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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 10:41
la grande mosquée de Perpignan
la grande mosquée de Perpignan

Mosquées de Perpignan et du 66 :

(ce sont des "associations culturelles" car, pour l'Islam, le culte -la religion -est culture)


Source : Mosquées et centres islamiques dans le département 66 sur www.guidemusulman.com

* Mosquée de Saint-Jaques :

Mosquée à Perpignan

Ass Islamique Cultuelle et Apolitique

Coordonnées

Mosquée à Perpignan

8 rue du Moulin Parès.

66000 - Perpignan

Détails

Prière du vendredi :
Prêche en français :
Espace pour les femmes :

Description

Mosquée homme

Mercredi 2015

Subh

06:44

Lever du soleil

07:52

Zhur

13:08

Asr

15:49

Maghrib

18:19

Isha

19:22

Calendrier mensuel

Calendrier annuel

Figure 1. La mosquée intercommunale de lagglomération de Perpignan



Figure 2. Une mosquée inter-quartier de Perpignan



Figure 3. Une mosquée de proximité de Perpignan


L’implantation des lieux de culte musulman s’est fait au gré de l’aménagement du terri-toire urbain. Et si la politique de la ville a influé sur l’évolution et le développement des mosquées, la volonté municipale d’avoir un interlocuteur musulman à l’échelle de la ville et les compétences municipales en matière d’urbanisme, en particulier l’octroi de permis de construire et le droit de préemption, ont directement façonné le paysage cultuel musulman de Perpignan.


C’est alors que la mosquée de la Fraternité [13] se démarque clairement des autres lieux de culte musulman de la ville. Le bâtiment se situe en périphérie de la ville et est construit sur une parcelle lui permettant de disposer de sa propre aire de stationnement. À l’évidence, notamment du fait d’être excentré et situé à l’extérieur d’un quartier résidentiel, son rayonnement recouvre les communes avoisinantes. Comme pour plusieurs villes françaises et européennes, elle est « la mosquée de Perpignan » au sens à la fois politique et architectural de l’expression. Elle est donc la mosquée de type intercommunal du Roussillon.

Figure 4. Plan du rez-de-chaussée de la mosquée intercommunale.


Le tissu spatial de cette zone est très diffus et la morphologie des bâtiments manque de cohérence. Il faut dire que la quasi-totalité des opérations immobilières de ce secteur ont été produites au coup par coup sans vision urbanistique stratégique préalable.

La qualité architecturale des bâtiments s’en ressent. Aucune habitation ne se trouve donc à son immédiate proximité (voir la vue aérienne, Figure 1). Il est préférable de s’y rendre en véhicule, le trajet n’étant pas commode d’autant plus que le rite musulman de la prière se pratique à cinq moments de la journée, répartis de l’aube à la nuit tombée. Aussi la mosquée ne réunit-elle quotidiennement que quelques dizaines de fidèles pour un espace pouvant en accueillir plus d’un millier.


Quatre autres lieux de culte musulman se distinguent par des caractéristiques urbaines, architecturales et fonctionnelles singulières : les mosquées Salam [5], Er-Rahma [7], El-Fath [9] et Elhidaya [12]. Outre qu’elles accueillent toutes les fidèles pour la prière hebdomadaire, elles se démarquent des huit autres lieux de culte musulman de la ville par leur capacité d’accueil en cours de développement et/ou par leur fréquentation. Ces quatre bâtiments font en effet l’objet d’une extension ou d’une construction à la suite de l’acquisition foncière par leur association gérante. Situées au cœur de cités résidentielles, excepté la mosquée Er-Rahma derrière la gare ferroviaire, elles reçoivent des fidèles de plusieurs quartiers à la fois.

Figure 5. Plan du rez-de-chaussée de la mosquée inter-quartier Salam.


Le lieu de culte musulman géré par l’association Salam [5], dans le quartier de Saint-Martin est représentatif des mosquées inter-quartiers implantées dans ces poches urbaines de logements sociaux. Sans pour autant ressembler aux ZUP du territoire national, ces zones en tâches d’huiles dans le paysage urbain perpignanais prennent la forme d’enclaves socio-spatiales. Le bâtiment en question est situé dans l’angle formé entre deux immeubles de la Cité des Rois de Majorque. Établi sur un seul niveau en rez-de-chaussée, il est intégré à la composition paysagère du quartier. Le projet d’extension est rendu possible en surélevant le bâtiment, comblant ainsi le vide laissé dans l’angle. Le contexte urbain est celui d’une cité résidentielle qui a fait l’objet d’un plan de réhabilitation des façades et du cadre de vie extérieur, dans le cadre de l’ANRU (Agence nationale de rénovation urbaine).


Les autres lieux de culte sont ce que nous avons appelé des mosquées de proximité, accueillant la population résidente du quartier où elles se situent. Notons à ce propos qu’un projet d’agrandissement est à l’étude pour la mosquée Abou Bakr [6] qui, si la construction destinée à remplacer les préfabriqués actuels se réalise, verra le lieu de culte devenir une mosquée inter-quartier, d’autant plus que des fidèles des quartiers sud (Mas Bresson, Catalunya, Porte d’Espagne) et des villages au sud-ouest de Perpignan (Canohès, Toulouges, Thuir, Pollestres) la fréquentent déjà.


Ces huit lieux de culte de proximité sont notamment caractérisés par le fait que le bâtiment en question est antérieur à la conversion du lieu en mosquée. La mosquée des Turcs [8] (outre l’existence d’un projet de construction en cours) est une maison de ville. Celle du Champ-de-mars [4] est un local commercial tout comme l’a été la mosquée Salam [5] avant son actuelle réhabilitation. La salle de prière du Vernet Salanque [11] est un local en bas d’immeuble de la cité HLM du quartier. Le local de l’association Les sentiers [10] n’a pas subi de modification affectant le bâtit, et ne fut donc soumis qu’à une réfection de l’intérieur converti en zawiya. Enfin, les trois lieux de culte musulman du quartier Saint-Jacques [1, 2 et 3] sont à l’intérieur d’immeubles réaménagés en salles de prière.

Figure 6. Plan du rez-de-chaussée de la mosquée de proximité Malik.


Parmi eux, la mosquée Malik [1] est caractéristique des mosquées de proximité du centre ancien de Perpignan. Situé en plein cœur de Saint-Jacques (voir la vue aérienne, figure 3), l’un des quatre quartiers du centre ancien de la ville, l’immeuble de trois étages est inséré dans un ensemble de bâtiments étroits. Placé en secteur sauvegardé, le quartier est caractérisé par l’insalubrité et fait l’objet d’une OPAH (Opération programmée d’amélioration de l’habitat). Le quartier classé en zone urbaine sensible est actuellement en pleine requalification.

Le paysage cultuel musulman perpignanais, du spatial au social

Figure 7. Localisation des lieux de culte musulmans à Perpignan en 2012


Tous les vendredis, des fidèles prient à l’extérieur des locaux de certaines mosquées qui assurent cet office religieux hebdomadaire. Ce qui alimente des plaintes pour « prières de rue » de la part de certains résidents. Rien d’étonnant si l’on s’en tient au fait qu’au moins 4 300 musulmans se réunissent à l’occasion des prières annuelles. Avec une capacité maximale d’accueil des lieux de culte musulman de la ville de Perpignan de 3 830 personnes dont 750 femmes, on pourrait conclure que les 2 042 m² de surfaces consacrées sur la ville à la prière musulmane seraient relativement suffisants. Or c’est au niveau de la répartition des fidèles qu’il convient d’apprécier la réalité de la situation.
On peut d’ailleurs s’apercevoir qu’il n’existe aucune démarche holistique à l’échelle de la ville. Ce défaut d’une prise en considération globale et cohérente de la question est imputable aussi bien aux décideurs politiques en matière d’aménagement du territoire qu’aux responsables associatifs musulmans. Ainsi en va-t-il de l’octroi de permis de construire qui n’obéit pas uniquement à des considérations objectives liées aux besoins concrets en matière de fréquentation des lieux de culte musulman. Si certains projets se justifient de ce point de vue (comme la mosquée Salam [5]), d’autres ne le sont guère (comme la mosquée Alhidaya [12]). Certaines mosquées ont un besoin urgent d’accroître leur capacité d’accueil, notamment celles du quartier Saint-Jacques pour lesquels des contraintes de réglementation en matière de sécurité se posent très sérieusement (degré de réaction au feu de certains matériaux, largeur des dégagements, nombre de sorties de secours, etc.). D’autres mosquées, dans le même cas de figure, disposent d’un espace extérieur qui leur permet de compenser l’insuffisance des superficies du bâti (mosquées Abou Bakr [6] et Al-Fath [9]). C’est ainsi qu’en réalité, même si la distribution des fidèles obéit à d’autres facteurs (proximité, mobilité, transport, rythme cultuel, attractivité de l’imam, orientation idéologique de l’association, activités annexes, etc.), la capacité d’accueil des mosquées de Perpignan satisfait mal le besoin des musulmans qui les fréquentent, et leur répartition sur le territoire communal n’est pas hiérarchisée.


Plus d’une décennie auparavant, d’aucuns voyaient dans « la communauté musulmane de Perpignan, quelque 10 000 membres » (Feltin et Molénat, 11 octobre 2001). Avec aujourd’hui près d’un cinquième de ce chiffre qui assiste à la prière du vendredi – 2000 fidèles en moyenne sur l’année – il est indéniable que les difficultés dues à une prise en compte insuffisante des flux s’accentueront si aucune politique à l’échelle de la ville n’est mise en œuvre.


Le paysage cultuel musulman perpignanais met en évidence une configuration sociale et spatiale qui distingue les lieux de culte insérés dans des quartiers résidentiels à caractère social. La distinction s’avère nécessaire non seulement pour pouvoir mettre en relief les effets de lieux qui participent à la structuration du paysage religieux de la ville, mais aussi et surtout parce qu’elle souligne le rapport entre la mosquée et les caractéristiques sociodémographiques de la population musulmane. On peut également invoquer en faveur de ce choix, la capacité structurante du lieu de culte pour le quartier lui-même. ERP (établissement recevant du public), les lieux de culte animent par ailleurs la vie quotidienne du quartier et contribuent à une relative « paix sociale ».


Cette prise en considération de la réalité sociodémographique liées à l’implantation des lieux de culte musulman permet donc de s’interroger sur l’existence outre d’un effet de classe, de mobilité ou de culture, d’un effet de lieu dans l’organisation des sociétés humaines, ou, si l’on préfère, de savoir si l’espace intervient comme facteur explicatif et isolable de l’organisation sociale et de quelle manière (Frémont et alii, 1984 : 387 ). Depuis les travaux pionniers de la géographie sociale, « on ne tente plus de détacher, d’isoler l’espace de l’organisation sociale, au contraire, on postule la consubstantialité du social et du spatial. On affirme d’emblée que la géographie étudie la dimension spatiale des phénomènes de société et qu’elle s’intéresse à l’organisation de l’espace et aux pratiques de l’espace des acteurs de la société ainsi qu’à leurs représentations ; ceci à différents niveaux de l’étendue, du local au mondial » (Sélimanovski, 2009/1 : 119).


Or si le lieu peut avoir un effet sur l’organisation sociale, il n’en demeure pas moins non plus qu’il est construit par les événements qui s’y déroulent. Dès lors, il nous appartient de rendre compte, au moment même où le lieu est présenté, des principaux événements qui participent de sa construction par les acteurs qui s’y trouvent. C’est à l’aide de l’imbrication de ces trois éléments, lieu, événement et acteur(s), que nous restituerons ici les modalités d’émergence de nouvelles spatialités qui concèdent à la religion une visibilité et un rôle fonctionnel réaffirmés dans la vie urbaine des sociétés européennes.

Centre et marge, une question de perspective

La marginalité du centre...
Le paysage cultuel musulman de Perpignan est construit à partir de l’imbrication de facteurs sociaux et spatiaux. On peut déjà faire remarquer que les lieux de culte musulman de la ville sont tous situés dans des zones où la population immigrée est significativement présente (voir figure 7). Aucune des trois zones de la ville où celle-ci est inférieure à 10 % de la population locale n’a de lieu de culte musulman.
Signalons également que trois lieux de culte se trouvent à l’extérieur de quartiers populaires de la ville : la Grande Mosquée de la Fraternité [13] dans le sillage de la Fédération nationale de la Grande Mosquée de Paris (proche de l’Algérie), la Mosquée Er-Rahma [7] de la jama‘at at-tabligh et la zawiya [10] de la tariqa naqshabandiyya. Avec le local de l’association El Houda [3], ce sont les lieux de culte les plus récents. Les dix autres mosquées de la ville se situent donc toutes à l’intérieur de quartiers populaires dont sept au sein de cités à logements sociaux. Aussi faut-il faire remarquer que :


« […] paradoxe social plus que géographique, la marge à Perpignan, ne se manifeste non pas en périphérie mais en centre-ville, dans des quartiers diffamés et stigmatisés, tels Saint-Jacques et Saint-Mathieu, où la misère sanitaire (logements insalubres) côtoie la misère sociale (23,3 % de Perpignanais bénéficiant d’allocation (RMI, API, AAH) contre 16 % pour Nîmes et 15 % à Montpellier) » (Got, 2010 : 198).
Dans l’espace public de la société nord-catalane, la mosquée de la Fraternité [13] fait figure de centre « officiel » de la vie religieuse musulmane. Il s’agit de la mosquée intercom-munale de notre typologie. En marge de la zone urbaine, elle a été construite dans la zone de Torremilla au Haut-Vernet, sur un terrain vague au milieu des vignes, en bordure de la voie rapide pénétrante à l’extrême nord de la ville, sur le bas-côté en face des hangars aéroportuaires, à proximité d’une zone commerciale et artisanale. Comme dans le cas de celui de « la mosquée à Mantes-la-Jolie », on retrouve à travers « la grande mosquée de Perpignan », « les conditions imposées de l’hospitalité religieuse [à] un espace de relégation urbain et social […] à une relative invisibilité sociale » (De Galembert, 2004 : 383-407). Le choix de cet emplacement avait fait l’objet de vives critiques de la part des fidèles peu motivés à participer à son financement initialement estimé à 610 000 euros. Un financement bancaire, malgré l’interdiction religieuse du prêt à intérêts (ar-riba), aurait même été contracté pour faire aboutir le projet à son terme. « Il a [donc] fallu plus de 4 ans aux fidèles, qui ont versé pour cela quelque 900 000 euros, pour réussir à construire ce qui constitue [en 2006] la troisième mosquée de France en termes de capacité cultuelle, derrière les mosquées de Paris et de Lyon » (La Gazette, 8 décembre 2006). Construit sur un terrain viticole en bordure de la voie rapide nord, principale axe routier qui longe lui-même l’autoroute, le bâtiment est donc un projet initial. Il est au centre du terrain sur lequel une aire de stationnement a été aménagée. S’étendant sur un terrain de 17 500 m², l’édifice dont ce fut « un architecte juif, Gérard Lascar, aujourd’hui disparu, qui a dressé gratuitement les plans » (Molénat, 2004) peut en effet se prévaloir d’être « la plus grande de France en terme de superficie » (L’Indépendant, 11 septembre 2010).


Le projet fut porté par feu A. Akkari. D’origine libanaise, ce chef du service orthopédie de l’hôpital Saint-Jean de Perpignan devint adjoint au maire délégué à la santé. En 2002, il fonda avec M. Iaouadan, avocat au barreau de la ville et également élu de la majorité municipale, le Collectif Fraternité Perpignan. Mais l’organisation est confondue avec le Collectif culturel et cultuel des musulmans des Pyrénées-Orientales qu’ils créèrent quatre ans plus tôt. Plus souvent appelé le Collectif des musulmans des Pyrénées-Orientales, il est aujourd’hui administré par trois médecins d’origine algérienne animant une troisième association fondée début 2006 et baptisée Centre Averroès Perpignan. Celle-ci est à vocation culturelle et permet ainsi d’obtenir des subventions publiques. Elle siège à l’angle sud-est du mas de la Gibelière, dans un ensemble de bâtis antérieurs à la construction de la mosquée servant aussi de résidence à l’imam. Ces trois associations de droit ne forment en réalité qu’une seule association de fait. On peut ainsi faire remarquer que médecins, avocats et élus locaux, ces responsables communautaires disposent des ressources sociales offrant une notoriété publique à la mosquée qui répondait d’ailleurs à un besoin plus politique que religieux.

En effet, maire de la ville de 1993 à 2009, J.-P. Alduy hérita de ce que le géographe Giband appelle : « un système géopolitique spécifique : celui du clientélisme municipal, fondé sur le contrôle des positions de pouvoir local et un encadrement fort de la population selon un registre "ethnique" en faveur de deux groupes clairement identifiés à des territoires urbains [mais la différence du fils par rapport au père est qu’] à l’approche clientéliste, il substitue une dimension communautariste fondée sur l’appartenance religieuse » (2006/1 : 178).

Ce contexte et ces pratiques politiques locales ont largement participé à la configuration d’une représentation politique de la communauté musulmane qui plaça la « mosquée de la ville » au centre de l’espace public mais en marge de la vie communautaire. On retrouve ainsi à Perpignan les caractéristiques mises en évidence par Duthu (2008 : 108) pour d’autres villes françaises : ancienneté du maire ; une « laïcité ouverte » associée à une forte personnalité du maire qui atténue les postures identitaires et sécuritaires du parti politique d’affiliation (UMP) ; absence d’une coordination autonome des associations musulmanes à vocation cultuelle associée à l’absence paradoxale de relation avec le CRCM sensé assuré cette coordination ; clivage générationnel avec une jeunesse musulmane coupée des responsables communautaires engagés dans un processus de notabilisation.

… La centralité de la marge ...


Dans le centre historique de la ville, Saint-Jacques porte les caractéristiques de ces « quartiers d’exil » dont parlent Dubet et Lapeyronnie (1999), avec 83 % des habitants vivant sous le seuil de pauvreté.


« Le quartier Saint-Jacques est central au double titre de sa situation géographique et de son histoire. Il se présente comme un village de 800 immeubles étroits construits sur un site collinaire de 8 hectares, parcouru de ruelles de 3 à 4 mètres de large de structure labyrinthique, qui ne facilitent pas le passage des non-résidents. Soixante-dix pour cent des logements sont insalubres […] Á l’hectare, la densité du bâti est de deux cents logements, et celle de la population est de cinq cent s habitants » (Tarrius, 1999 : 57).

Parmi eux les musulmans du quartier sont essentiellement des personnes seules contraintes de rester sur le territoire national pour notamment continuer à percevoir leur re-traite et autres droits sociaux. Les commerçants et les non-résidents forment l’autre composante des musulmans fréquentant l’un des trois lieux de culte de Saint-Jacques. Si deux d’entre eux [1 et 2] bénéficient d’une antériorité historique, ces mosquées au centre de la ville sont en marge de la vie publique. Leurs responsables n’apparaissent aucunement dans l’espace public local.


Ces lieux de culte musulman ont été aménagés à l’intérieur d’anciens immeubles étroits, ils peuvent chacun accueillir près d’une centaine de fidèles sur plusieurs étages. Seuls des hommes les fréquentent, avec principalement des retraités marocains pour la mosquée En-Nour [1] et algériens pour la mosquée Malik [2]. Comme le laisse entendre la dénomination associative et comme le confirme l’enquête de terrain, l’association islamique cultuelle et apolitique prêche un islam traditionnel ne s’intéressant strictement qu’à la pratique des rituels religieux, ne dispensant aucune autre activité (éducative, sociale, culturelle…).


La troisième mosquée de Saint-Jacques est plus récente. Créée en 2007 par de jeunes trentenaires d’inspirations salafistes, l’association El Houda (3) gère ce petit local situé derrière la rue Llucia, à deux pas du commissariat (de la Police nationale) du quartier. Commerçants de nationalité française, les responsables assurent un prêche du vendredi dans les deux langues (arabe et français), à près de 150 personnes qui remplissent la salle de prière. Ce chiffre tient compte du fait qu’en 2011 la salle a doublée sa capacité d’accueil avec une extension horizontale, en joignant deux locaux au rez-de-chaussée.


La distinction entre « espace matière » et « espace abstraction » permettant au sociologue Maurice Halbwachs d’empiler la réalité sociale (construite) sur des réalités matériels (physiques) nous offre dans le cas des mosquées de Saint-Jacques la possibilité d’examiner les « structures ou formes de la société [comme étant] par exemple, la façon dont se distribuent la population à la surface du sol » (Halbwachs, 1970 : 7). Cette distribution rend compte de la morphologie sociale d’un groupe à l’instar de la stratigraphie dans les sciences naturelles. «Le principe est que les structures sociales se matérialisent dans l’espace physique et inversement » (Beaubreuil, 2011 : 160) à telle enseigne que pour Halbwachs, si les groupes religieux se rattachent toujours à un « lieu central » physique et/ou symbolique, ils s’en détachent éventuellement.


Parlant de « géographie ou de topographie religieuse » (Halbwachs, 1997 : 231), il suggère ainsi que l’étude de la dimension spatiale des faits religieux porte notamment sur les représentations spatiales comme éléments de construction de l’espace social, et à terme de la vie sociale entière. Ainsi les communautés d’immigrés marocains et algériens ont édifié leurs lieux de culte comme espaces de socialisation matérialisant leurs conditions de migrants en marge de la scène publique locale. Cherchant aussi à se mettre à l’écart de la vie urbaine, les français salafistes de Perpignan se retrouvent, non plus par hasard, dans le même quartier à reproduire les conditions d’un imaginaire symbolique religieux en rupture avec la société immédiate, connecté à un univers sociopolitique hétérotope (Foucault, 1994 : 752).

… Et l'entre-deux
Sept lieux de culte de Perpignan se situent donc à l’intérieur de quartiers HLM. Ils char-rient une population dont les religiosités sont diverses, neutralisant ainsi un contrôle, voire même un monopole idéologique sur les activités qui s’y déroulent. Toutefois, cette diversité des affinités religieuses s’exprime au sein du sunnisme et illustre ainsi l’étonnante vitalité de ce que de nombreux sociologues appellent le « mouvement islamique » contemporain. Elle participe, plus microsociologiquement, aux altercations régulières qui animent la vie des mosquées de Perpignan se situant à la frontière entre les espaces de la communauté et de la société.
Les mosquées insérées dans les cités où la population répond à des caractéristiques so-ciodémographiques diversifiées, sont le théâtre de vives interactions entre les fidèles. Ici les convertis s’opposent au « tribalisme berbère » ou au « nationalisme turc » ou les jeunes affrontent les plus âgés, tandis que là les femmes dénoncent « le machisme des responsables » ou les malékites font face aux wahhabites. Ces anicroches prennent rarement une tournure plus grave même si de violentes disputes apparaissent périodiquement. En tout état de cause, elles peuvent se ramener à une variété de conflits entre velléités progressistes des uns et aspirations conservatrices des autres. Dans tous les cas, la vie de ces mosquées est tributaire de l’espace dans lequel elles se trouvent à travers la variété des profils socioculturels des musulmans résidant dans ces quartiers populaires.
Autre caractéristique de ces lieux de culte, des activités éducatives extrascolaires s’y déroulent. En effet, les familles musulmanes de ces cités HLM délèguent à la mosquée du quartier l’instruction religieuse de leurs enfants et/ou l’accompagnement scolaire. Les responsables associatifs aménagent ainsi le lieu de culte de façon à assurer principalement des cours d’apprentissage de l’arabe et du Coran et de l’aide aux devoirs à plusieurs dizaines d’enfants qui se rendent au lieu de culte en soirée ou les matins de fin de semaine. En fait, seules les mosquées du quartier Saint-Jacques ne proposent pas d’activités pédagogiques, ce que l’exiguïté de l’immeuble et l’étroitesse des ruelles du quartier (l’insécurité nocturne) ne faciliteraient guère.


Autres activités qui s’y déroulent, les célébrations de mariage, baptême, décès et autres événements marquant de la vie familiale font l’objet de repas à l’intérieur de l’enceinte religieuse. À ces occasions, l’imam dispense quelques exhortations et des fidèles animent les soirées par des chants pieux. Les lieux sont dès lors équipés de cuisine improvisée permettant de préparer les dizaines de plats distribués à des fidèles présents sans nécessairement avoir été invités. Ces festivités entraînent parfois des nuisances nocturnes pour un voisinage qui très souvent s’en accommode.


Toutes ces activités et le nombre important de personnes qu’elles charrient, ont conduit à plusieurs projets de construction dans ces quartiers. La configuration des bâtiments et des alentours permet en effet des extensions nécessitant l’acquisition préalable de parcelles ou locaux. Tandis qu’une des mosquées du Bas-Vernet [8] et du Vernet-Salanque [11] et celle du Champs-de-Mars [4] envisagent d’agrandir leur lieu de culte, les cinq dernières années, les quartiers Saint-Martin [5], Bas-Vernet [9] et Vernet-Salanque [12] ont vu leur salle de prière se transformer en une mosquée pouvant accueillir plusieurs centaines de fidèles. Avec la rénovation de la mosquée Er-Rahma [7], c’est une croissance de plus de 21 % de la capacité d’accueil de l’ensemble des lieux de culte de la ville que permettra l’ensemble des projets en cours de réalisation.
Rien d’étonnant donc à ce que ces quatre mosquées drainent une population bien au-delà de leur quartier d’implantation, entrainant des difficultés de circulation et de stationnement trop souvent négligées et sous-estimées. Les représentations et les modes d’identification territoriale se trouvent affectés et se traduisent notamment dans les appellations vernaculaires des lieux de culte musulman identifiées au quartier ou à la cité. Ces lieux de culte vont jusqu’à participer à la structuration du quartier sans que cela ne soit pris en considération dans l’aménagement du territoire urbain. De véritables spatialités nouvelles apparaissent, faisant de certaines mosquées des lieux publics au sens technique du terme. Ces lieux doivent donc être pensés comme tels depuis leur aménagement jusqu’à leur usage ordinaire, car les incidences relatives à leur implantation dépassent leurs usagers pour concerner l’ensemble de l’espace urbain de manière aussi bien concrète (flux de véhicules, bruit, paysage urbain…) qu’abstraite (image de la ville, réputation du quartier…).

Conclusion

L’étude des relations entre les lieux de culte musulman de Perpignan et l’espace urbain de cette ville, nous a permis de mettre en évidence une interpénétration du spatial et du social. Celle-ci est d’autant plus probante que la verticalité de notre hiérarchisation spatio-fonctionnelle à travers la typologie des mosquées de Perpignan recoupe en partie l’horizontalité de notre descriptif socio-urbain. La configuration des dynamiques spatiales et sociales donne à voir leur articulation selon des modalités complexes dans la mesure où les facteurs sont hétérogènes. D’un côté l’analyse spatiale rend compte de trois types de mosquée qui reflètent autant les représentations que les pratiques de l’espace, de l’autre, l’analyse sociologique révèle trois situations différenciées en matière d’interactions entre communauté (religieuse) et société (civile). La mosquée intercommunale, les quatre mosquées inter-quartiers et les huit mosquées de proximité construisent ainsi un paysage du culte musulman qui s’insère activement dans l’environnement urbain. Les acteurs et les événements, religieux et politiques, qui fondent ces lieux de vie sociale produisent des rapports à l’espace ambivalents.

Ces derniers mettent en évidence une première centralité en marge de l’espace urbain et une seconde en marge de l’espace public local. La mosquée intercommunale représente le centre politico-religieux de l’islam local. À travers un lieu architecturalement marqué, des évènements politiquement marquants comme la visite annuelle du maire de la ville à l’occasion de l’aïd, et des acteurs religieux engagés comme médiateur public entre la communauté musulmane et la société civile locales, la mosquée de la Fraternité s’impose comme la mosquée de la ville, celle qui occupe le centre de l’espace symbolique mais se situe à la périphérie de l’espace physique. Les mosquées de proximité, quant à elles, elles se situent au cœur de la ville, et même pour certaines d’entre elles, dans le centre ancien. Elles témoignent également d’une certaine communautarisation des populations qui les fréquentent. Que l’on pense aux dyna-miques ethno-nationales qui animent les mosquées des Turcs, des retraités marocains et algériens ou encore aux logiques de rupture avec la vie de la cité qui sous-tendent les mosquées salafi et soufi, ces mosquées de proximité offrent un portrait protéiforme du fait islamique à l’échelle locale, loin de cet essentialisme réifiant qui domine les représentations des communautés musulmanes. Cette diversité s’illustre également à travers les mosquées inter-quartiers. On ne peut identifier ces lieux de culte musulman à une communauté ethnique, nationale ou idéolo-gique particulière. Ils sont au contraire fréquentés par une population fortement hétérogène qui apprend à partager un même lieu où se vivent des religiosités différentes. Cette expérience du pluralisme religieux à l’intérieur d’une même famille spirituelle est en partie induite par des effets de lieux qui placent ces populations au cœur de la vie urbaine, dans les cités de la Cité. Ce pluralisme vécu font de ces mosquées des entre-deux, pas tout au fait au centre (ni spatial, ni social), les quartiers où elles se trouvent sont assimilés à la banlieue perpignanaise, mais pas non plus à la marge (ni spatiale, ni sociale), entre une communauté religieuse plurielle et une société locale dont elles participent au « vivre-ensemble ». On le voit, la hiérarchisation des lieux de culte musulman sur un territoire est un élé-ment majeur de la participation d’une population immergée de la ville, comme une compo-sante à part entière de la vie urbaine. La réussite d’un projet de lieu de culte (financement, construction, gestion associative) passe également par l’implication des futurs usagers et dépend donc du degré d’adhésion des fidèles eux-mêmes, mais aussi de celui de la population de la ville en général (opposition d’une partie de l’opinion publique locale à la grande mosquée de Perpignan) et du quartier en particulier (rejet du projet de construction dans le quartier de Taialà à Gérone, commune voisine de Perpignan). D’un point de vue opérationnel, il s’agit de développer de nouvelles méthodes de travail, de concertation et de coopération entre professionnels, responsables associatifs et ins-titutionnels qui puissent tenir compte d’un processus de production participatif qui reformule les conditions d’un partenariat nécessaire qui passe notamment par de nouvelles formes de gouvernance des « projets collectifs ». Les responsables associatifs gérant les lieux de culte musulman ne peuvent faire fi des incidences de diverses natures que produit la mosquée sur son environnement. Il convient notamment que les professionnels veillent à traduire les volontés des responsables associatifs dans une écriture architecturale cohérente, en harmonie avec les lieux avoisinants. Les décideurs politiques devraient mieux anticiper les conséquences de leurs décisions en matière d’urbanisme et de vie quotidienne de leurs administrés, musulmans ou non, électeurs ou non. L’ensemble des acteurs engagés sont animés d’intérêts, de logiques et de visions loin de converger vers une stratégie partagée de l’occupation de l’espace urbain. Leurs interven-tions se répercutent aussi bien dans les pratiques que dans les représentations de l’espace de la ville. Comme sur d’autres projets, il serait bienvenu de systématiser des études d’impact, examinant la zone géographique d’influence du futur équipement religieux, élaborant la faisabilité technique du projet avant l’acquisition foncière (et préempter en connais-sance de cause), articulant les bâtiments dans le tissu spatial : voies de communication, places de stationnement nécessaires au fonctionnement, espaces verts, etc. La ville est généralement structurée en quartiers fonctionnant entre eux. Ces derniers sont à leur tour structurés par les bâtiments et les infrastructures publics. Or sans être pour autant reconnu par les institutions nationales comme équipement public, nous avons vu à travers le cas de Perpignan que le lieu de culte musulman contribue, à sa hauteur, à la structuration du terri-toire des villes européennes d’aujourd’hui.

Bibliographie

ALDUY J.-P. et OTAOLA J. (2004) Laïcité, spiritualités dans la cité, Perpignan : Ville de Perpignan.
AMGHAR S. (2011) Le salafisme aujourd’hui. Mouvements sectaires en Occident, Paris : Michalon.
AMIRAUX V. (2012) Chez soi en Europe : les musulmans à Paris (18ème), Rapport de recherche. Londres : OSF.
BAUBEROT J. (2010) Histoire de la laïcité en France, Paris : PUF.
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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 11:50
Ferme d'Escoums
Ferme d'Escoums

Coopérative Ferme d'Escoums- prochaines réunions publiques

Chers Amis,

32 ans après avoir créé le GFA, l'Itaca, avoir frôlé l'utopie en amorçant une communauté, nous voici repartis sur de nouvelles aventures, tout en gardant un même idéal, un univers de relations solidaires, un engagement pour un monde qui opère dans les faits la "transmutation écologique", avec à la clé l'installation de panneaux photovoltaïques sur les deux bâtiments de la ferme d'Escoums où s'est installé notre neveu Guillaume Husson, aujourd'hui en bio et adhérent de Nature et Progrès.

L'affaire est désormais lancée, grâce au travail acharné de Guillaume et de son père Jean Quilleret.

Nous voici désormais à l'heure de trouver un financement pour constituer un capital pour la Coopérative récemment créée; nous y apportons en valeur-nature les biens du GFA, les terres et les bâtiments; ce qui donne une assise forte, et nous faisons appel à tous ceux dont la fibre militante n'est pas éteinte et qui voudraient avec nous s'engager dans cette expérience novatrice et solidaire; cela n'a pas été sans difficultés comme tout engagement humain et politique qui entre autre veut faire la nique aux chars d'assaut que sont les institutions (temples de l'immobilisme) et les banques qui n'ont d'autre objectif que leur propre profit et la pérennité d'un monde sans cœur.

Pour en savoir plus, il suffit de lire ce qui suit et de nous rejoindre.

De tout cœur pour faire changer les choses essentielles.

Jo Falieu et Marithé

----------------------------------------------------------

à celles et ceux qui se sont intéressés de près ou de loin à la coopérative Ferme d'Escoums - 66360 NYER :

Bonjour,

Depuis tout à l'heure, notre Société Coopérative d'Intérêt Collectif existe officiellement.

Chacun d'entre nous peut faire quelque chose.

Comme vous le savez probablement déjà, notre premier projet consiste à construire deux bâtiments d'élevage et stockage, et ainsi assurer la pérennité de la ferme bio de Guillaume Husson, éleveur de vaches gasconnes.

Vous pouvez gagner beaucoup à la réussite de ce premier projet :

- pouvoir continuer de vous approvisionner en viande de qualité, ceci en circuit court,

- participer à notre nécessaire transition énergétique, en produisant de l'énergie renouvelable,

- toucher des intérêts raisonnables, bien sûr si vous êtes en capacité d'investir, même modestement.

Aujourd'hui, la coopérative Ferme d'Escoums a besoin de vous.

Vous pouvez :

- nous rejoindre et devenir associé coopérateur, annoncez-vous par retour de mail,

- investir sous forme d'obligations,si vous avez quelques "noisettes" à la Caisse d'Epargne ou ailleurs : prêt avec contrat entre vous et la coopérative, processus organisé par une plateforme internet de financement participatif citoyen ENERFIP, elle-même contrôlée par l'Autorité des Marchés Financiers, le tout encadré par la loi récente sur le financement participatif, encore appelé "crowdfounding" en anglais, tous les outils nécessaires bientôt en place,

- faire connaitre le projet autour de vous.

En PJ, vous trouverez la présentation de nos 3 prochaines réunions publiques.

Ces réunions sont faites pour vous.

Curieux, avec ou sans chéquier, vous êtes les bienvenus.

Vous pouvez faire circuler sans modération dans vos réseaux.

Avec toutes nos amitiés.

Jean Quilleret

FERME d'ESCOUMS

Société Coopérative d'Intérêt Collectif, par actions simplifiée, à capital variable.

www.fermedescoums.fr

(en construction)

Les Embriagues - 66360 NYER

04 68 05 03 44 - 06 80 07 98 84

Privilégiez le fixe avant le portable svp

----------------

Ghettos de Perpignan (suite ) :

* Quartiers-ghettos, documents et réactions (suite) :

DEBOUT LA FRANCE PYRENEES-ORIENTALES DEBOUT LES JEUNES

COMMUNIQUE DE PRESSE

8 février 2015, Perpignan

- « Aujourd’hui, après la superbe victoire de l’USAP face à Biarritz, les supporters ont encore eu la désagréable surprise de voir leurs véhicules dégradés.

Ce n’est pas la première fois que ce genre de choses arrive en marge des matchs de l’USAP : la Mairie et les pouvoirs publics sont passifs et ne semblent pas vouloir régler le problème.

Il est vrai que les élections de mars n’encouragent pas les responsables politiques à prendre leurs responsabilités, en essayant de minimiser les problèmes : Saint-Jacques n’est pas un ghetto et le Vernet c’est Disneyland. Ils ont besoin de voix pour être élus ou réélus.

Il n’est pas compliqué de mobiliser des policiers nationaux et municipaux ne serait-ce que pour dissuader les jeunes de passer à l’acte, des actes gratuits envers des gens qui ne veulent que passer un bon moment en famille et qui ne sont pas responsables des problèmes économiques et sociaux du quartier voisin du Stade Aimé Giral.

La Fédération Départementale de DEBOUT LA FRANCE / DEBOUT LES JEUNES, avec Nicolas Dupont-Aignan, dénonce la passivité de la mairie et des pouvoirs publics face à la délinquance qui sévit régulièrement dans ce quartier défavorisé de Perpignan et demande aux élus de se réveiller pour mettre fin à cela : s’ils ne le souhaitent pas, qu’ils démissionnent et laissent la place à ceux qui se soucient réellement de la sécurité des habitants du département ! ».

- - - - -

**http://www.carnetsdegeographes.org/carnets_recherches/rech_06_01_Gartet_Yassine.php

SOCIOGRAPHIE DES LIEUX DE CULTE MUSULMAN DE PERPIGNAN

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 12:18
Centre culturel/cultuel du Vernet-Samanque -PHOTO/PERPIGNAN THIERRY GRILLET
Centre culturel/cultuel du Vernet-Samanque -PHOTO/PERPIGNAN THIERRY GRILLET

**Documents pour un débat :

1.

Le centre culturel Al Hidaya en construction quariter Vernet-Salanque à Perpignan (il est à présent terminé)

Dans les P.-O., les lieux de culte musulman se multiplient autour de la grande mosquée. Discrètement, parfois, comme le centre Al Hidaya de Vernet-Salanque.

"Centre culturel Al Hidaya". Apposée sur la façade d’un édifice en construction dans la cité Vernet-Salanque à Perpignan, l’enseigne intrigue. Dans culturel, il y a cultuel. Et la bâtisse, au regard du voisinage, aurait un petit air de mosquée. Pas de ces “cathédrales” qui rassemblent des milliers de musulmans non, plutôt un style salle de prières de quartier.

«Il n’y a pas la moindre symbolique. On a juste choisi une architecture catalane, andalouse !» s’étonne l’imam Fouad Arrazi de l’association Al Hidaya.

«La seule mosquée officielle cest la Grande Mosquée de la Fraterni avec sa coupole et son minaret», renchérit Salim Bencheikh président du Collectif des musulmans de Perpignan et des P.-O..

Une seule mosquée et vingt lieux de culte

«Sinon oui, il existe entre 14 et 20 lieux de culte sous l’égide d’associations de lois 1901 et 1905 implantés en ville ou dans des villages, connus de moi et de la préfecture, mais ils sont tous fédérés par le Collecti, précise-t-il…© enquête de L'Indépendant.

2.

http://www.carnetsdegeographes.org/carnets_recherches/rech_06_01_Gartet_Yassine.php

Carnets de recherches

SOCIOGRAPHIE DES LIEUX DE CULTE MUSULMAN DE PERPIGNAN

FOUAD GARTET
Architecte, urbaniste
archigaf@yahoo.fr

RACHID ID YASSINE
Docteur en sociologie de l’EHESS
rachidiy@ehess.fr



Recensant les espaces consacrés à la prière musulmane à Perpignan, cet article en offre un tableau descriptif à partir d’une enquête ethnographique et urbanistique. Le croisement des données obtenues met en évidence les articulations entre les singularités d’une pratique religieuse et l’espace urbain d’une ville du Sud de la France. Il permet de repenser la question des lieux de culte musulman non seulement à l’échelle de la ville mais aussi à l’extérieur du « monde musulman ». Outre les textes légaux et réglementaires régissant les bâtiments recevant du public, les mosquées sont soumises à des considérations sociales et politiques qui dépassent le strict cadre de l’administration de l’espace urbain et qui se cristallisent dans les relations entre le maire et les responsables des associations musulmanes de la ville.


Il apparaît très clairement que l’islam participe de l’émergence de nouvelles spatialités revisitant les représentations paysagères des villes européennes. L’étude des relations entre les lieux de culte musulman de Perpignan et l’espace urbain de cette ville montre une interpénétration du spatial et du social. En effet, la typologie des mosquées de Perpignan recoupe en partie la configuration socio-urbaine de la ville. D’un côté, l’analyse spatiale rend compte de trois types de mosquées qui reflètent à la fois les représentations et les pratiques de l’espace ; de l’autre, l’analyse sociologique révèle trois situations différenciées en matière d’interactions entre communauté (religieuse) et société (civile). Dans la mesure où, notamment, la mosquée participe à la structuration du territoire des villes européennes, devrait-elle être considérée par les pouvoirs publics comme un équipement public à part entière ?



L’islam en contexte sécularisé
La vie religieuse en France est traditionnellement associée à l’expression du culte. Le droit français et la pratique de l’État laïc ont façonné une représentation de la religion à partir des manifestions cultuelles, seules autorisées et reconnues comme l’expression publique des religions. La notion de culte est centrale et participe à construire une conception générale du religieux réduite aux rites et cérémonies. La spiritualité se charge de véhiculer les autres formes plus subjectives de l’expérience religieuse. C’est là le pendant de la distinction entre sphère publique et sphère privée. En deçà de la pensée sociologique, c’est dans l’espace public de la société française, dans les rapports entre les acteurs politiques et religieux, que le culte s’est imposé comme l’ensemble des faits consensuels sur lesquels les politiques (les laïcs) et les religieux (les clercs) devaient négocier (Baubérot, 2010). Ces conditions générales du contexte national ont participé, à l’échelle locale, à l’installation de relations privilégiées entre le maire et les responsables des cultes.


Les pratiques religieuses – dans la mesure où elles se manifestent dans l’espace public qu’elles occupent physiquement par des bâtiments spécifiquement consacrés aux rites religieux (églises, synagogues, temples, mosquées…), des cimetières, des cérémonies religieuses (processions, festivités…) – impliquent un certain « interventionnisme » de l’État, étant notamment en charge d’assurer la sécurité et l’ordre publics. Contrairement aux instances religieuses, non seulement l’État laïc peut intervenir, aidé de la légitimité que lui confère le principe de neutralité au nom duquel il dit aussi agir, mais il le doit pour éviter qu’un pouvoir religieux ne règne souverainement sur tout ou partie des citoyens.


Toutefois, « la laïcité est un mode particulier d’intervention religieuse (en fonction de choix religieux) impliquant de dénier la nature "religieuse" de l’intervention. Le plus souvent, les documents officiels n’évoquent que les "cultes" pour éviter d’évoquer les "religions" : sous prétexte de précision juridique, relevant en réalité d’une scolastique d’État, l’emploi de l’expression culte (ou "les cultes", la "pratique du culte", etc.) permet de "jouer sur les mots". Alors que définir ce qu’est la pratique du culte et ce qui ne l’est pas revient à tracer une frontière arbitraire, mais indiscutable, entre ce qui est digne d’être considéré comme une religion et ce qui ne l’est pas. Ces artifices) rhétoriques permettent encore d’éluder la question de la nature religieuse des politiques publiques laïques » (Liogier, 2006 : 26).


Ces remarques préalables nous permettent de comprendre pourquoi il importe d’abord de nous intéresser aux expressions cultuelles de l’islam, qui, dans le contexte singulier de la laïcité française, prennent une dimension centrale dans l’institutionnalisation de l’islam, et qui accordent une place de choix aux acteurs religieux en engageant une certaine cléricalisation de la religion musulmane. Il n’est donc pas anodin que l’instance mise sur pied, à la suite d’une succession d’initiatives d’organisation par le haut (Frégosi, 2008 : 222), fut nommée le « Conseil français du culte musulman » (CFCM). Or le culte n’est pas toute l’expression de l’islamité et c’est ainsi qu’émergea, « musulmans laïques contre religieux, la querelle de deux islams » (Frégosi, 2008 : 381), abstraction faite d’un troisième islam à la fois séculier et religieux, comme l’expression d’un « islam citoyen » (Venel, 2004) des nations européennes largement majoritaire.


L’islam à l'épreuve de l'espace public local
Mais à l’échelle locale, l’expression cultuelle de l’islam est dominante (Amiraux, 2012), comme l’illustre le cas du Roussillon où les associations musulmanes ne disposant pas de lieux de culte et menant des activités exclusivement culturelles, se comptent sur les doigts d’une main. Outre le recensement des espaces liés à la pratique du culte musulman, nous tâcherons ici d’en brosser un tableau à partir de données ethnographiques et urbanistiques. Leur croisement nous offre l’opportunité de mettre en évidence les articulations entre d’une part, le religieux en général et l’islam en particulier, et d’autre part, l’espace urbain d’une ville du Sud de la France.

Comme société sécularisée, la France offre une diversification de l’offre religieuse qui se traduit dans son paysage urbain de manière tout aussi disparate. Les lieux de culte participent à l’expression spatiale d’éléments marquants (symboles) dans les villes françaises, avec des typologies architecturales bien distinctes et qui résultent d’une conjugaison habile entre une « culture cultuelle » spécifique et l’application juridique d’un règlement d’urbanisme. Nous verrons ici en quoi justement, il importe de penser la question des lieux de culte musulman à l’échelle de la ville. Par delà l’esprit d’uniformisation et la volonté de systématisation des textes légaux et réglementaires régissant l’implantation et la construction des bâtiments dédiés au culte, le développement des mosquées est soumis à des considérations sociales et politiques qui dépassent le strict cadre de l’administration de l’espace urbain et qui se cristallisent dans les relations entre le maire et les responsables des mosquées de la ville.

À travers le cas des mosquées de Perpignan, nous nous proposons d’étayer ici les modalités avec lesquelles la religion musulmane participe de l’émergence de nouvelles spatialités qui revisitent les représentations paysagères des villes européennes. Après une analyse descriptive du paysage religieux de l’islam perpignanais nous conduisant des dynamiques spatiales aux logiques sociales, nous examinerons les configurations du rapport entre spatialité et socialité que les mosquées de la ville dessinent.

Les mosquées de Perpignan ?
Penser la mosquée à l'extérieur du « monde musulman » ?
Lieu de rassemblement (aj-jama‘a) par excellence, la mosquée est certes un lieu de proster-nation (as-sujûd) et un coin (az-zâwiya) de méditation. Toutefois, dans les villes arabo-musulmanes, la mosquée (du mot al-masjîd) a longtemps été aussi un lieu d’enseignement (religieux et séculier) où se situait la madrâsa, mais aussi un lieu de pouvoir (religieux et politique) et d’activités économiques se déroulant dans les échoppes, boutiques et marchés qui l’accolaient. Espace du sacré et du profane à partir duquel se marient donc le temporel et le spirituel, il structurait la vie sociale à l’échelle de la ville, la médina (Troin, 2001). Si les villes anciennes du Sud de la Méditerranée présentent des ressemblances et des formes urbaines homogènes, des plans spatiaux originaux et des bâtiments publics jouant un rôle majeur dans l’armature urbaine, c’est parce qu’elles étaient conçues par et pour l’homme, à travers le rôle central de la mosquée, dans le cadre d’une culture inspirée des préceptes de l’islam.
Aujourd’hui (temps) et à l’extérieur du « monde musulman » (espace), la mosquée semble toujours se prévaloir d’une capacité structurante pour un quartier, voire même pour l’armature spatiale communale. Participant à la vie sociale à l’échelle locale, elle apparaît comme un facteur d’intégration dans la mesure où les populations qui les fréquentent, ma-joritairement issues de l’immigration, y trouvent l’occasion d’exprimer la volonté de faire partie de la ville, a contrario du soupçon d’extranéité dont est habituellement l’objet l’islam. Agissant sur les interactions sociales, ces dynamiques induites par la présence d’une mos-quée ont des incidences sur la configuration de nouvelles représentations de l’espace chez les musulmans certes, mais aussi chez l’ensemble des populations locales.
Dans le contexte de la France contemporaine, si le terme de mosquée est largement employé, dans le langage vernaculaire, pour désigner, plus techniquement, des ERP (Établis-sements Recevant du Public) dédiés aux pratiques religieuses des musulmans, l’expression de « lieu de culte musulman » nous est apparue comme celle qui convient le mieux pour nommer un bâtiment dédié essentiellement au rituel musulman de la prière (as-salât). En Europe, l’hétérogénéité architecturale de ces lieux (caves, garages, appartements, maisons, villas, immeubles, bâtiments spécifiques) permet en effet à l’aspect fonctionnel d’apparaître comme le principal critère d’identification qui motive le recours à la dénomination de « mosquée », sans tenir compte de la variété des appellations arabes qui distinguent notam-ment le jama‘, le masjîd, la zâwiya, la musalla, la qâ‘at-us-salât, etc.
Dans le cas de la ville de Perpignan, les lieux de culte musulman ont été généralement acquis à travers une opportunité foncière, sans que ne soit soulevée la question de la dénomination et à travers celle de la conception du projet. À l’exception de deux d’entre eux ayant fait l’objet d’une création neuve, ils sont le produit d’adaptation à un bâtiment ancien de type maison de ville sur plusieurs niveaux, ou de rénovation lourde, sans prise en compte des archétypes architecturaux des diverses cultures d’islam, et en particulier ici, ceux de la culture maghrébine. Certes, le rôle premier d’un architecte est de retranscrire les besoins d’un maître d’ouvrage sur un lieu physique et social, mais il serait en la matière incongru d’importer ou de reproduire une architecture traditionnelle étrangère, tout comme il n’est guère satisfaisant d’imiter l’architecture autochtone selon une perspective assimilationniste. Il convient non seulement de tirer les leçons d’une organisation spatiale qui a bien fonction-né pendant des siècles dans les sociétés majoritairement musulmanes, mais aussi et surtout, de s’inspirer du patrimoine local pour s’y insérer dans une continuité féconde. La créativité inhérente à cette posture se retrouve dans la foisonnante production culturelle des musul-mans des sociétés occidentales qui relève d’un éclectisme au principe des transformations identitaires en cours (Id Yassine, 2012 /1).

Une typologie des lieux de culte musulman des villes occidentales
Avec un jama‘, onze masâjid et une zâwiya, Perpignan et sa population de 117 905 habitants disposent donc de treize lieux de culte musulman. L’étude détaillée de chacun des lieux de culte musulman de Perpignan nous a permis d’établir une typologie spatio-fonctionnelle qui répond à la fois aux dispositions architecturales du bâtiment, aux modalités d’usage et de fréquentation, et à l’insertion dans le paysage urbain. Les résultats obtenus nous ont permis de mettre en évidence des similitudes et des distinctions.
En les confrontant à l’environnement urbain, ces données nous ont aidés à confirmer la typologie suivante. Nous avons ainsi pu distinguer trois types de lieu de culte musulman que nous appellerons « mosquée » autant par commodité que par fidélité au langage vernacu-laire : 1) la mosquée intercommunale, 2) la mosquée inter-quartier et 3) la mosquée de proximité. En nous permettant d’observer, dans leur environnement urbain immédiat, trois lieux de culte musulman (mosquées de la Fraternité [13] , Salam [5] et Malik [1]) caractéris-tiques de chacun de ces types de mosquée, les vues aériennes suivantes sont particulière-ment démonstratives de la pertinence de cette typologie.

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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 11:30
Tableau de Serge Kamké
Tableau de Serge Kamké

* Pour les banlieues :

Le gouvernement a ainsi lancé un énième plan pour les banlieues. On va passer un coup de ripolin, on va rénover des façades, on va trouver un peu d'argent (le budget de la politique de la ville a baissé en 2015, passant à 457 millions d'euros… Les zones de non-droit (règles de la circulation et du stationnement non respectées, cailloutage des pompiers, ambulanciers, taxis, violences sur les conducteurs de bus, injures à l'égard des enseignants et éducateurs…).

Les solutions contre la ségrégation, la ghettoïsation, l'exil des pauvres, la marginalisation et le regroupement des minorités ethniques, la fatalité du destin sont la mixité sociale et la politique de peuplement.

Hélas les villes "bourgeoises" refusent d'appliquer la loi SRU imposant la construction de 25% de logements sociaux dans les communes de plus de 3500 habitants...

Une autre solution est l'accompagnement : associer les militants des quartiers aux conseils citoyens, inviter les associations à participer aux politiques urbaines locales…Enfin, création d'une agence nationale pour la rénovation urbaine, pour susciter la création d'entreprises…

On n'y croit pas…Il faudrait des solutions radicales, non un théâtre médiatique…Mais à Paris ou à Perpignan, qui aura ce courage..?

JPB.

****Documents :

1. A propos des ghettos de Perpignan : Position d'Alexandre Bolo, candidat FN en binôme avec Claudine Fuentes (FN) : "La mixité sociale est la seule solution"

"Quand on connaît Saint-Jacques de l'intérieur, qu'on y fait ses courses, on n'a pas le sentiment d'être dans un ghetto, on ne se sent pas agressé par la population, les gens sont posés.

Mais quand on pose un regard extérieur, le quartier a une image de ghetto, les rues de l'Anguille et des Farines sont juste cataclysmiques. À mon sens, ce n'est pas un quartier d'apartheid car il est accessible pour tous, tout le monde fait ses courses au marché.

Mais il y a eu une transposition du mode de vie d'une certaine population et quand on n'est pas Perpignanais, on se dit que ça doit faire partie des priorités du plan de rénovation urbaine. Aujourd'hui, on est sur une bonne voie en insérant au sein du quartier l'université, c'était d'ailleurs notre proposition de campagne municipale. Ça fera circuler des étudiants et générera de la mixité sociale, c'est la seule solution". © site de L'Indépendant.

2. Sur les ghettos en France : Monsieur le Premier ministre,

Comme vous le savez, l’apartheid français n’a jamais pris source dans la politique ignoble, inhumaine, de l’ancienne Afrique du Sud, et les Français l’on bien compris (plus de 50 % des Français approuvent l’utilisation du mot apartheid pour qualifier cette situation). Toutefois, il s’est édifié sur une succession de renoncements et s'est aggravé par la construction d’une société parallèle où jamais un enfant de ces quartiers, titulaire d’une licence d’histoire, ne pourra accéder, comme vous, à la fonction de Premier ministre de son propre pays.

Ces renoncements sont des stigmates de vie et nous les portons sans fierté aucune...

Monsieur le Premier ministre,

Lorsque des personnes sont assignées à résidence, parce que Noirs ou Arabes, dans des quartiers-ghettos, c’est la liberté qui renonce et s'en va. Lorsque nos écoles deviennent des mouroirs éducatifs, où même les miraculés du système sont relégués dans les caves de la société, au « chomdu », sans emploi ou occupant des postes qui ne correspondent en rien à leur niveau de qualification, c’est l'égalité qui renonce et s’en va.

Lorsque les petits vendeurs de « shit », en bas des tours, ont plus de prégnance économique que les entreprises, qui ne regardent plus nos jeunes, c’est la fraternité qui renonce et s’en va.

Lorsque la drogue et les armes détruisent nos enfants, alimentent les conflits de voisinage, imposent aux familles de se claquemurer chez elles, délimitent des territoires, organisent une économie parallèle, accompagnent l'insertion sociale des plus jeunes, et obligent les habitants jugés trop encombrants à quitter leurs lieux de résidence, c’est la sécurité qui renonce et s’en va.

Enfin, lorsque le petit Mamadou noir aux yeux noirs s'est forgé l’incurable conviction qu'il n'aura jamais le même destin que le petit Soren, blond aux yeux bleus, c’est la République qui renonce. C’est

cette Républiquelà qui nous tue.

Monsieur le Premier ministre,

On ne guérit pas un cancer avec un petit tube d’aspirine. Vous le savez. Nous le savons. Alors, osez et n’ayez pas peur!

Osez, la République ! Toute la République ! Rien que la République.

Osez sortir des sentiers battus, ne plus tenir compte des petites « mesures placebos » et des calculs politiques à court terme qui installent le désespoir et la déshérence au cœur de nos cités,

Osez la justice sociale et la mise en application du principe constitutionnel d’égalité !

Osez ! Et n'ayez pas peur de réparer les injustices sociales subies par toute ces générations oubliées, lassées et déçues par une politique qui a trop longtemps dénaturé et trahi les valeurs de notre pays, en disqualifiant ses propres citoyens.

Car lorsque la séparation sera définitivement consommée, et nous en sommes tout près, il n'y aura plus une France mais deux France. Ces deux France se regarderont en chien de faïence dans l’impossibilité de se comprendre et dans l’incapacité de vivre ensemble.

****

Nassurdine Haidari est un ex-élu PS de Marseille et délégué du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN).


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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 10:55
Guy Jacquet, directeur du théâtre de la Rencontre
Guy Jacquet, directeur du théâtre de la Rencontre

* Il faut emprisonner La Mort pour faux et usage de faux.

Hé,

Après lecture de quelques compte-rendus

critiques ou interviews ,

vlan : voilà que ça me reprend !

Ça doit être mon côté plante verte.

Périodiquement, il me faut badigeonner ma pelure

pour baigner mes racines.

Tu dis ? Je ne devrais pas pour autant me sentir obligé de rapporter de la terre grasse ici ?

Ouais... Peut-être, c'est mon jardin et je bine comme je veux ...

et puis toutes les plantes vertes te le diront,

après un bon arrosage à l’eau de source,

vous viennent des envies de pousser des bourgeons,

des feuillus, et surtout des trucs insensés.

Des formes de printemps, quoi !

A moi, ça le fait en tout cas !

Et qui, mieux que moi peut le dire ... Hmmm???

ET POUR LA MODESTIE,

ALLEZ VOIR A LA CAVE,

IL DOIT BIEN EN RESTER QUELQUES MORCEAUX

DONT L'USAGE NE M’APPARAÎT PLUS (poil au ...!)

- - -

**

AUT'ORAISON IRRAISONNÉE

Vous pouvez sourire finement, mais je vous assure qu'au premier regard, même sur le Web-shit, la différence entre un acteur vivant et un comédien mort n'est pas forcément flagrante.

Il semble même qu'il y ait des acteurs décédés, momifiés, fossilisés qui ne soient pas au courant de leur trépas, alors...

Non-non, Guy*più-Jacquet est vivant, ce qui est quand même mieux pour son entourage, sa famille, ses amis-Tu dis ? C'est également mieux pour lui ? Admettons–mais il pousse l'insolence jusqu'à le jouer.

On n’exagère à peine en disant qu'il a fait de la Vie son fond de commerce.

Ceci dit, les preuves de son état, voire de son existence, sont toutes sujettes à caution.

Je n'ai personnellement pas eu le privilège de le rencontrer pour mettre le doigt sur ses plaies et ça tombe bien, parce que j’aurais trouvé ça un peu répugnant.

Mais il répond aux courriers et je connais des gens qui connaissent des gens qui lui ont parlé en vrai. J'ai même quelque part un recueil dédicacé par lui.

Je ne sais plus ni où, ni quand, ni dans quelles circonstance nous nous sommes rencontrés (pas sur le Net en tout cas) , et ça n'a autrouducune importance.

Je ne me demande pas non plus, en balade, si tel arbre que je n'avais pas remarqué la fois d'avant est là depuis toujours ou s'il a poussé dans la nuit.

Je sais que voyant jouer Guy*più-Jacquet depuis longtemps, je ne doute plus de l'importance grave qu'il met au plateau,

Je ne me souviens pas avoir vécu un soir sans cela... et je n'imagine même pas comment.

Mon admiration pour ce qu'il fait tient en petite partie au fait que jouant, je me sais tout à fait incapable de le faire comme lui.

Une autre petite partie tient au débit méditerranéen de ce fleuve de sang qu'il trimbale dans ses vaisseaux ! L'isolement et quelques longs hivers n'expliquent pas tout.

Il ne lui fait pas des heures et des heures pour écrire la première connerie.

Mais la majeure partie de mon admiration tient « tout simplement » aux textes qu'il choisit.

C'est prose ou vers, et jamais indifférent.

On ne fait pas du théâtre simplement en passant à la ligne quand il faudrait une virgule, ni en mettant une majuscule au début du vers ni en exhumant pour le clore un mot dont le sens est oublié.

Il est évident, à voir ce type,que la poésie des auteurs ne réside pas dans ces pauvres artifices.

C'est que la phrase ne s'interdit pas de laisser entendre son rythme.

Mieux, je crois que la moitié au moins de l'efficace magie des images réside dans cette scansion. Et souvent, très souvent, la magie opère, le miracle à lieu.

Guy*più-Jacquet est un faux géant,,,il , ne supporte pas la petitesse !!

L'impression produite est alors physique. La peau se tend, le regard s'écarquille, le coeur marque un arrêt, puis sans s'emballer mais en cognant plus net, arrive la nécessité de se lever pour quelques pas. Je me souviens comme ça d'une «chapelle de ronces», chez Shakespeare, qui avait été à deux doigts de lui faire prendre les ordres trappistes (!)

Mais son anarchie le sauva et il se reprit comme au rugby,,, pour la conquête du territoire à offrir et la fragrance du beau geste ,,, Mais qu'est-ce qu' un beau geste ?

C'est un peu sournois. C'est à dire que le déclic ne se fait en général pas à l'entrée du texte.

On s’installe tranquillement dans la prosodie jusqu'à atteindre cet état de disponibilité, de perméabilité qui arrive assez vite et au détour d'une phrase, sans prévenir.. tac !

Chapelle de ronces ! Faut s'en sortir !!

Scié à la base, le public n'a plus que le temps d'une chute libre pour voir tout le théâtre s'éclairer.

Les deux cent quarante sept mille paroles suivantes sont moins traumatisantes, mais restent frappées de cette lumière première. Elle ne s'éteint jamais. Elle se diffuse.

Jusqu'à qu'il se tire en coulisse,,,,avec 4 litres d'eau en moins !

On me chambre avec Guy*più-Jacquet. On le trouve inconditionnel.

On essaye même parfois d'introduire le ver dans le fruit et le capricorne dans la table de bois. Celle où y’a les miettes: « Oui, c'est un peu toujours pareil, il raconte la vie, l'amour, la mort »

C'est pas faux. Et alors ??

De quoi voulez vous que l'art soit forgé ? Hmmm ?? Et d'une certaine façon, Mozart, le boeuf bourguignon, le Banyuls sombre et le chant des baleines à bosse, c'est apparemment un peu toujours pareil, non ?

Et je ne crois pas que le plaisir d’y revenir soit moindre.

D'ailleurs, il ne boude pas le privilège de la beauté des choses, en tentant de nous procurer un plaisir toujours intact ? Mais ''privilège'' n'est pas un mot pour lui, car il n'a rien prit à personne, n'a hérité que de chansons et musiques et continue à mettre en forme les grands fantômes de ses boites à rêves … Aucun privilège, là-dedans !

Les mises en images ?

On peut ne pas les trouver toutes nécessaires.

Et lui le premier... Surtout passé quatre ou cinq mois/jours/heures à essayer de trouver (en vain) quelque chose qui mette en amour et non pas seulement '' en valeur''…

Trouver Le linge des mots, tel que scandait Jouvet.

Quelque chose à la fois dur, tendre ou agréable à vivre et à voir, mais qui puisse témoigner discrètement de l'émotion qu'il eu.

Les travaux de Guy*più-Jacquet, pourraient-ils se suffire à eux-mêmes ??

Je l'entend d'ici ''allez vous faire lanlaire,,,j'ai pas fini !! ''

Il se trouve aussi que j’ai participé à de très fortes aventures avec lui... Ça laisse des traces.

Comme un sillon profond d'un cétacé échoué sur la plage de Leucate ,,,

Mais pour revenir au titre de cette oraison funèbre, et terminer là-dessus, je vois deux avantages certains au fait que Guy*più-Jacquet, soit un bel artiste vivant.

Je peux lui dire que je l’aime ET qu’il peut l’entende !

Mais de plus (c’est un TRÈS égoïste) je me dis que les années qui viennent vont voir éclore encore plein de fatrasies de toutes sortes, qu'il ne sait même pas encore qu'elles sont en lui …

Ça va me ravir. J'vous jure !!

Donc, Guy*più, surtout, surtout, n’oublie pas de prendre tes gouttes.

///***///***///***///***///***///

Moi-même,,,pour ceux qui voudront ,,,mais c'est pas obligé !

Geindre CEINDRE TEINDRE ENFREINDRE ÉTREINDRE EMPREINDRE ATTEINDRE PEINDRE... ENFIN !

En cherchant,

je me suis appuyé sur le hasard,
Celui qui fait bien les choses.
Au commencemen
t

une simple évocation -invocation-
C'est d'abord un îlot coloré

qui trouve sa place

et sa raison d'être

par une quelconque qualité.
Cet îlot va "s'architecturer"

avec d'autres éléments

qui vont vouloir composer

un ensemble.
Le tableau suit son chemin

au plein mitan d'une architecture vivante,
une ouverture

sur un univers sans cesse

en mouvement.
Parfois il faut ce que l'on nomme

«du temps »...comme si cela existait !
Jusqu'à un point d'un étrang
e

équilibre.
Une évidence s'impose
:

une nouvelle mise en cause mettrait en danger

le vieux travail.
La peinture est-elle achevée dans sa structure ??
Il peut rester quelques espaces à ravaud
er

encore et encore... perfectionner peut-être (!).
C'est plus un contact

avec l'essence des éléments

qu'une volonté de représenter
Au final sera peint un détail de monde qui, je le voudrai
s

rende compte de la totalité.

Prétention innommable !
Reste une gestuelle intense : rapide et physique,
Le mouvement est la danse

l'eau et le feu

---

- - De la fenêtre un homme regarde le monde.

C’est toujours ainsi que cela commence.

Par cette attente interminable.

Un homme assis ,,, qui regarde.

Depuis des années, des siècles millésimés peut-être,,,Avant même la fenêtre et le corps immobile.

Il est comme un pur regarder qui chaque fois s’incarnerait dans la singularité de chaque nouveau regard.

Mais, en même temps, ce qu’il voit ne l’atteint pas.

Comme si les aubes et les crépuscules, les saisons lentes ou rapides, la nature des choses et les hommes glissaient sur la vitre, l’abandonnaient seul à son immobilité

Alors, quittant le fascinant spectacle, ses yeux reviennent à la page où ses mains tracent de temps à autre quelques lignes incertaines.

A ce moment il lui semble percevoir comme un accord soudain : celui de sa fragile durée humaine et de l’instant absolu du monde.

Avec, dès que ses yeux se lèvent à nouveau, retrouvant la vision perdue, le sentiment d’un irrémédiable écart,,,

Infime blessure.

Un sentiment d’y être et de n’y être pas.

Serait-ce cela la beauté ? Il se demande.

Et écrire, ce désir à chaque fois de réparer l’imperceptible accroc ?

De recueillir dans un léger tissage des paroles ces figures éparses du devenir et les rendre un instant solidaires.

De telle sorte que recouvert, effacé par l’afflux de mots, le monde finirait par venir y renaître, surgissant de ce mouvement même qui d’abord l’a annulé et qui, maintenant, lui offre cette vivacité dont jusque là il paraissait privé.

Oui, écrire ce serait d’abord cela : s’asseoir pour voir se lever le monde dans le jour du langage.

Et, d’une voix presque muette — d’un souffle engendré par les mots et qui les porte —, ne cesser de célébrer cette beauté, répétant comme une psalmodie, cette phrase si simple de Samuel Beckett : “Je regarde passer le temps qui tarde et c’est si beau”

Heidegger, une philosophie du nazisme ? Des passages antisémites tirés des « Cahiers noirs » dans lesquels Martin Heidegger (1889-1976) a consigné ses pensées les plus personnelles suscitent la polémique. Dérive du célèbre penseur allemand ou légitimation intellectuelle de l’idéologie hitlérienne ? La controverse fait rage avant leur parution, en Allemagne ...

L’antisémitisme de Martin Heidegger est depuis longtemps bien documenté, tant dans ses lettres que dans ses cours. Par exemple, en 1935, écrivant à son collègue Kurt Bauch, membre comme lui du Parti National-Socialiste, il déplore que se pressent à ses cours « juifs et demi-juifs ». Dans un séminaire d’éducation politique de l’hiver 1933-1934, il enseigne que « la nature de notre espace allemand (…) ne se manifestera peut-être jamais aux nomades sémites ».

Et, dans un cours de la même année, il exhorte ses étudiants à se donner pour but, « sur le long terme », l’« extermination totale » de l’ennemi planté sur la racine la plus intime du peuple germanique. La publication imminente de ses premiers Cahiers noirs, crée un vent de panique parmi les heideggériens qui leur fend le cul !

- - -

TOUS ces textes sont de Guy JACQUET

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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 09:23
André ROBER & Didier MANYACH

André ROBER & Didier MANYACH

A la galerie de la Main de Fer
A la galerie de la Main de Fer

* Jacques Salomé célèbre les bancs : nous, nous avons la nostalgie de ceux de Perpignan, dérobés par nos élus municipaux !

J. Salomé écrit dans Apprivoiser la tendresse (J'ai lu,1991, page 89) :

"…Je fais le pari que si des bancs de conversation étaient installés (et financés dans certaines villes…par la sécurité sociale par exemple), les frais de santé baisseraient de façon sensible. Oui je crois qu'il y a encore beaucoup de formes de relations à inventer…"

- - - Rappel : conférence de Serge Bonnery sur Louis CODET, ce vendredi à 17h30, hall du conseil général, entrée libre.

** La phrase de F. HOLLANDE : "Certains me prenaient pour un Charlot, ils me soutiendront en tant que Charlie."

- - -

*** Maax chante Léo Ferré accompagné de Josef Hirsch au piano

à Argelès sur Mer (66) le vendredi 6 février 2015

Ciné-chanson : 19h00 Cinéma Jaurès film inédit « Léo Ferré, la mémoire des étoiles » de Frantz Vaillant (France 2013), à 20 h30 Salle du 14 juillet : repas concert Maax chante Léo Ferré

Film + repas + concert = 17 Euros-Réservations au 04 68 08 22 16

- - -

**** L'ECRIVAIN YVES CHARNET RACONTE NOUGARO

Yves Charnet est l'invité du CML vendredi 6 février à 18h30 à la Maison de la Région pour son livre «Quatre boules de jazz».

Avec Claude Nougaro, ils partageaient beaucoup de choses : le goût des femmes, la saveur du sexe, l'ivresse des alcools et celle des mots. Le Toulousain Yves Charnet raconte son «amour-amitié» pour le «petit taureau» dans le turbulent «Quatre boules de jazz». Les livres d'Yves Charnet sont à prendre ou à laisser. Pour succomber à la splendeur de ses phrases, à ses fulgurances poétiques, il faut accepter une totale impudeur, une façon crue de livrer sa vie d'errance sentimentale. Et adorer comme lui les dieux de la chanson populaire ; Nougaro, bien sûr, dont il fut l'ami proche durant 23 ans, mais aussi Sardou, le mal aimé des intellos, et Lama, colosse au cœur qui saigne. Autant de passerelles qu'on emprunte, passagers d'un navire qui cingle et qui tangue, dans le livre «Quatre boules de jazz», journal intime d'un Yves Charnet décidément inconsolable.

Yves Charnet a mis dix ans à pouvoir écrire sur Nougaro. Il avait trop de chagrin depuis sa mort. Et de son vivant, il n'arrivait pas à capter par les mots son immense énergie sur scène. Le déclic a été la phrase d'une amie : Tu as aujourd'hui le même âge que Nougaro quand vous vous êtes connus. Cela lui a ouvert un gouffre. Ce livre raconte le temps perdu, le jeune homme qu'il était en 1981, cette découverte féerique des coulisses du monde du spectacle. Avec, comme toujours chez lui ce jeu de masques entre sa vie et l'objet du livre.

Quatre boules de Jazz » est fait des partages et des souvenirs d'Yves Charnet avec Nougaro cet enchanteur de sa jeunesse dans les cordes. Fasciné par ses gestes lyriques. Ce boxeur frappait à l’âme. Comme d’autres au ventre. Yves Charnet a mis dix ans à pouvoir écrire sur Nougaro. Il avait trop de chagrin depuis sa mort. Et de son vivant, il n'arrivait pas à capter par les mots son immense énergie sur scène. Ce livre raconte le temps perdu, le jeune homme qu'il était en 1981, cette découverte féerique des coulisses du monde du spectacle. Avec, comme toujours chez lui ce jeu de masques entre sa vie et l'objet du livre.

«Quatre boules de jazz», Alter Ego/«Jazz impressions».

- - -

***** Gentil Puig i Moreno publie les "Vicissitudes d'un fils d'exilé républicain"

INVITACIÓ : La senyora alcaldessa, el consell municipal,

la mediateca i la Casa del Voló (Museu d’història)

es complauen a convidar-vos a la presentació de llibre de:

Gentil Puig i Moreno : “El passat ens empaita. Vicissituds d'un fill d'exiliat republicà»

el divendres 6 de febrer del 2015 a les 6 del vespre

a la mediateca del Voló – Espai cultural TERESA REBULL

L’autor mantindrà un debat amb Verònica Bazià del Voló i Marcel Pons de Ceret

Aquest acte es fa en el marc de l’exposició temporal sobre “La retirada” (de FFREEE) que tindrà lloc durant el mes de febrer a la Casa del Voló.

****** Fête de l'ours

Aux premiers frémissements du Printemps, les derniers Ours du Costabonne, revêtus d’une peau de mouton ancestrale, reprennent vie au cœur des murailles du Fort Lagarde. Noirs de suie, d’huile et de sueur, griffant ou mordant tout sur leur passage, ils descendent dans la ville, accompagnés de leurs chasseurs. Ils marquent de leur empreinte tous ceux qui se trouvent à leur portée avec une préférence marquée pour les jeunes filles… Lorsque le jour décline, les Barbiers, tout de blanc vêtus, les enchaînent au prix d’une lutte féroce et procèdent à un rasage symbolique redonnant ainsi forme humaine à ces êtres sauvages, héritiers d’une des plus anciennes et des plus authentiques traditions carnavalesques.

LE PROGRAMME

Samedi 7 février

Centre-ville

  • 10h30 :Défilé de Sa Majesté Carnaval Junior
  • 11h45 : Election des ours juniors par les ours seniors (pl. Trinxeria)
  • 13h : Calçotada (Foiral)
  • Menu : 12 calçots, viande, fromage, dessert (réservation au Centre d’AnimationFoiral
  • 20h : Correfoc avec Els Diables i Bruixes del Riberal

Dimanche 8 février
El Dia dels Óssos

  • 10h30 : Arrivée de Sa Majesté Carnaval
  • 11h : Passage du témoin des fêtes du Vallespir “La patte de l’ours” / Contrapàs et sardanes avec la Cobla Ciutat de Girona (Place Trinxeria)
  • 14h30 : Grande chasse à l’ours
  • 16h30 : Rasage (Place du Foiral)
  • 18h : Sardanes avec la Cobla Ciutat de Girona (Place d’Armes)
  • 22h : Grand bal avec Louis Gorce (Foyer Rural)

Lundi 9 février

  • 10h : Mascarade
  • 11h : Sardanes avec la Cobla Ciutat de Girona (Place d’Armes)
  • 15h : Encadenat
  • 16h : Corrida (Foiral)
  • 16h30 : Ball de la Posta et Ball de Correr (Foiral)
  • 18h : Sardanes avec la Cobla Ciutat de Girona (Place Trinxeria)
  • 22h : Grand bal costumé (Foyer Rural)
  • Minuit : Échelle

Mardi 10 février
MARDI GRAS

  • 11h : Sardanes avec la Cobla Ciutat de Girona (Place Trinxeria)
  • 15h : Bal d’enfants (Foyer Rural)
  • 18h : Sardanes avec la Cobla Ciutat de Girona (Place d’Armes)
  • 22h : Grand bal de clôture
  • Minuit : Tió tió
  • 01h30 : Incinération de Sa Majesté Carnaval

Mercredi 11 février
Fête de l’Ours junior

  • 11h : Rassemblement (Foyer Rural)
  • 14h30 : Chasse à l’Ours junior
  • 16h30 : Rasage suivi du traditionnel goûter

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Du samedi 7 au mercredi 11 février, à Prats-de-Mollo La Preste.

Au village. 04.68.39.70.83.

____________________

En ligne : www.pratsdemollolapreste.com

*La traviata

Opéra en trois actes chanté en italien, surtitré en français.

Dans cette fin de XIXème siècle étouffant de convenances, Violetta passera du très corseté costume de demi-mondaine au dénuement quasi complet du dernier acte, en passant par le songe éphémère d’une possible vie normale… Mais peut-on échapper à son destin ?

Après avoir envoûté le public dans "Tosca" la saison dernière, Noriko Urata, soprano au chant nuancé, expressif et à la technique parfaite permettant d’apprécier notamment un legato sans faille, revient sur la scène du Grenat pour interpréter un autre personnage féminin poignant et passionné : "Traviata".

Soprano japonaise à l’exquise beauté, Noriko Urata ne bouleverse pas seulement par la grâce innée de ses gestes. Son "È strano" emplit sa voix lumineuse d’espoir et de nostalgie, les aigus fusent, le cœur s’enflamme : elle ne fait plus qu’un avec son personnage de Violetta. D’autant que son Alfredo, Sean Roh, avec son timbre viril et clair, l’auréole d’un nuage de tendresse cruelle. La mise en scène est résolument réduite afin d’accentuer la cruauté d’une pièce où le drame humain est mis à nu.

Cet opéra du sacrifice est aussi celui de la solitude d’une femme et de tout être humain face à l’arbitraire. Que l’amour soit ici un prétexte importe peu, il s’agit avant tout d’exprimer la lutte désespérée d’une héroïne étonnamment proche de nous.

Amaury du Closel, sera à la direction musicale de cet excellent orchestre de l’Opéra Nomade.

--------------------

Samedi 7 février, à Perpignan.

Au Théâtre de l'Archipel, à 20h30.

Tarifs : de 30€ à 50€.

Infos au 04.68.62.62.00.

____________________

En ligne : www.theatredelarchipel.org

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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 08:59

** LOUIS CODET, de Perpignan à Montmartre

La ville de Perpignan ne lui rendra pas hommage ! Cette mairie a tant à faire… A défaire, surtout ! A détricoter le réseau culturel, à gommer la mémoire de la cité (Les Beaux-Arts…) De Jean-Marc Pujol, dans 4 ans, on ne saura rien, mais les gens cultivés d'ici savent maintenir le souvenir d'un écrivain de talent, né à Perpignan, et pourtant si méconnu…

Serge Bonnery, journaliste à L'Indépendant, écrivain, animateur de la Maison des mémoires (maison de Joë Bousquet) à Carcassonne, a l'idée lumineuse de raconter (*) la vie et l'oeuvre de Codet, mort à 37 ans sur le front belge, en 14, année terrible, dont on vient de fêter, avec fracas (mais pas d'obus ni de feux d'artifice pour l'ami d'Apollinien chantant le bruit et le meulière des bombes !) le centenaire…

Je reprends donc La petite chiquette, prix Rencontre 1908, décerné par J.L Curtis, M.Nadeau, R. Kanters à L. Codet, préface de Gilbert Signaux, qui dit les talents du romancier, petit-neveu de Voltaire, ami de Marie Laurencin, Louis Amade et Pierre Camo.

De son vivant, il vit peu d'oeuvres publiées : les éditeurs refusèrent son roman Louis l'indulgent…Il arrive à ces marchands de papiers de n'avoir pas de flair ni de goût ! Gallimard se rattrapa, plus tard : il avait bien dit non à Proust !! L. Codet publie donc son premier livre chez Fasquelle, La rose du jardin, en 1907. La même année, l'auteur travaille à la Chiquette, publié en avril 1908 toujours chez Fasquelle; mais Codet est, en février, en Corse…

Il reviendra peu souvent dans sa province natale, la Catalogne, et ses romans parlent peu du pays (ci-dessous, un poème); dans Louis l'Indulgent, un chapitre, "Le camp d'Argelès", page 27, décrit de façon poétique un campement militaire entre mer et montagne, qui "enchantaient l'oeil par leurs changements harmonieux".

C'est dans ses poèmes en prose, que j'ai rencontré (édition Gallimard de César Capéran, 1927) plusieurs descriptions de notre terre : Finestret "au pied des montagnes grandioses qui forment le massif du Canigou", Vinça, où le personnage a une "mapitresse, une assez jolie fille de Vinça" et le Canigou "bleu, avec sa crête immense, tous ses plis aux arêtes lumineuses et les ombres fraîches de ses forêts. Vous reconnaissez, près du village, l'entaille d'où sort la rivière où l'on prend les truites…"(pages 129 à 136),

l'évocation de sa jeunesse (p.150), et les visons rapides de Barcelone (p.195)...

L. Codet m'enchante, et la musique de sa phrase, et le lyrisme de ses sensations ! Comment oublier un auteur qui sait exprimer des formules aussi profondes, comme nul auteur actuel de cette Catalogne nordique et merdique :

"Ici les montagnes paraissent coloriées comme un châle des Indes", ou, sur les toreros : "…princes des hommes aux vêtements dorés et aux bas roses, qui font ruisseler au soleil le sang splendide des taureaux…" (p.202).

"Et ils jouent de la guitare énervante, comme chantent les grillons dans les blés." (1899).

Et pour finir, cette réflexion admirable, montrant que l'Homme, même dans les pires instants (la guerre, la misère…) a besoin de beauté, qui doit sauver le monde :

"J'ai remarqué ces jours derniers, disait Louis, combien l'instinct esthétique gouverne les hommes…" ("Le camp d'Argelès").

"La couleur est la voix des choses." (à propos de Manet).

(*) Hall du conseil général des PO 66, vendredi 6 février 2015, à 17h30 (entrée gratuite)

- - -

Louis Romain Jean-Pierre Codet © site des amis de Claude Simon

Louis Codet (1876-1914), cousin germain de la mère de Claude Simon et frère aîné de Paul Codet, son tuteur, était lui aussi romancier.

Louis Codet est né à Perpignan le 8 octobre 1876.
Peintre, élève de l’Académie Julian, il est notamment l’ami de Guillaume Apollinaire et Marie Laurencin. il publie de son vivant La Rose du jardin (1907) puis La Petite Chiquette (1908), l’histoire plus ou moins autobiographique, d’un jeune peintre montmartrois et de son amie au langage vivant et populaire. Il écrit également dans quelques revues, la Revue Blanche, les Marges, la Nouvelle Revue française.


Mobilisé, comme le père de Claude Simon, dès le début de la première guerre mondiale, il est blessé à Steenstrate (dans les Flandres belges) le 5 novembre 1914. Touché à la gorge par un éclat d’obus, il est évacué au Havre mais, mal soigné, meurt six semaines plus tard auprès de sa femme, Marguerite Diemer, épousée depuis peu..

Louis Codet a publié deux livres lorsqu'il meurt le 27 décembre 1914 au Havre à la suite d'une blessure de guerre. A 38 ans, il laissait de nombreux textes inédits, dont une nouvelle, César Capéran, que Gaston Gallimard s'empressa de publier en 1918.

biographie extrait du site : http://www.lmda.net

À 38 ans, il laisse de nombreux textes inédits, et son œuvre est en grande partie posthume : César Capéran en 1918, La Fortune de Bécot en 1921 et Louis l’indulgent en 1926. César Capéran, publié par Gaston Gallimard en 1918, vient d’être réédité par les éditions ePagine.

le port catalan

Que j'aime la douceur de la mer catalane,

Au retour des bateaux, le soir, quand les pêcheurs

Traînent sur les galets, jusqu'au pied des platanes,

Leurs barques aux beaux flancs, claires comme des fleurs.

On pèse les poissons qu'on vend sur le rivage,

Et le vieux Gaudérique en bonnet phrygien,

Fume sa pipe, assis sur un rond de cordages,

Tandis qu'un enfant nu joue avec un gros chien.

Une voile palpite encore au vent d'Espagne ;

On voit parmi les chênes-verts de la montagne

Descendre les mulets portant les raisins noirs...

Que j'aime la douceur de la mer catalane !

Nous danserons, ce soir, quelque lente sardane,

Sous la lune qui luit, pure comme un miroir.

Louis Codet, 1876-1914. Poèmes et chansons (1926).

*Œuvres

  • L’Apprentissage (1903, publié en 1926 sous le titre Louis l’indulgent, roman autobiographique dont le premier titre était Un apprentissage : histoire(s) d’enfance et d’adolescence, départ pour Paris, toujours, petit monde des peintres, jolis tableaux, belles rencontres.
  • La Rose du jardin, 1907
  • La Petite Chiquette, 1908 - Ce roam évoque la bohème à Montmartre, rue St-Vincent et place du Tertre, en compagnie de Caboche et de ses amis.
  • César Capéran, 1918, que Gaston Gallimard publia en 1918. L’histoire pleine d’humour d’un Gascon monté à Paris des projets littéraires plein la tête mais préférant vivre en dilettante et finissant sa carrière comme conservateur d’un petit musée vers Auch.
  • La Fortune de Bécot, 1921
  • Voyage à Majorque, 1925, plaquette tirée à 650 exemplaires par La porte étroite éditeur.
  • Poèmes et chansons, 1926
  • Lettres à deux amis (Eugène de Montfort et Louis Bausil), 1927, publiées à 365 exemplaires chez Marges. Lettres envoyées par Codet au peintre roussillonnais Louis Bausil et à son ami de Montfort.

*Éditions récentes

  • César Capéran ou La tradition, préface de Robert de Goulaine, Motifs, 2008 (ISBN 978-2-268-06450-5)
  • César Capéran ou La tradition, postface de Auriant, Dole, Canevas éd., 1993 (ISBN 2-88382-039-2)
  • La Petite Chiquette, préface de Gilbert Sigaux, Éditions Rencontre, 196

*Sur Codet :

  • Raymond Dumay, Ma route du Languedoc, Julliard, 1951, son ami qui écrit : "Dans toute la littérature, Codet est unique. Il est l'homme irréprochable…Codet était un saint. Saint gracieux qui avait tous les dons : la poésie, la prose, la peinture et le plus merveilleux, le don d'amitié."
  • André Salmon, Souvenirs sans fin, Gallimard, 1955
  • Pierre Camo, « Louis Codet », Les Nouvelles littéraires,‎ 3 août 1935 (lire en ligne)

Ecrivains morts en 14/18 : Louis Codet, Alain-Fournier...
Ecrivains morts en 14/18 : Louis Codet, Alain-Fournier...

*auto-copinage :

*Livre à paraître (fin février 2015, début mars, pour les élections départementales) de Jean-Pierre Bonnel :

Les 365 jours de J.Marc Pujol (propositions pour Perpignan, la culture et campagne mars 2014 des Municipales) -

Souscription (10 euros chez l'auteur 06 31 69 09 32, ou chèque JPB, 9 rue St-Jean, Perpignan) Ensuite, prix public : 14 euros. (éditions "Les mots en scène" - collection "Maux en scène")

*Conférence sur Walter Benjamin de JPBonnel (lectures par Hanna Fiedrich), au théâtre de l'Etang, St-Estève, le 4 avril 2015 à 18h30, entrée libre. (diaporama, dédicace)

*Les articles les plus lus : 1.Alain Géli, un projet pour Perpignan

/article-defense-du-train-jaune-association-des-usagers-et-amis-du-petit-train-jaune-traditionnel-de-cerdag-124506198.htmlQ

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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 11:34
Fabrice Thomas © L'Archipel contre-attaque
Fabrice Thomas © L'Archipel contre-attaque

La naissance d'un journal constitue un événement très important, à l'heure où les médias de papier souffrent de la concurrence du numérique et d'internet, au moment où, dans le 66, la presse est en danger (achat de L'Indépendant par la famille Baylet, après avoir subi les fantaisies du Monde et de Sud-Ouest - Un "Petit journal" consacré aux faits divers - Un "Travailleur catalan" très peu diffusé- une "Semaine du Roussillon" insipide, décevante, ayant renoncé à son esprit critique, des organes de propagande inutiles, tels les mensuels de la mairie et du CG66…).

C'est pourquoi il faut saluer l'initiative courageuse de Fabrice Thomas, personnalité connue à Perpignan pour avoir lancé de nombreux journaux, de Terres Catalanes à Place à ragots, en passant par les sites de "Perpignan tout va bien" (critiquant surtout J.P.Alduy) et "C.politique (qui fait la satire du PS et du CG66).

F. Thomas est un journaliste rigoureux, patient, privilégiant l'enquête sérieuse, visant à l'objectivité et à un lecteur exigeant, qui ne redoute pas l'analyse longue et précise. La préface à "Crème catalane" revient sur ces valeurs et nous ne pouvons qu'acquiescer.

Cependant, beaucoup d'amertume demeure chez F.Thomas : il revient avec un portrait de JP.Alduy, après avoir écrit, naguère, un beau livre sarcastique sur ce politicien mégalo et mécano… En outre, il ne se remet pas de son passage par "L'accent catalan" socialiste; il est à présent, travaillant pour la mairie, (*) un peu handicapé pour critiquer J.Marc Pujol : d'ailleurs, la seule personnalité politique éreintée dans ce n°1 est Clotilde Ripoull, qui, pourtant, a pris du recul par rapport au monde politicien local… Cet hommage de la revue, en ouverture, signifie donc que cette jeune femme dérangeante est importante et indépendante, et elle est critiquée une seconde fois par l'invité de cette revue passionnante : Nicolas Caudeville, amer de n'avoir obtenu que la 17° place sur la liste Modem de l'animatrice de l'association "Equilibre"..!

C'est dommage d'entamer ce média agréable, en couleur, à la belle couverture pelliculée, par quelques phrases sur la dette de Perpignan : la situation économique de la ville méritait un dossier plus approfondi… On s'attendait d'ailleurs à plus de prospective : la situation des quartiers, la menace du FN (Louis Aliot est d'ailleurs épargné, Nicaudeville le présentant comme son "ami"…mais F.Thomas n'épargnant pas lui l'ami Nico, avec un portrait "dur", p.46 !)

Ce n°1 est tourné vers le passé (Alduy, l'enfance catalane de M. Valls, l'histoire de la place Arago), même si un reportage photo rappelle la manif pour Charlie (mais aucune analyse du phénomène et son impact ici)… Cependant, je dois remercier au passage FT de citer un de mes livres, page 84, sur les "Peintres en Catalogne, du local à l'universel")...

La revue, comme son titre l'indique, se tourne vers la gastronomie et la cuisine politicienne locale: une enquête costaude sur les restaus asiatiques est dirigée par Isabelle Goupil, et on est heureux de lire cette journaliste de talent, rejetée par Midi Libre, puis par L'Indép… Mais les autres sujets ressemblent à des pubs déguisées ; le Mas St-Pierre (qui défigure la perspective du mas Vermeil), les Rivesaltes ambrés ou le restau "Les ateliers", bien bruyant !!!

Sinon des commerces de luxe font leur pub et même la mairie de Perpignan (4° de couverture) ce qui met en doute la volonté d'objectivité du directeur de la publication…

Pour que les lecteurs répondent à son appel louable de participation, il faudra se montrer moins hargneux à l'égard de C. Ripoull (ou alors expliquer le contentieux, dresser un vrai portrait), se libérer des attaches municipales, expliquer la montée du FN dans les quartiers-ghettos, analyser les forces de "gauche" dans le département…

On attend aussi qu'une place soit faite aux arts et à la littérature : donner la parole à des peintres ou à des écrivains, afin de conférer plus de poésie et de fantaisie à ce nouveau média, que nous devons tous défendre, même s'il nous déçoit, parfois… Bon vent, bel avenir à Crème catalane !!!

J.P.B.

(*) Démenti ou précision sur ce point : F. Thomas n'est pas salarié de la mairie de Perpignan. Il a certes fait des piges pour la municipalité ou écrit des textes rémunérés pour des proches du maire actuel (UMP), mais cette activité ne remet pas en cause l'indépendance de ce journaliste qui se bat seul depuis plus de vingt ans...

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 09:09
j'ai pu trouver un banc en face de la banque de France
j'ai pu trouver un banc en face de la banque de France

Perpignan encore au ban des médias ???

La ville est connue pour ses disparus divers (jeunes filles, légionnaire, maire et nombreux Catalans investissant à Marrackech…)… On en rigole jaune ici, dans les blogs comme L'Archipel contre-attaque ou dans le nouveau journal de Fabrice Thomas "Crème catalane"...

L'image de Perpi est hélas négative : endettement, suppression dans le domaine des arts et de la culture…Surtout présence de quartiers délaissés, laboratoires du FN, qui arriva en tête du premier tour des municipales 2014 !!!

Et voici que la ville supprime des bancs : les vieux resteront chez eux et les jeunes (et les touristes) doivent s'asseoir et consommer dans les cafés ! On nettoie le centre-ville, on empêche les pauvres, et autres marginaux à venir mendier dans les belles rues bourgeoises …

​Mais j'ai trouvé un banc, en face de la banque de France, pour les financiers ou les journalistes fatigués de l'hebdo en face "La Semaine du Roussillon"..?

*Livre à paraître (fin février 2015, début mars, pour les élections départementales) de Jean-Pierre Bonnel : Les 365 jours de J.Marc Pujol (propositions pour Perpignan, la culture et campagne mars 2014 des Municipales) -

Souscription (10 euros chez l'auteur 06 31 69 09 32, ou chèque JPB, 9 rue St-Jean, Perpignan) Ensuite, prix public : 14 euros. (éditions "Les mots en scène" - collection "Maux en scène")

*Conférence sur Walter Benjamin de JPBonnel (lectures par Hanna Fiedrich), au théâtre de l'Etang, St-Estève, le 4 avril 2915 à 18h30, entrée libre. (diaporama, dédicace)

* Alain TARRIUS - VIENT DE PARAITRE

Chaque année plus nombreux, des étrangers de passage, des transmigrants, se mêlent aux habitants de quartiers enclavés de nos villes pour divers commerces entre pauvres ou poor to poor. Le fétichisme de la marchandise inhérent à la mondialisation des économies libérales leur offre le rôle d’entrepreneurs commerciaux nomades et cosmopolites. Les territoires de leurs circulations transeuropéennes suggèrent des contours de peuples sans nation fédérant les migrants dispersés ce dernier demi-siècle. Surtout ils structurent en milieux cosmopolites des appartenances ethniques, religieuses, en passant de communautés immigrées en communautés immigrées.

Une enquête documentée, passionnante et nécessaire.

Sortie simultanée février 2015 . L’auteur est professeur émérite de l’Université Toulouse Jean Jaurès et membre des laboratoires CNRS LISST-Toulouse et Migrinter-Poitiers.

Le fétichisme des marchandises <femmes-drogues> est porté à son plus haut niveau par la libéralisation-globalisation des milieux criminels. L’auteur étudie ici les filières transeuropéennes russo-italiennes. Les origines des « marchandises », Balkans et Caucase pour les femmes, Afghanistan, Turquie, Géorgie pour l’héroïne, des recruteurs, Albanais, Géorgiens, Serbes, des espaces de mœurs ou moral areas de distribution, Italie du Sud, Levant espagnol, routes françaises, nations nord-européennes, se diversifient à l’échelle de la globalisation du marché. Alain Tarrius suit ces transmigrations d’étape en étape, de frontière à frontière, par des analyses multiples, globales et locales.

Passionnant et inquiétant.

laboratoire d’excellence Structuration des Mondes Sociaux. Mobilités, Réseaux, Migrations.

** JOSEP ROCA :

Perpignan: Mercredi,projection du documentaire "Josep Roca invite les rancios secs" à l'institut Jean Vigo! par Marilyn Maman et Nicolas Caudeville

Mercredi 4 février à 19H10 à l'institut Jean Vigo (à l'arsenal à Perpignan) projection du documentaire de Marilyn Maman et Nicolas Caudeville (entrée libre,précédé de la projection de courts métrages sur la vigne, suivi d'une dégustation de rancios secs) . Mars 2013, Josep Roca sommelier du meilleur restaurant du monde (selon un magazine britannique, et durant deux ans de suite 2012/2013) et aussi nommé meilleur sommelier d'Espagne, voulant raviver la culture du vin (blanc) Rancio sec http://www.cuisinealafrancaise.com/fr/dgal/produits/27-rancio-sec à l'agonie en Catalogne sud, mais ravivé depuis peu en Roussillon (d'abord comme produit sentinelle par "Slow Food" , puis bénéficiant d'une appellation ensuite) , a invité les producteurs de rancio sec du Roussillon à présenté leur production au Mas Marroch à Gérone . Nicolas Caudeville et Marilyn Maman ont profité de l'événement pour interviewer et filmer les protagonistes leur expérience, un marché possible et la transmission d'un savoir faire d'un vin représentatif de l'identité catalane nord et sud!

Voir aussi:

Vins Rancios secs: la vidéo interview du salon à Gérone; Josep Roca, Jean Lhéritier, Benoit Danjou-Banessy par Nicolas Caudeville et Marilyn Maman

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/article-vins-rancios-secs-la-video-interview-du-salon-a-gerone-josep-roca-jean-lheritier-benoit-danjou-b-121271111.html

Perpignan/Vin: Salon "Be Ranci" Bilan, remerciements et documentaire! interview Marilyn Maman,Jean Lhéritier par Nicolas Caudeville

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/2014/06/perpignan-vin-salon-be-ranci-bilan-remerciements-et-documentaire-interview-marilyn-maman-jean-lheritier-par-nicolas-caudeville.html

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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 08:33
Zoulikha Bouabdellah (chaussures de femmes sur un tapis de mosquée)

Zoulikha Bouabdellah (chaussures de femmes sur un tapis de mosquée)

*C'est l'hiver : l'art s'autocensure, le FN est en tête, Charlie ne se vend plus et on interne un prof de fax gênant !!!

- - -

Mourir en hiver...

J'aimerais mourir en hiver

Quand tout s'éteint, tout disparaît,

Quand le jaune élude le vert

Dans les couleurs de la forêt.

J'aimerais mourir en hiver

Quand le froid prend droit de cité,

Lorsque la rouille vainc le fer

Qui luisait pour l'éternité.

J'aimerais mourir en hiver,

Au détour d'un chemin pentu,

Foudroyé par l'heureux éclair

D'un amour trop vite aperçu.

J'aimerais mourir en hiver,

Les doigts engourdis par le gel,

Le cœur plus que jamais ouvert

Aux insondables voix du ciel.

J'aimerais mourir en hiver,

Honteux d'endeuiller mon départ

De sanglots versés à l'envers,

De couronnes et faire-parts.

J'aimerais mourir en hiver,

Las des mensonges, las du bruit,

Des promesses au goût amer

De ceux qui m'ont toujours trahi.

J'aimerais mourir en hiver

Aux sourires de mes parents :

Cris de joie envolés dans l'air,

Images que l'on livre aux vents.

J'aimerais mourir en hiver,

Mais pas aujourd'hui, cependant...

Le ciel peut attendre et l'enfer

Sait m'oublier de temps en temps.

J'aimerais mourir en hiver

Pour ressusciter au printemps

Le désir qui naît, puis se perd

De redevenir un enfant.

J'aimerais mourir en hiver,

Libre de pouvoir à jamais

Embrasser les visages chers

De ceux que j'ai toujours aimés.

Embrasser les visages chers

De ceux qui m'ont toujours aimé.

Elne le 17 août 2014

Jean Iglesis

* (auto)Censure.

Clichy : Une œuvre de Zoulikha Bouabdellah retirée :
quand la peur devient censure (C
) Jean-Jacques Naudet

Zoulikha Bouabdellah, Silence, 2008-2014, Installation: 24 prayer rugs, 24 pair of shoes 300 x 560 cm. Courtesy: the artist © Zoulikha Bouabdellah

Cette œuvre de Zoulikha Bouabdellah, exposée au Pavillon Vendôme à Clichy, a été retirée par la photographe et Christine Ollier, après l’intervention d’une association religieuse musulmane qui se disait choquée. Où allons nous ? Le 11 janvier n’a-t-il donc servi à rien ?

Nous publions aujourd'hui la lettre ouverte de Christine Ollier ainsi que celle d'Orlan, une des artistes qui a retiré ses œuvres.

Lettre Ouverte d'ORLAN, le dimanche 25 janvier 2015 : Une œuvre a été censurée dans l’excellente exposition Femina ou la réappropriation des modèles, dont le vernissage se tenait samedi 24 janvier 2015 au Pavillon Vendôme à Clichy.
Je m’insurge contre toutes pressions et/ou menaces qui auraient pour conséquence qu’une œuvre d’art pacifique soit retirée d’une exposition, que ce soit par un groupe chrétien, un groupe musulman ou un groupe se réclamant de toutes autres croyances.
Dans l’exposition une pancarte nous apprend que l’artiste Zoulikha Bouabdellah et Christine Ollier, commissaire générale, « ont choisi de retirer la pièce Silence afin d’éviter toute polémique et récupération au sujet de la présentation de cette installation qui ne représente aucun caractère blasphématoire ».
En vérité, il suffit de se renseigner un peu pour découvrir clairement que cet acte d’autocensure masque une censure plus grave.
« Une association de confession musulmane » aurait fait pression auprès des responsables de la mairie, pour obtenir le retrait de l’œuvre. La mairie a cédé à ces pressions et s’est désolidarisée de l’exposition si l’œuvre devait être présentée.


Quelles que soient les motivations de l’artiste et des commissaires, le résultat est catastrophique.
Je peux suivre le raisonnement, mais je ne peux le soutenir car c’est la porte ouverte à toutes sortes de restrictions insidieuses de notre liberté d’expression, au risque que nous passions consciemment ou inconsciemment de l’autocensure à l’empêchement, de l’empêchement à l’inhibition que produisent la menace et la peur.


La liberté d’expression continue à être bafouée, deux semaines après les marches du 11 janvier, alors qu’aucun motif sérieux ne peut être invoqué pour interdire la présentation d’une œuvre qui réunit simplement des tapis de prière et des paires d’escarpins.


En conséquence, puisque l’œuvre de Zoulikha Bouabdellah est définitivement retirée dans l’exposition, je demande que mon œuvre soit décrochée.

Lettre Ouverte de Charlotte Boudon et Christine Ollier , le mardi 27 janvier 2015 :


Chères toutes, chers tous,
Vous n’étiez pas toutes, tous, présents au vernissage samedi 24 janvier de l’exposition Femina ou la réappropriation des modèles au Pavillon Vendôme à Clichy-La-Garenne et comme pour ceux et celles qui étaient présents, nous souhaitons exposer les faits qui ont conduit à la situation de blocage actuelle.
Pendant l’accrochage, l’équipe de commissaires a été informée par la mairie de mises en garde émanant de représentants d’une fédération de citoyens Clichois de confession musulmane sur « d’éventuels incidents irresponsables » non maîtrisables, pouvant survenir suite à l’exposition d’une pièce de Zoulikha Bouabdellah, intitulée Silence.
L’artiste est venue elle-même installer sa pièce et a été fort surprise de l’émoi et l’incompréhension que cette pièce suscitait, l’ayant montrée précédemment à maintes reprises dans des musées et autres lieux dédiés à la Culture à Paris, Berlin, New York et Madrid.
D’un commun accord entre l’artiste et les commissaires, la pièce n’a pas été montrée et l’artiste s’en est expliquée :
« Suite à l’incompréhension dont est victime l’installation Silence, j’ai pris la décision de la retirer de l’exposition. Je mets cette incompréhension sur le compte de l’émotion liée au drame qui a touché la France et ne souhaite en aucun cas que cette pièce soit le prétexte de quelques-uns pour nourrir davantage les amalgames à travers des interprétations erronées.
Je suis de culture musulmane ; mon intention n’est ni de choquer, ni de provoquer, mais bien plutôt de proposer une vision à partir de laquelle peut s’instaurer un dialogue. Cette vision concerne ici les liens entre les espaces profane et sacré ainsi que la place de la femme au seuil de ces deux mondes – car oui, la modernité des femmes est conciliable avec l’islam, à condition que ce dernier ne soit pas dévoyé pour devenir un instrument de domination.
Silence a été créée en 2007-2008 et a été montrée à plusieurs reprises aux Etats-Unis, en Allemagne, tout récemment en France, et ce sans qu’aucune polémique ne vienne entacher sa présentation. Aussi, je m’interroge sur les raisons qui poussent une certaine frange de Français de confession musulmane à voir dans cette installation une œuvre blasphématoire. Ni le Coran, ni aucune sourate ou hadith “sahih” ne font référence à l’interdiction de détourner ou de découper un tapis. »
Néanmoins, un certain nombre d'artistes, en premier lieu ORLAN, et des prêteurs ont manifesté leur désaccord avec le retrait de la pièce Silence, ou avec son remplacement par la vidéo Dansons, et nous ont demandé par solidarité avec Zoulikha Bouabdellah le retrait de leurs oeuvres. C’est également la position de Stéphane Magnan, directeur de la Galerie Les filles du calvaire, qui représente un grand nombre des artistes dont les œuvres sont exposées.


A ce jour, nous demandons une prise de position claire du Maire de la Ville, Gilles Catoire, sur les propositions que nous faisons concernant la suite à donner à l’exposition devant cette atteinte rampante à la liberté d’expression : soit assumer la présentation de la pièce Silence, soit décider de la fermeture de l’exposition privant de son accès les Clichois et l’ensemble du public. Il devra alors trouver un moyen de maintenir l’accès au lieu pour susciter un questionnement constructif sur l’art et la censure.
Voilà la situation.
Les commissaires invitées Charlotte Boudon et Christine Ollier



Exposition
Femina ou la réappropriation des modèles
Jusqu'au 26 Avril 2015
Sous le commissariat de Charlotte Boudon, Guillaume Lassere et Christine Ollier.
Avec les œuvres de Pilar Albarracín, Zoulikha Bouabdellah, Nina Childress, Béatrice Cussol, Hélène Delprat, Lydie Jean-dit-Pannel, Carmela Garcia, Laura Henno, Mwangi Hutter, Karen Knorr, Ellen Kooi, Katinka Lampe, Iris Levasseur, Paloma Navares, ORLAN, Esther Teichmann, Trine Søndergaard, Brigitte Zieger.
Pavillon Vendôme – Centre d’art Contemporain
7 rue du Landy
92110 Clichy

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