de films, de docus, bientôt des centaines de livres : le terrorisme est un commerce...

 

Anonymes fauchés, militaires tués, policiers et pompiers kalachnikovés... Pourquoi ces rituels ?


Pour faire le deuil, activer la mémoire, garder des images du traumatisme, ressouder la nation : mémoriaux et sanctuaires bétonnent le récit national :

 "En fait de souvenirs nationaux, les deuils valent mieux que les triomphes." (E. Renan)

 

Collectivement, la mort est moins difficile à affronter : la communauté se ressoude pour aller plus loin, dans un avenir moins brumeux : après l'émotion, la compréhension..? La colère, la révolte, la révolution..? A suivre…

 

 

Travail de deuil...Gommer le traumatisme...

 

Les photos et la biographie des victimes du Bataclan et d'ailleurs sont égrenés, donnés à voir: destins singuliers, promesses d'avenir, de réussite : le chagrin, la compassion sont délivrés à chacun; quand il s'agit d'une masse, d'une guerre, d'une destruction massive (cataclysme, catastrophe...), nous ne pouvons distinguer l'individu : la tristesse devient plus vague, et la mémoire s'estompe vite, jusqu'à la cata suivante...

 

 

Portaits de la mort. Cérémonies macabres, mais, ô paradoxe, ces scènes de mort sont manigancées pour montrer que nous sommes encore en vie, que la société unanime, que l'organisation étatique subsistent, là...

 

Deuil. Face au spectacle de la mort, je pense à ma propre agonie, je pleure une partie de ce mort et la partie intime de moi-même que je n'ose avouer. 

 

Egoïsme, même au plus profond d'un acte qui se veut altruiste !

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6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 09:55
Nouveau logo de Collioure - Louis GORCE
Nouveau logo de Collioure - Louis GORCE

Nouveau logo de Collioure - Louis GORCE

*

 

Vendredi 8 janvier à 20h

Ciné Estève Junior

Stand by me - Rob Reiner

 

Samedi 9 janvier à 21h

Festival Radio Crochet

Soirée d'ouverture

 

Lundi 11 janvier à 18h30

C.E.P.S. :Une approche symbolique de l’art moderne

par Michel Arnaudies, artiste, écrivain, poète, peintre, illustrateur

 

Samedi 16 janvier à 20h30

Elie Semoun, A partager

Le retour d'Elie Semoun sur scène.

Un nouveau show à l'image de son humour : intime, émouvant et saignant !

 

Samedi 23 janvier à 20h30

La Belle Hélène

Opéra-bouffe de Jacques Offenbach

Co-production CRR Perpignan Méditerranée/Misto musica

Conférence présentée par Daniel Tosi à 19h le jour de la représentation.

La Belle Hélène, le « Paris » d’Offenbach

 

 

Jeudi 28 janvier à 20h30

SPOT : Cantem Jordi

Un hommage rendu à Jordi Barre, artiste phare de la nouvelle chanson nord-catalane, par le groupe Cantem Jordi.

 

Samedi 30 janvier à 20h30

Edgar, seul en scène.

Edgar, 10 ans, se découvre une vocation: danseur classique. Mais comment y parvenir ?

 

Théâtre de l'Etang - 6 Allée des Arts & Lettres / 66240 St-Estève

 
 

- - - Walter Benjamin Association (06 31 69 09 32)

***Librairie Torcatis :

 

 Vendredi 5 février,à partir de 18h  : présentation de l'association Walter Benjamin à la librairie Torcatis, par quelques membres, écrivains, tels Madeleine Claus, Michèle Bayar, Isabelle Sabot, Françoise Dumas, J.P.Bonnel, psychanalyste comme Alain Badia…

 

L'Association Walter Benjamin, dont le projet est de faire connaître la vie et la pensée du philosophe juif allemand, port à Port-Bou, en septembre 1940, présentera ses activités et procédera à des lectures d'extraits d'oeuvres de l'auteur de Enfance berlinoise. Les sujets abordés seront ceux de l'exil, de la traversée des Pyrénées, de la réflexion sur l'Histoire et sur l'oeuvre d'art.

A ce propos, Madeleine Claus parlera de son livre sur la communauté de la Coûme (Mosset) et J.P.Bonnel du "Chemin ultime de W.Benjamin" (Cap Béar éditions).

 

Entrée libre -

 
**

* Louis GORCE

 

« Celui qui se moque éperdument  de tout, tout en se prenant passionnément au sérieux… »

Que peut-on demander au ciel de plus juste, de plus sincère, de moins généreux ?

 

Tel Louis Armstrong, le Roi Louis souffle dans sa trompette et le monde renaît... Il est le King Louis, roi des singes du Livre de la Jungle de Rudyard Kipling...celui qui reconstruit un univers baroque, un rien absurde, fantasque à la Lewis Carrol, on ne peut moins cruel à la Pierre Boulle.

 

Il est l'humble qui éveille les gens…qui les bouscule et leur offre de participer  à ce que l’on nomme parfois trop péremptoirement des événements... Il est le bouillonnant héraut d'un monde qui voudrait parler, mais qui a résolument pris la décision de se taire quand tout part à vau-l’eau... La société d'aujourd'hui n'en est – toute cause entendue - pas un exemple moins patent... 

Il est celui qui va donner du coeur aux notes et aux rythmes, quand tous les autres ont rendu les armes... Rumba, bossa nova, cha-cha et valse... rien n'est calme et rien n'est volupté dans les accords de Louis Gorce... Louis est un sylphe qui a l'air de... mais plus encore la chanson qui... On souhaiterait le réduire en le définissant... On voudrait le grandir en le déifiant ou en faisant un totem... Peine perdue... On ne peut décrire un homme libre comme Gorce. Il est celui qui vous tape sur l’épaule, quand la musique, telle une boussole déboussolée, est en quête de ses propres pôles et de ses propres portées.

 

Louis Gorce est l’enfant rebelle qui vient demander s’il a bien joué quand tout le monde a dansé et s’est amusé plus que de raison. Il est le titi qui sifflote, un sourire amène et séducteur aux lèvres, « le temps des cerises » de Jean-Baptiste Clément lorsque la République est menacée par le retour de la Royauté et de son flot de privilèges… Il est encore Gavroche, qui ramasse, au mépris de sa vie, des balles, qui ne serviront plus... 

Il recueille les notes dans son imaginaire comme le fils Thénardier récupérait, au pied des Barricades, lors de la Commune de Paris,  les cartouches des Insurgés, celles là même qui, à l’aube d’un univers désabusé, savaient bien qu’elles ne serviraient pas à construire le futur, sinon à panser les plaies béantes du passé. Parce que la musique, c’est encore çà… Outre les mélodies sirupeuses et les mélopées désuètes… le rôle infini et transcendant de la musique, c’est malheureusement et fort heureusement au tréfonds de nous-même, en notre for intérieur, de rouvrir des blessures incurables et de raviver des souffrances inextinguibles….

 

Louis, c’est l’homme par qui le scandale pourrait arriver, mais hélas aussi celui par qui le scandale n’arrivera pas…du moins pas encore…Il se contient, le bougre… Il sait que la vie est un fandango et que bien malins sont ceux qui apprendront vite et bien les rudiments de cette danse, sociale, sociétale, malheureusement convenue, parce qu’ils se doivent de s’en déclarer les élèves, avant que d’en devenir les maîtres… Louis Gorce, c’est enfin un talent exercé qui fait s’agiter et se trémousser depuis près de quarante ans jeunes et moins jeunes…

 

Danser, chanter, voilà bien deux modus vivendi indissociables qui seyent à tout un chacun… Néanmoins, en deçà des apparences – pour les adeptes des trompettes fédératrices et des images conviviales rassérénant, mais  non moins trompeuses – Louis Gorce invite, par-delà les rendez-vous festifs des bals et des concerts bien de mise, à réfléchir – dans un souffle éthéré – au rôle humain et pacificateur de la musique : celle là même qui unit, qui apaise et qui nous incite – quelles que soient nos divergences et nos obédiences – à communier et plus encore à communiquer…

 

Jean Iglesis

 

Photo jointe : Louis Gorce

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5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 09:47
M.Galabru (photos Jean-Pierre Bonnel) au cloître de Collioure, le 6 juin 2015.
M.Galabru (photos Jean-Pierre Bonnel) au cloître de Collioure, le 6 juin 2015.

M.Galabru (photos Jean-Pierre Bonnel) au cloître de Collioure, le 6 juin 2015.

Je publie ici, dans mon blog, l'article que j'avais écrit pour L'Indépendant le 6 juin 2015 :

 

Collioure en habit de Galabru

Le 15 juin à 6h00 par Jean-Pierre Bonnel | Mis à jour le 15 juin  -  Collioure en habit de Galabru - Lindépendant.fr

www.lindependant.fr/2015/06/15/collioure-en-habit-de-galabru... (photo Jean-Pierre Bonnel : l'acteur accueilli par le maire de Collioure, sous la pluie : les invités se sont réfugiés dans le cloître du jardin du musée d'art moderne… J'ai pu aborder sans problème l'artiste, qui n'hésitait pas à se livrer et à raconter des moments de sa vie à ceux qui l'interrogeaient… Fatigué, certes, mais l'esprit et la voix assurés. Un homme modeste et sympathique. JPB)

 

- - -

 

Samedi soir, le spectacle de Michel Galabru à Collioure enchanta le Théâtre de la mer

 

 

        Collioure en habit de … Galabru  !

 

 

 Pour sa venue, les éléments se sont tus. En effet, vendredi, à son arrivée à la conférence du maire, Jacques Manya, l'acteur avait essuyé une pluie torrentielle. Mais samedi soir, aucun vent méchant, pas la moindre brise marine n'a osé perturber le spectacle de ce comédien hors-normes. 

Si jeune d'esprit, cet homme de 92 ans, à la voix si forte et si profonde, à l'humour si décapant, a toujours la passion du théâtre et l'enthousiasme des débuts…

 

A Collioure qu'il connaît bien, pour  avoir tourné dans le film "Le petit baigneur"…A Collioure, qu'il aime et où il retrouve sa filleule tant aimée… A Collioure, il s'est donné, il a offert son talent et sa générosité au public nombreux et chaleureux étagé dans l'amphithéâtre du square Caloni…

 

L'acteur a écrit le texte de son monologue autobiographique "Le cancre"; il y raconte les grands moments de sa longue vie, l'école, l'enfance, l'adolescence, les cours de théâtre avec Louis Jouvet, l'existence difficile à Paris… M.Galabru revient sur ses origines : homme du Midi, sa famille est native de l'Hérault; d'un petit village près de Lodève et autour de Pézénas. Son patronyme signifie "Coq d'avril". Il parle de ses racines, de souvenirs heureux, même si, clame-t-il, "La grande injustice, c'est la naissance !".

 

Dan l'intimité du théâtre sur la mer, ouvert sur le petit port et l'église marine, l'acoustique s'étonne de la justesse de la voix de ce monsieur assis, sur l'estrade, immobile : toute la mise en scène réside dans la clameur et les variations pittoresques de son verbe ! Il déroule la chronologie de son existence, en la nourrissant de mille anecdotes hilarantes : son enfance au Maroc, "dix ans de paradis", la nomination de son père au Havre, l'école : il devient "le cancre", intitulé de son spectacle, car huit fois mis à la porte de façon …définitive ! 

 

Ensuite, ce sont les études à Montpellier, dans "une belle pension", puis vient le temps du théâtre...

M. Galabru imite alors Sacha Guitry; il campe mille personnages avec l'accent et la formule qui tuent ! Voici l'oncle, puis Martine "aux nichons bien calés", et Gisèle, aux "dents de lapin", ou encore M. Valmal et "sa gueule de travers". Le public rit, applaudit, puis soudain fait silence : Galabru évoque la guerre ("Je suis de la classe 42"); il est envoyé dans un camp disciplinaire en Yougoslavie…Enfin, c'est la Libération, l'arrivée des chars soviétiques et le jeune homme se retrouve à Strasbourg, puis à Paris : voici le début de l'aventure du futur comédien !

 

L'acteur infatigable enchante anecdotes, blagues, souvenirs cocasses, faits divers incroyables… On sent qu'il aime son métier, qu'il est capable de parler toute la nuit…Et pourquoi pas ? Elle est si douce, cette nuit colliourenque, blottie au pied du château royal ! 

 

Mais avant d'aborder le théâtre, le spectacle prend des chemins buissonniers : Galabru, jeune et "noir de cheveux" va travailler dans les assurances; il rencontre une femme au ventre très rond et comme lui aussi, déjà, a de l'embonpoint, les relations ne sont pas aisées…Le discours est parfois égrillard, semé de "gros mots" et c'est ça que le spectateur apprécie, cette sincérité, du verbe, cet aspect "naturel", franc du personnage ! 

Soudain, le rire semble basculer vers la tragédie : cette femme ne pensait qu'à se suicider…Mais non, c'était du théâtre de sa part ! Tout est d'ailleurs théâtre, chez Galabru, qu'il soit sur scène ou que vous lui parliez en tête à tête : c'est un être devenu théâtre à lui tout seul ! 

 

Le monologue s'achève sur les grands moments de sa carrière d'acteur : il est reçu au Conservatoire et suit les cours d'un prof remarquable, Louis Jouvet. Il joue "Psyché" de Molière avec François Perrier, il rencontre Michel Simon : tous ces comédiens sont campés avec sympathie, mais Galabru se souvient de cet acteur ironique qui disait : "Tu peux me serrer la main : le talent n'est pas contagieux…"

 

Mais Galabru a du talent : en 1950, après trois ans de Conservatoire, il obtient le premier prix et entre à la Comédie française ! A ce propos, il confie au public conquis qu'il était amoureux d'une ouvreuse…Puis il improvise quand un moucheron se permet de permet de lui chatouiller un oeil… Il quitte le "Français" et rencontre l'admirable Suzanne Flon qui lui propose un film pour la télé avec Claude Brasseur et Jean-Paul Belmondo. C'est le début de la gloire, mais Galabru va s'essayer au cabaret. 

 

Il développe ensuite un moment de bravoure à propos de Fernandel, Pagnol, Arletty, et cette maquilleuse qui doit lui coller une moustache : ne disposant pas de l'objet, elle se décide à se couper les poils du pubis…. Enfin, retour au cinéma avec le populaire:  "Les gendarmes à Saint-Tropez".

 

Michel Galabru met soudain un terme à son "one man show" : le public n'a pas vu l'heure tourner au cadran de Notre-Dame des Anges. L'ange authentique, ce fut ce gars gentil, ce Galabru jamais méchant, malgré l'humour, qui célébra la comédie, mais en aucune façon "le théâtre de l'amer"…

 

 

Jean-Pierre Bonnel

 

 

 

 

le comédien en juin dernier dans le cadre du festival "Un soir au Caloni". Il y avait joué son spectacle "Le Cancre". En 1967, Michel Galabru avait également tourné plusieurs scènes du "Petit Baigneur" dans la commune.

/chapo

Michel Galabru aura donc donné une de ses dernières représentations au Théâtre de la Mer de Collioure. C'était le samedi 13 juin dernier avec son spectacle autobiographique "Le Cancre". 

 
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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 10:47
temps à l'envers

temps à l'envers

Du temps...

 

Catastrophe (Shoah en hébreu)

 

extrait de mon livre (publication à venir…) 

La fin du temps

 

 (à la fois "fin du monde" et roman sans expression du temps verbal conjugué) :

 

    Chapitre IV L'Histoire comme tragédie

 

 

    Au même moment à Paris, quelque part entre “Le vieux campeur” et le Panthéon, à la terrasse bigarrée d’un célèbre café, altercation rude entre une ménagère et un intellectuel. Rencontre au sommet, là, dans la rue, au-sujet de la raison de l’homme et de son histoire, envisagée dans son déroulement et ses fins dernières. Même France-culture, incapable de proposer un tel discours et de telles épousailles!

    Devant son demi, le cabas de fruits et d’emplettes fraîches sur les genoux, face au hirsute et lunetté prof à la Sorbonne ancienne, M.Paul-Louis Debonnaugure:

-Décidément, cher Monsieur, changement de temps: étés pourris, juillet frileux, août pluvieux; fini le bon climat, tout ça en raison des pollutions, de tous ces engins envoyés dans le ciel! Ah! De mon temps! Où la douce France..?

-Mais, ma bonne dame: normal, pas de quoi s’étonner: notre beau pays, sans cesse balayé par les dépressions venant de l’Atlantique. Pas de quoi fouetter un chat, ni un scientifique, ou un cosmonaute! Bien sûr, changement de temps, car variations perpétuelles des climats, partout dans le monde...

-Tout de même, M.Monsieur, comment, excusez-moi..?

-Debonnaugure, mais M.Paul-Louis, pour vous. Oui, dire M.Paul-Louis!

-Alors, M.Paul-Louis, ne pas nier l’évidence. Changement de temps, surtout des temps, comme la chanson de Dylan : ”Times changing”. En effet, progrès technique, modernisme, automatisme, mais surtout progrès dans la tuerie, l’armement,la capacité de faire exploser la Terre! Et le progrès moral, là-dedans..?

-Effectivement, Mme Soleil, voici la “science sans conscience”, de Montaigne -ou de Rabelais-et la citation de notre contemporain Edgar.

Morin: ”Notre planète, encore dans l’âge de fer planétaire et dans la préhistoire de l’esprit humain.” Justement: devant elle, les virtualistes de “l’avenir radieux”.

- Que diable, cette casuistique! Et la Shoah, ”catastrophe “ -en hébreu- primordiale pour la communauté juive, désignation du génocide opéré par les Nazis, simple pet de lapin..?

-Oui, bien sûr, la destruction en masse et les autres holocaustes et purifications ethniques: les camps, Pol Pot, le Rwanda... Et la phrase d’Alain Finkielkraut: ”Le XXème siècle: un siècle pour rien. ”Cependant, depuis les Lumières, cheminement de l’homme vers son accomplissement; justification de sa présence, ici-bas, à l’intérieur du temps historique; continuer à tenter de devenir meilleur, agir sinon difficile d’être optimistes dans l’inaction...

-Fort de café, ça, M. le philosophe: continuer d’agir tout en sachant que l’échec est au bout de la route! Et demain, d’autres désastres? Non, en finir, arrêter l’Histoire! D’ailleurs, pas finie l’Histoire, avec le succès du mondialisme et de la pensée unique…

-Non, Histoire infinie, soubresauts inimaginables. Tourner les yeux vers le passé: les victoires de l’homme contre les catastrophes “ordinaires” du 18 ème siècle, par exemple, la famine, la peste.Avoir dépassé l’angoisse de la mort au coin de la rue et “la culture de la peur”. Et la grippe, espagnole, ou pas! Ainsi Ambroise Paré, en 1510: ”Grandes douleurs en la teste,ensemble en l’estomach, ès reins et ès jambes,et fièvre continue avec délire et frénésie.” 

... JPBonnel

 

- - -  Du temps, par Guy Jacquet :

 

Meilleures nouvelles années d'ici à 50 ans

 

 

 

pendule ''d'avant le temps'' ... qui tourne à l'envers des erreurs !!!

 

Il faudrait naître vieux

...commencer sans nulle promesse

Avoir déjà ouvert les yeux 

sur l'enfance et sur ses détresses

Être enfant lorsque nos enfants

seraient devenus nos aînés...

nous apprenant les vérités 

que les vieux disent au couchant !!!

Enfin disparaître sans bruit

fragile comme fleur de blé...

et

bercés par l'ombre de nos fruits

fredonner pour aimer ....

Il faudrait 

naître vieux

et commencer par la sagesse !!

 

                                                                                             Guy*più                                         (musique de Serge Llado)

 

 

 

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3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 12:24
Oui, que Marianne était jolie !!!

Oui, que Marianne était jolie !!!

2016 encore une année pour rien ?

Espoir de voir les Etats réunis pour lutter contre le climat et le terrorisme..?

Daech toujours là et après il y en aura d'autres si on ne se décide pas à respecter les gens et les pays, partout dans le monde...

Miuchel Delpech, oui, beaucoup de nostalgie : des chansons, miroirs d'une époque avec si peu de mots, avec une mélodie si simplette !

Quant à la presse, ici, on se dépêche, notre quotidien a été encore une fois mangé : le monopole est quasi total... Il reste quelques énergumènes, des blogs, des coups de gueule, des révélations, des infos hors des sentiers battus... Si on continuait à se batte ..?

 

JPB

 

- - -

CDC : Convergence Démocratique de Catalogne :  je ne suis pas un adhérent ni un militant de ce parti mais je trouve ses communiqués souvent idoines. Et pour la liberté, simplement, comme pour les infos du NPA, de la CNT, peu relayées...

Alors je les publie :

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE · Perpignan, 29 décembre 2015

 

CAROLE DELGA : ÇA COMMENCE MAL

La future présidente de la nouvelle région Languedoc-Toulouse, Carole Delga, a livré ses premières intentions, lundi 28 décembre en Roussillon. La nouvelle élue a effectué ses annoncesdansleslocauxdelamairie d‘Argelès-sur-mer,enprésencedudéputé-mairePierre Aylagas, du député Jacques Cresta et de la sénatrice et présidente du Conseil départemental des Pyrénées-Orientales, Hermeline Malherbe. Convergence Démocratique de Catalogne dénonce cette collusion région-mairie, deux semaines après un scrutin qui a secoué notre système institutionnel. La famille socialiste, indécrotable dans ses arrangements, semble décidée à perpétuer les archaïsmes. La séparation des pouvoirs et la probité absolues sont cependant indispensables à notre démocratie. Il devient urgent de donner le bon exemple, en évitant les mélanges d’intérêts soulignés par cette annexion de lieu public. Alors même que l’élue languedocienne n’a pas encore pris ses fonctions, ce premier signal n’augure aucun changement dans l’ADN d’une mouvance politique qui n’a décidément pas perçu l’avertissement des urnes.

Contact presse : 06 75 74 25 49

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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 11:25
Article de L'Indépendant : les animatrices des points-lectures © L'Indépendant & A.Andreu

Article de L'Indépendant : les animatrices des points-lectures © L'Indépendant & A.Andreu

*Polémique : médiation, centres sociaux municipaux, licenciements  d'animatrices..?

 

Ce problème m'a interpellé car j'ai fait une intervention au point-lecture (comme d'autres écrivains, telle Michèle Bayar) l'année denière, invité par Amapola Gracia, animatrice à Vernet-Salanque. Dans un contexte social difficile, au coeur d'une cité où la culture est placée au second rang par des familles qui ont des préoccupations financières, ces lieux de dialogue, de réconfort grâce aux mots, à la poésie, à la chanson, à la littérature, sont essentiels.

Au lieu de supprimer des subventions, il faudrait, pour répondre au projet de médiation culturelle prônée (à juste titre) par l'adjoint chargé de la culture, les augmenter ! Et multiplier les lieux de médiation, instaurer des bibliothèques et des théâtres, partout dans les quartiers, doubler les postes d'animateurs, de formateurs, d'éducateurs, prêter des salles aux jeunes pour qu'ils puissent exprimer leurs talents au lieu de les laisser dans l'oisiveté et le chômage…D'où les risques de délinquance et de terrorisme… Il y a tant à faire ! 

C'est bien de vouloir animer le centre-ville, de taire de Perpignan une ville d'art, d'histoire, de destination touristique…de protéger son patrimoine religieux ou architectural…Mais avant tout, il s'agit, pour un maire humaniste et proche de ses concitoyens, de protéger le patrimoine humain de sa cité !

 

JPB.

 

La mairie n'a accordé cette année que 4000 euros de subvention (au lei des 12000 des années précédentes) :

 

*Point de vue des animatrices :

Autodafé des « Points Lecture » par la Ville de Perpignan.

En arrêtant de les subventionner, la Ville a décidé non pas de brûler les livres des 3 « Points Lecture » des quartiers prioritaires mais de les condamner à la fermeture et au silence, ce qui revient un peu au même.

A un moment où l’on ressent au plus fort de l’actualité le besoin de créer du lien, de la mixi- té sociale dans les quartiers prioritaires, la Mairie, elle, décide sans trop argumenter la fermeture des Points Lecture de Vernet Salanque, Mailloles et St Martin, espaces d’ouverture où les enfants des quartiers pouvaient venir lire des petits quotidiens , parcourir des albums géants de poésie et emprunter des livres, où des mères de famille illettrées osaient venir s’essayer à l’apprentissage de la lecture où des séances de bébés lecteurs en mettant des livres à la portée de tous, dès le plus jeune âge, donnent aux tout-petits les meilleures chances et sont un facteur de développement. 

Quelquefois certains ateliers, comme « les Cafés con libros » ou autres animations attiraient une population extérieure à la cité en permettant ainsi un brassage des genres, des langues et des cultures et empêchant sa ghettoïsation.

En quoi tout cela était gênant Monsieur Le Maire ?

Victor Hugo n’a –t-il pas dit : « Ouvrez des écoles vous fermerez des prisons ! ». Non pas que l’on veuille comparer « Les Points lecture » à des écoles mais ils sont néanmoins des lieux d’expression, de connaissance, de médiation sociale et culturelle.

Notre syndicat, la CNT Education Santé Sociale, dénonce non seulement la mise au chômage brutale des animatrices qui faisaient vivre ces lieux mais vous demande de revoir votre copie car nous soutenons aussi ces espaces que nous considérons comme étant d’utilité publique.

 

 

** Point de vue de Michel Pinell, adjoint à la culture et à la médiation, ville de Perpignan : 

pour lui, pas question de supprimer ces points-lectures, la médiation est au centre de son projet culturel pour Perpignan. La lecture doit être développée. 

Et elle le sera notamment grâce à la nouvelle Charte de Coopération Culturelle mise en place en janvier 2016…

Les centres sociaux vont être restructurés "en interne", c'est-à-dire par la mairie, qui devrait reconduire ces postes. Le veut-elle ? A-t-elle les moyens d'une politique sociale et d'une culture pour tous..? 

Oui, pour M.Pinell : l'affectation de la subvention se fera par l'intermédiaire d'une autre association; une réunion est prévue, pour faire le point sur le sujet, dans les jours qui viennent avec Olivier Amiel (en charge de la politique de la ville) et Christine Moulenat, en charge des centres sociaux…

 

**A lire : 

Article du quotidien L'Indépendant du 31.12.2015 (voir plus haut), signé Arnaud Andreu : "Faute de subvention, les Francas n'animeront plus les points lectures des quartiers sensibles de Perpignan, à partir du 1er janvier 2016".

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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 08:39
Terrus

Terrus

 

 

 

 **Musée d’art moderne de Collioure

Exposition du 19 octobre 2015 au 21 février 2016
Art historique du XXe

 

presse

Le musée d’art moderne de Collioure présente jusqu’au 21 février 2016 une grande partie du fonds historique, regroupant les artistes qui sont passés à Col- lioure pendant le XXe siècle : Jean Peské, Augustin Hanicotte, Willy Mucha, Henri Marre, Gaspard Maillol... Viennent s’ajouter deux œuvres majeures, l’une de Charles Camoin de 1912 « Les ânes à Collioure », l’autre d’André Mas- son de 1919 « Paysage à Collioure » acquise en vente publique.

Il s’agit là d’une pièce remarquable et rarissime, car à ce jour on ne connaît aucune autre œuvre de Masson peinte à Collioure ; peinture qu’il a réalisée lorsqu’il était en résidence à Céret, en 1919 avec Maurice Loutreuil. Ce dernier est venu à Collioure rejoindre l’une de ses amies, et c’est probablement lors de ce séjour, que Masson venant lui rendre visite a peint ce magnifique tableau, qui vient par ailleurs d’être restauré et peut ainsi être présenté au public.

Art Contemporain

La présentation du fonds historique est complétée par quatre salles d’art contemporain qui s’ouvrent sur :

- La très belle série de photos -tirages couleur sur aluminium- de Bleda y Rosa, réalisées lors de leur résidence au cours de l’année 2000 et qui donnent à voir une autre vision du Collioure traditionnel.

- La série photographique d’Aurore Valade -tirages argentiques light jet- en résidence en 2006, qui a immortalisé les habitants de Collioure, pris dans leur intérieur, avec une perception d’un travail proche de la peinture de compo- sition. À noter aussi la suite de 12 profils de la même artiste -tirages couleur sur aluminium sous verre- d’une délicatesse exceptionnelle. Tous pris sur la ligne d’horizon maritime, épaules dénudées et de profil gauche. Sur cette ligne d’horizon interviennent, soit des baigneurs, des bateaux, des mouettes... Ainsi l’artiste compose avec l’homogénéité du sujet et les aléas liés à l’environnement, pour rendre un mouvement et l’offrir à l’œil d’un public muséal curieux et at- tentif.

Font suite à cet accrochage les œuvres de Thomas Verny, Julien Descos- sy et Pierre Buraglio, toutes sur le thème du paysage à Collioure, passé par le filtre de la réflexion de chaque artiste et intégré dans son travail de recherche.

Toutes ces pièces font partie du fonds du musée, et pour la grande majorité d’entre elles, ont été données par les artistes.

Enfin viennent s’ajouter, comme à chaque accrochage, des œuvres très récentes, en prêt pour la durée de la présentation :
- Les tous derniers tableaux de
Patrick Jude, sur son travail maintenant très connu, concernant la disparition des vignes et de l’architecture qu’elles confèrent au paysage de Banyuls. Jude artiste incisif qui depuis les années 1960, ne cesse de dénoncer les faits et les travers de notre société, dans une peinture d’une exécution poussée à l’extrême perfection.

Ainsi que le travail tout juste sorti de l’atelier d’Emmanuelle Jude, qui uti- lise son appareil photo pour capter sur le vif la thématique quelle souhaite explorer. Ces clichés sont ensuite reproduits dans une peinture hyper- réaliste, qui accentue par la volonté picturale et des couleurs employées, le dessein voulu par l’artiste, celui de donner à lire des scènes de la rue, ici « des mangeurs de glace ». Cette volonté d’aller au plus près du sujet et de s’y tenir interpelle au plus haut point l’œil du visiteur, qui devient inquisiteur et traque chaque geste du personnage saisi dans un moment d’intense vérité, qui selon, peut s’avérer cocasse, poétique, humoristique.. Le passant, dans la rue, n’a pas la possibilité de capter l’image qui l’attire comme le fait très judicieusement cette artiste, passée maître dans cet art, et qui maîtrise admirablement la couleur et l’exécution.

A noter que les pièces d’Emmanuelle Jude seront présentées au printemps 2016 à la galerie Odile Oms à Céret.

- - -

Horaires et jours d’ouverture :

De 10h à 12h et de 14h à 18h Fermé le mardi d’octobre à mai

Tarifs :

Plein tarif : 3 € – Tarif réduit : 2 € Gratuit jusqu’à 12 ans. 

page1image3832.png TERRUS à Elne 

 

SOUSCRIPTION ETIENNE TERRUS (1857 – 1922)

Proche de Maillol, Terrus était apprécié des grands peintres de son époque : Luce, ami de longue date, Matisse (dès 1905), Manguin, Camoin, Marquet, Derain ...

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Il s’est isolé à Elne par choix, mais il va régulièrement à Paris, où il participe au Salon des Indépendants jusqu’en 1914, voit les expositions, se tient au courant des dernières tendances. Il correspond régulièrement avec ses amis, les reçoit à Elne. Quelle que soit la période, la lumière, la couleur, la construction, la poésie, l’émotion, la sérénité habitent ses toiles et ses aquarelles. Certes il fait siennes toutes les tendances de cette période si florissante de l’histoire de l’art, mais il les a interprétées, gardant sa propre écriture, ce qui donne charme et intérêt à son œuvre.

Depuis 1994 la ville d’Elne a créé un musée qui lui est dédié et qui présente une collection unique de ce peintre.
Les Amis d’Illibéris et les Amis du Musée Étienne Terrus vous proposent de les aider à enrichir cette collection en apportant votre contribution à la souscription qu’ils lancent pour acquérir des huiles, des aquarelles, des dessins provenant de trois collections et visibles sur les cimaises de la galerie l’IF.

L’IF, 4, Boulevard de la Liberté. ELNE Ville Haute Les samedis et dimanches après-midi
sur rendez-vous au 04 68 22 18 78
de septembre 2015 à mars 2016.

 

- - - Gauguin à Cerbère ? 

(textes de Pascal Yvernault) 

 

L'ombre de Gauguin plane sur la plaine du Roussillon 

 

Si on sait que Paul Gauguin louaient les œuvres de Maillol et que Georges-Daniel de Monfreid était devenu en 1900 son mandataire "en toutes choses", on peut se demander s'il est, un jour dans sa vie, venu jusqu'aux pentes du Canigou pour rencontrer ses vrais partisans qui tous, au début du 20ème siècle, vivaient dans le Roussillon et lui vouaient un véritable culte.

 

Paul Gauguin, qui nait à Paris en 1848, est le fils d'un journaliste anti-monarchique qui mourra l'année suivante. Il perd sa mère alors qu'il est encore mineur et il est alors confié à un tuteur, Gustave Arosa, collectionneur et photographe qui deviendra un des premiers amateurs des impressionnistes. C'est grâce à ce tuteur d'origine espagnole que Gauguin côtoie les milieux qui soutiennent les mouvements républicains en Europe et en Amérique du Sud. 

A 23 ans, il se tourne vers la finance, d'abord comme agent de change puis comme employé dans une agence de vente et d'achat d'actions de compagnies d'assurances, et gagne jusqu'à 40 000 francs par an. Mais à 34 ans, il quitte la Bourse et annonce à son épouse Mette qu'il souhaite dorénavant se consacrer uniquement à la peinture. Il avait pris des cours de sculpture et de modelage dès 1877, avait été l'élève de Pissarro et avait exposé quelques toiles lors d'une exposition impressionniste en 1880.

 

En 1879, il peint Pommiers de l'Hermitage, dans les environs de Pontoise (huile sur toile exposée au Aargauer Kunsthaus à Aarau en Suisse) : "Pommiers de l'Hermitage montre l'importance qu'aura sur Gauguin l'enseignement de Pissarro. Le goût du maître pour la nature, son refus de toute forme d'académisme marqueront certes l'élève plus profondément que ses préceptes impressionnistes. Ce sont pourtant ces derniers, brillamment interprétés ici par Gauguin, qui seront à la base de ses futurs choix artistiques." (1)

 

A 34 ans, Gauguin changeait donc de vie. "Le changement ne s'était pas fait sans avertissement, mais la femme de Gauguin ne le lui pardonna jamais. Elle avait fait un marché avec un homme d'affaires bien renté, et lorsqu'il se tourna vers l'art et qu'il n'y eut plus de rentes, elle considéra qu'il y avait trahison conjugale. Au temps de sa fortune il avait commencé à peindre comme passe-temps dominical ; il avait également fait des achats assez importants que sa femme considérait sans intérêt - des œuvres de Cézanne, Manet, Renoir, Monet, Pissarro et d'autres.

 

 En tant que collectionneur, il avait rencontré Pissarro qui entreprit de l'instruire en matière de peinture et dès ce moment-là son intérêt pour la Bourse s'évanouit rapidement. A 31 ans, en 1879, il était devenu un 'amateur' tellement habile que ses œuvres (sous le patronage de Pissarro) furent exposées à la quatrième exposition organisée par les Impressionnistes ; il continua à exposer avec eux jusqu'à la huitième et dernière exposition de 1886 - à cette époque sa carrière d'homme d'affaires était terminée."

Paul Gauguin devient alors l'artiste dont on connait la carrière, le peintre de Pont-Aven et de Tahiti...

 

- - - © Le blog de louisiane.catalogne.over-blog.com

22 nov. 2013.

 

(1) Catalogue de l'exposition Gauguin, les XX et la Libre Esthétique , salle Saint-Georges, Liège (Belgique), du 21 octobre 1994 au 15 janvier 1995.

(2) Van Gogh et son temps, Robert Wallace (Editions Time-Life, 1969).

 

- - -

 

25 novembre 2013

L'ombre de Gauguin plane sur la plaine du Roussillon 

Admiré par les artistes nord et sud catalans qui le rencontreront souvent par l'intermédiaire de Georges-Daniel de Monfreid, Gauguin insistait "fortement sur ses origines hispaniques, sur ses attaches d'enfance avec le Pérou mais aussi sur la figure importante de sa grand-mère, la flamboyante Flora Tristan, à qui il doit à la fois ses origines ibériques et son atavisme républicain." (1)

 

A partir de l'été 1883, Gauguin s'occupe de missions pour le compte des républicains radicaux espagnols. "Il semble qu'entre 1883 et 1886 Gauguin ait effectué plusieurs missions pour les comploteurs espagnols : en 1885 à Londres, en 1886 à Bordeaux, un voyage à Montpellier en 1884, où, avec Emile Bertaux, il aura le temps de visiter le musée Fabre, et de commencer une copie d'un tableau de Delacroix. Il racontera aussi deux épisodes autour de la frontière pyrénéenne, un aller-retour entre Cerbère et Port-Bou caché à l'aller dans un wagon de charbon et au retour, dissimulant Ruiz Zorilla (*) dans la cargaison de blé d'un chariot. Enfin, une altercation avec un gendarme sur la côte de Cerbère. C'est à cette occasion sans doute qu'il peignit une aquarelle intitulée Cerbère 18 août 1883 et signée P.G., en vente chez Sotheby's en 1975, mission annoncée dans une lettre du 13 août à Pissarro dans laquelle Gauguin se dit "très intéressé aux affaires d'Espagne auxquelles je suis un peu partie active". Sans que Monfreid le sût à l'époque et sans qu'il s'appesantît dessus ensuite, Gauguin avait bel et bien séjourné en Roussillon." (1)

 

En 1902, Gauguin envisage de quitter les Marquises pour regagner l'Europe et pourquoi pas s'installer près de Monfreid dans les Pyrénées catalanes, ou en Espagne pour y travailler pendant quelques années. Monfreid l'en dissuade invoquant le climat détestable d'Europe : le froid, l'humidité en France, la sécheresse aride et les fièvres en Espagne.

Paul Gauguin meurt le 8 mai 1903 à l'âge de 54 ans. La nouvelle de son décès n'arrive à Paris que le 23 août. "Le premier Salon d'automne ouvert au Petit Palais comprend une salle consacrée à l'artiste où figurent huit toiles dont le Christ jaune." (2)

 

- - -

 

(*) Manuel Ruiz Zorilla a souvent conspiré contre les Bourbons restaurés. L'Espagne entre 1874 et 1885 est gouvernée par le roi Alphonse XII.

(1) Catalogue de l'exposition Paris Perpignan Barcelone - L'appel de la modernité (1889 - 1925), musée Hyacinthe Rigaud de Perpignan du 20 juin au 13 octobre 2013.

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27 décembre 2015 7 27 /12 /décembre /2015 13:18
Le chemin des Pyrénées, par Lisa Fittko

Le chemin des Pyrénées, par Lisa Fittko

Maillol, W. Benjamin...suite

 

 

  INTERMEZZO

 

    Près de la Placette, il y a un café. Tu connais l'histoire du verre d'eau ?

    Un jour, un enfant est entré tranquillement pour commander un verre d'eau. Il voulait chasser le soleil de sa tête. Le serveur lui a apporté une carafe et un verre. L'enfant devait plier sept fois son mouchoir avant de le placer entre sa tête et le verre, mais il pensait à un bateau. Le serveur, au comptoir, récitait des prières interminables et continuait à servir en même temps. Enfin les bulles du soleil sont montées dans le verre. Et l'enfant, délivré, est sorti du café Sola. Le mouchoir mouillé sur la table avait filtré le soleil. L'enfant est allé voir le manège sur la Placette qui avait pris les dimensions d'un parc.

 

 

3 - Les bras de  l'Harmonie- Banyuls 1944  

 

    Tu connais l'histoire de l'invention du papier par Maillol ? Les uns disent : avec des draps de lit et de lin filés par sa tante. Les autres : avec de vraies chemises de Hongrie rapportées par le comte Kessler, avant l'usage du chlore. Et d'autres : dans du drap de voile de Norvège, il trouvait la matière pour le papier des "Eglogues" de Virgile.

 

    Maillol avait tenu à installer son "Monument aux Morts" sur l'île grosse. Il lui voulait pour socle l'horizon. Le temps a substitué à l'original de pierre une réplique en bronze. Ce ne sont pas des vahinés aux couronnes qui attendent le voyageur. Une flèche part pour aller se briser dans la mer.

 

   L'"Harmonie"a perdu ses bras dans le jardin de la mairie de Banyuls. Pourquoi le sculpteur a-t-il laissé sa dernière statue inachevée ? Il y a eu la disparition de Dina, son dernier modèle, arrêtée par la Gestapo en 43, détenue six mois à Fresnes, libérée ensuite par l'intervention de Maillol. Il y a cette fatigue des bras de l'artiste- même. Est-ce la seule  difficulté des bras ?

   Allons demander aux arbres qui n'ont pas ce problème de muscles ni de mains pourquoi l'"Harmonie" est restée inachevée. Le figuier de la maison de Maillol a oublié dans son sommeil. Reste le vent dans le feuillage. Reste l'odeur. Pas davantage.

   Sur le chemin de la métairie il y a des souvenirs. 

 

Tu connais l'histoire de l'invention du papier par Maillol ? Il mâchait des chiffons de chemise de sa grand-mère qu'il pilonnait avec un tronc d'arbre dans un vieux fourneau à lessive.

 

    L'olivier se souvient-il, l'olivier sauvage dessiné en mai 44 pour les "Géorgiques ?" Mais les oliviers d'ici sont trop jeunes pour se rappeler. Les grands gels du milieu des années 50 ont tué les témoins de cette époque.

En 1908, Maillol part en Grèce avec son mécène Kessler, qui manque se noyer dans l'Alphée. 

 

Cet arbre se souvient-il ? Seulement du foulard qui l'attachait au tableau. Le paysage n'est pas au dehors, il est en dedans La femme assise sur la tombe de Maillol ne sait pas pourquoi l'"Harmonie" est restée inachevée. Terminée dès avant 14, elle a changé si souvent de nom : "Statue pour un jardin ombragé", elle fut aussi "La Méditerranée" ou "Méditerranée". Henri  Frères l'appelle "La Baigneuse accoudée", et je l'ai toujours connue, dans le patio de la mairie de Perpignan comme "La Pensée".

 

 Elle donne quand même une piste : l'Allemagne, ou la guerre. On a peut-être accusé Maillol, à la libération, d'avoir reçu des officiers allemands, au mépris du "silence de la mer". Or, en 43, il a décliné les offres de Vichy et d'Arno Brecker : d'une statue d'athlète pour le commissariat aux sports ; d'une autre statue pour Grünewald. Les palmiers du mas Reig, comme un croiseur dans la baie, se souviennent du dernier été de Maillol.

 

 Aux monuments aux morts il a déjà plusieurs fois donné et se contente de recevoir les vivants à sa guise. 

Le 26 août 44, on quête, dans les cinémas de Perpignan, au profit des "sinistrés" de Velmanya, le village pyrénéen détruit par les nazis. Au Capitole où l'on joue : "Je suis avec toi" ; au Castillet, pour "Goupi mains rouges" ; au Cinémonde, "Le club des fadas": au Familia, "Servante et maîtresse" ; au Nouveau-Théâtre, "L'homme de Londres" ; au Paris, "regain"; au Rex, "Marseille de mes amours".

 

    Le 10 septembre, la pêche au lamparo reprend à Banyuls-sur-mer. Le 16, on se remet à distribuer des bons d'espadrilles pour les vendangeurs et l'accident se produit.

    Maillol allait en visite chez le peintre Dufy, à Vernet-les-Bains. Sur la route glissante, la voiture du docteur Nicolau dérape.

 

    Le 17, le "Républicain du Midi" annonce que le célèbre sculpteur, âgé de 83 ans, est hospitalisé à Perpignan, grièvement blessé. Ce n'était que la mâchoire. Une crise d'urémie se déclare. On ramène Maillol à Banyuls le 26 septembre. Il meurt le lendemain, à 17 heures.

 

    A la Clinique des Platanes, à Perpignan, il y avait, à la fenêtre de sa chambre, un grand et beau mimosa devant une façade blanche.

 

 

4 - LE PASSAGE des PYRENEES    -  PORT-BOU     1940

 

    

Un jour, dans la grotte voisine, un paysan du coin a trouvé une chemise enveloppant un lingot noirci. Content de la chemise, il a jeté la barre et n'a compris que plus tard qu'elle valait son pesant d'or. C'était un vrai lingot qu'un fugitif de la brigade Lister avait dissimulé dans la grotte.

 

    Où est passé le dernier manuscrit de Walter Benjamin ? Le lourd cartable noir aperçu par Lisa Fittko n'avait-il contenu, sous le nom de "Pensées", que quelques minces pages intitulées : "Sur le concept d'histoire ?"

 

    Après la rivière, après Puig del Mas, commence l'hésitation. C'est ici, au Grand-Hôtel de Bañyuls, en 1940, que Lisa Fittko rencontrait clandestinement la frontière espagnole.

 

    Benjamin a dormi seul, attendant les autres. Lisa Fittko le rejoint, au petit matin du 25, avec Mme Gurland et son fils Joseph. On se perd. On se retrouve, grâce au plateau des 7 Pins, que le maire De Bañyuls, M. Azéma, a donné comme repère.

 

    C'était là qu'habitait Lisa Fittko, la maison Ventajou, où vint frapper un jour de septembre 1940 Walter Benjamin. La montagne s'escarpe avec la vigne. Benjamin s'essouffle. Il faut le traîner comme un malheureux.

 

    Il a quitté Berlin en 33. Il est à Paris, quasi installé", vivant de peu. En mai 40, il trouve un abri provisoire chez Adrienne Monnier. A la mi-juin, il fuit les Allemands qui occupent Paris. Il va à Lourdes, non loin de sa sœur internée à Gurs. On dit qu'il se déguise en marin et veut s'embarquer à Marseille. Il échoue et repart en train vers l'Espagne. Il a une lettre de recommandation pour les Dominicains espagnols et de la morphine qu'il a partagée avec un ami, lors d'un premier internement dans la région parisienne. Il est juif. Il est le traducteur allemand de Proust, avec son ami Franz Hessel. Il est le meilleur spécialiste du Paris de Baudelaire. 

 

     Les vignes laissent apercevoir des images trompeuses. Des masques sont suspendus pour préparer les vendanges. Des figures familières sont renversées dans le feuillage : le voleur, le mauvais élève, le professeur dissimulé. On croise un squelette de chèvre. Benjamin mange du pain et de la tomate, boit dans une mare. On laisse faire, on cède aux rencontres du chemin.

 

Le cimetière est de l'autre côté. Peut-être Benjamin s'est- il présenté à l'ancienne douane. C'est là qu'il doit faire viser son passeport. Qu'il est retenu plus d'une heure avec ses compagnons d'infortune et menacé d'être livré à la Gestapo.

 

    La vieille montre s'est arrêtée. Le propriétaire de l'hôtel où ils descendent affirmera que le bracelet- montre en or de Benjamin a disparu le lendemain de sa mort. Benjamin écrit deux brèves lettres, dont une pour Adorno. Mme Gurland la croit disparue, mais on la retrouve deux années plus tard. Vers dix heures du soir, ce 26 septembre, il absorbe la morphine. Un médecin ne pourra rien. Il y avait trois femmes avec Mme Gurland, une journaliste du "Tagebuch" et deux sœurs, comme il y avait eu trois femmes dans la vie de W. Benjamin, entre Berlin et Moscou. La tempête du 27 permet aux femmes et à l'adolescent qui les accompagne d'obtenir un visa.

 

La gare de Port-Bou dissimule dans ses tunnels les couloirs d'un temple égyptien et une chapelle écroulée. Elle lui barbouille de mûres sanglantes les tempes et le front. L'horloge incite à retourner. Il a derrière lui le voyage. "Réussirai- je à tendre l'arc et à décocher la flèche ? "

 

    Sous la marquise, un martinet emporte l'âme de Benjamin dans son gosier.

 

        - Consolation 1991-

 

 

 

* Né à Perpignan, professeur de Lettres en Allemagne et en Roumanie, J.Hormière était le Président des "Amis de Panaït Istrati" et a publié de nombreuses études sur le célèbre romancier roumain. Il a aussi réalisé plusieurs courts-métrages, en particulier : "Chemins du littoral", dont on vient de  lire le synopsis. 

 

Jean Hormière est décédé en  1997 - 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 11:12
Pensée de Maillol (expo musée Marès à Barcelone : Maillol en Grèce, jusqu'à la fin janvier 2016)

Pensée de Maillol (expo musée Marès à Barcelone : Maillol en Grèce, jusqu'à la fin janvier 2016)

CHEMINS du LITTORAL : 
  MAILLOL, MACHADO, Walter BENJAMIN
    par Jean Hormière *







I. Présentation


Un été 90 sur la côte catalane. La surgie d'un paysage : Nature & Histoire. Trois destins croisés : Machado, Maillol, Benjamin. Une enquête documentée et subjective qui ne cherche pas de réponse. L'art a ses raisons que la lumière de Méditerranée ne peut élucider.
    
Le film Chemins du littoral, d'une durée d'environ 50 minutes, a été tourné en 16 mm couleur, durant l'été 1990, sur la Côte Rocheuse : Collioure, Bañyuls, Port-Bou. Son ancrage local (le paysage, la musique) et sa dimension européenne (l'évocation de trois artistes, l'un originaire de la région, les deux autres étrangers, durant les années de tourmente) le destinent aux festivals et à la télévision.


    Chemins du littoral est un moyen métrage, tourné entièrement en extérieurs sur la Côte Rocheuse, ainsi qu'à Perpignan pour une brève séquence. La Côte est le vrai sujet du film. Les trois destins d'artistes que l'on suit sont en effet révélés par les lieux qu'ils traversent.
    


La Méditerranée et les Albères ; ports, vignes escarpées. La gare de Collioure, les rues qui descendent vers le port, la placette, le Château, les plages - et l'ermitage de Consolation- La maison de Maillol à Bañyuls, le port, la mairie, le laboratoire Arago et l'île Grosse - mais aussi la métairie, l'atelier, les mas alentour, les chemins de montagne, les crêtes frontalières-


    Chemins du littoral est d'abord un film de "paysages", mais les hommes aussi y ont leur place : aux migrations des années de tourmente ont succédé les migrations estivales. Et, sur le port ou dans un vallon retiré, les habitants du lieu témoignent à leur façon.


    Le présent renvoie au passé. Les traditions musicales sont à l'arrière-plan du film : la musique catalane du passé, mais aussi celle d'aujourd'hui (Teresa Rebull), envahit la bande-son.




II . COMMENTAIRE       


 Tu connais l'histoire de Valeriu Marcu et du Maharadjah? C'est Mme Istrati qui me l'a racontée.


      V. Marcu était un juif de Roumanie célèbre dans le Berlin littéraire des années 20. En 1933, il dut émigrer sur la Côte d'Azur, à 300 km d'ici, à vol d'oiseau. Un jour qu'il se promenait au bord de la mer, il vit, sur un rocher, un maharadjah si triste qu'il s'approcha de lui pour le faire sourire. L'autre, qui allait se jeter à l'eau, changea d'avis et offrit à Marcu sa plus belle limousine ainsi qu'un chauffeur à l'année.


     Six, sept ans plus tard, Lisa Fittko vit passer une limousine à la sortie de Bañyuls, rapide comme une flèche, en direction de l'Espagne. Valeriu Marcu était tapi au fond et avait gardé son chauffeur.


       L'Amérique n'était pas loin, et la frontière une simple formalité.




 2 . La promenade au port.  - Collioure 




C'était la fin de janvier 39. Machado a passé la frontière à pied, abandonnant ses bagages. A Cerbère, il a dormi dans un wagon sur une voie tranquille. Le lendemain, le train l'a emmené à Collioure, près du futur camp de concentration d'Argelès-sur-mer.


    Machado arrive en gare de Collioure à cinq heures  et demie de l'après-midi, le 28 janvier. Avec sa mère, son frère José, sa belle-sœur ; un parapluie pour toute fortune. Il fait mauvais. Jacques Baills, un employé de la gare, indique au petit groupe, pour la nuit, la pension Quintana, quelque cinq cents mètres plus bas.


     Antonio Machado, fils d'Antonio Machado y Alvarez, vient de Séville où il a grandi. De Madrid, avec son frère Manuel, il a écrit des pièces de théâtre. De Paris, au tournant du siècle. Il vient de Soria où il a enseigné, aimé et souffert. De Baeza. 


    Il s'est mis à la philosophie allemande et découvre Heidegger. Andalou intime, castillan d'essence, il remonte en Catalogne. Il s'est paré de pseudonymes et s'engage aux côtés de la République. Dans l'ourlet de la Retirada, il passer la frontière du Nord, gagne les Pyrénées Orientales, gagne l'exil.


    Et tombe à Collioure.


    La mère est épuisée. Il faut la porter jusqu'à la Placette. La mercière, Mme Figuères, permet de s'asseoir. La pension, de l'autre côté de la place, est si éloignée. On dit qu'il fallut appeler un taxi, car les eaux de la rivière ne permettaient pas le passage à gué. On prit la route par le cimetière.


    Je crois que les rescapés arrivèrent sur une barque, en remontant le Douy, la rivière qui vient de la mer. C'est dans cette pension qu'ils passent quatre longues et maigres semaines, en février, jusqu'à la mort du fils et de la mère.


    Numéro 669, 670,671, 672, 673, 674, 675: il a douze ans de moins qu'il n'y paraît. Il est professeur de français. Il est né à Séville. Réside à Madrid. Vient de Barcelone.
    Machado dort au fond, à côté de sa mère qui rêve de Séville. Machado dort enfin dans le lit de sa mère.
  
  L'escalier extérieur de la pension mène des chambres à la salle à manger, au rez-de-chaussée. Le poète et son frère n'ont que deux chemises. Quand ils lavent une chemise et la mettent à sécher à la fenêtre d'une chambre, un seul peut descendre dîner. Là est leur table. L'autre attend, à l'étage, que son frère remonte et lui passe sa chemise, avant d'aller manger à son tour.




    Le poète porte toujours le même complet bleu marine.


    C'est à la veille des congés de Carnaval que Machado doit s'aliter. Le médecin appelé ne peut rien faire. Machado meurt le 26 février dans l'après-midi. Son frère Manuel apprend la nouvelle chez un coiffeur de Burgos et arrive à Collioure trois jours après la mort d'Ana Ruiz, leur mère. Les derniers temps, le poète allait s'asseoir sur un banc, devant la pension Quintana, pour regarder les joueurs de pétanque.


    Avant de mourir, le poète a-t-il fait la promenade du phare? On connaît trois de ses promenades : il est allé deux fois au magasin de Mme Figuères ; il a contourné l'hôtel et suivi le chemin du cimetière ; avec son frère José, enfin, il est descendu jusqu'à la plage et s'est appuyé ou adossé à une barque. Mais au-delà ? La seule qui sait, la "Vérité", a brûlé sur la plage de Canet, il y a bien longtemps.


    Il faut, pour aller au phare, passer à côté de la maison "espagnole". C'est le nom qu'on lui a donné pendant le tournage du "Fils de Caroline chérie", dans les années 50. Je ne sais plus si Martine Carol était encore en vedette au générique ou si Brigitte Bardot y apparaissait déjà en figurante.


      Au-delà de la maison espagnole, la chapelle saint-Vincent. Au-delà de la chapelle. Au-delà du phare, la Grèce. 


...à suivre

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25 décembre 2015 5 25 /12 /décembre /2015 10:09
Photo de Grégory Herpe (album "Catalogne")

Photo de Grégory Herpe (album "Catalogne")

Poésies

 

Le vent

 

Nous partirons dans le vent mon amour                     

       tu m'emmèneras dans le vent mon amour

nous laisserons un peu les enfants                            

    et nous courrons sur la  grand route

nous regarderons l'eau sous le vent    et ses claques    et ses gifles

et ces rides et ces vagues  et ces giclées qui nous font rire et nous émoustillent

nous irons dans le vent       sous le vent        et contre le vent

    pour rire beaucoup sans rime ni raison

il nous entourera       nous serrera       nous poussera     nous aveuglera

       il nous enveloppera      nous emplira les oreilles

    les tourbillons nous surprendront et nous étonneront

 

pourtant nous partirons sur la montagne

où la nature frissone    se tord   se défait   s'agite    se noue

mon dieu    comme nous rirons     tout nous sera surprise   même l'amour

oui nous laisserons les enfants et dans notre course échevelée      les nuages fuiront

nous nous enfuirons aussi tels des oiseaux       sur la grande aile du vent

        que trouverons-nous en haut de la colline    dans les senteurs ?

     dis mon amour    qu'y trouverons-nous ?

dans ce grand souffle tiède et un peu froid bien brusquement

   que deviennent les cistes ?     Comment les chênes verts résistent-ils ?

comment se tiennent les raisins et toutes les baies d'automne ?

        reste-t-il quelques fleurs menues ?

d'où vient ce grand vent subit qui nous gifle de l'est

   mais n'apporte pas de marin

        et où va-t-il en ces tourbillons imprévus ?

toute la rivière se balance    un coup à gauche   un coup à droite

           toute la forêt est en marche    les feuilles tournent

 

j'y suis montée sans toi mon ami    sur la colline

le vent calmé soufflait de l'ouest en feu

les grands fenouils fouettés se courbaient bas

et tremblaient les fins micoucouliers

toute la colline frissonnait dans la lumière

et j'ai fermé la cheminée quand  cognait le vent d'ouest

avant une grande nuit apaisée

qui tombait dans un trou  

        dans un trou

 

 

                    Marie-Josèphe Garand

 

- - -

 

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Audrey n’avait qu’un an...

 

Audrey n'avait qu'un an... et déjà les lavandes

Croulaient dessous le faix du printemps attardé,

Tiges écartelées, capiteuses offrandes

Dont l'amour aime à se farder.

 

Audrey n'avait qu'un an... et, telles deux amandes,

Ses yeux s'écarquillaient sous l'ardeur de l'été.

J'y découvrais le ciel plus bleu, la mer plus grande,

Sans cesse au voyage invité.

 

Audrey n'avait qu'un an... L'automne en sarabande

Entraînait les éclats d'un bois émietté

Au fond duquel jouaient les fées de Brocéliande

Et les gueux du Mont-de-Piété.

 

Audrey n'avait qu'un an... et l'hiver sur la lande

Répliquait sa candeur en neigeuse gaieté,

Façonnant sous le gel les héros de légende

Qui seraient morts pour sa beauté.

 

 

 

Jean Iglesis

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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