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27 juillet 2021 2 27 /07 /juillet /2021 10:57
Le blog, lieu de liberté - Retour à W.Benjamin : l'aura de l'art

Correspondances à partir du blog, lieu de liberté

 

Je me félicite de la participation d'amis au blogabonnel : Guy Jacquet, Jean Iglesis, Kader Fouka, Clarisse Réquéna...

 

Chers lecteurs, n'hésitez pas à contribuer : texte, opinion, humeur, photo, dessin, info d'un événement ou d'un scandale, politique ou non...

Merci à Jean-Jacques Bedu pour son récent commentaire.

Merci à Monique Gallon, responsable culturelle en désaccord avec moi,  pour son mail à propos de mon article sur la culture à Béziers...

 

Aujourd'hui, avec la chaleur revenue et la pesanteur des vacances, je me permets un autre "copié-collé"... avant de cogiter plus avant...Bel été !

JPB

sur les traces de Walter BENJAMIN...
La nouvelle aura de l’art

 

 

Pour qu’une œuvre dure, elle a besoin de bonnes copies. Ce postulat renouvelle la réflexion sur l’aura de l’art à l’âge de la reproduction, à la croisée des sciences du patrimoine, de l’histoire et de la théorie de l’art, et des humanités numériques.

 

Comment faire durer les œuvres ? Si les musées concentrent leurs efforts sur la préservation de l’intégrité matérielle et aspectuelle des originaux, c’est une voie alternative qu’ouvre la Fondation Factum. Fondée en 2009 par l’artiste Adam Lowe et basée à Madrid, la Fondation promeut l’usage des nouvelles technologies pour la conservation de l’art et du patrimoine. Un ouvrage collectif paru en 2020, à l’initiative de la Fondation et en complément d’une exposition, fait le bilan de ces vingt années de recherches. The Aura in the Age of Digital Materiality. Rethinking Preservation in the Shadow of an Uncertain Future se compose d’une cinquantaine de textes, richement illustrés, rédigés par des membres de la Fondation, des collaborateurs (artistes, directeurs de musées, responsables culturels), des journalistes et des chercheurs, qui discutent ses principales réalisations.

 

La Fondation Factum s’est notamment fait connaître pour la qualité de ses fac-similés d’œuvres, comme sa reproduction des Noces de Cana de Véronèse. L’original de ce tableau se trouve au Louvre, face à la Joconde. Sa copie quant à elle a été installée dans son lieu d’origine, le réfectoire de l’Église San Giorgio à Venise, soit dans un contexte signifiant pour l’histoire du tableau et dans des conditions de présentation bien plus favorables : au calme, avec une belle lumière naturelle, dans un espace fait pour l’accueillir, les murs du réfectoire se prolongeant sur le tableau... De telles réalisations mettent directement en question la conception classique de l’aura, dont on voit comment elle est susceptible de « migrer » de « l’objet original » à sa « copie authentique », pour reprendre les termes de Bruno Latour et Adam Lowe dans un texte de 2011, republié dans l’ouvrage. Car, finalement, l’expérience desNoces de Cana est, sous un certain angle, plus authentique avec le fac-similé qu’avec l’original.

 

Pour qu’une œuvre dure, elle a besoin de bonnes copies. Tel est le postulat de la Fondation, rappelé par Adam Lowe dans son introduction : «  if an object is recorded correctly it can be analyzed, studied, shared and rematerialized for a variety of purposes » (« si un objet est enregistré correctement, il peut être analysé, étudié, partagé et rematérialisé à des fins variées », p. 15). À la croisée des sciences du patrimoine, de l’histoire et de la théorie de l’art, des humanités numériques, The Aura in the Age of Digital Materiality offre une somme originale dédiée à l’exploration des conditions de possibilité de ces « bonnes copies » : comment on les produit, comment on les conserve, comment on les fait circuler, comment on les montre et comment on les pense.

 

Collections numérisées, visites virtuelles, expositions en ligne… : à la faveur des mois de confinement et de fermeture des institutions, l’offre s’est enrichie et il est ordinaire, aujourd’hui, d’avoir accès à des images d’œuvres de qualité sur Internet. Un des grands mérites de The Aura in the Age of Digital Materiality est de revenir sur les technologies qui permettent la production de ces images, en détaillant les opérations que leur numérisation implique et en resituant ces technologies dans le contexte de leurs usages professionnels et scientifiques. Parce qu’ils concernent des projets réalisés sur plus de vingt ans, les textes contribuent aussi à une histoire des technologies dans le monde patrimonial, dont ils montrent combien elles évoluent vite : du scanner haute résolution et de la photographie composite, alors à la pointe en 2004, utilisés pour numériser les lamassu de Mossoul conservés au British Museum, à la technique de la profilométrie confocale 3D et au machine-learning mis en œuvre actuellement pour identifier les traces de la main du Greco dans ses tableaux. Ces technologies renouvellent les modalités de l’étude, de la préservation et de la reproduction des œuvres : elles permettent de faire des restaurations numériques, de créer des modèles 3D ou 4D (comme dans le Venice Time Machine Project), de re-matérialiser des sites ou des objets (comme le sarcophage de Sethi Ier ou des sculptures de l’artiste italien Canova, entre autres exemples évoqués).

 

Parmi les principales innovations développées à la Fondation Factum, il faut mentionner Lucida, protagoniste de nombreuses études de cas. Lucida est un scanner 3D qui permet de numériser en haute résolution sans toucher la surface des objets. La machine fonctionne en enregistrant une vidéo monochrome d’une ligne de couleur projetée sur la surface à numériser, qui permet d’en enregistrer la structure et les variations de façon très précise. Pour cela, la tête du laser doit être positionnée à 10cm de la surface, de façon parfaitement parallèle : la stabilité lors de l’enregistrement est essentielle. Pour numériser les dessins de Raphael des collections du Victoria & Albert Museum de Londres, soit une surface de 115m2, il fallut ainsi mobiliser 4 scanners et travailler la nuit, aux heures de fermeture du musée, ce qui prit cinq semaines et impliqua une collaboration étroite avec le personnel du musée (voir le récit du processus p. 169 et suivantes). Le poids des données ainsi produites n’est pas négligeable : « simply to open one file of 40GB (the size of one of these panoramas) will freeze an ordinary computer for some time, and to compare three different datasets is even more memory-intensive  » (« le simple fait d’ouvrir un fichier de 40GB(la taille d’un des panoramas de Raphael) bloquera immédiatement un ordinateur ordinaire pendant un moment, et comparer trois jeux de données sera évidemment d’autant plus gourmand en mémoire », p. 170). Ces données ont pour particularité d’être des données brutes (« raw data »), conçues pour être compatibles avec différentes applications – que ces dernières soient disponibles aujourd’hui ou qu’elles soient à venir. Utilisée en conjonction avec les données couleurs obtenues par la technique de la photographie panoramique, Lucida permet de rematérialiser un objet en réalisant une copie d’une très grande fidélité à l’original.

On trouve dans de nombreux textes du volume de tels détails sur les techniques employées, les processus, le coût – en temps et en personnel – des projets (notamment dans la troisième section de l’ouvrage, « New information generating new knowledge », qui présente les travaux les plus récents). Ces mentions n’ont rien d’anecdotique. Car le projet de la Fondation Factum est de créer des « technologies utiles », ce qui veut dire, aussi, créer les conditions de leur usage : il s’agit autant de donner accès aux œuvres qu’aux technologies qui en permettent la préservation.

La problématique de l’accès traverse l’ouvrage. Elle est au cœur, en particulier, de la contribution de l’artiste Cosmo Wenmann, qui met en évidence le paradoxe en vertu duquel les musées tendent à revendiquer des droits d’auteur pour des copies numériques d’œuvres qui, elles, appartiennent au domaine public. À travers ses « access projects », C. Wenmann cherche à rendre publics les scans 3D d’œuvres appartenant au patrimoine mondial, dans l’idée que si ces derniers sont accessibles, ils permettront non seulement la reproduction de ces biens culturels, et donc leur préservation dans les mémoires, mais aussi leur transformation créative. Son travail consiste ainsi à partager les scans en les mettant en ligne sur son site personnel, mais il prend aussi souvent la forme de récits de ses confrontations avec les institutions et des refus qui lui sont opposés – par le Musée égyptien de Berlin pour un buste de Nerfertiti ou par le Musée Rodin à Paris par exemple.

La question des politiques institutionnelles est abordée, de façon moins critique, par plusieurs contributions, qui détaillent les conditions de la collaboration avec la Fondation Factum, partenaires de nombreux musées et réseaux dans le monde. Par exemple, Hartwig Fischer, le directeur du British Museum, explique comment son musée a eu recours aux ressources offertes par la Fondation Factum pour certains de ses projets. Son texte revient notamment sur le cas des fameux lamassus de Mossoul, dont une copie a été réalisée d’après les originaux qui se trouvent au British Museum et installée à proximité du site de l’ancienne Bibliothèque de l’Université de Mossoul, détruite par l’État islamique. Le texte ouvre ainsi une réflexion sur le rôle du musée occidental et les usages des technologies numériques dans le contexte des demandes de restitution ou de la préservation du patrimoine en danger.

Cela étant, il ne s’agit évidemment pas de prétendre que la production de copies serait une réponse univoque à ces problématiques. Le texte de Simon Schaffer rappelle, à juste titre, la nécessité de tenir compte de la diversité des cultures de la conservation, en vertu desquelles il faudrait, parfois, accepter de ne pas conserver ou entretenir certains objets. Ces perspectives extra-occidentales sont représentées dans l’ouvrage, qui publie les témoignages d’acteurs directement concernés par ces questions, comme les représentants de la tribu des Wauja, au Brésil, qui reviennent sur le projet de restauration numérique et de fabrication d’un modèle 3D de la grotte sacrée de Kamukuwaka.

Ces problématiques sont au cœur de la deuxième section de l’ouvrage, « Preserving, sharing and responsibility », qui souligne l’importance de la formation des communautés locales aux méthodes de la préservation numérique : ainsi Otto Lowe relate une formation à la technique de la photogrammétrie dispensée par la Fondation en Arabie Saoudite. De ce point de vue, l’ouvrage offre une mise en perspective intéressante de la complexité de l’écosystème international de la conservation de l’art et du patrimoine, en faisant apparaître quelques-uns de ses nombreux acteurs (des musées, des artistes, des communautés locales, des fondations et des entreprises privées…).

Les différents textes montrent, in fine, que les objets d’art et du patrimoine n’existent pas tout seuls : comme l’écrivent Bruno Latour et Adam Lowe, « pour qu’une œuvre d’art puisse survivre, il lui faut une écologie tout aussi complexe que celle permettant de préserver la dimension naturelle d’un parc naturel » (dans la version française du texte, 2011, p. 186). Dans son texte, qui réfléchit aux conditions de vie et de mort des œuvres, Alva Noë pousse plus loin la comparaison. Il rappelle la position du défenseur de l’environnement David Brower, en charge d’un programme de préservation du condor californien, espèce menacée dans les années 1980 : selon lui, « a condor is at most 5 per cent blood, brain, bones and feathers. The rest, he argued, is environment. A condor bred in captivity, in isolation from its environment, is no condor » (« un condor, c’est, au plus, 5% de sang, de cerveau, d’os et de plumes. Le reste, c’est son environnement, soutenait-il. Un condor élevé en captivité, isolé de son environnement, n’est plus un condor », p. 119). De la même façon, selon Alva Noë, pour conserver une œuvre et la garder « en vie », il faut préserver l’environnement pour lequel elle a été conçue, les conditions dans lesquelles elle agit et nous fait agir avec elle – ce que permettent parfois mieux les reproductions que les originaux, comme le souligne l’exemple des Noces de Cana.

La qualité de l’expérience offerte par les reproductions est l’objet de la dernière section du livre, « Access and display ». Le texte de Charlotte Skene Catling, par exemple, revient sur Madame de Pompadour in the Frame, une exposition organisée au Waddeson Manor en Angleterre, qui mettait en regard un portrait original de la Pompadour par François Boucher et sa reproduction par la Fondation Factum, afin de réfléchir aux façons dont on attribue de la valeur aux choses dans le temps et comment on fabrique leur(s) « origine(s) » en les déplaçant d’un lieu à un autre. Le texte décrit précisément comment l’exposition montrait ses propres conditions de production : en exposant les instruments utilisés pour réaliser le fac-similé, en incitant le visiteur à regarder attentivement et à comparer les toiles, en lui offrant un siège confortable pour qu’il prenne le temps d’en apprendre plus sur l’histoire du portrait, la démarche de la Fondation, etc. Le travail de la Fondation Factum consiste, de fait, aussi à accompagner la transformation du regard sur les œuvres, à sensibiliser le public aux effets du contexte de présentation et à ce qui rend possible la présence matérielle de ce qu’il voit.

Dans « L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique », Walter Benjamin examinait les effets des techniques de reproduction sur l’« exposabilité » et la « transportablité » des œuvres, en déplorant la perte de l’aura qu’elles occasionnaient selon lui, et en manifestant un attachement, jugé parfois ambivalent, au « culte » de l’œuvre d’art authentique. En regard des projets et des réflexions développés par la Fondation Factum, on mesure combien ces questions peuvent être posées à nouveaux frais. Bien au-delà du seul débat sur l’authenticité et la copie, The Aura in the Age of Digital Materiality propose un nouveau cadre conceptuel pour penser les œuvres : en les définissant non plus comme des objets, mais comme des « trajectoires » ou des « écologies » (chez Latour et Lowe) ; en envisageant leur reproduction et leur re-présentation comme une forme de « performance » ou de « chorégraphie » (chez Noë) ; en imaginant des « architectures de transport » (d’après Skene Catling), de nouvelles façons de faire voyager les œuvres dans le temps et dans l’espace, à travers les originaux et leurs reproductions. Si on peut regretter, par endroits, un ton légèrement promotionnel, The Aura in the Age of Digital Materialitytient largement ses promesses, et ouvre une multitude de pistes susceptibles de renouveler en profondeur les débats sur la conservation, l’ontologie de l’art et le rôle des technologies numériques pour protéger et partager les traces du passé.

Adam Lowe, Elizabeth Mitchell, Nicolas Béliard, Giulia Fornaciari, Tess Tomassini, & Guendalina Damone éd., The Aura in the Age of Digital Materiality. Rethinking Preservation in the Shadow of an Uncertain Future, Factum Foundation & Silvana Editoriale, 2020, 395 p.par Yaël Kreplak, le 7 juillet

 

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26 juillet 2021 1 26 /07 /juillet /2021 12:09
Moïse Narboni ou Moshe ben Josué ben Mar David de Narbonne est un rabbin, philosophe, exégète, traducteur et médecin catalan du XIVᵉ siècle. Il a été grandement influencé par la philosophie d'Averroès et de Maïmonide.  1300 Perpignan
Moïse Narboni ou Moshe ben Josué ben Mar David de Narbonne est un rabbin, philosophe, exégète, traducteur et médecin catalan du XIVᵉ siècle. Il a été grandement influencé par la philosophie d'Averroès et de Maïmonide.  1300 Perpignan
Moïse Narboni ou Moshe ben Josué ben Mar David de Narbonne est un rabbin, philosophe, exégète, traducteur et médecin catalan du XIVᵉ siècle. Il a été grandement influencé par la philosophie d'Averroès et de Maïmonide.  1300 Perpignan

philo/Théologie

 

Moïse Narboni ou Moshe ben Josué ben Mar David de Narbonne est un rabbin, philosophe, exégète, traducteur et médecin catalan du XIVᵉ siècle. Il a été grandement influencé par la philosophie d'Averroès et de Maïmonide. 
1300, Perpignan - 1362, Soria, Espagne
 
...  

    A la mémoire de Moshé  Narboni,      

               Kader Fouka, S.                                                                                           

suite ...et fin (mais on attend vos commentaires, développements...)

 

   Par là, notre brillant exégète du Roussillon, vient de flanquer un discrédit sérieux, sur les intentions des "Intentions", pour ne pas dire extensivement, sur le restant de ses écrits Or, considérée de la sorte, la critique Ghazalienne de la philosophie, et si admirée parfois, est-elle dés lors, vraiment si identique à celle d'un Blaise Pascal ?

 

 Mais le procédé dont Al Ghazali usa, n'est pas sans rappeler en Orient tout d'abord, Al Jahiz, cet autre dialecticien, et qui mourra quant à lui, par l'éffondrement de son imposante bibliothèque sur sa tête, au cours de son sommeil. Ni même, sans appeller, toute cette constellation de poètes-mystiques, à l'instar d'un Khayam, comme lors du quatrain suivant. Mais pour comprendre, sans doute, le stratagème dans son poème, clarifions-en quelque peu son imagerie.

Pour al Khayam, l'aube signifierait la première des cinq prières rituelles, et la taverne, le lieu partagé de ses prosternations. Quant à la coupe de vin pleine, elle signifierait l'amour du divin, cheminant sur une extase. A présent, savourons-en le quatrain: 

" Dés l'aube, à la taverne une voix me convie, disant: folle nature au plaisir asservie, lève-toi et remplissons notre coupe de vin, avant qu'on ait rempli la coupe de ta vie". Ainsi, sommes-nous réllement certains que le philosophe, et poète, et mathématicien du XII ème siècle, ne s'adressait ici en réalité, qu'au dévot ? 

 

  En Occident comme promis, le stratagème, pour faire écho à un Schopenhauer, ne sera point là non plus inexistant, comme en témoignera ici, particulièrement la philosophie Italienne, aussi bien avec un Pietro Pomponaci qu'un Cremonini, ou bien, avec le philosophe pré-nietzschéen et talentueux, visionnaire et courageux, Giordiano Bruno, et Vanini, qualifié, si ce n'est taxé, comme étant le "Jules César des athées" durant l'époque classique a minima.

Et c'est à propos de Vanini, que Borris Donné, nous rapporte, dans une étude magnifique et historique qu'il consacra, pour le 400 ème anniverssaire de la disparition du philosophe sous les flammes d'un bûcher ardent, 19 ans après Bruno, le tableau qu'en dressa à ses débuts, Marin Mersenne, futur correspondant et fidèle ami de Descartes:

"C'est ainsi, dit-on, que Vanini s'est efforcé d'essaimer l'athéisme à Paris: en feignant d'abord de s'insurger de façon véhémente contre les athées,...simulant en cela les termes les plus vifs; mais, en fait, ensuite, faisant semblant de s'en indigner, il répétait leurs arguments avec insistance, il les insinuait et les justifiait avec force et finesse, et enfin il y répondait si mal et si faiblement, qu'il les imposait facilement aux inexpérimentés, ébranlant leur esprit de telle sorte que ceux-ci en jugeaient à partir de ces réponses sans chaleur, et en concluaient qu'il n'y a nulle raison qui permette de prouver que Dieu existe, tandis qu'il y en a beaucoup qui semblent démontrer qu'il n'existe aucune divinité. (Vanini, Portrait au noir, Borris Donné, édit Allia p 46. 2019).                                 

  Ainsi, en tenant compte du procédé dialectique d'al Ghazali, dans lequel habile il fut, au même titre je crois qu'un Schokus aux Pays-bas, nous pouvons mieux entendre maintenant, l'affirmation du profond spécialiste Belge d'Avicenne, Jean-Yahia Michot, lorsque le professeur d'Oxford affirmait en effet, qu'al Ghazali fut Avicennien, alors qu'il n'a jamais cessé de l'attaquer, du moins en surface, à travers "les Intentions" précisément, mais également, au travers de cet autre écrit :

"De l'effondrement des philosophes", et auquel Averroës répondra, aussi bien rationnellement qu'agilement par "L'effondrement de l'effondrement". Et à cet égard non plus, les Latins, ne s'y étaient point trompés, à vrai dire, en soutenant pourtant curieusement, et cela d'ailleurs à partir de ses mêmes "Maqasid", qu'al Ghazali était un disciple d'Avicenne. Une "ironie du sort" suivant une tonalité heureuse de Gilson, mais dans une intentionnalité subtile certainement, ou feinte...

   Mais le rapprochement succint entre nos deux philosophes catalans, à cependant ses limites. C'est qu'il n'y a pas, pour tout dire, entres les deux, que des interférences. En effet, entre Narboni et Lulle, des différences il y a, surtout. L'approche de Narboni, vis-à-vis de l'héritage arabe par exemple, diffèrera très clairement et très distinctement de celle du majorquin, dans la mesure où l'oeuvre lullienne, se placera quant à elle, très souvent, sur le terrain de la conversion des mMhométans.

 

 Et du philosophe Arabo-andalou, Ibn Bajja de Sarragosse, si évoqué par les Latins sous le nom d'Avempace, notre exégète perpignanais, commentera, quelques-uns de ses ouvrages, comme à l’instar de « L’Epître de l’adieu », ou du célèbre « Régime du solitaire », ou bien encore, « Le livre de l’âme ».

Et pour l'historiette à nouveau, alors que l'original du "Régime" fut perdu pendant plusieurs siècles, la pensée d'Avempace restera tout de même accessible et lisible, grâce particulièrement, aux commentaires et aux paraphrases qu'en fit, voire, qu'en offrit, le philosophe de Perpignan.

 

 Mais il n'y a pas, chez Narboni de distinction, au moment de son intellection, entre son être et sa lettre, que si adroitement, il inttelige à chaque fois. Sans confusion aucune, entre l'être et la lettre, tout est histoire chez lui certes, mais de connexion, d'union, de fusion. Et parmis les multiples originalitées du commentator de Perpignan, Narboni, aborda les philosophes de la Falsafa, non pas qu'à partir des Grecs, comme le font trop souvent certains historiens bien incertains, mais plus-tôt, à partir de la Falsafa elle-même. Et c'est pourquoi également, il commentera si élégamment, l’œuvre du « Hay ibn Yaqzan », du philosophe Arabo-andalou, Ibn Toufayl, le créatif, l'"Abou bakeur" des Latins.

 En plus des traductions hébraïques anonymes, ou bien privées du Hay, ici ou là, l'ouvrage, sera officiellement traduit en Latin, par l'éminent orientaliste Anglais, Edward Pocock (1608-1691), en 1671. Le Hay, paraîtra alors en imprimerie cette fois, sous le nom de "Philosophus autodidactus", c'est-à-dire, du "Philosophe autodidacte" pour le dire plus aisément. Quant à son influence, brièvement, l'aventure philosophique, scientifique et métaphysique du Hay, qui se situe originalement sur une île, se constitue à vrai dire, comme étant un antécédent convoqué, du Robinson Crusoé d'un De Foe tout d'abord, voire même, du roman anglais, mais encore, du Criticon de Gracian, ou de Tarzan, entres autres. Et l'on retrouvera l'oeuvre du médecin de Grenade et maître d'Averroës, chez des philosophes post-Cartésiens par exemple, comme chez Spinoza en Hollande, au moment de l'inventaire de sa propre bibliothèqque.

En Allemagne, Leibniz, le qualifiera d' "excellent": "Les Arabes, écrira-t-il lors d'une lettre de son corpus épistolaire, ont eu des philosophes, dont les sentiments sur la divinité ont étaient aussi élevés que pourraient être ceux des plus sublimes philosophes chrétiens. Cela se peut connaître par l'excellent livre du philosophe autodidacte que monsieur Pocok a publié de l'arabe" (Lettre de Leibnitz à l'abbé Nicaise, 1697).

Enfin, le roman philosophique d'Ibn Toufayl, peut facilement être rapprocher sur le genre, d'un Voltaire, ou sur le plan pédagogique, d'un Jean Jacques Rousseau lors de l'"Emile ou de l'éducation", ou bien, du philosophe encyclopédiste Denis Diderot, durant l'époque des Lumières à nouveau. 

 

 Quant au commentaire du Hay, ou de "L'éveillé", pour le traduire très justement à la façon d'un Léon Gauthier, de sa plume même, Narboni, nous apprend qu'il le fit presque spécialement, à la demande "d'"éminents compagnons de la ville de Perpignan" (M.R.Hayoun, Narboni, p 23).

Cette précision, nous renseigne d'une part, de la présence de l'oeuvre d'Ibn Toufayl tout d'abord, dans certains milieu Perpignanais, et ce, vers la moitié du XIVème siècle déjà, ainsi que de son impact à cette même époque. Mais davantage il y a, à vrai dire. Elle nous indique effectivement, si ce n'est point définitivement, à quel niveau ses semblables plaçaient la flèche du curseur à son égard, et revendique simultanément, de toute son ingéniosité accordée.

 

  In fine, notre exégète du Roussillon, commentera les commentaires eux-mêmes d’Averroës, dans différents traités. Ainsi, à partir de notre angle, Narboni, fut non pas seulement un subtil connaisseur et commentateur de la Falsafa, mais également, un fidèle admirateur utile, si ce n’est même, un véritable continuateur de celle-ci, dans l'histoire de la pensée juive aussi. C'est que de ses auteurs, Narboni, en saisissait, autant ses profondeurs que ses hauteurs. Avec aisance, il en décelait l'essence, si ce n'est même la "quinte-essence", si chère au Nolain, et cela, quelque soit le type du récit qu'il abordait, aussi bien exotérique qu'ésotérique. De la "hokma" des Hébreux en effet, ou pour le dire grecquement, de la "sophia" comme chez Platon, c'est-à-dire "De la sagesse", si chère au théologien et philosophe, humaniste et universaliste Français Pierre Charron, Narboni, en percevait et en perçait alternativement, ses énigmes et ses mystères. Et c'est dans le livre "De la sagesse"; maintes fois mis à l'index, qu'effectivement le contemporain et aussi ami de Montaigne, affirma que " nous sommes circoncis, baptisés, juifs, mahométans, chrétiens, avant que nous sachions que nous sommes des hommes".     

 

 C'est qu'il y a, chez Pierre Charron, comme chez Narboni, comme chez Pic de la Mirandole, bien notamment, une certaine  déférence mais certaine vis-à-vis de la différence, là où à contrario, d'autres manifestes sans complexe, de l'in-déférence par rapport à la différence, si ce n'est même conçue, comme étant de la: "diff-errance".

                       

   En somme, sans conteste aucun, l'oeuvre Narboniene, remise dans son contexte, consistera particulièrement à en livrer, minutieusement, mais toujours de façons subtiles, ses secrets. Et c'est par là je crois, que tout le génie de Narboni, ou une partie, se créer. Enfin, à la question constamment sous-jacente à ces quelques lignes : Mais comment, réhabiliter notre si élogieux prédécesseur, sur le plan départemental tout d'abord ?

En premier lieu, nous osons espérer, qu'un centre culturel, à l'instar de la bibliothèque de Cerbère, ou de l'un de ses espaces, puisse librement et même presque orgueilleusement, porter le nom de notre philosophe. Et pourquoi pas, en second lieu, la ville de Perpignan elle-même, ou bien à commencer, par l'une de ses inoubliables ruelles, traversées, autant par ses propres pas et son esprit pensant si pénétrant et si brillant ?

                   

    A la mémoire de Moshé  Narboni,   par   

               Kader Fouka, S.                                                                                           

 

 
 
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25 juillet 2021 7 25 /07 /juillet /2021 10:21
 NARBONI, le philosophe illustre de Perpignan, par Kader Fouka (2)

NARBONI, le philosophe illustre de Perpignan,

 

par Kader Fouka (2)

...

 

   Cependant, nous ne pouvons pas, parmi ces grands traducteurs, ne pas continuer cette promenade de quelques-uns de ses grands noms, comme de celui de Michael Scott venu d'Angleterre, ou d'Herman Allemans qui, comme son nom l'indique, viendra pour sa part d'Allemagne, ou bien encore, d'un Gérard Crémonini, venu quant à lui, d'Italie. Des Juifs sépharades eux-mêmes, participèrent de façon cruciale à cette transmission, en tant que traducteurs polyglottes, maîtrisant aussi bien l'Hébreu que l'Arabe, le Castillan que la Latin, à l'exemple d'un Gundissalinus, ou bien d'Ibn Daoud, rebaptisé  Avendauth par les Latins. 

 

  Averroïste, Narboni, le fut. Et il le restera, tout au long de sa vie. A Ibn Roschd en effet, notre prodigieux philosophe d'el Rossello, lui vouera et tout aussi symétriquement, lui avouera une si grande admiration. D'ailleurs, dans cette perspective-ci, Narboni, n'a point omis d’Averroïser Maïmonide, ou pour le dire autrement, honorifiquement, "l'aigle de la synagogue", un peu comme Saint Thomas d'Aquin durant le XIII ème, ne manquera pas d'aristotéliser le christianisme, et vice-versa. Toutefois, vers la fin du XVIIème siècle en France, ce n'est pas que Malebranche s'opposa à une possible conciliation entre la foi et la raison, certes non, bien au contraire même, mais que pour des positions et alternativement, des oppositions, touchant à la philosophie et à ses progrès, il proposa plutôt, d'y substituer le Stagirite par René Descartes, tout au fil de son oeuvre.

 

 Et même dans les textes les plus équivoques d'Aristote, c’est Ibn Roschd, le célèbre Averroës des Latins donc, qui demeure pour Narboni, le meilleur commentateur. En effet, sur la délicate question de l’Anima des scolastiques, c'est-à-dire de l'âme, ou de la Nafach des Hébreux, Narboni l'évoque à nouveau, il le convoque même, lorsqu'il souligne par exemple que : « Chaque commentateur a lui-même choisit ce qui lui semblait la véritable opinion du Stagirite », comme le Grec Alexandre d'Aphrodise entres autres, ajoutons, mais pour conclure aussitôt que « C’est en fait Averroës qui est en réel accord avec la philosophie d’Aristote » (M.R.Hayoun, La philosophie et la théologie de Moïse de Narbonne, p 64).

 

 

  Au XIII ème siècle derechef, Saint François d'Assise, avait très bien vue que, le parler parlé déjà en lui-même. Et il en est ainsi, ici, pour l'anima, que l'on retrouve dans "anima-tion", ou bien dans "ré-anima-tion", en l'occurence, exprimant aussi bien un état qu'un étant, véhiculant un soufle ou la vie, à l'instar d'un saint Augustin au cours du "De trinitate". Et dans les six "Méditations" si méta-physiques, Descartes pour l'historiette, continuera de reprendre cette appelation pour signifier l'âme, railler d'ailleurs en cela, par Pierre Gassendi, philosophe et astronome et bien d'autres casquettes, qui interpellera ironiquement quelques fois le philosophe par "ô anima, ô anima". Mais la plume de Descartes, n'était pas à vrai dire que savante et charmante. Elle était aussi, bien entres autres, pleines d'humeurs et d'humours. Et à cet égard là, c'est par "ô cara, ô cara", c'est-à-dire, "ô chair, ô chair", que Decartes le reprendra. 

 

 

 Durant toute sa vie, notre philosophe Perpignanais, gardera une estime particulière, pour sa ville natale. Enfin, c'est aux alentours de l’an 1362, que notre philosophe mourra, en laissant derrière lui, une oeuvre encore à dé-couvrir.

 

  Grand admirateur et précieux commentateur de la Falsafa, Narboni, commentera aussi bien Abou Nasr al Farabi, que la «deuxième partie » du célèbre « Canon de la médecine » d’Ibn Sina. ( M.R. Hayoun, idem, p 81), l'incontournable Avicenne des Latins. L'auteur de "la summae théologicae" par exemple, Saint Thomas d'Aquin, le mentionne plus de deux cent fois, pour suivre le décompte effectué par le Père Goerges-Anawati. Le nom d'Avicenne, en médecine aussi, était aussi grand que celui d'Hyppocrate, ou bien d'un Galien, comme en témoigne notamment, des représentations médiévales, les réunissants également tout les trois, autour d'une même table, en train de conférer. 

 

 En outre, Moïse de Narbonne commentera, comme à son habitude, de façon pénétrantes et originales, les « Maqasid el Falasafa » ?, en d'autres termes, « les Intentions des philosophes » d’Abou el Hamid al Ghazali, non seulement connu, mais encore reconnu, par les Latins sous le nom d'al Ghazel. En Espagne, et après Gundissalinus, l'auteur de l'Ars Magna, Raymond Lulle, dont l'ouvrage plaisait davantage à Leibniz, plus qu'à Descartes, opère à son tour une traduction des "Intentions". Lulle en effet, l'un des pères de la langue Catalane écrite, qui maîtrisait souverainement l'Arabe et une partie importante de sa culture livresque, les traduira tout d'abord de l'Arabe en Latin, puis, proposa l'ouvrage d'al Ghazel, du Latin en prose Catalane, par l'entremise de plus de 500 distiques.

 

  Et tout en demeurant derechef, profond mais qu' en surface, admirons à présent, un extrait du commentaire Narbonien lui-même des "Maqasid", et sur lequel, le commentator de Perpignan,, va faire sortir et ressortir si remarquablement, un espèce de masque, si ce n'est pas, un espèce de personnage Ghazalien: "Abou Hamid, nous dit-il, vivait à l'époque" où "le monarque interdisait l'enseignement de la philosophie. Mais la nature intégre de l'auteur le força à transmettre aux autres ce qu'il savait déjà des notions de la sagesse. Il s'est donc ingénié à en révéler les mystères sans toutefois s'exposer à des préjudices puisqu'il se fit passer pour un adverssaire de la philosophie. Et il a dit qu'étant donné l'impossibilité de dénoncer le caractère erroné d'une opinion sans en avoir au préalable saisi le fondement, il était donc impératif- pour quiconque souhaitait écrire un livre contre les philosophes- de faire tout d'abord un exposé de leurs doctrines, intitulé les Intentions des philosophes", autrement dit, les Maqasid "et qui n'est autre que le présent ouvrage. Aprés quoi il en écrira un autre qui contestera ce que ces doctrines contiennes de faux. (..) Et Dieu seul sait, terminera Narboni, quel était le but réellement recherché par Abou Hamid, et ce qui primait à ses yeux" (Voir Maurice.R.Hayoun, Moshe Narboni, p 22). 

 

à suivre ...

 

Kafer Fouka

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24 juillet 2021 6 24 /07 /juillet /2021 11:17
Kader Kouka - Averroès - Philosophie et théologie de M. Narboni
Kader Kouka - Averroès - Philosophie et théologie de M. Narboni
Kader Kouka - Averroès - Philosophie et théologie de M. Narboni

Kader Kouka - Averroès - Philosophie et théologie de M. Narboni

             philosophie, théologie

 NARBONI

 

            "Moïse de Narbonne, le philosophe illustre de Perpignan"

 

 El païs catalan a vu naître, tout un archipel de grands maîtres, archi-bel, à l'instar d'un François Arago en physique, et d'un Maillol en sculpture, ou bien, d'un Jean-Sébastià Pons au travers de son art poétique exceptionnel, et sans omettre bien sûr, un Narboni en philosophie, et un Rigaud aussi, le talentueux portraitiste et tapissier de Louis XIV, de Versailles, avec son firmament de beauté.

 

 Mais il y a, quelque chose d'impensable, en conséquence à tout cela. C'est que si Narboni mena une vie plutôt rayonnante, et crayonnante surtout, notre philosophe, toutefois, demeure de nos jours encore si méconnu. Narboni, cet inconnu. D'ailleurs, un romancier, sachant mêler si admirablement le vrai du fabulesque, comme Descartes le fit sans doute si ingénument en métaphysique, entre le rêve et la réalité, mais toujours à escient, pourrait même qualifier cette affaire, ou ce paradoxe, suivant votre choix, comme: "l'impensable, ou presque".

 

 Mais cette impensabilité ci, est-elle vraiment condamnée à rester dans l'impossibilité de sortir de cette impasse-là, d'en surgir ? Dès lors, essayons au cours de ces quelques lignes, moins absconses, j'espère, de remédier à cette méconnaissance si criante, sans prétendre cependant la penser complètement, mais de commencer, par prétendre uniquement, la penser. 

 

   Tout ceci étant situé, mais qui donc, Moïse de Narbonne, était-il ? Et pour essayer de le constituer, suivons, explorons et poursuivons quelques-uns de ses pas, afin de faire connaissance, de façon plus utile sans doute, avec le profond et subtil, philosophe perpignanais, de ce XIV ème siècle naissant. Cependant, au cours de cette invitation initiatique, si courte, c'est volontiers, croyez-le, que l'on se référera, pour tout élément quasiment, aussi bien biographique que bibliographique, à son principal spécialiste francophone, à savoir, l'érudit et en même temps très éclairé, Maurice Ruben Hayoun. 

 

 C'est aux environs de l’an 1300 par conséquent, que Moîse de Narbonne voit ses tout premiers jours, dans la ville de Perpignan. Cette affaire-là, est entendue. Ses parents, quant à eux, étaient originaires de la ville voisine, de Narbonne, comme d'ailleurs, son nom patronymique, pouvait déjà l’indiqué si clairement. Et durant toute sa vie, Moshé, pour les Hébraïsants, vivra harmonieusement, dans la tradition religieuse de ses parents, le Judaïsme. C'est précocement, dés l’âge de 13 ans plus exactement, que le jeune Moshé, s'est vu mettre à l'apprentissage, par son père, à l'étude de l'incroyable "Guide des égarés" de Moïse Maïmonide, véritable maître en plus de la théologie, aussi bien en philosophie qu'en médecine, à Cordoue, durant une partie du siècle d'Averroës. Mais dans ce prélude, l'on se souviendra presque avec facilité, de l'attitude aussi perceptrice et préceptrice d'Etienne Pascal à l'égard de Blaise, son fils, et qui conduira Pascal, en mathématique entres autres, dans de si belles altitudes. Mais ici, n'éludons pas non plus, de relever que Narboni fut aussi, le contemporain, tout au moins pour les quinze premières années de sa vie, d'un autre philosophe Catalan, mystique et apologiste chrétien, Raymond Lulle, dit aussi « le majorquin », compte tenu, de son lieu de naissance sur l'île, tout simplement.

 

 Et concernant derechef, cette première période de sa vie, notre jeune philosophe d'en Roussillo, admirera sans doute, les finitions du colossal Palais des Rois de Majorque de Perpignan, orné en passant, de ses plafonds d'un style mudéjar, et en outre, de ses éternelles arabesques murales, perceptibles de nos jours encore, et dont le visiteur, prend le temps d'observer minutieusement et simultanément conservées par notre ville. Ces calligraphies, quant à elles, témoignent avec moult élégances, de la présence d’artistes Arabes, ou de spiritualité Mohammédienne c'est sûr, à Perpignan, durant la fin du 13 ème et l'embryon du 14 ème siècle, venus d’Espagne, pour contribuer à la création de son magnifique et historique palais. Du palais, le jeune Narboni, ne devait pas y vivre bien loin je crois, dans le « call » (quartier juif) certainement, où l’aljama se réunissait habituellement. 

 

* Lire : Pierre Vidal, les juifs des anciens comté du Roussillon et de Cerdagne, p 22. 

 

 

   Ceci étant entre aperçu, et à l’exemple aussi bien d'Ibn Sina, d’Ibn Zohr, d’Ibn Bajja, ou bien d’Ibn Tufayl, ou encore d'Ibn Roschd et derechef d’un Maïmonide, Narboni, fut lui-même un médecin original. Mais à cause de sa foi, très regrettablement, Narboni, sera victime de persécutions. D'ailleurs, durant son exil, dans la Cerbère actuelle pour être plus précis, Narboni nous informe tristement et de sa propre plume que « J’ai perdu une grande partie de ma bibliothèque à Cervère » (Maurice Ruben Hayoun, La philosophie et la théologie de Moïse de Narbonne, p 62-63). Et c'est seulement du village Espagnol d'à côté, de Port-bou, que Walter Benjamin, vivra plus récemment, cette espèce de désaccord entre son âme et son corps, et dont passionnément, l'intellectuel et écrivain Jean-Pierre Bonnel, dans une sorte d' en-quête, nous en retrace si précisément et si précieusement "l'ultime chemin".

 

 Narboni, quant à lui, ira vivre en Espagne, à Tolède notamment. Tolède justement, beau lieu, où les trois cultures, coexistaient depuis quelques siècles déjà, comme le signe de façon artistique de nouveau, toute l'expression ou quasi, de l’art mudéjar, de la splendide, de la mirifique synagogue Halévy, sur un sol à la fois chrétien et Européen. Tolède encore, ce haut lieu du savoir, comme l'atteste savamment cette fois, le grand mouvement de traduction que connu la ville, à partir des manuscrits Arabes en Latin, et qui permettront à cet égard, des progrès considérables dans l’histoire des sciences, comme l'astronomie, la médecine, la philosophie… 

 

Kader Fouka

...à suivre 

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17 juillet 2021 6 17 /07 /juillet /2021 08:48
Le Quatuor ECLISSES (photos de Clarisse REQUENA)
Le Quatuor ECLISSES (photos de Clarisse REQUENA)

Le Quatuor ECLISSES (photos de Clarisse REQUENA)

Alénya, la culturelle
 
 

Quatuor de guitares classiques à Alénya pour faire chanter l’Espagne

 

Hier soir, aux Caves Ecoiffier d’Alénya, et dans le cadre du Festival Radio France Occitanie Montpellier qui se produit dans différents lieux de la Région, le quatuor « Eclisses » s’illustrait autour de la musique espagnole ou d’inspiration ibérique. Boccherini (Fandango), Debussy (La Soirée dans Grenade, extrait des Estampes), Ravel (Alborada del Gracioso), Albéniz (Asturias), Falla (Le Tricorne) étaient au programme ainsi que, commémoration oblige, Saint-Saëns (Danse macabre).

 

Après avoir entendu Gabriel Bianco en duo avec Marina Viotti le 11 à Palau-del-Vidre dans le cadre du festival de « Concert d’été », nous avons retrouvé le guitariste à Alénya en compagnie de Arkaïtz Chambonnet, Pierre Lelièvre et Antoine Morinière à qui Benjamin Valette avait laissé sa place pour cette fois.

 

D’une grande virtuosité, le quatuor couronné d’une multitude de prix prestigieux, anciens élèves des Conservatoires de Paris et de Bordeaux, a égrené des pièces transcrites pour la guitare par Gabriel Bianco. Tout en gardant l’esprit de la composition originale, les pièces de musique furent exécutées avec beaucoup de brio, d’énergie et de passion.

 

A la fin du concert et après quelques notes de Carmen pour répondre au rappel, les musiciens se sont prêtés aux questions de l’auditoire conquis et ravi par une prestation donnée dans un lieu désormais historique d’Alénya et dont l’acoustique, aux dires des guitaristes, convient particulièrement à ce genre de spectacle.

 

Disons-le en passant, le centre d’Alénya conserve des fenêtres et portes typiques de la région avec ses moustiquaires intégrées dans le cadre des ouvertures, solution pleine de bon sens, écologique et esthétique au problème du moustique mais à laquelle beaucoup préfèrent les produits chimiques. N’empêche que le dispositif ingénieux des anciens Roussillonnais mériterait d’être classé Monument historique et rendu obligatoire ! Mais fermons la parenthèse pour retrouver notre quatuor classique et ses guitares.

 

Ce matin, l’entretien a pu se poursuivre sur France Musique qui recevait Gabriel Bianco et Pierre Lelièvre avant un autre concert de la tournée, dans le Gard.

A réécouter en podcast sur le site de France Musique et en se procurant le dernier disque du quatuor, édité par Advitam et intitulé Evocación. Espagne, quand tu nous tiens !

 

Clarisse Réquéna

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16 juillet 2021 5 16 /07 /juillet /2021 10:14
Moulin à Vent : Gospel - Vernissage ce vendredi à 18h, musée de Saint-Cyprien -
Moulin à Vent : Gospel - Vernissage ce vendredi à 18h, musée de Saint-Cyprien -
Moulin à Vent : Gospel - Vernissage ce vendredi à 18h, musée de Saint-Cyprien -
Moulin à Vent : Gospel - Vernissage ce vendredi à 18h, musée de Saint-Cyprien -
Moulin à Vent : Gospel - Vernissage ce vendredi à 18h, musée de Saint-Cyprien -

Moulin à Vent : Gospel - Vernissage ce vendredi à 18h, musée de Saint-Cyprien -

GOSPEL à Perpignan, Moulin à Vent

 

Le Gospel signifie "bonne nouvelle"... C'est le retour du Chœur Gospel Ebony'n Ivory ! 

Après plus d'un an d'absence en raison du contexte sanitaire, Ebony'n Ivory se réjouit de vous retrouver à l'occasion de son concert de fin d'année le dimanche 18 juillet à l'église Saint Paul du Moulin à Vent (Perpignan), à 17h.

Les spectateurs seront invités à respecter les consignes sanitaires en vigueur.

Entrée et participation libres. 

Nous nous réjouissons à l'idée de vous retrouver et de partager avec vous cet évènement.

- - - - - -

 

JAZZBAND

 

Ce vendredi Jazz au Palais des Rois de Majorque, par CD66, gratuit (dans les jardins, à 21 h)

 

 

FEDERACIÓ GEGANTERA DE CATALUNYA NORD

géants et de la Féderació Gegantera de Catalunya

 

Une haie d’honneur pour le Tour de France

 

Lors de la 15ème étape du Tour de France, la Fédération Gegantera de Catalunya Nord s’est mobilisée afin de promouvoir son action culturelle. Les gegants se devaient d’être présent afin de saluer les acteurs de la grande boucle. Un lieu stratégique et symbolique a été décidé : Villefranche de Conflent. C’est avec l’appui précieux de la colla gegantera de la cité médiévale que tout s’est organisé. Depuis plusieurs semaines le projet était en gestation. C’est grâce au partenariat entre les services de l’état, du département et de la commune, que celui-ci a vu le jour. Ainsi une dizaine de géants se sont implantés de part et d’autre de la route, créant une véritable haie d’honneur. 

Les colles et musiciens de Perpignan, de Saint Hippolyte, du Soler, d’Elne et de Villefranche de Conflent, se sont organisés afin d’offrir aux spectateurs, aux coureurs et à la caravane du Tour, un spectacle haut en couleurs. Pendant des heures, les responsables se sont relayés afin de surveiller leur espace, en attendant le Tour.

 

Les 40 bénévoles présents ont vécu un moment de partage empreint de chaleur humaine, grâce à l’intendance sans faille de la colla de Villefranche. Malgré une nuit courte, tout le monde était sur le pont dès 6h du matin pour une longue journée d’attente sous le soleil.

 

Une fois la voie publique sécurisée, les photos ont fusé de toute part. Sponsors, caravane publicitaire, presse ou forces de l’ordre ont apprécié la haie d’honneur confectionné par le monde geganter. 

Une belle réussite qui a fait parler des géants et de la Féderació Gegantera de Catalunya Nord.

 

Pour l’année à venir, elle continuera à soutenir plusieurs actions et projets car les gegants sont un vecteur intergénérationnel et familial où il fait bon vivre.  

 

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15 juillet 2021 4 15 /07 /juillet /2021 10:39
Juifs et extrême-droite : et à Perpignan ? - livre de C.Combes - affiche d'Alénya
Juifs et extrême-droite : et à Perpignan ? - livre de C.Combes - affiche d'Alénya
Juifs et extrême-droite : et à Perpignan ? - livre de C.Combes - affiche d'Alénya
Juifs et extrême-droite : et à Perpignan ? - livre de C.Combes - affiche d'Alénya
Juifs et extrême-droite : et à Perpignan ? - livre de C.Combes - affiche d'Alénya

Juifs et extrême-droite : et à Perpignan ? - livre de C.Combes - affiche d'Alénya

La tribune des Klarsfeld trahit une certaine amertume : le penchant d'une minorité de juifs pour l'action du RN et le discours séducteur de M.Le Pen; surtout par le thème récurrent du Rn sur les étrangers, migrants et autres Maghrébins et Palestiniens...
Et à Perpignan ? On a déjà parlé de la complaisance des responsables locaux : entretien de M. Halimi qui admet que le FN devenu RN a changé. Les tactiques électorales, diplomatiques de L.Aliot ont réussi à tromper ceux qui sont crédules et n'ont pas de conscience politique: ils oublient le passé du maire de Perpignan et son compagnonnage avec J.Marie Le Pen, personnage brutal qui tua et tortura dans les colonies, et affirma que la Schoah n'était qu'un détail... Grâce à leurs masques, Mme Le Pen et Aliot ont engrangé des voix et s'ouvrent des perspectives : ces nouveaux démocrates tentent pourtant de créer, au niveau du parlement européen, un groupe radical avec, entre autres, les néofascistes italiens et autres nostalgiques de l'ordre nazi...
Le tribune du Monde est bienvenue pour réveiller les âmes endormies,à quelques mois des présidentielles... 

 

Et à Perpignan, la communauté israélite va-t-elle faire encore silence longtemps..?

 

jpb

 
« Les juifs doivent se tenir à l’écart de l’extrême droite »

Le président de l’association Les Fils et filles des déportés juifs de France et l’avocat estiment, dans une tribune au « Monde », que les prises de position d’Eric Zemmour transgressent à la fois les valeurs républicaines et les valeurs juives.

Publié le 11 juillet 2021

Tribune. La révolution française a libéré les juifs et leur a permis, selon leurs mérites, d’accéder à toutes les positions tant privées que publiques. Un siècle et demi plus tard, Hitler, le nazisme, le maréchal Pétain à la tête du régime Vichy qui s’est associé à la solution finale firent périr un quart des juifs de France. Les trois quarts restant durent leur survie à une population française compatissante et à une Eglise qui avait appris de ses erreurs : esprit républicain et charité chrétienne.

Les juifs de France sont dans leur immense majorité fidèles à l’esprit républicain et se répartissent plus ou moins équitablement entre le centre gauche et le centre droit. Pourtant depuis une dizaine d’années, un certain nombre d’entre eux, craignant un islamisme conquérant et antijuif qui s’est manifesté par des attentats sanglants, sont tentés par un vote à l’extrême droite.

Selon une étude menée par l’Ifop en 2014, ils étaient 4 % à voter pour le Front national de Jean-Marie Le Pen en 2007. En 2012, ils étaient 13,5 % à voter pour Marine Le Pen, alors que dans la population générale, ils étaient 19 %. A l’élection présidentielle de 2017, les juifs de France ont majoritairement voté pour Macron au second tour. Quant aux juifs français installés en Israël, ils n’étaient que 4 % à voter pour le candidat de l’extrême droite.

Aujourd’hui, non seulement certains juifs s’engagent publiquement dans les médias pour soutenir les positions de l’extrême droite, mais Eric Zemmour, un juif dont les aïeux sont devenus Français en 1870 par le décret Crémieux, qui attribua la citoyenneté française aux « Israélites indigènes d’Algérie », veut devenir l’étendard de l’extrême droite à l’élection présidentielle de 2022.

Pour cela, il transgresse certaines valeurs républicaines et certaines valeurs juives. Il milite pour la réhabilitation de Pétain, qui selon lui aurait sauvé les juifs français en donnant aux Allemands les familles juives étrangères, dont des milliers d’enfants nés en France et donc Français. La meilleure défense des juifs français pour Pétain aurait été de dire : « Cet abominable travail, faites-le vous-même, ce n’est pas dans nos traditions. Nous ne sommes pas des monstres. Nous sommes la France ! »


 

Concert à Alénya

 

QUATUOR ECLISSES Gabriel Bianco - Arkaïtz Chambonnet - Pierre Lelièvre – Antoine Morinière Guitares 

Pas de réservations possibles. Salle Marcel Oms 

 Complicité, originalité, subtilité, le Quatuor Eclisses s'inscrit depuis 2012 dans le paysage musical français. Ces quatre guitaristes proposent de redécouvrir la guitare classique, notamment à travers des arrangements ambitieux et innovants du grand répertoire pour piano ou orchestre. En 2013, ils remportent le 1er prix du Concours Européen de Musique de Chambre de la FNAPEC, et l'année suivante, ils sont lauréats de la Fondation Banque Populaire. 

Ils s'engagent également dans l'élargissement du répertoire pour quatuor de guitares avec la création d'oeuvres de Karol Beffa, Sergio Assad et Nikita Koshkin. Amis depuis leur rencontre au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, ces quatre musiciens poursuivent aujourd'hui une carrière qui les mène à se produire à l'étranger...

 

PROGRAMME :

Luigi Boccherini 1743-1805 Quintette pour cordes et guitare n°4 en ré Majeur G 448, extraits Grave assai et Fandango (approx. 8’) 

Claude Debussy 1862-1918 La Soirée dans Grenade, extrait des Estampes (approx. 6’) Maurice Ravel 1875-1937 Alborada del Gracioso (approx . 7’) 

Camille Saint-Saëns 1835-1921 Danse macabre (approx. 8’) 

Isaac Albéniz 1860-1909 Asturias, extrait de la Suite espagnole n°1 op. 47 (approx. 6’) El Corpus Christi en Sevilla, extrait d’Iberia, 1er Cahier (approx. 9’) 

Manuel de Falla 1876-1946 Danse finale, extrait du Tricorne (approx. 7’)

La mort de Claude Combes,

il y a quelques années, ce chercheur universitaire nous avait donné un article pour le site "Frontières-Catalogne" (responsables : André ROGER et J.P.Bonnel)

Condoléances à sa famille. jpb

 

Claude Combes, éminent scientifique de l'université de Perpignan est décédé le 8 juillet dernier dans la ville où il avait vu le jour le 22 juillet 1935. Membre de l'Académie des sciences ainsi que de l'Académie d'agriculture de France, le Catalan laisse derrière lui de nombreux travaux de biologie, notamment en parasitologie où il a marqué sa génération ainsi que les suivantes. 

 

Le parcours hors pair de cet agrégé des sciences naturelles en 1958 à l'âge de 23 ans puis docteur ès-sciences en 1967, décoré chevalier de la Légion d'honneur, chevalier de l'ordre national du Mérite et commandeur dans l'ordre des Palmes académiques, force le respect et l'admiration. Élu Correspondant de l’Académie des sciences le 25 mars 1996, il en fut également membre le 30 novembre 2004. Sans oublier, en 1999, l'Académie d'agriculture de France. Biologiste et parasitologue, Claude Combes a centré ses recherches sur la transmission, l’écologie et l’évolution des organismes parasites et sur les pressions sélectives dans les systèmes parasites/hôtes. Il a travaillé notamment sur les agents pathogènes responsables des schistosomoses humaines, affectant, dans les régions intertropicales, plusieurs centaines de millions de personnes. 

 

En 1970 il est nommé professeur de biologie à l'université de Perpignan. Huit ans plus tard il crée le Laboratoire de biologie animale (UMR 5555 "Parasitologie fonctionnelle et évolutive") associé au CNRS qui est un Centre collaborateur de l'Organisation Mondiale de la Santé. On ne compte en outre plus les prix scientifiques qui ont jalonné toute sa carrière.

...Le scientifique catalan (sa mère était argelésienne, son père perpignanais), nous a donc quittés il y a tout juste une semaine, emporté par un cancer à l'aube de ses 86 ans. Il repose au cimetière Saint-Martin de Perpignan.

Publié le 14/07/2021 par V. Pons

 

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14 juillet 2021 3 14 /07 /juillet /2021 08:23
Marina Viotti - Gabriel Bianco à la guitare et Marina Viotti (photos de C. Réquéna) -
Marina Viotti - Gabriel Bianco à la guitare et Marina Viotti (photos de C. Réquéna) -
Marina Viotti - Gabriel Bianco à la guitare et Marina Viotti (photos de C. Réquéna) -
Marina Viotti - Gabriel Bianco à la guitare et Marina Viotti (photos de C. Réquéna) -

Marina Viotti - Gabriel Bianco à la guitare et Marina Viotti (photos de C. Réquéna) -

Chaque année, un palais pour la musique à Palau del Vidre

 

Ce dimanche 11 juillet s’achevait la série de concerts programmée par « Concert d’été », association présidée par Marie Susplugas Andréa qui en est aussi la directrice artistique du « Festival de musique et de poésie » annuel. Aussi passionnée et pénétrée par la musique que ses invités musiciens, Marie Susplugas avait donc concocté un programme de six concerts passant de Mozart et Brahms à Déodat de Séverac, de la musique italienne du XVIIe siècle (Jacchini, Marini, Corbetta, Frescobaldi…) à la musique européenne du XVIIIe siècle pour finir par un hymne à l’amour décliné sur plusieurs siècles.

 

Pour ce grand final, Gabriel Bianco à la guitare et Marina Viotti pour la partie lyrique s’étaient donné rendez-vous à l’église Sainte-Marie de Palau del Vidre, à l’excellente acoustique. Il s’agit de deux talents de renommée internationale qui parcourent les continents pour se produire sur les grandes scènes comme la Scala de Milan, le Bolchoï, le Théâtre du Châtelet à Paris.

 

Aussi, Palau a-t-il apprécié de recevoir et ces musiciens et ces auditeurs mélomanes de différentes régions.

Le thème de ce dimanche de clôture s’intitulait Porque existe otro querer et s’illustrait par des pièces françaises et espagnoles : chants de Gabriel Fauré, de Carlos Eleta Almaran, de Leo Ferré notamment pour s’achever par la diabolique tarentelle du Barbier de Séville.

 

Notons que Gabriel Bianco est aussi l’auteur des transcriptions et arrangements pour guitare de tous ces morceaux composés pour certains pour orchestre.

 

Vivement applaudis et rappelés, et en présence des édiles de la Commune, de Saint-André et d’Argelès-sur-Mer, les musiciens ont permis au public de s’entretenir avec eux à la sortie du concert. Ce fut l’occasion d’apprendre de la bouche même de la mélodieuse Marina Viotti, issue d’une famille de musiciens, qu’elle a eu aussi une carrière dans le métal ! Malgré ces acrobaties, sa voix d’or est restée intacte et s’est même enrichie d’inflexions originales. 

 

Marie Susplugas, on s’en doute, prépare déjà le 23e festival qui devrait avoir lieu en 2022.

 

Pour adhérer à l’association ou pour s’informer : concert.d.ete@wanadoo.fr

 

Clarisse Réquéna 

 

14.7.2021

Demain 15 juillet :

* Un quatuor classique à Alénya grâce à Radio-France

** Les Juifs contre l'extrême-droite : et à Perpignan, tujours la complaisance..?

 

*** La mort de Claude Combes, chercheur, professeur à l'Université de Perpignan

**** Sète et Brassens, à lire dans le Monde daté du 12 juillet : article de Pierre Sorgue, journaliste que j'ai accompagné récemment sur le chemin W.Benjamin, de Banyuls à Portbou : reportage à paraître...

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13 juillet 2021 2 13 /07 /juillet /2021 10:31
Vous êtes anti-vaccin ? Pourquoi ? - Textes sur le consentement
Vous êtes anti-vaccin ? Pourquoi ? - Textes sur le consentement
Vous êtes anti-vaccin ? Pourquoi ? - Textes sur le consentement

Pour ou contre le vaccin,

 

débat ancestral...

 

Je ne suis pas complotiste: je ne crois pas que les grands médecins qui nous conseillent le vaccin veuillent nous empoisonner. Les habitants des pays pauvres (Afrique, Haïti, Amérique du sud...) voudraient bien être vaccinés mais les doses sont monopolisées par les pays occidentaux...

 

Je me trompe peut-être, mais dans l'immédiat, je ne vois pas d'autres solutions, sinon le laisser-faire, la sélection naturelle, et plus, car, après le décès des plus âgés et plus faibles, la maladie touche  à présent les jeunes...et que vont nous apporter les mutations du covid..?

Je me fais vacciner pour moi, égoïstement, et un peu pour les autres, car je ne vis pas seul sur une île déserte.

Je joins ci-dessous les textes qui défendent la liberté des citoyens. JPB

 merci à :

Patricia Vidal

Rappel...
1) Serment d’Hippocrate (-460//377) : « je ne remettrai à personne du poison, si on m’en demande, ni ne prendrai l’initiative d’une telle suggestion. »
 
2) Code de déontologie médicale, article 36 :
Article R4127-36 du Code de santé publique: « le consentement de la personne examinée ou soignée doit être recherché dans tous les cas. Lorsque le malade, en état d’exprimer sa volonté, refuse les investigations ou le traitement proposé, le médecin doit respecter ce refus après avoir informé le malade de ses conséquences »
 
3) Code de Nuremberg (1947) : « le consentement du sujet humain est absolument essentiel. Le pacte international relatif aux droits civils et politiques a repris cette interdiction contre toute expérimentation involontaire, dans son texte de 1966 qui stipule : nul ne peut être soumis sans son consentement à une expérience médicale ou scientifique »
 
4) Déclaration de Genève pour les médecins (1948) : « je respecterai l’autonomie et la dignité de mon patient. Je n’utiliserai pas mes connaissances médicales pour enfreindre les droits humains et les libertés civiques, même sous la contrainte. Je garderai le respect absolu de la vie humaine, dès la conception. Je considérerai la santé de mon patient comme mon premier souci »
 
5) Déclaration d’Helsinki (1996) signée par 45 pays dont la France :
Article 25 : « la participation de personnes capables de donner un consentement éclairé à une recherche médicale doit être un acte volontaire. Aucune personne capable de donner son consentement éclairé ne peut être impliquée dans une recherche sans avoir donné son consentement libre et éclairé »
 
6) Convention d’Oviedo (1997) signée par 29 pays dont la France) :
Article 5 : « une intervention dans le domaine de la santé ne peut être effectuée qu’après que la personne concernée y a donné son consentement libre et éclairé. Cette personne reçoit préalablement une information adéquate quant au but et à la nature de l’intervention ainsi que quant à ses conséquences et ses risques. La personne concernée peut, à tout moment, librement retirer son consentement »
 
7) Loi Kouchner (4 mars 2002) :
Article 111-4 : « toute personne prend avec le professionnel de santé et compte tenu des informations qu’il lui fournit, les décisions concernant sa santé. Le médecin doit respecter la volonté de la personne après l’avoir informée des conséquences de ses choix. Si la volonté de la personne de refuser ou d’interrompre un traitement met sa vie en danger, le médecin doit tout mettre en œuvre pour la convaincre d’accepter les soins indispensables. Aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne et ce consentement peut être retiré à tout moment »
 Arrêt Salvetti (2002) : aucun traitement médical n’est obligatoire au sein de l’Union européenne : « en tant que traitement médical non volontaire, la vaccination obligatoire constitue une ingérence dans le droit au respect de la vie privée, garanti par l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales » (arrêt Salvetti c/Italie-CEDH décision du 9 juillet 2002 ; n°42197/98)
😎
9) Code civil français :
Article 16-1 : « chacun a le droit au respect de son corps. Le corps est inviolable »
10) Résolution 2361 du Conseil de l’Europe (28 janvier 2021) : avis consultatif : l’Assemblée demande instamment aux États membres et à l’Union européenne :
Article 731 : « de s’assurer que les citoyennes et les citoyens sont informés que la vaccination n’est pas obligatoire et que personne ne subit de pressions politiques, sociales ou autres pour se faire vacciner, s’il ou elle ne souhaite pas le faire personnellement »
Article 732 : « de veiller à ce que personne ne soit victime de discrimination pour ne pas avoir été vacciné, en raison de risque potentiel pour la santé ou pour ne pas vouloir se faire vacciner »
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12 juillet 2021 1 12 /07 /juillet /2021 10:29
Charmante petite fille avec ses cadeaux : tee-shirt à pois donné par Leclerc et sacs offerts par la Communauté de communes

Charmante petite fille avec ses cadeaux : tee-shirt à pois donné par Leclerc et sacs offerts par la Communauté de communes

Passage du tour de France à Mont-Louis/La Cabanasse

 

Charmante petite fille avec ses cadeaux :

le tee-shirt à pois est donné par Leclerc et les sacs offerts par la Communauté de communes...les seuls à avoir donné quelque chose; les autres, Cochonou ou Harribo lançaient des petits sachets qui, parfois, s'ouvraient en s'écrasant sur le sol...

La caravane du Tour était banale, à partit les personnages carnavalesques de quelques marques; surtout les voitures Skoda dominaient, du début à la fin, par grappes vertes ou grises.

L'ambiance n'était pas joyeuse devant la forteresse de Montlouis : pas d'animation, ni musique; on avait fait le minimum, en sortant quelques emblèmes catalans...

 

Les filles de Leclerc envoyaient donc les tee-shirts par paquets, la foule se précipitaient et, grands ou petits, ils endossaient ces enveloppes commerciales, par jeu, par mimétisme, par envie de faire une fête gratuite... Les vendeuses de Leclerc jetaient à la foule moutonneuse, qui jouait le jeu du pauvre illuminé par les cadeaux des grosses entreprises...

 

Les voitures insolites furent celles de la CGT et d'Israël... 

 

La caravane passe, vite parfois, malgré les gens à ce carrefour, et s'élance vers Font-Romeu et l'Andorre, où la fête sera sans doute plus généreuse...

 

Mais voici une échappée : trois coureurs ont largué le peloton à 8 minutes !

J'arrive à prendre une photo, non cadrée, quasi floue, montrant plus le chapeau de la dame à côté que le maillot du grimpeur... J'ai attendu trois heures au soleil pour quelques secondes d'un plaisir très fugace...

 

JPB - 12.7.2021

 

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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