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11 juillet 2017 2 11 /07 /juillet /2017 08:28
Paule et Pablo - Paule et les élus de Perpignan -
Paule et Pablo - Paule et les élus de Perpignan -

Paule et Pablo - Paule et les élus de Perpignan -

Dans son passionnant livre de souvenirs VIVRE avec PICASSO, Françoise Gilot, l'avant-dernière compagne de Pablo (encore vivante, à Montpellier, je l'ai écoutée, cette artiste, il y a quelques années à la librairie Torcatis) raconte (pages 434 et 451, édition du livre de poche, 1965), la liaison amoureuse entre l'artiste et son hôte de Perpignan, Paule... (JPB)

 

extrait :

"...Totote, le veuve de son vieil ami Manolo, et sa fille adoptive, qui vivaient près de Barcelone, arrivèrent accompagnées d'amis de Perpignan, le comte et la comtesse de Lazerme.

Mme de Lazerme était bien faite. Elle avait des yeux et des cheveux noirs, les traits classiques, et ressemblait beaucoup à mon amie de classe, Geneviève, bien qu'elle fût plus grande. Agée d'une trentaine d'années, cette dame avait l'air d'une charmante reine abeille.

Elle nous invita, Pablo et moi, à venir chez elle, à Perpignan. 

Ils habitaient une grande maison, nous dit-elle, et Pablo serait certainement intéressé par la bibliothèque de son beau-père, un homme de lettres qui avait été en relation avec Max Jacob et Apollinaire, au moments de leurs débuts.

Pablo allait à toutes les courses de taureau de Nîmes, et comme c'était une étape sur la route de Perpignan, il accepta de grand coeur l'invitation de Mme de Lazerme.

Une fois qu'il eut trouvé le chemin, il se dit qu'il était bien agréable de passer le temps, entre les corridas, dans cette grande maison dotée d'une curieuse bibliothèque.

Sachant que cette union s'effritait inexorablement, je trouvais inutile de l'accompagner dans ces expéditions.

Il me confia qu'il faisait la cour à cette jeune femme si charmante...

Il fit plusieurs voyages de ce côté...

 

Françoise GILOT

 

 

- - -

---Les portraits de Paule de Lazerme en Catalane par Picasso.

Picasso, Perpignan.

Trois portraits ont été donnés à la ville de Perpignan par la Comtesse de Lazerme.

*photo : Elle est entourée de Paul Alduy, maire de Perpignan, Mr Nicolau, adjoint à la Culture, lui-même ami de Picasso, Madame Valaison, conservatrice du Musée Rigaud.

Publié par Laurent Fontquernie (FB juillet 2013)

 

 

-"JUST A RIGAU..LO ! " (suite) :

Pourquoi le nouveau musée RIGAUD n'abrite-t-il pas un hommage à la famille De Lazerme..???

 

*** Paule de Lazerme (1910-2012)

 

Née Paule Dabadie le 22 octobre 1910 à St-Feliu d'Avall, elle épouse en 1931 le comte Jacques de Lazerme, étant désormais connue sous le nom de "comtesse de Lazerme".

Picasso exécuta plusieurs portraits de Paule de Lazerme : une gouache datant de l'été 1954, où elle est représentée en costume catalan ; une sanguine intitulée "Madame de Lazerme en catalane", datée du 14 août 1955, où elle porte une coiffe catalane et une croix en grenats de Perpignan ; une gouache datée du 19 août 1955, intitulée "Mmzede Lazerme en catalane", où elle porte un châle blanc et une robe rouge ; un dessin au crayon noir, daté du 24 août 1955, représentant Paule de Lazerme de profil assise dans un fauteuil à haut dossier.

 

Elle décède le 10 novembre 2012 à l'âge de 102 ans.

 

Publié dans Midi Libre le 13 Novembre 2012 (Distribué dans Montpellier) PERPIGNAN
M. Jean-Marc PUJOL, maire de Perpignan ; le conseil municipal
ont le regret de faire part du décès de Madame Paule DE LAZERME, donatrice d'oeuvres pour le musée Hyacinthe-Rigaud
et présentent à sa famille leurs plus sincères condoléances.

 

 

« Le festival "Les Musicales de Perpignan"

 

accueille Muriel Perpigna Falzon avec un répertoire qui explore le territoire catalan à travers les époques, du chant du quotidien au chant de revendication. Tels sont les fils conducteurs du spectacle : l’identité, la défense de la langue et d’un pays, l’attachement à la terre, la nostalgie, la lutte pour les droits à la liberté et à l’expression. Autour des arrangements de Sébastien Falzon, avec une formation inédite quartet + quatuor à cordes. Soirée qui marque également la sortie officielle du disque « Venim del Nord » (enregistré au Couvent des Minimes), en vente sur place Concert gratuit, ouvert à tous, le mardi 11 juillet 2017 à 21h00. »

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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 08:03
Paule de Lazerme par Picasso

Paule de Lazerme par Picasso

***RIGAU(d) fermé, rideau fermé…"  =  Juste a Rigaulo !"

 

Témoignages

Invités triés sur le volet pour l'inauguration... Liste noire... Rigaud le Grand ce n'est pas Nantes, inauguré aussi avec Picasso, mais musée ouvert sur la ville : il donne  envie au public d'y entrer.

A Perpignan, il faut la deviner, l'entrée ! Alors un balisage, un circuit informatif dans la ville avec des reproductions de tableaux..? Ils peuvent cogiter à la culture municipale...

 

Demain : cercle de l'intime, la liaison entre Paule et Pablo, par Françoise GILOT...

JPB

 

- - -

Ce matin pour des raisons professionnelles, il m'a fallu aller au musée Rigaud, délicieux petit musée mais très riche en oeuvres d'art. Je me retrouve devant la porte que je connais bien. Fermée. Pas un seul panneau indiquant les horaires. Je peste, grommelle, m'indigne jusqu'à ce qu'une âme charitable me donne la clé de l'énigme.

 Depuis les travaux de rénovation, l'entrée a changé de place. Ah bon! Et comment je le sais, qui quoi me l'indique? Rien. Je regromelle, tourne un peu en rond et finis par la trouver, cette entrée fantôme. Elle aussi fermée mais en plus pour savoir que c'était le musée, il fallait être dans les petits papiers du conservateur (e). 

Vous croyez qu'ils auraient marqué "Musée etc...) et qu'ils auraient mentionné les horaires? Nada de nada. Un autre paumé de mon espèce était lui aussi devant la porte et se posait les mêmes questions. Quoi? Quand? Un touriste cette fois ci. Et vrai amateur d'art. Il pestait tout autant que moi. Vous savez comment on a connu les horaires? En consultant son smartphone! Vive la communication à Perpignan! 

On nous bassine toute la ville avec des affiches dans tous les coins à croire qu'il ne se passe plus rien à Perpignan à part l'arrivée de Louis le quatorzième peint par Hyacinthe. Quant à Picasso, c'est le même tabac. Infernal. Mais, mais... on ne nous donne pas les horaires de ce satané musée! L'équipe de com est au top, elle a pourtant été bien payée. C'est pas demain que je retourne au musée qui, de plus, si j'en crois les amateurs, n'est pas non plus au top quant à l'aménagement intérieur. Ils nous mettent des marie-louise sur les tableaux... les amateurs comprendront.

 

témoignage de Michèle Marty (FB)

 

Clare Gallaway et moi, étrangère, je trouve trop souvent les mêmes choses. Pas d'affiche avec horaires...... offices de tourisme et musées fermés les weekends et jours fériés.....mais QUOI? c'est exactement quand on veut les rendre visite.

 

- - -

 

NOUVEAU MUSEE RIGAUD : Brève visite le premier jour d'ouverture au public...
Rigaud en majesté et Picasso en chemise, deux grands maîtres de la peinture en un seul musée, voilà tout de même de quoi mettre en émoi, et moi, notre bonne vieille ville de Perpinyà ! 


Michel S me le disait à l’entrée « tu vas en avoir pour ton argent, » et effectivement, même si l’entrée est presque aussi chère qu’au Louvre ou au Luxembourg, on ne regrette pas cet investissement. Car ç’en est un que d’apporter sa modeste contribution (10 euros) à une opération que l’on voudrait voir se renouveler plus souvent en des temps où tant d’ entités capdales resserrent davantage les budgets culturels. Gros effort donc, et gros investissements pour passer de l’ancien au nouveau musée Rigaud qui n’a pas gardé que les murs et les collections, même si l’adresse a changé. Ce sont de grands espaces et une belle lumière, qui s’ouvrent désormais, par l’ancien commissariat de police,sur la rue Mailly. 


N’ayant pas eu la chance de Picasso, d’y résider aux temps de sa splendeur, il m’est difficile de saisir le coût patrimonial et architectural de telles transformations ou bouleversements. Car, hormis quelques splendides cheminées de marbre, des sols aux magnifiques tomettes et planchers craquants, une élégante chambre dont les fresques et l’alcôve à la catalane ont été conservées, sans oublier le jardin de Babylone, et le grand escalier d’honneur, on se trouve dans un espace muséographique classique. 

 

Plafonds rabaissés, cloisonnements volants et parois sonnant creux, en plaquo peint, pour la neutralisation et la banalisation des supports, teintes à la mode comme il faut pour donner priorité à la bonne présentation des œuvres. Le musée Rigaud, ce n’est plus Carnavalet, mais ce n’est pas, et ça ne sera jamais Orsay, encore moins Beaubourg, rassurez-vous. C’est un juste, ou injuste milieu, que l’on qualifierait de macronien, si on lui cherchait un équivalent politique. Donc, n’en déplaise aux ronchons, un musée totalement dans le sens de l’histoire, celle qui se vit aujourd’hui !

 


« Beaucoup de lumière » me disait Roger C, un voisin, et c’est vrai que les œuvres sont très bien éclairées, naturellement, presque, dans certaines pièces aux hautes fenêtres. Pour le fameux tableau de la Trinité, vu le peu de hauteur de plafond, on a créé un surprenant trou pour l’enfoncer dans le sol, ce qui met Père, fils et Saint-Esprit à hauteur d’homme, il y a du pape François là-dedans ! Une astuce qui permet finalement une approche plus détaillée de la multitude de détails qu’il expose. Dommage que l’on ne fit la même chose pour l’autre grand format, le cardinal de Fleury, un peu à l’étroit sous son plafond lui aussi rabaissé. C’est que, en Marche, sans suivre les flèches, nous venons de nous retrouver, dans les salles réservées à Sa grande splendeur, celui dont ce monument porte le nom : Hyacinthe Rigaud ! 


Un temps, Guerra, son contemporain et voisin perpignanais, par ailleurs honoré du titre de peintre officiel du roi d’Espagne, fut mis en concurrence avec lui. Mais Il n’est que de mettre en vis à vis le portrait de Manuel, peint par Guerra, pourtant fort beau, avec chacun des portraits exposés de Rigau, pour constater que les deux catalans ne jouaient pas dans la même division. Ne serait-ce que le portrait de Gaspard, le frère cadet, que Hyacinthe nous restitue dans une fraîcheur étonnante. On peut même lire sur son visage l’heure précise où il posa devant son frère : cinq heures du soir, à en juger par sa barbe à peine naissante sous la transparence incarnate de ses joues… Du très grand art, comme encore cet autoportrait jusque-là caché, et dit « au manteau bleu » …
Et puis, en continuant la visite dans un autre siècle, voilà d’autres autochtones, Terrus, sans, toutefois, la moindre pièce qui permette de juger, aussi, de son grand talent de portraitiste. Bausil, sans le moindre pêcher à l’horizon. Maillol, lui, est gâté, ce n’est que justice, avec toutes les tonalités de son immense palette : peintures, bronzes ou terres cuites… On ne s’en lasse pas, avant de retrouver les Conflentois, Gustave Violet, remarquable, et le papé de Sant Climent, Georges Daniel de Monfreid, dévoilant quelques anodines pépites autour du célèbre hommage à Gauguin ! Fichtre. 


Reste plus qu’à gravir au dernier étage. Picasso y règne en invité temporaire jusqu’à la fin septembre. Il est là, en photos, l’œil croquant les femmes qui l’entourent, ou la baratina vissée sur la tête, puis, sans faucille ni marteau dinant chez Jacques, comte de Lazerme, ou posant à son tour devant la Vénus de Paris-couture. Un Picasso intime, intimidant par la qualité de ses œuvres peintes, dessinées ou sculptés dans des terres émaillées. Chez lui aussi, malgré Huguet, les portraits féminins dominent, Jacqueline, Françoise et Paule de Lazerme, en catalane et de profil, son meilleur évidemment, puisque Pablo l'a choisi… Mais c’est avec les enfants, ses enfants, que s’épanche une plus grande tendresse. Son pinceau se fait alors père, fils, et peut-être aussi saint Esprit. Comme la Trinité un étage plus bas. Vous voyez, la boucle est bouclée…


Bon, tant de beauté fatigue, je ne vous en dirai pas plus, vous n’avez qu’à y aller. Et comme le dit presque mon ami Michel S : vous en aurez pour notre argent.

Michel LLOUBES

Il est mort, l'ancien chef de l'OAS, J.Jacques SUSINI de l'armée secrète des assassinats, tortures et attentats aveugles. La barbarie, les crimes contre l'humanité !

 

L'Organisation Armée Secrète était dirigée par Raoul Salan dans la clandestinité.  C'était Susini le chef, né à Alger en juillet 1933...

Contre la trahison de De Gaulle, la tuerie de janvier 1960 est applaudie par Susini: 17 policiers mourront !

Après l'échec des généraux en Algérie, l'OAS passe à l'action, sous la houlette de ce fascisant général aux 5 étoiles... 2000 morts à son actif ! Il se réfugie en Italie en 1962, est amnistié en 68... Le PEN le place ensuite à la tête de la fédération du FN dans les Bouches-du-Rhône...

 

Feue l'OAS. Mort de l'Algérie française. Demeurent les nostalgiques, descendants de Pieds-Noirs disséminés dans le Sud : Louis ALIOT honore celui qui a voulu tuer De Gaulle. J.Marc Pujol et la mairie de Perpignan déposent des couronnes sur les tombes des héros enterrés au cimetière nord et au cercle algérianiste. Le maire de Perpignan vient d'ailleurs d'augmenter la subvention à ce "cercle intime" : 8000 euros (2000 de plus que l'a dernier, alors que des associations culturelles sont saignées...)

 

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8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 09:37
Serrabonne et Mas Gili en Roussillon : 2 lieux / 2 artistes : Claude DELMAS et Claude PARENT-SAURA -
Serrabonne et Mas Gili en Roussillon : 2 lieux / 2 artistes : Claude DELMAS et Claude PARENT-SAURA -

*Littérature, hommage à Claude Delmas - par Michel LLOUBES :

 

CLAUDE DELMAS : DISPARITION DU DEPARTEMENT DES PYRENEES ORIENTALES 

Editions Libre d’Arts. Préface (remarquable) de Henri Lhéritier. 

 

Un titre décalé et énigmatique, "Disparition du département des Pyrénées-Orientales", qui pourrait faire croire à une provocation dans le débat actuel sur le pays catalan, il n’en est rien. Claude Delmas n’a jamais été de ceux qui, par snobisme politique, choisissent de se vendre au plus chaud du fer rougi par l’actu. Plume en main, il a toujours pris la mesure du temps et dans son dernier livre, il lâche sablier, horloges et calendrier des Postes pour atterrir en inversant les réacteurs de sa vie trépidante de cadre d'Air France. Plus de fuseaux horaires coupés, comme d’autres coupent les virages pour d’illusoires gains de temps, justement. 

Aussi, faut-il avoir lu jusqu’à la dernière page pour augurer ce que Claude Delmas a voulu mettre dans le titre. Car cette disparition annoncée, n’est pas celle du département qui a depuis longtemps perdu les octanes de son essence divine, celle qui faisait y descendre, naître ou mourir, peintres, écrivains, musiciens ou poètes, pour les remplacer aujourd’hui par les tristes senteurs du tourisme de masse. 

Non, la cause est perdue depuis longtemps, il le précise au passage, mais c’est une toute autre disparition que Delmas entend simplement raconter, en l'habillant de dimanche, comme on le faisait jadis pour saluer non pas le jour du Seigneur, mais celui du repos sainement gagné après une rude semaine de labeur. Pas de nostalgie qui n’est plus ce qu’elle était, pas de recherche du temps perdu goinfré de madeleines, non, un constat doux et lucide, celui d’une vie, la sienne, venue, vécue et vaincue par de petits bonheurs simples ou élitistes, entre deux siècles si riches en bouleversements en tous genres. Ah, combien de fois n'a t-il projeté sur grand écran, les images indélébiles du bombardement de Port-Bou par les Franquistes, la soutane ensanglantée de l'abbé Niort, ou des folies d'Espagne, toujours vers le Sud...

Chacun de nous, foraster, autochtone, ou ce qu’il reste des générations perdues, pourrait se reconnaître dans ce grand Adieu majuscule qu’il nous livre. Adieu à qui, à quoi ? Grand Meaulnes ou grand Duduche éternellement amoureux de toutes les filles de proviseurs, ce grand dégingandé , nous laisse le choix des grilles de lecture qui paraissent fort simples, simplistes diront d’autres, mais qui, en réalité, font surgir d’étonnants points d’interrogation sur notre homme. Amoureux de la vie, il l’est, esthète, évidemment, bouffeur de curés, toujours, homme de gauche, cela va de soi. Mais au-delà de ses précédents ouvrages romanesques ou romancés, bardés de certitudes, bonjour Marie, au-delà encore de son accent de cajoleuse rocaille qui fait la part belle à sa tendresse, sa joie d’écrire et de raconter, on découvre quelques accents inédits, chuchotés, que le lecteur recueille en confidence, presque en confession. On touche là au plus intime de Delmas. On est à la porte de l’étonnant mystère, peut-être cette disparition annoncée dès les âpres calcaires de Vingrau, et le silence de la mer qui vient lécher sa maison, en novembre 1942, rue Parmentier, à Rivesaltes. Chut, je lis…

 

Et pour ce faire, je m’accroche, car il faut être sportif pour plonger ainsi en son texte, il n’est pas pour rien voisin de Claude Simon ! Pas de numérotation de pages, de chapitres, ni d’alinéas, seules quelques majuscules en caractère gras permettent d’avoir pied. Tout est à lire d’un trait, en apnée, ou d’un gloup, cul sec ! Mais je m’habitue vite, car si parfois Claude semble avoir jeté ses mots sur la page, comme pour s’en débarrasser au plus vite, il y a tout au long de ce déroulé, de cette tranche qu’il s’est bien payée, ses yeux bleus qui me regardent bien en face, comme pour me dire, un brin narquois, de sa voix chaude, inimitable et complice : 

« Tu vois, Michel, c’est ça la vie ! »

*** Vernissage  PRIEURE de SERRABONA  _ BOULE D'AMONT ( 66 )

 

Signes cultuels païens et signes catholiques.

 

Une scénographie de CLAUDE PARENT-SAURA     sa collection de kachinas des indiens hopi

                                   ses créations contemporaines

 

A cette occasion un livre-objet emboitage en forme de croix entièrement conçu par l'artiste 

( tiré en 30 exemplaires) sera présenté .

 

comprenant :

 

2 œuvres originales  CLAUDE PARENT-SAURA 

 

Photographies           JAUME SAÏS

 

Textes                        DIDIER MANYACH  (écrivain )

                                   BEBE                        (plasticien )

                                   BRIGITTE DERLON ET MONIQUE JEUDY-BALLINI 

                                   (directeurs C.N.R.S au collège de France )  

 

Ancien élève desBeaux-Arts et de Germain Bonel, cet artiste protéiforme, a dépassé peinture, sculpture et dessin pour aller au-delà de tout geste conformiste, pour revenir au rituel et créer une sorte de "figuration détournée"…

Après avoir travaillé et expérimenté longtemps, le voici aux prises, ce "constructeur",  avec le plexiglas.

Le site mystique de Serrabonne s'ouvre à ses figures revisitées des poupées ou totems d'Arizona ou des civilisations précolombiennes. Un bel hommage à la tolérance et au syncrétisme.

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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 08:59
BONNEL-CARUANA-GIFREU-MAURESO-ART PARTOUT à CERBERE - LYNCH - DOMECQ
BONNEL-CARUANA-GIFREU-MAURESO-ART PARTOUT à CERBERE - LYNCH - DOMECQ
BONNEL-CARUANA-GIFREU-MAURESO-ART PARTOUT à CERBERE - LYNCH - DOMECQ
BONNEL-CARUANA-GIFREU-MAURESO-ART PARTOUT à CERBERE - LYNCH - DOMECQ
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BONNEL-CARUANA-GIFREU-MAURESO-ART PARTOUT à CERBERE - LYNCH - DOMECQ
BONNEL-CARUANA-GIFREU-MAURESO-ART PARTOUT à CERBERE - LYNCH - DOMECQ

BONNEL-CARUANA-GIFREU-MAURESO-ART PARTOUT à CERBERE - LYNCH - DOMECQ

***LIVRE, ça vient de sortir ! A lire sans attendre...

Inde, la vie, la mort (J.Pierre Bonnel) : en librairie sinon chez l'auteur (18 euros, port compris - JPB, 9 rue Saint-Jean, 66000, Perpignan) : 300 pages, roman, nouvelles sur l'amour, la mort et un Journal  de paternité inattendu... Contact : 06 31 69 09 32)

 

- - - Livre, encore, tout chaud : NAU !

*** LULLE

Les Éditions de la Merci ont le plaisir de vous annoncer la publication des Proverbes de Raymond, de Raymond Lulle.

Patrick Gifreu

 

lamerci.fr/

"editions de la merci" <editions.lamerci@orange.fr>

 

- - -

ODILE MAROT à Perpignan, peintures au palais :

 

La peinture sert à révéler la frontière entre la réalité et l imaginaire.

Entre le réel et son envers, l inachevé et le fini.

Créer c'est vivre son propre temps c'est interpeller; que celui qui regarde perçoive éprouve, sente physiquement le message.

C'est donner un supplément d'âme à ce qu'on ne voit plus..

 

PALAIS DES ROIS: ODILE SANS LARMES

Du 16 juin au 27 août, Odile MARO ARBOS peintre de délicatesses lumineuses et de subtilités picturales majeures s'offre le palais des rois de Majorque à Perpignan.

Elle a regroupé sous un joli nom (mais parfois battu pour n'importe quelle omelette, ce n'est pas ici, bien entendu, le cas) de PASSAGES/ PASSATGES -puisque le bilinguisme n'a pas été bouté hors les murs de la médiévale. Peintures d'intériorité, de lueurs spirituelles, de palpitations discrètes, fruits d'une concentration que Stephan Zweig rapprocherait de la prière. Comme des notes de musique sur la peau de l'âme...

 A découvrir ensuite tous les jours de 10 h à 18 h. Il y a 99 marches à gravir, mais qui a dit que le bel art comme le bon air se méritent?

 

MERCI à METBARRAN.canalblog☺️

***NAU, c'est nouveau ! NAU c'est new et maintenant ! à ARLES, pas en Provence, ais en 66
 
 
 
 
 
Voici le programme quasi définitif.de nos journées inauguratives.
 
Au plaisir de nous y rencontrer. 
 
Antoni MADUEÑO & Mélanie RABAT
 
 

INAUGURATION DE LA NAU [now] -

LE MOULIN DES ARTS ET DE L'ARTISANAT

 

ARLES SUR TECH / 7 & 8 juillet 2017

 

 

7 juillet ENTRéE LIBRE

 

20h30 Bénédiction de LA NAU par Albert VIDAL, comédien performer

 

Cantigas d'Amigo Antoni MADUEÑO chant médiéval / Carlos ALMA danse contemporaine /Keith KHAN design

 

 

8 juillet ENTRéE LIBRE

 

10h ACCUEIL pour un café/thé/infu/jus à la Boutique du MOULIN DES ARTS

 

11h00 Atelier collectif de création DEROULE TA BOBINE (à partir de 7 ans, bilingue français catalan) avec Mélanie RABAT

 

12h45 PRESENTATION DU PROJET POUR LA NAU [NOW] – Antoni MADUEÑO et Mélanie RABAT

+ La Machine à créer, Tinguely et cie – Appel à projets et Projections

Lluis BOSCH, humoriste et Carolina RIUS, piano: una introduccio al Vermut / une invitation à l'apéritif

 

13h - 15 h 30 REPAS PARTAGE (TIRé DU SAC)

avec la participation des CANTARINES de RIPOLL (chant polyphonique de femmes)

et rencontre autour du projet de Café associatif des "Céretphiles"

 

A partir de 16h

Enric NAVARRO - catalan folk singer

David – Evocation à Shakespeare (sous réserve)

Clara GARI, marcheuse et cuisinière, jota i yukulélé

Salvador GIRALT, écrivain, poèmes

Sergueï WOLKONSKY, artiste, performer

BOOK-JAYING Happening Et si l'on mixait des livres et non des disques ?




-- 
LA NAU [now]
Le Moulin des Arts et de l'Artisanat
Arles sur Tech F-66150 
07 77 04 30 69 
0034 626 507 016

 
FB La Nau Arles sur Tech 
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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 10:50
Francisco ORTIZ - Gare de PORTBOU le 8 juillet - ROSES et l'Exil -
Francisco ORTIZ - Gare de PORTBOU le 8 juillet - ROSES et l'Exil -
Francisco ORTIZ - Gare de PORTBOU le 8 juillet - ROSES et l'Exil -
Francisco ORTIZ - Gare de PORTBOU le 8 juillet - ROSES et l'Exil -

Francisco ORTIZ - Gare de PORTBOU le 8 juillet - ROSES et l'Exil -

***ROSAS / ROSES / Exposition sur l'exil, le 8 juillet 2017

 

Ens complau de d’informar-vos que l’exposició “Vides errants: postguerres i exilis dels germans Pi i Sunyer”, organitzada pel Museu Memorial de l’Exili (MUME) i la Fundació Carles Pi i Sunyer, amb la col·laboració de l’ Institut Català de Recerca en Patrimoni Cultural (Universitat de Girona-Generalitat de Catalunya), i amb el suport de l’Ajuntament de Roses,  Diputació de Barcelona i Diputació de Girona, s’inaugurarà  el pròxim dissabte 8 de juliol, a les 20h, a l’Espai Cultural la Ciutadella de Roses.

 

A l’espera que sigui del vostre interès, us saludem ben cordialment,

 

Carrer Major 43-47

17700 La Jonquera

www.museuexili.cat

0034 972556533

 

***Communiqué  de  l’Association  des Usagers de  la ligne  Ferroviaire  Perpignan-Cerbère Portbou

 

L’association des usagers de la ligne ferroviaire Perpignan-Cerbère/Portbou et son homologue catalane « Defensem el tren de l’Empordà » ont le plaisir de vous inviter à un évènement qui se tiendra le samedi 8 juillet 2017 à 10h30 en gare de Portbou.

Cet évènement est organisé:

- pour célébrer le retour du train de nuit Paris-Portbou

- pour souligner la nécessité de développer les liaisons ferroviaires entre Cerbère et Portbou afin de disposer d’une ligne conventionnelle transfrontalière du quotidien entre Perpignan, Cerbère/Portbou, Figueres, Girona et Barcelone

 

Vous trouverez l’invitation en pièce jointe ainsi qu’un communiqué sur l’état actuel de la ligne transfrontalière.

Mobilització a favor del tren convencional. Estació  de Portbou 8 de juliol de 2017 a les 10:30 hores  del matí

Ara ens cal una gran mobilització el 8 de juliol a les 10:30 h a l'estació  de Portbou. Feu-ne molta difusió. Visca el tren convencional.

 

El tren convencional de l'eurodistricte és el civisme i l'europeisme en estat pur. Tots a l'estació de Portbou el 8 de juliol a 2/4 d'onze.

 

Gran concentració reivindicativa a favor del tren convencional. A l'estació de Portbou el proper 8 de juliol a les 10:30 h.  Passa-ho.

 

Gran mobilització a favor de la mobilitat sostenible transfronterera.  Estació de Portbou 8 de juliol de 2017 10:30 del matí.  Passa-ho.

 

 *** Mobilisation ferriviaire LA GALERIA

Mobilització ferroviària

Josep M. Loste

El 8 de juliol exigirem un autèntic tren transfronterer

 

- - -

 

***Les 8 et 9 juillet venez assister aux siestes sonores et déguster les vins du domaine du Château de l'Esparrou sur le domaine viticole !

Confortablement installés dans un transat et équipés de casques individuels, nous vous invitons à un voyage radiophonique, à la frontière du documentaire et du musical, avec la pièce radiophonique « Le jeu des secrets », d'une durée de 30 minutes, autour de l'histoire et l'intimité poétique du Château de l'Esparrou du 19ème au début du 20ème siècle. 

Il s'agit d'une commande faite par l'Association Les Amis de l'Esparrou au compositeur de musique contemporaine Alexander Vert. L'oeuvre est constituée de matériaux sonores directement enregistrés au château, de textes récités, de charades ou encore de devinettes, permettant de proposer différents niveaux d'écoute et stimuler l'imaginaire de chacun.

 

Dates et horaires : 

Samedi 8 juillet : 3 siestes à 17h et 17h45 et 18h30

Dimanche 9 juillet : 3 siestes à 17h et 17h45 et 18h30

 

Tarif 7€, gratuit pour les enfants de moins de 12 ans

 

MOLT  IMPORTANT.  RECORDATORI   TOTS  A  L'ESTACIÓ  DE  PORTBOU  EL PROPER   DISSABTE  8  DE JULIOL   A  LES  10:30  DEL MATÍ   EN  DEFENSA  DEL  TREN  CONVENCIONAL  TRANSFRONTERER

FEU-NE  MOLTA  DIFUSIÓ
 

https://www.facebook.com/CerberePortbou/?hc_ref=NEWSFEED
 

https://mail.google.com/mail/u/0/?tab=wm#inbox/15cf4af6d840ed72?projector=1

 

- - -

UNE pensée pour CHRISTIAN HERNANDEZ qui dirigeait le théâtre du Géko, à Perpignan.

Je me souviens : à la fin d'une soirée consacrée à Walter Benjamin, à Elne (salle archevêché), il esr venu me dire qu'il aimerait bien jouer mon texte.... On a attendu, on en est resté là...Hélas.

 

 

***BOYS DON'T CRY

de Jean-Gabriel Vidal-Vandroy

Écarter les obstacles. Tenir tête. Passer à l'offensive. Séduire, respecter. Ne pas se disperser.
« Et surtout
Ne pleure pas.
Ça pleure pas un homme. »

.

Quatre hommes face à l'image du mâle viril et conquérant. Fiers, violents ou minables, désenchantés et sentimentaux, ils ne sont pas des guerriers, des prédateurs, des héros (faut pas croire ce que disent les journaux). Lui vend son corps à de riches clientes. Lui passe sa nuit sur des sites pornographiques. Lui va à l'opéra avec une femme plus âgée. Ils attendent qu'on les rappelle.

Cette nuit, ils se réunissent et s'offrent à votre regard. Cherchez le garçon. Traquez le masculin : il est partout.
Regardez ces hommes tomber : ils portent en eux la joie désespérée de ceux qui n’ont plus rien à perdre.

.

Création 2017 de la compagnie parisienne « Avant l’aube »


de Jean-Gabriel Vidal-Vandroy
d'après une idée originale de Maya Ernest et Jean-Gabriel Vidal-Vandroy


Mise en scène : Maya Ernest
Comédiens : Aurélien Pawloff, Léonard Bourgeois-Tacquet, Raphaël Goument, Vincent Calas

le jeudi 29 juin à 20 h 30 au Théâtre du Réflexe à Canohès (Réservations :  06.52.19.49.69)

du 7 au 30 juillet (tous les jours) à 21 h 45 au Théâtre des Barriques à Avignon

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4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 09:51
 Pablo Picasso et Paloma,  photo  Roland Fabre (Studio Visages, Perpignan) Pablo Picasso et Paloma, 1954. Photographie de fête foraine à Perpignan pendant les ferias.

Pablo Picasso et Paloma, photo  Roland Fabre (Studio Visages, Perpignan) Pablo Picasso et Paloma, 1954. Photographie de fête foraine à Perpignan pendant les ferias.

Musée des Beaux-Arts ou musée RIGAU(D) On a envie de RIGAULER

malgré les saccages des lieux, hôtels particuliers qui devraient être respectés, préservés, comme le secteur sauvegardé des quartiers du coeur de ville.

 

Mais le public est, en majorité, content; le musée refait, froid, propre, lisse, géométrique, sans bavures que constituent les anciennes dorures, c'est l'esprit du temps: fermez les yeux et vous pourriez vous trouver dans un musée de Londres, dans une salle à Sydney...la mondialisation et l'américanisation vous sortent du local et gomment la personnalité du pays d'ici...
Perpinya la catalana..? Mensonge !

 

Et les journalistes, obéissant aux instructions de la hiérarchie, aux lobbies, aux publicitaires, aux injonctions de la mairie (abonnements, placards publicitaires) et du Conseil départemental ou régional (le biziness avant la vérité, la probité, la déontologie), vous dictent ce que vous devez écrire : au moins, pas de vagues (on se prend à regretter la plume subjective de J.Michel Collet), car il faut vanter la beauté de l'expo Rigaud ou l'originalité de l'expo Dali (à Céret)…

 

On écrase d'ailleurs la belle expo dalinienne sur la science pour parler chaque jour du musée nouveau dans la ville NOUVEL… Le critique culturel pas cultivé du quotidien est capable de causer politique, faits divers, littérature, peinture…(on regrette alors les Quéralt, Gourrier…) et tout le monde est content. Il faut dire le positif, on n'est pas là pour se fâcher… 

 

Et si on arrivait à vendre du papier du journal, an faisant dans la qualité et l'impertinent..? Pourquoi ne pas essayer puisque, de toute manière, les vêtes du quotidien chutent de façon irrémédiable, face à la concurrence des médias virtuels, avec leur rapidité et leur esprit subversif, beaucoup de blogueurs étant libres, ce qui n'est pas le cas de la presse papier dans son ensemble…

 

Quant aux jeunes, y pense-t-on..?

 

En effet, l' offre culturelle, pour l'étude des universités françaises, place Perpignan à la 39 ème places sur 44 !), Quant au palmarès des initiatives locales, la ville catalan ses situe à la 41 ème..!

 

  En effet, Perpignan manque de structures : aucune salle de concert de plus de 5 000 places, aucun musée à plus de 10 000 visiteurs, offre de transport limité… Espérons que les étudiants, transportés près de la vieille université centrale, vont se ruer sur le musée Rigaud..!

J.P.Bonnel

 

 

***La crtique de Didier Rykner Jeudi 29 juin 2017

 

L’actualité de la politique patrimoniale et de l’histoire de l’art

 

Le ratage du nouveau Musée Hyacinthe Rigaud

 

Deux hôtels particuliers largement dénaturés, des collections qui restent en réserves au profit de dépôts d’institutions extérieures, un accrochage raté, des encadrements pitoyables... L’échec du nouveau « Musée d’Art Hyacinthe Rigaud »2 est triste, et coûteux. Près de 9 millions d’euros pour en arriver à un tel résultat, c’est vraiment désolant.

 

1. Une salle du Musée Rigaud (hôtel de Lazerme) avant les travaux

Photo : D. R. 

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2. La même salle du Musée Rigaud que l’ill. 1 après les travaux

Photo : Didier Rykner 

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3. Escalier de l’hôtel de Lazerme

Musée Hyacinthe Rigaud

Photo : Didier Rykner 

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L’architecture d’abord, due à l’atelier Barbotin-Larrieu. Dans l’hôtel de Mailly, ancien conservatoire, avait déjà été largement massacré au cours du temps. Le travail à été achevé avec la destruction d’un escalier du début du XIXe siècle, dû à l’architecte du département, Prosper de la Barrière, chevalier de Basterot. 


Pour l’hôtel de Lazerme, qui abritait le musée depuis les années 1970, c’est encore pire. Les promoteurs du projet ont beau prétendre dans le dossier de presse que l’architecture «  valorise le patrimoine », c’est exactement l’inverse qui est vrai et la comparaison de deux photos suffira à le démontrer. À gauche (ill. 1), une des pièces de l’hôtel de Lazerme avant les travaux. À droite, la même, après (ill. 2). Le beau plafond avec ses stucs n’existe plus, remplacé par un faux plafond. Tout a été repeint en blanc, dans un traitement d’une froideur digne d’une clinique. On peut dire ce que l’on veut, mais c’est propre, c’est net, rien ne dépasse. Tout l’hôtel de Lazerme a été traité ainsi, tous les plafonds ont disparu, y compris celui du bel escalier d’honneur (ill. 3) dont il reste, heureusement, la rampe en fer forgé. On se demande ce que faisait l’ABF pendant les travaux, car on est en plein secteur sauvegardé.

 

4. Maître de la Loge de Mer

Retable de la Trinité

Technique mixte sur panneau - 373 x 224 cm

Perpignan, Musée Hyacinthe Rigaud

Photo : Didier Rykner 

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5. L’installation du Retable de la Trinité

dans l’hôtel de Mailly

Photo : Didier Rykner 

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Revenons dans l’hôtel de Mailly pour voir l’art ancien. Là encore, le désastre est à peu près complet. Le chef-d’œuvre du musée, le retable de la Trinité par un peintre catalan anonyme de la fin du XVe siècle, le maître de la Loge de Mer, est présenté dans une salle trop petite (largement en raison d’un autre faux plafond). Résultat : le sol est décaissé pour l’installer, dans une présentation absurde (ill. 4 et 5). Le tableau est dans une fosse, la prédelle au niveau du sol. Ceux qui voudront voir la seule représentation peinte médiévale de Perpignan devront se pencher. Notons que cette œuvre a été très bien restaurée par le Centre interdisciplinaire de Conservation et de Restauration du Patrimoine de Marseille, grâce à un mécénat de la Fondation BNP Paribas3. Sauf erreur, nulle part ce mécénat n’est mentionné.

 

6. Salle des primitifs catalans

Hôtel de Mailly

Perpignan, Musée Hyacinthe Rigaud

Photo : Didier Rykner 

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7. Salle des portraits de Rigaud

Hôtel de Mailly

Perpignan, Musée Hyacinthe Rigaud

Photo : Didier Rykner 

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8. Jacopo Amigoni (1682-1752)

Persée et Andromède

Huile sur toile - 65 x 45 cm

Perpignan, Musée Hyacinthe Rigaud (non exposé)

Photo : Musée Hyacinthe Rigaud 

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Le reste de l’accrochage est au mieux passable : extrêmement clairsemé (ill. 6), il se résume parfois à un mur / un tableau (ill. 7). Le nombre d’œuvres accrochées est donc très réduit, ce qui en laisse un grand nombre en réserves. Voilà quelques exemples que nous avons pu trouver sur internet ou dans des livres (pas dans les catalogues du musée, inexistants, et certainement pas dans le livre publié pour la réouverture qui ne reproduit que des œuvres exposées, pas les autres) : La Mort d’Orphée, grand tableau de Jean-Baptiste Corneille, une esquisse de même sujet par Luca Giordano, Sainte Thérèse offrant son cœur par Antonio Guerra le vieux, alors que son fils a l’honneur de voir quelques œuvres accrochées dans les salles. Parmi les italiens, nous noterons aussi Persée délivrant Andromède par Jacopo Amigoni (ill. 8) ou un bel anonyme génois que nous avons trouvé dans la base RETIF. Chez les Nordiques, on compte aussi des peintures par Jacob de Backer, Franz van Mieris... Pour le XIXe siècle français, inutile d’espérer voir les Joueurs de luth par Guillaume Bodinier, le portrait de Henri Lehmann représentant Alexandre-Joseph Oliva (voir la brève du 12/5/06), et encore moins les sculptures de ce dernier dont le musée possède pourtant un fonds conséquent. Aucune chance, évidemment, d’admirer les grands formats comme Le Jugement de Pâris par Paul Gervais, un artiste du cru également qu’on pourra heureusement voir dans les décors de l’hôtel Pams (ouvert au public). Le musée Rigaud conserve aussi une très bonne réplique d’atelier de Ferdinand d’Orléans par Ingres (ill. 9) qui reste en réserves…

 

9. Jean-Auguste-Dominique Ingres et atelier

Ferdinand d’Orléans

Huile sur toile - 154 x 119 cm

Perpignan, Musée Hyacinthe Rigaud (non exposé)

Photo : D. R. 

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Non seulement le musée n’expose qu’un nombre réduit d’œuvres de sa collection, mais il les expose mal. Plusieurs toiles ont des cadres trop grands, ce qui oblige à mettre des espèces de passe-partout grisâtres. Des passe-partout pour des tableaux ! Deux exemples, avec un Rigaud (ill. 10) et un Jean-François de Troy (ill. 11). Les cartels sont rudimentaires, n’ajoutant au nom du peintre et au titre des tableaux que très rarement un commentaire, et jamais ou presque la provenance. Remarquons aussi que le Portrait de la famille Le Juge est indiqué comme de Rigaud, alors que le catalogue d’Ariane James-Sarrasin le donne, probablement très justement, à son atelier.

 

10. Hyacinthe Rigaud (1659-1743)

Le Cardinal Fleury

Huile sur toile

Perpignan, Musée Hyacinthe Rigaud

Photo : Didier Rykner 

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11. Jean-François de Troy (1679-1752)

L’Accord parfait, vers 1712-1714

Huile sur toile - 194 x 133 cm

Perpignan, Musée Hyacinthe Rigaud (M. N. R.)

Photo : Didier Rykner 

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Quand par miracle un mur présente un accrochage un peu serré, celui-ci est indigent comme le montre l’ill. 12 (on appréciera particulièrement les deux portraits en pendants placés l’un au-dessus de l’autre). Quant à la dernière salle de peintures anciennes, elle est proprement incompréhensible : appelée « Le portrait après Rigaud », on n’y voit que deux portraits aux côtés d’œuvres qui n’ont rien à voir dont uneRonde des Nymphes de Fantin-Latour et un paysage de Corot, dépôt du Musée d’Orsay en 1997.

 

12. Accrochage de quelques tableaux nordiques

Perpignan, Musée Hyacinthe Rigaud

Photo : Didier Rykner 

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13. Jardin de l’hôtel de Lazerme

Photo : Didier Rykner 

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14. Les quatre immeubles derrière le jardin

risquent d’être détruites

Photo : Didier Rykner 

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Si les tableaux du musée sont peu visibles, il expose en revanche beaucoup d’œuvres qui ne lui appartiennent pas, notamment pour la peinture et la sculpture du XXe siècle. Le nombre de dépôts est extrêmement élevé, en provenance de musées, mais aussi de fondations (plusieurs Maillol de la fondation Dina Vierny) ou même de galeries. Des dépôts et des prêts, c’set une excellente chose, mais cela doit venir compléter un accrochage, pas le remplacer, ce qui est largement le cas ici.

Comme si cela ne suffisait pas, le jardin du musée a été aménagé. Là encore, c’est raté (ill. 13). Remarquons derrière le mur dépassent les quatre maisons (ill. 14) que la mairie souhaiterait démolir (voir notre article). Espérons qu’elle ne parviendra pas à ses fins. Pour l’hôtel de Mailly hélas, c’est trop tard.

 

Collectif, Musée d’art Hyacinthe Rigaud. Du XIVe au XXIe siècle, Snoeck, 216 p., 25 €. ISBN : 9789461613608.

 

Didier Rykner, mercredi 28 juin 2017

Notes

1. Au lieu de « Musée des Beaux-Arts Hyacinthe Rigaud » ; mais d’où vient ce mépris pour le terme « Beaux-Arts » (voir l’article sur le musée de Nantes) ? Nous resterons sur « Musée Hyacinthe Rigaud ».

2. Au lieu de « Musée des Beaux-Arts Hyacinthe Rigaud » ; mais d’où vient ce mépris pour le terme « Beaux-Arts » (voir l’article sur le musée de Nantes) ? Nous resterons sur « Musée Hyacinthe Rigaud ».

3. Nous avons pu visiter ce centre au moment de la restauration, mais pris par le temps nous n’avons pas écrit d’article. Nous essaierons de revenir sur le CICRP une fois prochaine, car leur travail est remarquable.

- - -

 

Didier Rykner est un journaliste et historien de l'art français, né à Paris en 1961 ; il est le fondateur du magazine en ligne La Tribune de l'art.

 

En 2007, il est à l'origine de la pétition « Les musées ne sont pas à vendre »2, qui a recueilli plus de 3000 signatures. À la création de son site La tribune de l'art, il écrit  : « Chacun sait que la France est un des pays les plus riches en œuvres d'art, mais aussi l'un de ceux où le vandalisme sévit le plus. Aujourd'hui encore, des églises sont détruites, des tableaux dénaturés par des restaurations abusives, des sculptures sont envoyées à l'encan. Parfois même, ce sont des institutions censées conserver le patrimoine qui détruisent celui-ci. Nous n'hésiterons pas à dénoncer ces atteintes inadmissibles ».

En 2015, il dénonce l'inculture de la majorité de la classe politique, conduisant selon lui à un désintérêt pour le patrimoine et les musées.

  • « Didier Rykner monte à la tribune (entretien) », Louvr'Boîte : le journal des élèves de l'école du Louvre, no 8,‎ décembre 2011, p. 20-25 (ISSN 1969-9611, lire en ligne [archive]) ;
  •  

Lien externe


La Tribune de l'art est un magazine de presse en ligne français, ayant pour objet l'actualité de l’histoire de l’art et du patrimoine occidental du Moyen Âge aux années 1930.

La Tribune de l'art est fondée le 7 avril 2003 par le journaliste[réf. nécessaire] Didier Rykner, historien de l'art et ancieningénieur agronome1. Selon la déclaration d'intention de son fondateur2, ce magazine vise à :

  • dénoncer les atteintes « inadmissibles » au patrimoine
  • contribuer aux débats sur la protection du patrimoine, la restauration ou l’attribution d'œuvres d'art
  • présenter des dossiers d'investigation
  • publier des articles scientifiques inédits ou « parus dans des publications peu accessibles »
  • rendre compte des expositions concernant son domaine d'étude sur reconnaissance directe et non « à partir des dossiers de presse »
  • faire part des nouvelles acquisitions des musées.

Développement[modifier | modifier le code]

Le magazine propose des éditoriaux, des actualités sur les expositions, les publications, les musées, le patrimoine, le marché de l'art, l'ensemble étant accompagné de brèves et de débats. Le courrier des lecteurs dénote l'intérêt des professionnels, qu'ils soient à l'inspection des monuments historiques (tel Olivier Poisson3,4) ou à de hauts postes de conservation (comme Pierre Arizzoli-Clémentel, ancien directeur du château et domaine de Versailles5,6).

Le caractère incisif des éditoriaux du directeur de publication, par ailleurs rédacteur en chef du magazine, est très régulièrement souligné1,7,8.

La Tribune de l'art est à l'origine de la pétition « Les musées ne sont pas à vendre » (7 janvier 20079) contre le prêt payant d'œuvres d'art nationales à des musées étrangers (loan fees) et l'implantation d'une antenne du Louvre à Abou Dabi1,10. Il lui arrive d'être le premier à souligner, voire à publier, des informations sensibles comme la mise en vente (retirée in extremis) chez Sotheby's d'un Degas volé11 ou, plus notablement, le projet controversé de location par l'État de l'hôtel de la Marine, édifice classé situé place de la Concorde à Paris12.

En 2008, le rédacteur en chef du magazine a reçu le prix de La Demeure historique dans la catégorie « prix du journaliste, presse écrite - internet »13.

Une version anglaise du site nommée The Art Tribune, qui reprend les principaux articles de la version française, a également vu le jour14.

 

Articles connexes

Notes et références

  1. a, b et c Harry Bellet, Didier Rykner Le gardien du temple, Le Monde, 19 janvier 2007 lire en ligne (sur abonnement) [archive] (page consultée le 28 mars 2011)
  2. Didier Rykner, Qu’est-ce que La Tribune de l’Art ?, éditorial du 7 avril 2003 lire en ligne [archive] (page consultée le 28 mars 2011]
  3. Courrier, Courrier d’Olivier Poisson, en réaction à la brève du 8/10/05 à propos des architectes des monuments historiques, La Tribune de l'art, 16 octobre 2005 lire en ligne [archive] (page consultée le 31 mars 2011)
  4. Courrier, Réponse d’Olivier Poisson aux derniers arguments d’Anne Vuillemard et de Didier Rykner, La Tribune de l'art, 26 octobre 2005 lire en ligne [archive] (page consultée le 31 mars 2011)
  5. Courrier, Courrier de Monsieur Pierre Arizzoli-Clémentel, suite à notre article sur Versailles, La Tribune de l'art, 12 avril 2007 lire en ligne [archive] (page consultée le 31 mars 2011)
  6. Monsieur Arizzoli-Clémentel a été nommé depuis président de la commission du musée du Luxembourg (juillet 2010).
  7. Actualités, Didier Rykner : Le tribun de l’art, Le Nouvel Observateur, n° 2413, 3 février 2011
  8. François Dufay, Les folies de Versailles, Le Point, 5 avril 2007 lire en ligne [archive] (page consultée le 28 mars 2011)
  9. Didier Rykner, Non, éditorial du 7 janvier 2007 lire en ligne [archive] (page consultée le 28 mars 2001)
  10. Annick Colonna-Césari, Faut-il exporter le Louvre ?, L'Express, 7 février 2007 lire en ligne [archive] (page consultée le 28 mars 2011)
  11. Harry Bellet, Le mystère de la blanchisseuse, Le Monde, 18 novembre 2010 lire en ligne (sur abonnément) [archive] (page consultée le 28 mars 2011)
  12. Didier Rykner, L’État va-t-il se débarrasser de l’Hôtel de la Marine ?, éditorial du 23 février 2009 lire en ligne [archive] (page consultée le 28 mars 2011)
  13. Communiqué, Didier Rykner, La Demeure historique, Palmarès des prix 2008 lire en ligne [archive] (page consultée le 28 mars 2011)
  14. Site internet « The Art Tribune ». [archive]
  15. Site latribunedelart.com, mentions légales lire en ligne [archive] (page consultée le 28 mars 2011)

 

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3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 08:02
Carnets de Susplugas - Marie Susplugas et Jacques Marmayou - Affiche de la maison de la Catalanité - Meeting of styles
Carnets de Susplugas - Marie Susplugas et Jacques Marmayou - Affiche de la maison de la Catalanité - Meeting of styles
Carnets de Susplugas - Marie Susplugas et Jacques Marmayou - Affiche de la maison de la Catalanité - Meeting of styles
Carnets de Susplugas - Marie Susplugas et Jacques Marmayou - Affiche de la maison de la Catalanité - Meeting of styles
Carnets de Susplugas - Marie Susplugas et Jacques Marmayou - Affiche de la maison de la Catalanité - Meeting of styles
Carnets de Susplugas - Marie Susplugas et Jacques Marmayou - Affiche de la maison de la Catalanité - Meeting of styles
Carnets de Susplugas - Marie Susplugas et Jacques Marmayou - Affiche de la maison de la Catalanité - Meeting of styles
Carnets de Susplugas - Marie Susplugas et Jacques Marmayou - Affiche de la maison de la Catalanité - Meeting of styles
Carnets de Susplugas - Marie Susplugas et Jacques Marmayou - Affiche de la maison de la Catalanité - Meeting of styles

Carnets de Susplugas - Marie Susplugas et Jacques Marmayou - Affiche de la maison de la Catalanité - Meeting of styles

Peintures diverses, mais de l'art 

 

Des expositions très différentes à Perpignan : des expositions classiques, montrant la mémoire culturelle du département, expos sages destinées à un public d'un certain âge, qui se retrouvent dans les tableaux de Picasso l'universel ou de Suspuglas le local.

Concurrence positive entre deux institutions, la mairie et le CD66, avec de grands moments (Dali à Céret) et des événements plus intimes (à la Catalanité)...Mais surtout, Messieurs, et quelques Dames, ne vous mélangez pas : le délégué départemental à la culture ne vient pas à une expo de la mairie de Perpignan et, d'ailleurs, il ne se déplace même pas pour les expos qu'il organise...) et l'adjoint à la culture de la municipalité perpignanaise n'ira pas dans un lieu départemental (Rois de Majorque, Château de Collioure...C'est, comme on dit, nul, et montre l'intolérance et la bêtise des élus !

 

Chapeau donc pour "Meeting of styles", cet art urbain, cet art de la fresque murale et du graffiti, cet art, tout court, oui c'est grandiose, c'est à une autre échelle. L'association qui chapeaute l'événement (avec John Basso) démonte les panneaux et on conserve les créations, pour un jour, une rétrospective, dans toute la ville, et pas simplement, là-haut, à l'arsenal, où le public est très réduit…

JPBonnel

 

*Maison de la Catalanité, à Perpignan, vernissage d’une très riche exposition-rétrospective du peintre ANDRÉ SUSPLUGAS, à aller admirer si vous habitez la région ou si vous passez par là...

 

« Un certain mystère en plein soleil – le mystère fondamental, celui des êtres, des choses simples – une tendresse jusqu’au cœur – juste au cœur – de la plus violente lumière, telles sont les clefs de l’œuvre picturale d’André Susplugas.

Il n’est guère de regard plus franc, plus vif que le sien, ni de geste de la main créatrice plus dru, plus chaleureux que celui à nos yeux restitué par la force du trait, la vigueur des formes, la calme hardiesse de la mise en page. Qu’il s’agisse de natures mortes, de scènes de la rue catalane ou de l’évocation heureuse de l’intimité familiale, on a affaire au même réalisme à la fois ardent et paisible. C’est lui qui détermine ici la couleur, noble, généreuse comme elle l’est dans les vignobles du Roussillon, sur les sommets de l’Aspre ou le long des rivages de Catalogne.

Et pourtant, ce terme de ‘’réalisme’’, je le sens quant à moi insuffisant pour qualifier cet art magistral, car si le réel est certes présent dans ces peintures, il n’exclut cependant point une dimension lyrique qui donne leur pouvoir d’enchantement à ces toiles consacrées aux instants du quotidien : femmes au marché, troupeaux de chèvres, chiens et chasseurs, cercle de famille à la veillée, portraits de jeunes femmes … »

Georges-Emmanuel Clancier 

« Les heures les plus simples » 

Paris, le 21 décembre 1979

 

Coureux Pierre Merci à Marie d'avoir tant oeuvré pour cette exposition de tableaux, dessins et pastels réalisé par son père André Susplugas, L'exposition, qui va se prolonger à la Maison de la Catalanité pendant une grande partie de l'été, rend justice à ce médecin aux doigts de peintre qui a été l'ami de nombreux artistes catalans. On peut trouver ses oeuvres trop équilibrées ou trop solides. Elle savent toutes nous émouvoir.

 L'idée géniale de Marie Susplugas, la commissaire de l'exposition intitulée André SUSPLUGAS (1912-1978) aura été de montrer au public la richesse chromatique des toiles qui sont par ailleurs chargée de cette indescriptible poésie de la nature. Décidément, les journalistes et tous ceux qui ont pour mission de communiquer sur les rendez-vous de cet été culturel, seraient inspirés de relayer les informations sur cette initiative. Nous comptons sur eux pour parler dans leurs colonnes de celui qui n'a eu de cesse de rechercher l'authenticité dans le traitement des scènes de la vie familiale et des paysages de la campagne catalane. Oui, assurément, la production de médecin du Trouillas mérite d'être connue d'un plus large public.

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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 10:23
Dali à Céret - (photos J.P.Bonnel) - Train de Portbou
Dali à Céret - (photos J.P.Bonnel) - Train de Portbou
Dali à Céret - (photos J.P.Bonnel) - Train de Portbou
Dali à Céret - (photos J.P.Bonnel) - Train de Portbou
Dali à Céret - (photos J.P.Bonnel) - Train de Portbou
Dali à Céret - (photos J.P.Bonnel) - Train de Portbou

Dali à Céret - (photos J.P.Bonnel) - Train de Portbou

*** On commence l'affichage pour le rassemblement du 8 juillet en gare de Portbou ! 

 

 

objet

GRAN ACTE-CONCENTRACIÓ A PORTBOU EL PROPER 8 DE JULIOL ORGANITZAT PER L'ASSOCIACIÓ D'USUARIS DEL TREN PERPINYÀ -CERVERA PORTOU I DEFENSEM EL TREN DE L'EMPORDÀ

***GRAN  ACTE-CONCENTRACIÓ  A PORTBOU  EL PROPER  8  DE  JULIOL    ORGANITZAT  PER L'ASSOCIACIÓ   D'USUARIS DEL TREN  PERPINYÀ  -CERVERA   PORTOU  I  DEFENSEM  EL  TREN DE L'EMPORDÀ

 

L'« Association des usagers de la ligne ferroviaire Perpignan-Cerbère/Portbou » i la seva homòloga catalana Defensem El Tren de l'Empordà tenen el plaer de convidar-los a un esdeveniment que es realitzarà el dissabte 8 de juliol de 2017 a les 10:30 de l'estació de Portbou.

Aquest esdeveniment és organitzat per dos motius:
- per celebrar el retorn del tren nocturn de París-Portbou
- posar l'accent en la necessitat de millorar els enllaços ferroviaris entre Cervera i Portbou amb l'objectiu de tenir una línia convencional transfronterera quotidiana entre Perpinyà, Cervera / Portbou, Figueres, Girona i Barcelona.

/////

L’association des usagers de la ligne ferroviaire Perpignan-Cerbère/Portbou et son homologue catalane « Defensem el tren de l’Empordà » ont le plaisir de vous inviter à un évènement qui se tiendra le samedi 8 juillet 2017 à 10h30 en gare de Portbou.

Cet évènement est organisé:
- pour célébrer le retour du train de nuit Paris-Portbou
- pour souligner la nécessité de développer les liaisons ferroviaires entre Cerbère et Portbou afin de disposer d’une ligne conventionnelle transfrontalière du quotidien entre Perpignan, Cerbère/Portbou, Figueres, Girona et Barcelone.

 

Josep M. Loste

Association   Defensem   el Tren  de  l'Empordà (coordonné  avec  des Associations  IAEDEN/Salvem  l'Empordà de Figueres  et  PTP( Assotiation  de la Promotion du Transport  en Commun )  de Barcelona  pour  toute  la  Catalunya.

Tel  00 34 72 390 331

portable  00.34. 625.14,84.65 

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Portbou  (Alt  Empordà- Catalogne)

*** MICHEL LLOUBES :  

 

Histoire tragique de tram - GOYTISOLO : UN TRAMWAY NOMME GAUDI…

 

Il y a aujourd'hui 91 ans, le 7 juin 1926, que Gaudi était renversé, à Barcelone, par un tramway à la ligne 30, à l'intersection des rues Bailen et Granvia : "L'attitude méprisable des trois chauffeurs de taxi qui, voyant ses vêtements misérables, refusèrent de le prendre dans leur voiture; l'intervention du garde civil Ramon Pérez pour l'amener au poste de secours d'où il fut transporté à l'hôpital Santa Cruz; sa célèbre et symbolique agonie parmi les pauvres, conformément à son pieux désir..." 

 

Texte de Juan Goytisolo, dans "A la recherche de Gaudi en Cappadocce", qui vouait à Gaudi une extraordinaire admiration, qui lui valut d’écrire un des plus beaux textes écrits en hommage à l’architecte de la Sagrada Familia. L'idée lui vint au cours d’un voyage en Turquie, émerveillé par la similitude entre les paysages de Görème, en Cappadoce, et ceux créés par l'architecture de Gaudi, à Barcelone, Extraits: 

 

« Dans un silence de vide de cloche pneumatique, la Cappadoce de pierre volcanique sculptée et forgée par l’érosion éolienne, apparaissait, à ces deux survivants de l’explosion atomique que nous étions, évanescente et belle comme un mirage…Après le plateau abrupt et austère, le décor hallucinant créé par la conjonction des éléments me ramena brutalement à Gaudi : colonnes coiffées de bonnets ou de cagoules pointues alignées comme d’emblématiques crayons alphabétiseurs ; forêts de cônes, aiguilles, flèches, obélisques, méduses fossiles ; variations chromatiques imprévues ; ruptures du fonctionnalisme normatif ; incandescence mystique ; délire architectonique rationnel, pur. 

 

Dans la vallée de Görème, et, plus loin, en direction de Zelve, notre regard embrasserait, encore des églises sans fidèles creusées dans des escarpements accidentés, vestiges de la vie érémitique d’anachorètes ayant fui la fureur des iconoclastes, énormes ruches rupestres pourvues de fenêtres, de couloirs, d’escaliers, de lanternes, dans lesquelles le Christ, la Vierge et les apôtres alternent avec saint Georges et le dragon, sainte Catherine et sainte Barbara. Des inscriptions helléniques tracées par les moines rappelaient aussi celles qui ornent les monuments de Gaudi. »

 

Et Goytisolo imagine la rencontre avec un ermite lui racontant la venue de Gaudi en ces lieux où d'ailleurs, l'architecte ne mit jamais les pieds.

 

« Gaudi s’est toujours senti attiré par la vie ascétique des ermites. Dans sa cellule du parc Güell, il dormait déjà sur une paillasse, et un jour, il a failli mourir après avoir respecté un jeune rigoureux pendant le carême… Son rejet absolu du système et des critères de l’époque le conduisit à affirmer ses propres valeurs face à celles qui étaient universellement respectées. Son apprentissage de la solitude fut dur, mais fécond. A mesure qu’il entrait en possession de sa vérité, il rejeta celle de ses compatriotes et s’en éloigna. Le bon seny et l’avara povertà des bourgeois n’étaient pas compatibles avec l’incandescence de sa fulgurance mystique. L’homme doit s’élever constamment, jour après jour, expliquait-il, parce que l’inspiration de suffit pas… Le panorama que vous contemplez en Cappadoce est l’apothéose de son génie.»

 

***Lire Claude SIMON : Le Tramway

 

**Michel Perpinya : Le tramway (de Perpignan)

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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 08:56
Elne l'antique - Vernissage SUSPLUGAS à Perpignan (maison de la catalanité) - Collioure : les baigneuses de MA2F -
Elne l'antique - Vernissage SUSPLUGAS à Perpignan (maison de la catalanité) - Collioure : les baigneuses de MA2F -
Elne l'antique - Vernissage SUSPLUGAS à Perpignan (maison de la catalanité) - Collioure : les baigneuses de MA2F -
Elne l'antique - Vernissage SUSPLUGAS à Perpignan (maison de la catalanité) - Collioure : les baigneuses de MA2F -

Elne l'antique - Vernissage SUSPLUGAS à Perpignan (maison de la catalanité) - Collioure : les baigneuses de MA2F -

*** « D’UNE MER À L’AUTRE » Festival du Livre de Collioure, les 1, 2 & 3 septembre 2017 

 

 

L’édition 2017, dédiée à « L’Europe des écrivains", accueillera trois auteurs de différents pays européens, Gazmend Kapllani (Albanie), Gila Lustiger (Allemagne) et Aro Sáinz de la Maza (Espagne). L’écrivain et biologiste maritime Steven Weinberg nous viendra des Pays-Bas. La Bande dessinée sera représentée par Laureline Mattiussi (France)

Une vingtaine d’éditeurs et une quarantaine d’auteurs du Roussillon seront présents sur les stands, ainsi que le festival partenaire Toulouse Polars du Sud et les Médiathèques Intercommunales.

 

Durant les deux jours d’exposition, Place du général Leclerc, quatre ateliers thématiques seront ouverts au public. Les Tables rondes se succéderont, et deux librairies (Librairie Torcatis, et Llibreria Catalana) proposeront un grand choix de livres en présence d’auteurs en dédicace. 

Vendredi, en ouverture du festival la soirée sera consacrée à l’odyssée du Commandant Cousteau, avec une projection du film l’Odyssée commentée par Steven Weinberg

Dimanche matin, une randonnée littéraire nous conduira à la rencontre des lieux fréquentés par quatre auteurs ayant vécu au village (Patrick O’Brian, Jean-Marc Reiser, Antonio Machado, Boris Darnaudet).

 

Pour retrouver le programme détaillé de cette manifestation, rendez-vous sur notre page Facebook

https://www.facebook.com/pg/Festival-du-livre-de-Collioure-Dune-mer-%C3%A0-lautre-256260937901116/about/?ref=page_internal, rubrique « À propos », « Histoire».

 

Contact presse : Sophie Savary, attachée de presse. 

06 86 85 39 66

fdlcollioure@gmail.com

 

 

 

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Institut Ramon Llull/ Newsletter # 75

JUILLET 2017 / PARIS, FRANCE

 

  BUREAU DE PARIS

 

SOTTEVILLE-LÈS-ROUEN,  02/07/2017

 

Rencontre et découverte du cirque catalan au festival Viva Cité de Sotteville-les-Rouen

 

L’Association des Professionnels du Cirque en Catalogne, en collaboration avec Catalan Arts-Gouvernement de la Catalogne et l’Institut Ramon Llull, organisent un showcase professionnel des dernières créations des compagnies de cirque catalanes Amer i Àfrica (portés acrobatiques), Diegolow (diabolo) et En Diciembre (roue cyr) le samedi 1er juillet à 12h, au Bois de la Garenne.

+ info >>

*Roman noir de Frontignan

FRONTIGNAN,  02/07/2017

 

Andreu Martín au Festival International de Roman Noir de Frontignan

 

L'écrivain catalan Andreu Martín assistera à la 20ème édition du Festival International du Roman Noir de Frontignan. Il y sera présent pour dédicacer ses romans vendredi 30 juin.

+ info >>

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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 13:12
Manif Femen - Barcelone festival - Street Art : l'autre Barcelona
Manif Femen - Barcelone festival - Street Art : l'autre Barcelona
Manif Femen - Barcelone festival - Street Art : l'autre Barcelona

Manif Femen - Barcelone festival - Street Art : l'autre Barcelona

***TOUR STREET ART AVEC CHARLOTTE: À LA DÉCOUVERTE DE L’ART URBAIN À BARCELONE

Vous êtes un(e) mordue de l'art de rue et cherchez une visite originale? Suivez Charlotte pour un tour street art passionnant et insolite!

 

Où?

Born ou Raval

Quand?

Tous les jours sauf le dimanche

Combien?

20 euros par adultes et enfants de plus de 12 ans
10 euros par enfant de 7 à 12ans
gratuit pour les moins de 7 ans.

Graffiti, peinture, art, pochoir, création, illusion… Tout ça vous parle et vous inspire? C’est parfait! Embarquement immédiat pour un superbe voyage dans l’univers street art de Barcelone en compagnie de Charlotte, votre guide!

QUI EST CHARLOTTE?

Charlotte est une designer véritablement passionnée d’art! C’est à Paris, lors d’une exposition sur le pressionnisme qu’elle a eu un véritable coup de foudre pour un art bien à part: celui du graffiti!

Depuis plus d’un an et demi, Charlotte sillonne les rues de la capitale catalane pour découvrir les nombreux artistes qui ont émaillé la ville de leurs graffiti.

Alors selon moi, pour résumer, Charlotte est à la fois détective et chercheuse d’or des temps modernes: toujours à l’affût de nouvelles pépites du street art à Barcelone!

 

TOUR STREET ART: UN RENDEZ-VOUS HAUT EN CRÉATIVITÉ À NE PAS MANQUER!

Barcelone et ses artistes époustouflants

Étant complètement novice dans le domaine du street art, j’ai vraiment été impressionnée par la richesse et la diversité de cet art extrêmement présent à Barcelone! Pour certains, le street art est un acte engagé, d’autres le pratiquent dans l’espoir de se faire connaître tandis que certains affectionnent particulièrement le goût du risque.

 

J’ai ainsi pu découvrir des artistes comme: Konair, Bl2A, Bronik, Rice our encore Silvio Alino, qui travaillent avec des méthodes différentes et ont tous un style très personnel.

  • Charlotte vous fera aussi découvrir des boutiques, galeries et ateliers street art. Vous verrez comme la ville regorge d’inventivité! Une occasion, si vous le souhaitez, de rapporter un petit souvenir de votre séjour à Barcelone.

 

5 BONNES RAISONS DE FAIRE UN TOUR STREET ART AVEC CHARLOTTE

  • Les tours sont très bien ficelés! Charlotte sait très bien où se trouvent les différents « spots » appréciés des artistes dans les quartiers.
  • Charlotte est férue d’art urbain. Elle connaît de nombreux artistes, leur histoire, leurs convictions et revendications. Elle vous apportera ainsi de véritables clés de lecture pour comprendre les nombreuses œuvres observées. Accompagnée d’un classeur, elle documente ses commentaires de façon professionnelle!
  • Faire un tour street art est l’occasion idéale pour se promener dans les rues de la ville, et s’imprégner de l’atmosphère qui se dégage du quartier. C’est une approche culturelle très différente de celle des musées, mais qui est selon nous, tout aussi importante lors d’un séjour à Barcelone.
  • Charlotte est extrêmement sympathique et flexible! N’hésitez pas à lui faire part de vos envies et besoins. Par exemple, elle peut organiser un tour ludique pour les enfants ou un tour spécial pour les anniversaires ou les enterrements de vie de jeune fille/garçon.
  • Le street art est passionnant, complexe et imprévisible. Étant un art par nature éphémère, chaque tour est unique et laisse place à de nombreuses surprises!

INFORMATIONS PRATIQUES

Tarif de la visite exclusive de Charlotte ( de 1 à 3 personnes):

  • 60 euros

Tarif des visites en groupes à partir de 4 personnes:

  • 20 euros pour adultes et enfants de plus de 12 ans
  • 10 euros par enfant de 7 à 12 ans
  • gratuit pour les moins de 7 ans.

Durée et itinéraire 

  • 3 heures environ (possibilité de réduire la durée sur demande)
  • Il existe deux itinéraires: celui du Born (que nous avons testé) et celui du Raval.

(C) Olivia, 19 mai 2017

 

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 L'autre Barcelone

 

 

 

L’autre Barcelone : la périphérie invisible de la ville de Gaudí

 

Barcelone, berceau de l’inachevée Sagrada Familia, du Parc Güell et de Lionel Messi, fascine toujours plus de touristes en provenance de toute l’Europe. Iront-ils un jour sur les flancs de la Collserola ? Même les Barcelonais ne vont pas à Ciutat Meridiana, réputée pour être un ghetto pauvre et mal famé. Les mesures municipales suffiront-elles à le sortir de l’oubli ?

 

Ciutat Meridiana est le premier quartier que les visiteurs de Barcelone peuvent saluer en arrivant par l’autoroute. Littéralement encaissé entre les flancs de la cordillère de Collserola, il fait partie du district de Nou Barris. Il incarne la vision architectonique de l’ère franquiste : la quantité sans la qualité. On y trouve beaucoup d’appartements empilés les uns au-dessus des autres, sans ordre ni logique. Ainsi a vu le jour la ville satellite, comme les architectes du régime de Franco avaient coutume de l’appeler.

 

L’exclusion à deux pas de la mer

Ce qui allait au début être le nouveau cimetière de la ville s’est converti en un faubourg qui a accueilli l’immigration en provenance du sud dans les années 1960. Manolo Martínez y vit depuis qu’il est arrivé de Córdoba : « Nous sommes arrivés à la fin des années 1970. Presque tous les voisins sont arrivés en même temps, et nous nous sommes installés où nous pouvions ». Pendant les premières années de son existence, le faubourg s’est peuplé de jeunes qui venaient chercher un futur meilleur. Idem pour les jeunes qui ont formé la deuxième vague d’immigration dans les années 80, en majorité en provenance d’Amérique Latine et du Maghreb. Aujourd’hui, sur les 11 121 habitants du quartier, 40% sont issus de l’immigration. Beaucoup d’entre-eux ont ouvert des petits commerces et ont rempli les rues de magasins de fruits, de salons de coiffure ou de petites épiceries.

 

Ambiance sur la place d’El Born, Ciutat MeridianaDepuis le sommet du Tibidabo (512 mètres), la vue est très différente de celle que l’on a en se promenant dans les rues de Ciutat Meridiana. Sur les flancs de la Collserola (cordillère qui traverse Barcelone), on pénètre dans le plus grand parc métropolitain du monde, mais aussi une des zones les plus exclusives de Barcelone. Les immeubles de 17 étages laissent place aux animaux et à la végétation luxuriante. Depuis Pedralbes, un ghetto d’un autre genre situé au nord-ouest de la ville, cela doit demander beaucoup d’efforts de ne pas stigmatiser les citoyens de Ciutat Meridiana. Ils ne se sont probablement jamais promenés dans ses rues, aux pentes allant jusqu’à 15%, ni assis sur la Plaza Roja (appelée de la sorte en raison des actions syndicales menées vers la fin du régime franquiste), mais ils ont une image limpide de Ciutat Meridana : drogues et violence. Ou du moins, c’est ce qu’ils en ont entendu. La rumeur court même que c’est une zone de non-droit et que la police n’ose pas entrer dans le quartier.

 

Problème de c@nnexion

Les services de liaison avec le reste de la ville ont été coupés en raison de la nature peu recommandée de l’endroit. A moins que Ciutat Meridiana ne soit devenue peu recommandable à cause de l’absence de service de liaison. Juan Castillo, qui vit ici depuis 40 ans, prenait le bus chaque matin: « Si je ratais le bus de cinq heures du matin, je devais marcher jusqu’à Sant Andreu. C’était le seul bus du faubourg ». Bonne nouvelle pour ses habitants, deux stations de la L11 du métro de Barcelone ont été construites en 2003. L’Académie royale espagnole définit le mot ghetto comme « faubourg ou banlieue dans laquelle vivent des personnes marginalisées par le reste de la société ». Ses habitants approuvent : le faubourg est oublié. Le peu d’investissement public pour maintenir cette zone isolée du reste de la municipalité fait grincer les dents. Victoria Lindao tient un salon de coiffure et se plaint du peu d’intérêt montré par les autorités pour renouveler les structures du quartier : « Ils nous ont oublié. Les ascenseurs en place pour ne pas devoir monter tous les escaliers tombent en panne à tout bout de champ et il faut attendre des semaines avant qu’ils ne soient réparés ».

 

Les zones les plus pauvres des villes sont celles où il y a le plus de tension sociale et où l’on vit le plus fréquemment des situations d’insécurité. Carmen López, vendeuse dans une boulangerie, nous assure qu’il y a des petits vols et des troubles entre les différents groupes du quartier. « Avant, on remarquait plus le trafic de drogue. Je suis certaine que le commerce n’a pas disparu, mais il n’est pas aussi visible que lors des années précédentes ». Carmen note une amélioration de la surveillance, mais elle ajoute aussitôt que la criminalité a augmenté ces dernières années en raison, peut-être, de la crise.

 

Arrêt de métro dans le distric de Nou Barris | Auparavant, le seul moyen d’arriver dans le centre était de prendre un bus à 5h du matin

La périphérie de la périphérie

Ciutat Meridiana est coupée en deux par l’entrée de l’autoroute, sorte de 8 Mile catalane. Au-dessus se trouvent les immeubles du faubourg ; en dessous, on peut apercevoir quelques bâtiments et baraquements. En descendant par un des côtés, on note un changement de paysage radical. Un chemin de terre mène à Vallbona. Des deux côtés de la rue, des coqs et des poules sortent des buissons. Deux édifices de construction récente, deux bars et plusieurs magasins fermés en composent le centre. Mais si on s’aventure un peu plus loin, on découvre une rangée de baraquements situés sous l’autoroute. Cartons, tôle ondulée, et plaques d’aluminium font office de logement dans cette périphérie invisible et pourtant trop réelle : l’autre visage de ma ville.

 

Le vent, la pluie, et les inondations ont à plusieurs reprises détérioré les logements de la centaine de personnes qui vivent ici. Sans chauffage, sans eau chaude et sans électricité, ses habitants surveillent l’entrée de Barcelone, souhaitant la bienvenue à tous ceux qui ne les verront jamais. Dans la vitrine de Gaudí, il n’y a pas assez de place pour ceux qui vivent en marge de la société.

 

Principales mesures du Plan de travail sur l’immigration 2008-2011 de la municipalité de Barcelone en faveur de l’intégration des nouveaux résidents :

Programme d’accompagnement des familles plusieurs mois avant la procédure de regroupement familial. 

Renforcement et adaptation du Service d’Attention à l’Immigration et au Réfugié (SAIER). 

Consolidation du réseau d’accueil à Barcelone, composé de quelques 80 associations d’aide linguistique, juridique et d’insertion professionnelle. 

Poursuivre l’accès à l’apprentissage du catalan, à travers l’action du Consorcio para la Normalización Lingüística 

Photos : Une : (cc) Victoria Gracia/flickr; El Born: lefthandrotation/flickr ; arrêt de métro: orionomada/flickr

 

par Carla Manzanas @ Traduction : Jessica Devergnies-Wastraete @

 

 

L’autre Barcelone : la périphérie invisible de la ville de Gaudí

www.cafebabel.fr

 

 

***EXHIBITION SEXUELLE

 

Les militantes du collectif féministe "FEMEN" viennent d'être relaxées. Elles étaient poursuivies pour "exhibition sexuelle" pour avoir manifesté seins nus. 

C'est une première victoire pour les plus de 38 000 signataires de la pétition de Karine qui demandaient leur relaxe, considérant que les FEMEN font un usage "politique" de leur corps et qu'il ne s'agit donc pas "d'exhibition sexuelle". 

Au delà de ces relaxes, Karine juge indispensable de s'attaquer au fond du problème, à savoir l'article du code pénal qui parle de "délit d'exhibition sexuel".

Selon elle, ce texte qui prévoit une peine d'emprisonnement en cas d'atteinte à la pudeur publique en exhibant une partie du corps à caractère sexuel "reste à l'appréciation subjective de la morale de chaque juge".

 

Relaxe pour toutes les militantes FEMEN

et pour une réécriture du délit « d'exhibition « sexuelle » »

Plusieurs militantes du mouvement FEMEN sont régulièrement poursuivies par la justice de notre pays pour « exhibition « sexuelle » ».

L'une d'entre elles a déjà été condamnée et d'autres sont en attente de leurs jugements.

Mais de quoi parle-t-on ?

L'article 222-32 du code pénal prévoit que celles et ceux qui ont eu la volonté délibérée de provoquer la pudeur publique en exhibant une partie du corps à caractère sexuel ou en totale nudité peuvent se voir sanctionné d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amendes.

Alors peut-on considérer que le torse des femmes est une partie du corps à caractère sexuel et plus précisément les seins féminins ?

Faisons tout d'abord un peu d'anatomie : Il semble important de préciser que les hommes et les femmes ont des seins. Moins développés pour ces messieurs, car ils n'auront jamais pour eux de fonction allaitante mais contrairement aux apparences, les seins féminins et masculins ont de nombreux points communs. Comme les femmes, les seins masculins contiennent des glandes mammaires, des canaux, des lobules... La seule vraie différence est la taille.

Ensuite peut-on affirmer le caractère réellement sexuel des seins féminins ?

Les seins féminins font parties, de ce que l'on appelle les caractères sexuels secondaires qui constituent l'ensemble des éléments biologiques et physiques qui différencient les filles et les garçons à la puberté. Ainsi, on retrouve dans ces caractères, la mue de la voix pour les garçons, l'apparition de la pilosité pubienne et sous les aisselles pour les garçons et les filles et les menstruations et la poussée des seins en ce qui concerne ces dernières.

Ah, est -ce donc à dire que quand un homme ayant mué m'interpelle, je pourrais éventuellement déposé plainte pour « exhibition « sexuelle » » ? Est-ce donc à dire que quand je vois les poils des aisselles d'un homme portant un débardeur, je peux déposer plainte pour « exhibition « sexuelle » » ?

Mais non voyons, car pour être un délit il faut que cette « exhibition » s'inscrive dans une transgression de « la pudeur publique ».

La pudeur, a cela de formidable, qu'à chaque époque, elle a porté son regard, glaive d'une police de la moralité, sur les différentes parties du corps des femmes. Et bien sûr, à chacune de ces époques, ce sont des hommes qui ont décidé de ce qui constituait ou non une atteinte à la pudeur, d'ailleurs Sénéque disait de la pudeur qu'elle était une vertu féminine par excellence.

Elle est liée au corps, à la sexualité, mais surtout au rapport à l'autre et à la construction sociale qui en émane. La pudeur, et par son biais « l'exhibition « sexuelle » » a évolué au travers des temps : par exemple Léa Lenjallée, 17 ans, est ainsi condamnée en 1894 pour «s’être promenée dans une tenue indécente » dans Paris et avoir marché les « jupons [relevés] à l’aide d’une épingle à nourrice, de telle façon qu’on voyait ses mollets et le commencement de ses cuisses »...

L'impératif de dissimulation des corps des femmes répond bien à une « morale » définie sans aucune objectivité scientifique, mais qui s'adapte aux regards des concepts de l'érotisation du corps des femmes. Les chevilles à une époque, les cheveux dans d'autres pays, et ici les seins … sont tour à tour érotisés afin de servir au contrôle de la sexualité des femmes. Car c'est toujours le corps des femmes que l'on contraint.

Les hommes sont libres aujourd'hui d'aller le torse nu, sans risquer d'être interpellé et mis en examen. Dans d'autres pays, ils sont libres d'aller tête nu, sans risquer la lapidation.

Les femmes non, et surtout quand elles le revendiquent. Carn'oublions pas que quand nos corps deviennent objets pour la publicité et/ou pour la pornographie, la police des mœurs n'intervient jamais !

Les militantes de FEMEN ont un usage de leurs corps qui est politique. Et pour ce faire, flanquées de slogans sur leur torse nu, elles revendiquent la visibilité des femmes dans l'espace public. Et c'est bien là que le bât blesse.

Dans une société qui souhaite l'égalité en droits entre les femmes et les hommes, nous ne pouvons pas continuer à appliquer un droit « moralisateur » du corps et de la conduite des femmes.

Il faut changer le texte de ce délit.

Et comme pour l'instant ce texte reste à l'appréciation subjective de la morale de chaque juge, la relaxe pour chaque militante FEMEN ne peut être que la seule et unique décision !

 

NOS CORPS SONT POLITIQUES !

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