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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 11:12

emailing-expo-CARRASCO.JPG   MUME-Visites-guidees-en-jepg.jpg EXIL républicain en Afrique du Nord -  Manuel Carrasco i Formiguera  "Une vie pour la liberté" au MUME.

felicitacio2014  Exils au musée de l'exil (MUME à LA Jonquera) : visites guidées tous publics (scolaires, groupes...)

- - - 

 

Machado, figure de l'exil

 

 

Une vie d'homme exilé car l'Histoire est une suite de guerres, de catastrophes, de désastres. Ainsi, comme l'écrit W.Benjamin, "L'histoire ne va pas vers un avenir radieux, mais répète sans cesse un passé odieux."

 

L'exil est, hélas, au coeur de la condition humaine : apparu sur une Terre, perdu dans un cosmos infini, l'Homme est un être qui méconnaît ses racines et ses perspectives; il subit le présent en faisant semblant de le comprendre et de l'organiser...

 

La religion et la science veulent tenter d'expliquer ce mystère, mais l'Homme est de façon durable, face à un destin d'exilé. Tel le ver dans le fruit, l'exil est en lui, tête et chair fragiles, en transit...

 

On connaît l'exil des grands hommes, et celui des anonymes, victimes de la guerre, et la haine des autres. Socrate est sans doute le premier philosophe à être chassé de la cité...Ensuite Plotin...On connaît le chef-d'oeuvre d'Ovide, Les Tristes, poète éloigné près de la Mer Noire,... Ensuite, la liste est longue d'écrivains chassés de leur pays, de Hugo par Napoléon le Petit aux juifs allemands pourchassés par le nazisme, devenus apatrides, comme Heinrich Mann, Alma Malher, Annah Arendt, Carl Einstein, W.B. suicidé à la frontière franco-catalane...

 

Nous revenons à Machado, passant la frontière au col de Balîtres et à Cerbère, venu mourir à Collioure en février 1939...

 

Son séjour à Collioure ne fut qu'une attente de la mort, auprès de sa mère, épuisée, elle aussi. Sans un mot, loin e la poésie.

 

On rend hommage sans cesse au personnage, symbole de la République et de la Retirada... Son oeuvre, pourtant, ne connaît-elle pas l'exil, du moins en France, traduite de façon non exhaustive..? Lit-on bien Machado, ce poète difficile, du moins plus que Lorca, supprimé chez lui, au pays des gitans, dans la lumière des oliviers, en Andalousie, où la mort et l'exil semblaient si peu probables..?

 

(Jean-Pierre BONNEL)

 

 

 

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" Je marche pour la Culture "

Jaime lart, jaime la Culture.
Je suis artiste interprète, je suis technicienne.
Je suis archéologue, bibliothécaire.
Je suis metteur en scène, réalisatrice.
Je suis auteur, compositrice.
Je suis photographe, plasticienne.
Je suis journaliste.
Je suis animatrice.
Je suis personnel administratif ou daccueil.
Je travaille au ministère de la Culture ou dans son champ.
Je plonge dans les archives, je suis enseignant, je suis étudiant.
Je suis professionnel-le : je travaille pour vous toutes et tous.
Nos métiers nous amènent à exercer nos professions dans les secteurs de la Culture et de linformation au service du plus grand nombre.
Je suis spectateur, je suis spectatrice.
Je suis une citoyenne, un citoyen, un usager, une habitante, un habitant : je nimagine pas un monde sans Culture.

Parce que nous défendons l'accès pour toutes et tous à la Culture, droit Constitutionnel.
Parce que depuis les Lumières la Culture a été le ferment de la liberté, de l'égalité et de la fraternité.
Parce que lÉtat est le garant de la démocratie culturelle.
Parce que la Culture est créatrice de richesses individuelles, collectives mais aussi économiques.
Parce que depuis des années la marchandisation de la Culture, la baisse des budgets mettent à mal ce droit et la liberté de création.
Parce que depuis quelques mois des lois adoptées par le Parlement ont détricoté ces biens communs en visant à déléguer ces compétences de l'Etat, au risque de faire disparaître les directions régionales des affaires culturelles.
Parce quil sagit dune rupture de l'équité entre territoires et de la solidarité.
Parce quil ne sagit plus de la décentralisation, que nous avons toujours promue.

Alors je marche à Toulouse, Bordeaux.
Tu marches à Paris.
Elle marche à Lyon.
Il marche à Metz.
Nous marchons à Rennes, Nantes.
Vous marchez à Montpellier.
Ils marchent à Lille.

Je marche pour que tous les élu-e-s prennent conscience de limportance de lart et de la Culture pour notre société.
Je marche pour les mots oubliés de François Hollande en 2012 : « La Culture nest pas un luxe dont on peut se débarrasser en période de disette La Culture cest lavenir »
Je marche afin quune ambition sexprime pour la Culture.
Je marche pour lutter contre les inégalités culturelles et pour la liberté dexpression.
Je marche parce que jaime mon métier.
Je marche pour la démocratie et la diversité culturelles, je marche pour la cohésion sociale.
Je marche parce que jaime la Culture à proximité de chez moi, je marche pour la culture sur mon lieu de travail.
Je marche parce que la Culture enrichit et nourrit mon quotidien.
Je marche parce que je revendique un régime juste et mutualiste pour les salariés intermittents du spectacle à loccasion de la négociation assurance chômage.
Nous marchons parce que la Culture est un droit, notre droit à toutes et tous.
Nous marchons toutes et tous parce que nous aimons la Culture, tout simplement.

Le 10 Février 2014, nous commençons à marcher !
A Paris : 14H depuis le Cirque d'Hiver jusqu'à Odéon - à Perpignan, 13 h, au Castillet.

http://www.je-marche-pour-la-culture.org/

 

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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 10:33
fessier-maillol.JPG Maillol aux Tuileries (photo JPBonnel)

  •  « Le sage n’hésite pas à faire quelques entorses à la morale si beaucoup de bien doit en résulter ». Yantie LUN, dans P. de Woot, Médiations sur le pouvoir.
  • I. Préambule
  • 1  A. DE TOCQUEVILLE, De la démocratie en Amérique, Seuil, 1970.
  • 1
  • La révélation d’« affaires » devient de plus en plus banale. En effet, il ne se passe une semaine sans qu’une nouvelle affaire éclate au grand jour. Chaque lecteur peut sans difficultés illustrer ce phénomène par de nombreux exemples. La Belgique, et la Wallonie en particulier, n’est malheureusement pas épargnée. Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument, nous disait de Tocqueville1.
  • 2
  • Des histoires de pots-de-vin, des achats publics à des conditions trop élevées, des concours bidons sont devenus des lieux communs et le débat sur la relation infernale entre l’éthique et la politique s’arrête en général à épingler l’une ou l’autre affaire. Citons quelques affaires récentes : les logements sociaux en Wallonie, les entreprises de gestion d’immondices à Charleroi et Liège, le centre de délassement de Marcinelle, l’entreprise de fléchage à Malines, les consultants en Flandre où selon la Cour des Comptes seul un contrat sur 67 respecte les procédures légales, ou encore les scandales d’urbanisation à Bruges. Ces scandales qui défrayent la chronique ne constituent sans doute que la partie émergée de l’iceberg.
  • 3
  • Dans chacun de ces exemples les hommes - rarement les femmes - politiques ont confondu l’intérêt public avec l’intérêt privé en faveur de ce dernier. Ces actes sont donc contraires à une éthique politique où l’homme politique a choisi, et a été mandaté, pour s’occuper de l’intérêt général d’une commune, d’une région, voire d’un pays.
  • 4
  • L’organisation des pseudo-concours fait partie des coutumes du monde politique. En Wallonie, 12 des 14 managers de la fonction publique nommés en 2008 émanent d’un des partis au pouvoir. En Flandre, des concours ont été organisés dont on savait d’avance qui serait le lauréat.
  • 2  N. MACHIAVELLI, Le Prince, Chapitre XV.
  • 5
  • L’abus de pouvoir crée une société dans laquelle les hommes ne savent plus exercer leur liberté2. Le comportement non-éthique des politiciens touche la démocratie dans ses fondements. Les actes qui témoignent d’un tel comportement ne peuvent donc pas être banalisés et ramenés à une série d’actes isolés, mais doivent être considérés comme des symptômes d’un malaise plus profond. Il faut dès lors lutter contre ces dérives de manière structurelle, en se fondant sur la morale. Car la liberté de chacun est une valeur en soi, mais elle ne peut s’exercer qu’à la condition qu’elle n’empiète pas sur la liberté d’autrui, comme le préconisait Kant. Or, le comportement non éthique est entrelacé avec la manipulation et le chantage.
  • 6
  • Le fonctionnaire, nommé non pas sur la base de ses compétences mais sur la base de son appartenance politique, se met dans une position de gratitude et doit être prêt à rendre tout service qui lui sera demandé. Cette entente va de pair avec un chantage potentiel. Le fournisseur qui gagne ses marchés grâce à des pots-de-vin peut également être, à son tour, devenir victime de chantage.
  • II. Qu’est-ce qu’un homme politique ?
  • 3  Pour une analyse de l’approche modèle-obstacle, voir A. GIRARD, Les choses cachées depuis la fonda (...)
  • 7
  • Le mot homme est un chiasme, c’est-à-dire un mot à double-fond, qui a plusieurs sens contradictoires. D’une part, l’homme est vaniteux, paresseux, jaloux et égoïste. D’autre part, il est aussi travailleur, attiré par le luxe et les biens matériels. Dans ses relations avec ses congénères, on constate aussi cette tendance chiasmatique, qui fait de l’autre un modèle que l’on admire mais aussi un obstacle que l’on veut surpasser3. Cette tendance fait de chaque homme un politicien, du moins en puissance, qui, mû par sa vanité et son goût de l’action, contribue au bien-être général de la société. Mais l’homme politique, pris ici au sens le plus large du terme, n’en a jamais assez. Il veut dépasser son modèle. L’histoire du meurtre de Brutus sur Caesar, son père adoptif, fait partie de grands classiques dans le monde politique. La soif de pouvoir va souvent de pair avec une envie d’être reconnu et l’appât du gain. Ces aspirations irrépressibles créent une dynamique qui repousse toujours plus loin les limites du convenable, les méthodes employées pouvant facilement outrepasser les bornes de la moralité.
  • 4  A. SMITH, Theory of Moral sentiments, Clarendon Press, Oxford, 1976 (or. 1759)
  • 5  B. MANDEVILLE, Recherche sur la nature de société, (1723), Babel, 1998, p. 26.
  • 8
  • La relation entre politique et immoralité est donc très ambiguë. L’homme politique doit déployer toute sa ruse dans l’arène de la démocratie et doit donc sans cesse danser sur une corde raide. L’essence de la politique réside dans l’homme. L’être humain, animé par des forces chiasmatiques, est donc à l’origine de l’organisation sociétale. On comprend donc pourquoi Adam Smith, généralement considéré comme le père des Sciences économiques, a fondé son analyse sur l’étude des sentiments humains. Héritier de la tradition écossaise, et s’inscrivant dans le sillage de Hume, Smith donnait en effet la primauté aux sentiments plutôt qu’à la raison. Son premier livre, méconnu, traite de la théorie des sentiments moraux4. Par ailleurs, Smith fut fortement influencé par le Néerlandais Bernard Mandeville, Docteur en Philosophie, qui avait publié trente ans auparavant son ouvrage au titre parlant de Private vices, public benefits, ce qui signifie ni plus ni moins que les vices privés servent l’intérêt général. Le postulat central chez Mandeville est que l’homme voue un amour naturel à l’aise et la paresse.5 Tous les efforts que nous faisons, nous ne les ferions que dans la mesure où ils contribuent à servir nos intérêts personnels. C’est cet égoïsme qui conduit à la réalisation de l’intérêt général.
  • 9
  • Smith suivra Mandeville dans cette voie. L’homme est avant tout préoccupé par son intérêt personnel. Le concept de sympathie est apparenté à cet intérêt personnel. Pour Smith, la sympathie est la capacité à éprouver les sentiments d’autrui. Ce concept n’est donc pas à prendre au sens actuel que nous prêtons au mot sympathie mais renvoie plutôt à la notion d’empathie. Cette sympathie rend moins insupportable à l’homme le fait que son égoïsme est son moteur le plus puissant. En outre, la sympathie confère un contenu concret à la notion plutôt vide d’égoïsme. L’homme, affirme Smith, aspire au pouvoir et à la richesse, non pas au nom du plaisir qu’elle peut lui procurer mais par vanité. Autrement dit, pour les applaudissements qu’elle lui vaut auprès d’autrui. Le riche, affirme Smith, exulte dans sa richesse parce qu’il sent qu’elle attire naturellement sur lui les regards du monde. Notre comportement est donc déterminé par l’égoïsme, mais ce dernier acquiert une teneur concrète par le biais de la sympathie, elle-même basée sur la vanité.
  • 6  A. SMITH, An inquiry into the wealth of Nations, Clarendon press, 1976, (or. 1776), p. 26.
  • 10
  • La manière la plus efficace de parvenir à cette richesse est décrite plus tard dans l’ouvrage de Smith le plus souvent cité, à savoir L’étude sur la richesse des nations6. Ce n’est plus ici le concept de sympathie mais celui de concurrence qui occupe la place centrale. Ce n’est pas, nous explique Smith, à la bonne volonté du brasseur, du boulanger ou du boucher que nous devons notre repas, mais à leur intérêt personnel. La fameuse main invisible veille à ce que tout se déroule sur le mode le plus efficient. Le boulanger s’est établi là où il n’y avait pas encore de boutique alors qu’il y avait un grand nombre de bouches à nourrir.
  • 11
  • Au centre des deux ouvrages, on retrouve l’idée que l’intérêt personnel est le mobile par excellence de notre comportement économique, qui conduit au bien-être de chacun. Au cours de la période qui a suivi les travaux de Smith, on s’est surtout référé à son œuvre la plus récente. Le refoulement de la théorie des sentiments moraux n’est pas innocent et s’avère décisif pour le paradigme de l’économie et de la politique. L’animale rationale, comme l’appelle Hannah Arendt, dont le comportement n’était plus dicté par les sentiments mais par la seule raison, était né, n’aurait-il que le rang de bâtard du père spirituel.
  • 12
  • A la base du comportement, il reste que les penchants négatifs de l’être humain ne sont pas condamnés ou réprimés, mais infléchis pour servir le noble intérêt général. L’idée maîtresse consiste donc à utiliser les forces négatives inhérentes à l’être humain pour produire des résultats positifs sur le bien-être de tous.
  • 7  Voir R. AERNOUDT, Péripéties d’un cabinettard, Roularta, 2008.
  • 13
  • Si l’on applique ce raisonnement à la politique, l’homme politique travaille dans l’intérêt général, pourvu que cela coïncide avec son intérêt personnel. La création de bien-être pour tous n’est son objectif que s’il en sort mieux lui-même. Dans une particratie, les choses deviennent encore plus compliquées car, souvent, servir le parti rapporte plus à l’individu que servir l’intérêt général. Le triangle intérêt personnel, intérêt du parti et intérêt général fournit l’arène de la démocratie7. Nous sommes ici à des lieues de l’idée kantienne qui veut que l’intention détermine la moralité de l’acte.
  • III. Qu’est-ce que l’éthique ?
  • 8  P. RICOEUR, « D’un soupçon à l’autre », dans L’argent, Collection autrement, 1992, p. 63. (...)
  • 14
  • L’animal rationale sans racines et sans liens, empli de lui-même dans une solitude désolée, ainsi que le décrit Paul Ricœur8, prend ses décisions sur la base de facteurs rationnels. La raison serait donc le moteur de notre comportement.
  • 15
  • L’animal rationale n’est ni bon ni mauvais par nature. Son seul mobile est de déterminer son comportement en fonction de la perspective de satisfaire au mieux ses besoins. Ses décisions sont prises de façon à constamment préserver un équilibre entre son effort et l’utilité dégagée. Il se situe, pour reprendre les termes de Nietzsche, « par-delà le bien et le mal ». L’animal rationale est donc une non-chose, un non-être, un extra-terrestre. Il n’a rien à voir avec l’être humain.
  • 16
  • Pourtant, l’homme, intégré dans le système politique, ne cesse pas d’être un homme, caractérisé par des pulsions et des passions, aux prises avec des sentiments peu nobles, tels que la vanité, le prestige, la jalousie, l’envie, etc., mais également, ce qui est aussi important pour la vie politique, empreint de nobles sentiments tels que la compassion, la sympathie et l’empathie, la solidarité, le respect de l’autre, etc.
  • 9  B. MANDEVILLE, op.cit. p. 86.
  • 17
  • Nous laisserons à la philosophie morale la question de savoir si l’homme est, en somme, bon ou mauvais. Elle ne revêt pour nous qu’un intérêt mineur. La seule question pertinente dans le contexte qui nous occupe est de savoir comment fonctionne l’homme en proie à ses valeurs chiasmatiques au sein du système que nous appelons démocratie. En outre, la noblesse de certaines valeurs humaines ne peut être que relative au sein de chaque système. Pour reprendre Mandeville : « c’est la culture et non la nature qui détermine notre échelle de mesure »9. La force de l’habitude enfreint la loi de la nature, si bien qu’il est impossible à la longue de distinguer clairement laquelle de ces deux forces est la plus influente. Toutefois, dès lors que l’on place l’homme au centre de la politique, les thèses derridiennes de la déconstruction nous paraissent d’un intérêt non négligeable, dans la mesure où elles dénoncent le caractère construit de toutes pièces, de tout système de pouvoir. Même si nous partons du principe que l’homme est bon par nature, il n’est pourtant pas exclu que le système pousse l’homme dans une direction qu’il ne désire pas a priori.
  • 18
  • La particratie le pousse dans un jeu compétitif où l’individu est réduit au rang d’acteur, non pas au sens d’être agissant, mais au sens de comédien. La trahison va se cacher sous le voile de la politesse, affirmait Rousseau, qui partait du reste de l’hypothèse que l’homme est bon par nature. La véritable nature de l’homme est profondément cachée dans la société polie, observait Mandeville avant lui. L’homme dans le système politique n’est donc pas amoral, mais il est poussé par la dynamique du système vers l’immoralité. La norme n’est plus le fruit d’une réflexion morale mais est dictée par un comportement dominant, c’est-à-dire ce que chacun fait pour survivre. Le concept de norme perd son lien avec la moralité et l’homme est prêt à rompre avec sa conscience. Etant donné que chacun le fait et que la responsabilité en incombe au système, l’homme accepte facilement de renoncer à son identité, ou du moins à certains éléments de son identité. Cela nous rapproche de l’essence de l’éthique. Un comportement non éthique commence dès lors que je renonce à mon identité ; lorsque je n’agis plus conformément au rôle qui m’est attribué dans la société. Lorsque, en tant que ministre (mot du latin qui veut dire serviteur) ou en tant que civil servant, je ne suis plus au service de la communauté, mais au service de moi-même et de mon entourage, mes actes ne peuvent plus être considérés comme éthiques, même si j’aide mes ‘amis’. Le clientélisme est donc un renoncement aux devoirs de base de l’homme politique ou du civil servant.
  • IV. Le couple infernal illustré
  • 19
  • Le système basé sur l’homme politique chiastique, ou en d’autres mots, la déconstruction de l’homme politique en tant qu’animal rationale, implique le caractère infernal et quasi impossible de la relation entre l’homme politique en chair et en os dans son rapport avec l’éthique. Au centre des actes non éthiques se trouve l’homme politique qui met en exergue ses aspects négatifs tels que la jalousie, l’appât du gain et du prestige.
  • 10  S. KRIPKE, Naming and Necessity, 1985.
  • 20
  • Nous suivons ici l’approche du philosophe américain Saul Kripke, qui affirme qu’un concept ne peut jamais être appréhendé en totalité mais seulement être évoqué10. Si nous adaptons cette approche au concept d’un comportement non éthique, nous pouvons pleinement nous satisfaire de l’approche décrite ci-dessus. Une définition exhaustive n’est ni possible ni souhaitable. Cela implique que celui qui se comporte de manière non éthique en est pleinement conscient sans avoir à se référer à la moindre définition. Notons qu’ici nous nous référons au concept de l’éthique qui ne coïncide par forcement avec la législation en la matière.
  • 21
  • Nous illustrerons à l’aide de quelques exemples le fait que cette approche est plus pragmatique qu’il n’y paraît de prime abord. Nous voulons à tout prix éviter en cela de tomber dans des études de cas. Libre au lecteur qui le souhaite d’associer les situations évoquées à des cas concrets. Pour notre part, nous nous en tiendrons à l’adage qui veut que toute ressemblance avec des faits réels soit purement fortuite.
  • 11  Pour le lecteur amoureux de la linguistique, on relèvera que, dans la langue chinoise, les deux co (...)
  • 22
  • Rappelons que le comportement non éthique se révèle dès lors que nous ne respectons plus notre rôle dans la société. Le vendeur qui prend la place de l’acheteur nous en fournit un exemple classique. L’homme d’affaires qui veut vendre au secteur public en faisant appel à la technique des pots-de-vin se met de facto, dans la situation d’acheteur, dans la mesure où il lui est proposé d’acheter les « droits de vente ». Ainsi, le vendeur devient acheteur11. Le prix convenu sera un prix dérivé basé sur le montant et la rentabilité de la transaction principale. Dans la transaction principale, l’acheteur est acheteur et le vendeur est vendeur. Chacun joue son rôle. Pourtant, la transaction principale sera, elle aussi, contaminée par la transaction secondaire qui en dérive. En effet, les conditions de vente déterminées contractuellement ou encore à fixer de la transaction principale seront déterminées par les caractéristiques de la transaction dérivée, corrompue. Les relations normales entre vendeur et acheteur sont donc atteintes par cette transaction qui entraîne un renversement des rôles. Cette contamination identitaire des deux intervenants a pour effet qu’aussi bien le vendeur que l’acheteur, quels qu’ils soient, se meuvent sur des sables mouvants.
  • 23
  • Autre exemple. Un bureau d’études renommé, censé mener un audit approfondi et objectif, est manipulé pour servir d’alibi, par exemple pour justifier la réorganisation d’une structure publique allant de pair avec des réductions d’effectifs, voire avec le licenciement des dirigeants. L’auditeur sait qu’une certaine complaisance de la part de son bureau lui vaudra sans doute diverses missions. La condition pour ce faire est que l’audit parvienne, soi-disant en toute objectivité, à certaines conclusions. L’auditeur qui accepte de telles propositions, voire qui les induit, perd son identité. Il cesse d’être auditeur et devient vendeur. Cette forme de clientélisme réduit en fait l’auditeur à obéir aux instructions du client au lieu d’écouter (audire) les éléments qui devraient le conduire à une description objective du fonctionnement de l’organisation. C’est le client qui insinue les conditions de l’audit à réaliser et non plus l’auditeur qui conseille sur la base des résultats de son audit. Le client devient auditeur et l’auditeur devient vendeur. Cette double perte d’identité montre, sur la base de la définition que nous avons donnée plus haut, que nous sommes ici en présence d’un acte de corruption, qui, une fois de plus, entame la liberté de chacune des parties.
  • 24
  • Le même raisonnement vaut pour les évaluateurs qui doivent estimer l’impact de certaines stratégies d’entreprise ou de certains programmes politiques. L’évaluateur ex-ante, c’est-à-dire celui qui doit évaluer un programme ou une stratégie afin de permettre aux responsables de décider de leur éventuelle mise en œuvre, peut avoir intérêt à ce que l’affaire se fasse, étant donné qu’il est susceptible d’être impliqué lui-même dans la mise en œuvre et qu’une évaluation ex-post ou au cours de la mise en œuvre pourra s’avérer nécessaire. L’évaluateur ex-post se trouve à peu près dans la même position que celle de l’auditeur. L’évaluateur qui se laisse dicter sa conduite par de tels critères cesse d’être ce tiers qui, comme le dit le philosophe américain Tomas Nagel, adopte une « view from nowhere », pour devenir partie prenante. On peut se demander qui va évaluer un tel effet. Et qui, dans un tel contexte, pourrait croire qu’une évaluation du plan Marshall par exemple peut se faire de façon objective à quelques mois des élections ?
  • 25
  • Ce raisonnement reste valable également si l’évaluateur est un institut scientifique public. Lorsque l’on fait analyser le programme électoral d’un parti politique par une université, on recherche un label à apposer sur un plan qui repose rarement sur des fondements scientifiques.
  • 26
  • Et l’on peut poursuivre sur le même mode. Le chômeur qui travaille au noir cesse d’être chômeur, même s’il conserve les avantages afférents à cette identité. Les syndicats qui l’aideraient à échapper aux contrôles ne poursuivent plus le but des organisations qui étaient à la base du droit au travail, comme ils l’ont exigé et obtenu lors de la conférence de Lyon. Celui qui donne du travail au chômeur, sans que le statut s’en trouve modifié, devient employeur de fait sans assumer les droits et les devoirs que cela devrait entraîner. Et l’homme politique qui ne prend pas ce problème au sérieux ne sert pas l’intérêt général, tout au mieux l’intérêt de son parti à court terme.
  • 27
  • Le fonctionnaire qui se laisse « acheter » oublie momentanément son identité de fonctionnaire, c’est-à-dire de personne qui travaille dans l’intérêt général et qui est donc rémunéré sur des fonds publics, pour se laisser acheter par le secteur privé. Peu importe qu’il s’agisse d’un petit fonctionnaire, selon l’expression consacrée, ou d’un responsable exerçant des fonctions au niveau du gouvernement.
  • 28
  • Il est probable que plus d’un lecteur s’est reconnu dans l’une ou l’autre des situations décrites. Vraisemblablement, la parole biblique s’applique ici : « que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre ». Pourtant, les exemples cités ne représentent qu’une sélection dans la vaste gamme de phénomènes que nous offre la panoplie des actes que l’on peut difficilement catégoriser comme éthiques.
  • V. Comportement non éthique : de la fraude à la corruption
  • 29
  • L’approche identitaire vise à appréhender le phénomène des comportements non-éthiques dans sa totalité et à s’interroger sur son omniprésence. Jusqu’à présent, nous avons essentiellement exploré des actes que l’on pourrait qualifier de corruption. Nous avons en particulier sondé son origine dans la nature humaine, il nous paraît également utile d’appréhender le concept en référence au concept de fraude : dans la littérature, les deux phénomènes sont bien souvent mêlés, si bien qu’il n’est pas superflu de procéder à quelques clarifications.
  • 30
  • Nous insistons sur le caractère intersubjectif qui est inhérent à la corruption. C’est précisément là que la corruption se distingue du terme plus général de fraude. La fraude, telle que par exemple la fraude fiscale ou la fraude pratiquée à l’intérieur d’une entreprise publique ou privée, renvoie à une transaction de mauvaise foi qui est opérée en vue d’obtenir illégalement un avantage ou de se soustraire à un inconvénient. La fraude fiscale par exemple vise à payer moins d’impôts qu’on ne le devrait. C’est ainsi que certains revenus sont intentionnellement dissimulés. Cela n’a pourtant rien à voir avec la corruption.
  • 31
  • La fraude ne devient corruption que dès lors qu’une autre partie prête son concours, contre rétribution, en acceptant de faire une chose qu’elle est normalement tenue de ne pas faire ou de s’abstenir de faire une chose qu’elle est tenue de faire. La fraude fiscale devient corruption lorsque le contrôleur fiscal prête son concours pour accepter une fausse déclaration. La fraude est donc un terme plus général que celui de corruption. En d’autres termes, on peut dire que la corruption est une forme de fraude mais que toutes les formes de fraude ne relèvent pas nécessairement de la corruption. Il en résulte que, pour simplifier, on décrit le plus souvent la corruption comme une forme particulière de fraude.
  • 32
  • Si la corruption va de pair avec le renoncement à son identité, nous pouvons nous demander pourquoi une résistance morale plus grande n’est pas opposée à ce supplice de Tantale. Pourquoi ne pouvons-nous résister à la tentation ? Pourquoi la corruption est-elle un phénomène omniprésent ?
  • 33
  • Un constat qui s’impose à nous est que cette séduction, comme toute séduction d’ailleurs, est toujours un événement intersubjectif. Dans le contexte de la corruption, je ne suis pas seulement amené à renoncer à mon identité, ce qui entraînera peut-être pour moi des difficultés à me regarder dans la glace par la suite, mais en outre, je dois le faire en accord avec autrui. Eve a besoin d’Adam, sinon la séduction n’aurait pas eu lieu. C’est parce qu’Adam n’a pu résister à la tentation (à moins que ce ne soit Eve) que l’unité originelle avec Dieu a été brisée. Depuis lors, affirment Luther et Calvin, l’homme est partagé entre deux mondes, sa pensée est limitée et sa raison corrompue. Par suite de cette corruption, l’ordre a fait place au désordre, l’harmonie au conflit.
  • 34
  • De même, celui qui offre des pots-de-vin a également besoin de quelqu’un qui soit prêt, même après une certaine résistance, à accepter son offre. Le travailleur non déclaré a besoin d’un employeur qui lui fournisse du travail clandestin. L’auditeur subjectif a besoin d’un commanditaire qui veut que l’on fasse ses quatre volontés.
  • 35
  • Ces quelques exemples nous amènent à la conclusion que pour corrompre, il faut au moins deux parties complices. Pour qu’il y ait corruption, il faut qu’au moins deux personnes renient leur identité. Par ailleurs, elles empruntent souvent leur identité à l’autre, comme nous l’avons décrit dans les exemples susmentionnés.
  • 36
  • Dans l’acte de corruption, il y a la plupart du temps une des parties qui prend les devants et offre une rétribution à l’autre pour qu’elle fasse ou s’abstienne de faire quelque chose. On l’appelle la partie active. L’autre partie est poussée à l’illégalité contre rétribution et on l’appelle la partie passive. La corruption est donc toujours un fait social caractérisé par une intimité entre les partenaires. L’identité est abandonnée à l’autre, un don qui peut facilement se transformer en soumission et où toute trace de résistance peut s’avérer une tactique pour faire monter les enchères. Cela place, dès l’origine, les deux parties dans une position difficile et une atmosphère de chantage potentiel plane dès qu’il est question d’une telle transaction, si bien que la moindre petite transaction porte en elle potentiellement la promesse de transactions plus importantes.
  • 12  G.H. HOFFMAN, Hoffmans tales, 1998.
  • 37
  • Même si la transaction initiale a suscité une quelconque résistance, la plupart du temps bien faible dans la mesure où l’opération était relativement innocente, cette résistance sera complètement balayée par la suite, d’autres forces prenant alors clairement le dessus. Dans cet ordre d’idées, l’un des « contes » de G.H. Hoffman est particulièrement édifiant. Le co-gérant d’un commerce de détail sert un client après l’heure de fermeture. Comme la caisse est déjà fermée, il décide, sans aucune mauvaise intention, de déposer l’argent dans la caisse le jour suivant. Sa mémoire lui fait alors défaut et c’est le début d’une vaste affaire de corruption et de fraude12.
  • 38
  • Une fois lancée, la spirale de la corruption ne peut plus être arrêtée. Par dissémination, le fait social prend des proportions toujours plus importantes. En outre, il faut souvent réduire cette intimité à un complot dirigé contre un tiers qui est le dupe de la transaction corrompue. Ce tiers peut être désigné individuellement dans certaines transactions, par exemple dans le cas d’un autre fournisseur potentiel qui ne promet pas des dessous de table ou de moindre importance et qui en fait les frais. Dans d’autres cas, plus anonymes, c’est la société à laquelle appartiennent les partenaires de la transaction qui est le dindon de la farce, par exemple lorsqu’un marché public n’est pas attribué au fournisseur qui présente pourtant le meilleur rapport qualité prix.
  • 39
  • La seule trace de résistance qui reste est la honte éventuelle que suscite l’absence de résistance. Adam et Eve découvrent leur nudité dans la honte. La plupart des transactions corrompues interviennent littéralement dans une zone grise, loin des projecteurs. De même que l’avare dissimule son trésor, les personnes corrompues cachent leurs transactions et leurs produits dans des coffres bien protégés, de préférence anonymes. En dehors des parties concernées, personne n’est présent et une intimité présumée est un atout. Mais cela tient naturellement aussi à d’autres raisons.
  • 40
  • Nous avons dit que la corruption allait de pair avec une perte d’identité. Etant donné que la corruption apparaît comme un fait intersubjectif, il nous amène à nous poser la question de l’existence de l’être dans sa relation à autrui. L’homme romprait ainsi avec sa conscience dans un acte collectif. Pour aborder cette question fondamentale, nous en appellerons aux philosophes. Il faut noter que la corruption ne constitue pas en réalité un thème de la philosophie et n’entre en ligne de compte qu’incidemment. L’interrogation philosophique se limite apparemment à la question de l’homme en tant qu’homme et, dès lors qu’il s’agit d’étudier la relation intersubjective, comme chez Levinas, il est plutôt question de recourir à la notion de responsabilité. Lorsque la corruption en tant que telle est analysée, le phénomène est constamment mis en relation avec la mort. Thanatos, Dieu de la mort, face cachée de Hermès, Dieu du commerce et de la corruption.
  • 13  ARISTOTE, De la génération et de la corruption, Vrin, 1993.
  • 14  Allusion à la phrase de J. DERRIDA : ‘Tout acte d’écriture est testamentaire’, dans  La disséminat (...)
  • 41
  • L’un des premiers philosophes à utiliser le mot de corruption est Aristote. Chez lui, la corruption est en opposition avec la naissance et la croissance. Elle est associée à la dégradation et à la mort13. Pour rester dans le giron de la mythologie grecque, on peut symboliser la relation entre la croissance et la corruption chez Aristote, par la lutte éternelle entre les Dieux Eros et Thanatos, dirigée par la déesse Eris. Cette association entre corruption et dégradation ou mort semble être restée depuis une constante dans l’approche philosophique. Montesquieu, dans son Esprit des Lois associe la corruption à l’origine de la dégradation d’une certaine forme de gouvernement. La corruption sonnerait le glas d’une forme d’Etat. Chez Machiavel, la corruption n’est pas seulement associée à la fin d’une forme d’Etat mais aussi à la fin de la possibilité d’exercer toute liberté. La corruption signifie donc la mort de l’homme libre. Plus récemment, Althusser, penseur d’inspiration marxiste, affirme que le corrompu et le corrupteur se portent eux-mêmes préjudice, dans un pacte avec la mort. Pour revenir à l’intersubjectivité évoquée plus haut, nous pourrions dire que non seulement il faut être deux au minimum, mais que chacun doit signer en même temps son arrêt de mort. Pour tourner cette affirmation sous forme de boutade post-moderne on pourrait dire que « tout acte de corruption est testamentaire »14.
  • 42
  • L’idée de base que nous trouvons chez les philosophes cités est confirmée par les explications étymologiques. Le verbe latin corrumpere signifie s’abîmer, pourrir, se décomposer. Quant au substantif français de corruption, le Petit Robert le définit comme l’altération de la substance par décomposition. La pourriture, la décomposition, toutes activités qui évoquent la mort et par conséquent relèvent de la responsabilité de Thanatos.
  • 43
  • En résumé, on peut dire que, dès lors que nous parlons de corruption, nous renvoyons au phénomène par lequel l’homme rompt avec sa conscience, perd son identité, flirte avec une mort imaginaire, noue une relation artificielle avec son congénère, en lui offrant la possibilité de le faire chanter, complote afin de duper un tiers, et tout cela pour un peu d’argent. Si l’on prend en compte ces divers éléments, on ne peut que s’étonner à nouveau de la profusion de la corruption.
  • VI. Des circonstances atténuantes
  • 15  Le monothéisme renvoie à un seul dieu ; par analogie monnaie-théisme renvoie à un seul dieu, l’arg (...)
  • 44
  • L’argent joue bien sûr un rôle clé dans chaque acte non éthique. Marx invoque la force corruptrice de l’argent. Le caractère fétiche de l’argent a ceci de particulier que l’argent peut se présenter partout et qu’il est partout le bienvenu. La vague de déréglementation et de libéralisation qui est la philosophie des puissances économiques mondiales des dernières décennies, a conféré à l’argent une liberté de mouvement encore plus grande. On échange de l’argent contre de l’argent. Cet échange, que l’on recouvre du noble vocable de transaction financière, a déjà dépassé de loin l’intérêt des transactions dites réelles, où l’argent était échangé contre des biens. Ce monnaie-théisme, comme nous pourrions désigner ce phénomène, domine tous les secteurs de l’économie15.
  • 45
  • En outre, le nombre de domaines qui échappaient jusqu’alors à la sphère économique et qui sont désormais contaminés par l’argent et ses principes est de plus en plus grand. Par la professionnalisation, ou plutôt la marchandisation de divers services tels que l’aide à domicile, les soins aux personnes âgées, la compagnie, ces services peuvent dorénavant être exprimés sans aucun problème en termes de valeur d’échange. Cette dissémination de la monétarisation implique aussi que la tendance qui est inhérente à la corruption peut étendre ses tentacules dans presque tous les domaines de la société. Hoffman constatait que tout le monde se livrait à la corruption ou était susceptible de le faire. Nous pourrions souscrire à ce point de vue. Il n’est donc pas surprenant que la corruption apparaisse ou puisse apparaître aussi bien dans le secteur de la santé que dans les multinationales ou chez le médecin ou le boulanger du coin. A nouveau, les innombrables scandales que la presse nous dévoile confirment de facto notre approche.
  • 46
  • La globalisation et l’internationalisation de l’économie, conjuguée à la professionnalisation, à vrai dire à la marchandisation croissante, ont pour effet un accroissement constant du terrain de la corruption. Or, le contrepoids politique ne joue pas au même niveau. Ni les syndicats, ni les partis politiques ne sont organisés de manière structurelle à l’échelle mondiale. La réalisation du marché intérieur européen, la libéralisation dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ainsi que d’autres initiatives analogues prêtent sans le vouloir leur concours à l’élargissement du terrain d’action de la corruption. Etant donné que la corruption est partout, ou peut s’infiltrer partout, on la trouvera aussi dans les lieux où l’on s’efforce de contenir à tout prix son étendue. Même les contrôleurs et les unités anti-corruption sont à leur tour passibles d’actes de corruption. Chacun peut donc succomber aux forces de la corruption, celle-ci pouvant prendre diverses formes, allant de la corruption active à la corruption passive, en passant par des formes raffinées telles que, par exemple, l’entrave à la diffusion de preuves de corruption.
  • 47
  • Qu’il s’agisse de corruption active (au sens usuel et non pénal de cette expression (art. 246§2 du Code pénal) NDLR), par exemple lorsque le contrôleur est le corrupteur, ou de corruption passive, où il est le corrompu, nous sommes la plupart du temps face à une décision individuelle, dans une relation intersubjective. Le contrôleur qui corrompt est identifiable individuellement et, connaissant les conséquences possibles et les sanctions éventuelles, il opérera avec la plus grande prudence. A l’inverse, l’entrave à la diffusion de résultats d’enquête relève la plupart du temps de la sphère politique et institutionnelle. Personne ne se sent personnellement responsable de la tendance naturelle des institutions à étouffer des affaires, ce qui permet à chacun de tirer son épingle du jeu. Cette participation est la plupart du temps passive, ce qui la rend encore plus supportable. Il est rare que quelqu’un puisse être tenu individuellement responsable dès lors qu’il suffit de s’abstenir de faire quelque chose ou de permettre de faire quelque chose pour expédier une affaire aux oubliettes.
  • 48
  • Le fait qu’une affaire de moindre importance soit parfois mise sur le tapis est généralement un alibi qui évite de remettre en question le système dans sa totalité. Une affaire mineure, une fois relayée par les médias et discutée par le parlement, prend alors des proportions gigantesques. Sans même parfois s’en rendre compte, quelques innocentes marionnettes avides de médias s’emploient à abuser la vox populi. Le peuple, comme on dit, a en outre le plus souvent des sentiments d’empathie, voire des sentiments de reconnaissance, et non une grande aversion à l’égard de la corruption à visage humain. Ceci explique pourquoi les politiciens corrompus sont rarement sanctionnés par les électeurs et n’hésitent pas à se montrer en public même après qu’on soit parvenu à prouver et à étaler dans la presse les délits de corruption qu’ils ont commis.
  • 49
  • Dans le monde des entreprises, la corruption est également parfois considérée comme un sport plutôt que comme le phénomène grave que recouvre ce signifiant. Sans pots-de-vin, il est difficile de faire des affaires, dit-on, surtout dans le secteur public où les fonctionnaires ou politiciens mal payés sont des proies faciles à convaincre pour jouer le jeu. D’ailleurs, longtemps les pots-de- vin ont été considérés comme fiscalement déductibles. En outre, les bureaux d’expertise comptable et les consultants sont payés pour jouer à la frontière entre ce qui est corrompu et ce qui ne l’est pas et pour conseiller les chefs d’entreprise afin de leur signifier jusqu’où ils peuvent aller sans encourir de réelles sanctions. Sur le même mode, on peut facilement envisager une complicité marchandée entre le chef d’entreprise et le passeur de marché public. Cette dernière complicité aura pour but la conclusion d’un marché le plus fructueux possible où les parties corrompues sont gagnantes aux dépens d’un tiers, l’intérêt général encore une fois.
  • 50
  • Pour rendre la chose pleinement populaire, comme il se doit dans le sport, on se livre à des classements. Comme aux jeux olympiques, les pays sont donc classés sous leur bannière respective et les pays les plus corrompus se voient décerner des médailles d’or, d’argent ou de bronze. La Belgique vient d’ailleurs (chiffres 2008) de passer de la 21eme à la 17eme place sur le Transparency index.
  • VII. Pour conclure : le rôle des pouvoirs publics
  • 51
  • Quel est le rôle des pouvoirs publics dans tout cela ? Leur première mission est bien sûr de donner l’exemple. Celui qui choisit de travailler dans le secteur public, y compris dans l’enseignement, devrait le faire en premier lieu poussé par la volonté de réaliser quelque chose dans l’intérêt général. Même si cela peut paraître un cliché, nous ne devons pas oublier que les pouvoirs publics doivent contribuer à la construction progressive d’une meilleure société. Celui qui ne souscrit pas à cet objectif ferait mieux de suivre une autre voie, plus en adéquation avec son identité, sans qu’aucune connotation ne soit attachée là encore au choix en question.
  • 52
  • Une personne au service de l’Etat, comme l’est un responsable politique, incarne l’Etat et s’il a du respect pour lui-même et pour son choix de vie, il pourra sans remords résister à toute tentation de corruption. Tout fait de corruption l’éloigne en effet, du but qui constitue le fondement de son choix de vie. Comment un fonctionnaire d’Etat qui se respecte et qui se prête à des faits de corruption pourrait-il encore trouver un sens à sa vie conformément à l’importance qu’il attache, ou qu’il devrait attacher, à l’intérêt général ?
  • 53
  • Si un tel climat pouvait régner au sein des services publics, chacun comprendrait peu à peu que toute proposition indécente est déplacée et vouée à l’échec. Ce climat pourrait ensuite gagner l’ensemble de l’économie. Les transactions conclues avec les pouvoirs publics se situent alors dans une atmosphère d’ouverture et de sérénité. N’oublions pas que nous parlons ici d’une partie de l’économie qui représente environ la moitié du total. En outre, si un tel climat règne dans le secteur public, il finira par gagner d’une façon ou d’autre la sphère privée. Si cela était, on pourrait interrompre ainsi la spirale de la corruption qui érige, dans tous les pays, de telles pratiques au rang de sport national. Si, dans un tel contexte, la tentation de la corruption s’avère trop forte pour un être humain trop faible, il sera de plus en plus difficile de trouver le bon partenaire. Car la corruption est, on l’a dit, un phénomène intersubjectif.
  • 54
  • Nous sommes conscients qu’un tel changement de mentalité n’est pas simple à opérer et que d’aucuns taxeront l’auteur de ces lignes, d’utopiste, étranger à ce monde. Mais ce changement n’est pas impossible. Nous pouvons l’illustrer en recourant à l’exemple des fumeurs. Alors qu’un non fumeur était considéré il y a une dizaine d’années comme une personne austère et asociale, on assiste à un retournement manifeste. La politique active des pouvoirs publics au travers des campagnes de lutte anti-tabac et des réglementations n’y est pas pour rien. On n’attache bien sûr qu’une faible réprobation morale au fait de fumer et l’analogie entre la consommation de tabac et la corruption ne vaut pas tant en fonction de la similitude des comportements mais par la méthode qui permet de produire un profond changement de mentalité. En effet, c’est une connotation morale fortement négative qui est attachée à la corruption.
  • 55
  • La similitude tient plutôt à la perception de la corruption. On ne peut pas voir d’un bon œil, le fait que la corruption prolifère partout. La corruption est et reste immorale et dégradante pour l’être humain. Une attitude adéquate vis-à-vis de la corruption ne peut donc pas être dictée par son foisonnement. En d’autres mots, les normes ne peuvent pas être calquées sur ce que tout le monde trouve normal. Un changement de mentalité dans le bon sens, à l’égard de la corruption, peut être suscité par diverses actions positives. Outre leur rôle d’exemple, les pouvoirs publics doivent lancer une campagne d’information. Les médias doivent analyser ce qu’ils peuvent entreprendre avec leur pouvoir quasiment illimité.
  • 56
  • Cette approche positive doit malheureusement être complétée par des règlements et des mesures répressives. La lutte contre les pots-de-vin et la corruption est l’une des priorités de l’OCDE, et plusieurs initiatives intéressantes ont été prises. On relèvera deux éléments : la recommandation de non-déductibilité des dépenses liées aux commissions commerciales et la convention de lutte contre la corruption. Au niveau national, il n’est plus acceptable qu’un individu reconnu coupable de corruption lors de l’attribution d’un marché public puisse, faute d’une communication interne adéquate, concourir dans d’autres appels d’offres publics. Les instruments mis à notre disposition à l’ère des technologies de l’information qui ne cessent de se développer peuvent s’avérer utiles ici. Une coordination régionale, nationale et européenne en la matière est indispensable. Des contrôles stricts et coordonnés resteront malheureusement nécessaires dans notre société humaine, trop humaine, comme le disait Nietzsche.

 

Notes

  • 1  A. DE TOCQUEVILLE, De la démocratie en Amérique, Seuil, 1970.
  • 2  N. MACHIAVELLI, Le Prince, Chapitre XV.
  • 3  Pour une analyse de l’approche modèle-obstacle, voir A. GIRARD, Les choses cachées depuis la fondation du monde, Le Livre du Poche, 1983.
  • 4  A. SMITH, Theory of Moral sentiments, Clarendon Press, Oxford, 1976 (or. 1759)
  • 5  B. MANDEVILLE, Recherche sur la nature de société, (1723), Babel, 1998, p. 26.
  • 6  A. SMITH, An inquiry into the wealth of Nations, Clarendon press, 1976, (or. 1776), p. 26.
  • 7  Voir R. AERNOUDT, Péripéties d’un cabinettard, Roularta, 2008.
  • 8  P. RICOEUR, « D’un soupçon à l’autre », dans L’argent, Collection autrement, 1992, p. 63.
  • 9  B. MANDEVILLE, op.cit. p. 86.
  • 10  S. KRIPKE, Naming and Necessity, 1985.
  • 11  Pour le lecteur amoureux de la linguistique, on relèvera que, dans la langue chinoise, les deux concepts, acheter et vendre, s’expriment par un seul et même mot.
  • 12  G.H. HOFFMAN, Hoffmans tales, 1998.
  • 13  ARISTOTE, De la génération et de la corruption, Vrin, 1993.
  • 14  Allusion à la phrase de J. DERRIDA : ‘Tout acte d’écriture est testamentaire’, dans  La dissémination, Seuil, 1972.
  • 15  Le monothéisme renvoie à un seul dieu ; par analogie monnaie-théisme renvoie à un seul dieu, l’argent.
  • Référence papier
  • Rudy Aernoudt, « Éthique et politique : un couple infernal », Pyramides, 16/1 | 2008, 169-190.
  • Référence électronique
  • Rudy Aernoudt, « Éthique et politique : un couple infernal », Pyramides [En ligne], 16/1 | 2008, mis en ligne le 09 septembre 2011, consulté le 05 février 2014. URL : http://pyramides.revues.org/
  • Rudy Aernoudt
  • Professeur d’économie aux universités de Gand, Liège et Nancy
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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 10:44

 

 

f653a1c2880036054d63e2ceb165a756_L.jpg  L'ami Michel Pagnoux, artiste installé au pied des Corbièresn à Opoul, ancien de la communauté artistique des années 1970, fait partie de mon livre sur les "Communaurés libertaires dans le Midi", à paraître en 2014 chez Trabucaire éditions...à suivre...

 


 

Michel PAGNOUX

Né en Dordogne en 1946, Michel Pagnoux dit Solid intègre lécole des Beaus-Arts de Toulouse en 1966 et découvre rapidement le mouvement psychédélique et lunivers Surréaliste.

 

Aux alentours de 1970, il invente le concept de SOLID-COMICS, mode dexpression quil situe entre la bande dessinée et la peinture pure: un univers très coloré, un travail minutieux qui rappelle parfois le Pop-Art.

 

Certains y voient des personnages ou des monstres, dautres des animaux ou des espaces inconnus de science-fiction, des bonbons, des mondes futuristes ou microscopiques, à moins quil ne sagisse tout simplement de lexploration tous azimuts du monde intérieur de lartiste, allez savoir.... Dautres sont fascinés par ces formes rondes, douces et sensuelles ou par les couleurs vives qui engendrent la gaieté et la bonne humeur.....

 

Depuis sa première exposition à la librairie Torcatis à Perpignan en juillet 71, Michel Pagnoux a exposé un peut partout où on linvite en France et en Europe. Cette exposition aujourdhui au Palais des Rois de Majorque constitue une sorte de résumé de plus de quarante années au service de lArt sous toutes ses formes.

 

Michel Pagnoux vit et travaille à Opoul depuis 1968.

 

Michel a des lunettes ultra-grossissantes. Il observe le magma en fusion et le Centre de la Terre, les atomes qui composent TOUT et se marre de voir ce grand jeu de société quest lUnivers et dire quon est fait comme ça!”  - Yann Causse (Swing-Troubadour)            

 

Il célèbre le mythe des années psychédéliques par sa peinture, entre Pop-Art et Surréalisme ... Toiles monumentales comme Le Grand Jeu, sorte de chef d’œuvre en technicolor. - Greg Tuban (Rivage des Arts)

 

Les dessins de Michel Pagnoux échappent à la dictature des symboles et des lettres... Le dernier survivant de lépoque psychédélique, cest formidable!”  - Willem (Libération)

                                    

Exposition en partenariat avec l'association Bouchons d'Artistes à partir du vendredi 07 février jusqu'au 13 avril 2014 au Palais des Rois de Majorque 

 

Informations: 04 68 34 48 29

 

Horaires d'ouverture:

Ouvert 7/7 toute l'année

Du 1er octobre au 31 mai ouvert de 9h à 17h

Du 1er juin au 30 septembre ouvert de 10h à 18h30

 

 

 

Perpignan le Vendredi, 07 Février 2014

"Solid au Palais"Conseil Général 66

Exposition de Michel Pagnoux: des dessins, peintures, bandes dessinées, sculptures flottantes ou volantes, tout un monde merveilleux de psie et de légèreté.

 

A voir à partir du 7 février, vernissage le vendredi 14 février à 18h30 au Palais des rois de Majorque......

Le Conseil Général 66 et l’association Bouchons d’Artistes vous invite à l’exposition « Solid au Palais » avec les peintures et les installations de Michel Pagnoux au Palais des Rois de Majorque à Perpignan.

 

Cette exposition retrace plus de quarante années de peintures, sculptures, dessins,… A découvrir du 7 février au 13 avril 2014, tous les jours de 9h à 17h.

 

Le vernissage à lieu le vendredi 14 février à 18h30.

 

Venez nombreux !!! — avec Michel Pagnoux.

 

 

 

** Lundi 10 février, à 13 h, au pied du Castillet à Perpignan:

 

 ACTEURS CULTURELS, ARTISTES, TECHNICIENS, HOMMES ET FEMMES INVESTIS DANS LA CULTURE, ORGANISONS NOTRE MARCHE POUR LA CULTURE A PERPIGNAN LE 10 FEVRIER !! 

Le SMA est signataire de l’appel national « je marche pour la culture ».

Il s’agit d’un mouvement de mobilisation de l’ensemble du secteur culturel, à l’heure où la loi sur la décentralisation revient sur la clause de compétence générale, où les budgets du Ministère de la culture subissent encore des réductions, où la culture est encore mise à mal…

 

Le principe de cette mobilisation est d’organiser des marches dans différentes villes le 10 février.

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Hadra soutient :

Le SMA est signataire de l’appel national « je marche pour la culture ».

Il s’agit d’un mouvement de mobilisation de l’ensemble du secteur culturel, à l’heure où la loi sur la décentralisation revient sur la clause de compétence générale, où les budgets du Ministère de la culture subissent encore des réductions, où la culture est encore mise à mal…

 

Le principe de cette mobilisation est d’organiser des marches dans différentes villes le 10 février.

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 09:14

IMGP8785.JPG Photo Jean-Pierre Bonnel

 

 

 

Tout ça pour ça ! Mise-en-scène, répétition, public tenu en laisse, journalistes pros, en cravate et micro... On s'attendait à du spectacle. La société du spectacle n'amuse même plus : la montagne technologique a accouché d'une souris !!!

 

Le débat au titre suggestif : "La voix est libre", organisé par la télé régionale n'a pas tenu ses promesses et le public (peu nombreux, 700 personnes invités par les cinq candidats, pour un "show" gratuit !) est reparti frustré...

 

Les organisateurs avaient donc décidé qu'on commencerait par la sécurité et au bout de 54 minutes (tout ça pour faire parler chaque candidat pendant 10 minutes, sans vrais échanges, mais une suite de monologues), on en était encore à l'insécurité... même s'il y eut une incursion vers la circulation.

 

Chacun donna ses solutions pour lutter contre l'insécurité : commissaires, policiers, rondes de nuit, caméras...Pas de solution nouvelle et surtout pas d'analyse globale et approfondie de la situation : l'insécurité progresse car les gouvernements successifs ont choisi l'austérité, la crise, la mainmise des banques et de l'Europe de la finance, plutôt que d'opter pour la relance, la croissance, la lutte contre le chômage... Le problème est considéré par le petit bout de la lorgnette : répression, augmentation des caméras (J.Cresta a eu raison de parler de "Big Brother"), des effectifs de surveillance... 

 

 

En fin de compte, la délinquance crée des emplois...et la discussion donna de Perpignan une image noire, peu sympathique. Ce débat fit le jeu de L.Aliot qui tira son épingle : on ne parla que d'insécurité, thème électoraliste du FN. 


 

Face à toutes les critiques (présentation de la part des journalistes d'une municipalité dirigeant une ville qui décline : un champ de ruines...), le maire fit profil bas : JM. Pujol manqua d'arguments et de charisme.

 

Ce maire n'a pas de style, n'a pas de voix : il n'aura pas celle du Perpignanais obsédé par l'insécurité. M. Pujol n'a pas d'aura et son mentor, JP.Alduy, au premier rang, était consterné...

 

Un Pujol inaudible...On avait presque pitié pour lui, dans son coin, avec sa voix d'outre-tombe...

 

Un Aliot détendu, qui voulut se qualifier de "démocrate" et un frisson parcourut la salle...

 

Un Cresta qui se révéla moins nul que ce qu'on disait...

 

Une Clotilde Ripoull qui affirma sa jeunesse et surtout sa capacité à gérer. Elle n'eut pas l'occasion de montrer sa différence de femme, dans ce débat d'hommes. Le thème était trop lourd, trop contraignant. Il faudra pourtant, pour "sortir de la mêlée", proposer des initiatives originales, inédites, et appuyer la gestion par l'imagination...

 

Un Codognès éloquent, seul candidat à parler de modernité, de vélo, d'écologie et de tramway, unique idée de ce morne débat... Il fut aussi le seul à nous faire rire, malgré lui, en parlant de... "plus belle la vie" ! 

 

 

Nous aurions tant voulu entendre parler de "Perpignan, plus belle la ville !"..

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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 09:43

images-copie-14.jpeg  Ethique appliquée...

 

Le projet d'un maire nouveau, fondé sur la démocratie locale

 

 

C'est la confiance qui rassemble les habitants.

 

    Autour d'un grand projet, inédit et ambitieux fondé sur une vraie démocratie locale pour tous ! 

 

  Autour d'une personnalité incontestable. Qui n'a pas été mêlée à des affaires de corruption, d'affaire prouvée de clientélisme mettant en jeu de l'argent, des signatures de contrat sans appel d'offre (ou de faux appel d'offres)...Un candidat qui n'a pas été condamné par la justice de la République !

 

Celle-ci doit, avant toute chose, réconcilier les habitants avec leur ville, leur faire aimer et découvrir leur environnement quotidien. La population respectera l'élu qui respectera leur choix de vie.

 

En effet, le maire n'est que le porte-parole des citoyens; il n'agit pas par gloriole, goût du pouvoir, de l'argent, par orgueil ou surestimation de son ego ! C'est un gestionnaire qui indique la voie à suivre, mais respecte les voix qui se sont portées sur son nom. Il ne doit pas toutefois oublier ou mépriser ceux qui n'ont pas voté en sa faveur : un maire est attentif à toutes les suggestions et critiques. Il ne gouverne pas avec un groupe restreint ni pour un clan.

 

Il s'agit d'abord de moraliser la vie politique !

 

Un pacte municipal doit être signé avec les citoyens : un contrat qui assure que la démocratie locale sera respectée. Lors des réunions, rencontres avec la population, dans une salle ou lors d'un événement dans la ville,  les habitants de Perpignan pourront prendre connaissance de cet engagement signé par la candidate. 

 

La population attend que la parole des Politiques soit tenue, et que la démocratie locale soit respectée. Celle-ci signifie : pas de cumul des mandats, pas d'adjoints ayant des intérêts dans des groupes de pression, économiques ou financiers... Elle consiste aussi à donner la parole, de façon régulière aux administrés : inciter les habitants à s'exprimer au cours de rencontres avec les élus, tous les six mois, pour dresser des bilans, pour écouter les condoléances, les suggestions...créer des commissions (social, emploi, culture, voirie...) dans tous les quartiers, qui pourront contribuer, en faisant remonter doléances et suggestions, au bon fonctionnement de la ville. 

Signataire d'une "charte de l'éthique municipale", l'élu se voudra à l'écoute,; il rendra compte de ses missions, dans la plus grande transparence, lors des conseils, en présence de la population; il s'engage à n'utiliser en aucun cas sa fonction pour ses propres intérrêts, ni ceux de ses proches, refusant ainsi tout clientélisme et tout favoritisme.

 

De même, à travers un référendum d'initiative populaire, organisé par un groupe d'experts indiscutables (spécialistes du droit, intellectuels, sociologues...), le peuple de la ville pourra donner son avis sur des questions essentielles. La démocratie locale peut encore ivre grâce à des droits de réponses dans le journal municipal, grâce à des affichages réservés aux libres opinions, grâce à des cahiers de doléances, de remontrances, de propositions, disponibles à l'accueil de la mairie centrale et des mairies de quartiers. Des médiateurs, des interlocuteurs de quartiers remplaceront les "commissaires de quartiers". L'information municipale devra être portée au sein même de la population, tout au long de l'année, lors de rencontres citoyennes dans les quartiers. 

 

"Démocratie locale et municipale", ce ne doit pas être un vain mot, une formule non respectée;  la population doit être informée de la situation personnelle de chaque adjoint : profession, salaire, fortune, biens divers...

 

C'est dans cet esprit qu'un maire pourra redonner confiance en ses administrés et ré-enchanter une ville qui, depuis des décennies, déchante. Une ville qui est depuis trop longtemps en décadence.

 

 

Que le parti de ce candidat, mouvement porteur d'idéologie humaniste et de croyance collective, ce soit d'abord la population respectée, le rassemblement des citoyens réconciliés avec la politique, renouvelée grâce à l'éthique...  (Jean-Pierre Bonnel)

 

***Références : 

-Le Mairisme, analyse critique de Jean Jouandet (voir l'article sur ce blog)

 

-Le Maire

 

 

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** CODE D'ETHIQUE POLITIQUE :

 

  La-Convergence-Ethique ...   

 ... OU L'OBSOLESCENCE DES PARTIS POLITIQUES

 

 

 

CODE D’ÉTHIQUE POLITIQUE

 

 

TEXTE proposé par  La-Convergence-Ethique...

 

 

domino.png

 

 

 

CODE D’ÉTHIQUE POLITIQUE

DES INSTITUTIONS DE L’ÉTAT FRANCAIS

 



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CHAPITRE I:  PRÉAMBULE

 

CHAPITRE II: FINALITÉ DE LÉTA

Article 1 - BIEN COMMUN.

 

CHAPITRE III: CHAMPS DAPPLICATION

Article  2 - INSTITUTIONS CONCERNÉES.

Article  3 - CITOYENS CONCERNÉS.

Article  4 - CHAMPS D’APPLICATION ÉLARGI.

 

CHAPITRE IV: PRINCIPES GENERAUX

Article  5 - L’ÉTHIQUE COMME OBLIGATION.

Article  6 - ENGAGEMENT.

Article  7 - CONSULTATION.

Article  8 - L’ÉTHIQUE COMME COMPÉTENCE PROFESSIONNELLE.

Article  9 - PROBITÉ.

Article 10 - PRUDENCE.

Article 11 - JUSTICE.

Article 12 - TEMPERANCE.

Article 13 - LÉGITIMITÉ.

Article 14 - RESPONSABILITÉ.

 

CHAPITRE V: PRINCIPES PARTICULIERS

Article 15 - APTITUDE.

Article 16 - COMPÉTENCES.

Article 17 - FORMATION.

Article 18 - LEGALITÉ.

Article 19 - RÉFLEXION.

Article 20 - AUTHENTICITÉ.

Article 21 - DISCRÉTION.

Article 22 - TRANSPARENCE.

Article 23 - OBÉISSANCE.

Article 24 - INDÉPENDANCE DE JUGEMENT.

Article 25 - ÉQUITÉ.

Article 26 - IMPARTIALITÉ.

Article 27 - EXEMPLARITÉ.

Article 28 - RESPECT DES BIENS ET RESSOURCES DE L’ÉTAT.

Article 29 – RESPECT DU TEMPS DE TRAVAIL.

Article 30 – ESPRIT DE SERVICE.

Article 31 – UTILISATION DE L’INFORMATION.

Article 32 - HONNEUR.

Article 33 - TOLERANCE.

Article 34 - DEVOIR D’INFORMER.

 

CHAPITRE VI: RÉGIME DE BÉNÉFICES PROHIBÉS

 

TITRE I: BÉNÉFICES D’ORIGINE EXTERNE

Article 35 - BÉNÉFICES PROHIBÉS.

Article 36 - PRÉSOMPTIONS.

Article 37 - EXCEPTIONS.

 

TITRE II: BÉNÉFICES D’ORIGINE INTERNE

Article 38 - BÉNÉFICES PROHIBÉS.

Article 39 - EXCEPTIONS.

 

 

CHAPITRE VII: INCOMPATIBILITÉS FONCTIONNELLES

Article 40 - CONFLITS D’INTÉRÊTS.

Article 41 - CLIENTÉLISME ET OU FAVORITISME.

Article 42 - CUMUL DE FONCTIONS ET MANDATS.

Article 43 - ACTIVITÉS PRIVÉES.

Article 44 - PÉRIODE DE CARENCE

 

CHAPITRE VIII: CONSÉQUENCES

Article 45 - SANTIONS.

Article 46 - PROCÉDURES.

Article 47 - ENREGISTREMENT.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Pouvoirs n°148 - Janvier 2014 - 204 pages 

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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 12:07

Download.html.jpg Evènement Cinémaginaire  :€ Mercredi 5 février à 21h  - Cinéma  Jaurès  - 66 Argelès sur  Mer     

- MIREM CATALA -


cycle de films en version originale en catalan et sous titres français

 

KILIAN JORNET, EL COMPTADOR DE LLACS

Film de Veronica Font (Catalunya 2013 – 59’

 

 En présence de la réalisatrice ! 

 

El documental ens fa descobrir, a través de la mirada i els pensaments més íntims de Kilian Jornet, els seus desitjos, el seu amor per la muntanya i per aquelles persones que són part de la seva vida i que han contribuït a forjar un gran esportista i un ésser humà excepcional.

Un viatge emocionant per descobrir el nen que somiava ser "comptador de llacs"!

 

Ce documentaire nous révèle, le regard et les pensées les plus intimes de Kilian, ses désirs, son amour pour la montagne et pour les personnes de son entourage.

Celles qui ont contribué à forger le grand sportif et l'être humain exceptionnel qu'il est devenu.

Un voyage émouvant qui nous fait découvrir l'enfant qui rêvait de devenir “compteur de lacs”!

 

Tarif : 4 euros

 

 


***AGENDA DE LA LIBRAIRIE Torcatis FEVRIER 2014 :

 

En hommage au 75 ans de la Retirada, la librairie Torcatis mettra en avant durant tout le mois de février la mémoire

des vaincus dans la guerre et l'aps guerre civiles espagnole


 

Le Mercredi 5 Février à 18H30 Médiathèque d'Elne

Vernissage de l'exposition "Ermo dans la révolution" par Bruno Loth.

Dédicace de BD

 

 9782952678407_1_v.jpg Le vendredi 7 Février à 18H00 Librairie Torcatis

Rencontre avec  VICTOR DEL ARBOL,  ALFONS CERVERA et GILDAS GIRODEAU

Le 8 Février au matin ces auteurs seront présents à la bibliothèque de Bouleternère et en soirée à Collioure chez Itaca (domaine La tour vieille)

 

 9782330015145_1_v.jpg   9782357070110_1_v.jpg  9782919174058_1_v.jpg  Le vendredi 14 Février à 18H00 Librairie Torcatis

Rencontre avec DAVID M. THOMAS

L'auteur sera présent à la Médiathèque de Perpignan pour un petit déjeuner littéraire à 10H10

le samedi 15 Février.

 

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Le Samedi 22 Février et le Dimanche 23 Février Maternité Suisse d'Elne

de 14H à 18H00 FESTIVAL DE BANDES DESSINEES

Avec Antonio Altarriba , KIM, Bruno Loth, Inaket, Begona et JM Minguez

 

 9782366240702_1_v.jpg 9782207109724_1_v.jpg  9782749304717_1_v.jpg  9782952678421_1_v.jpg

 
Tout le mois de Février 2eme étage de la Librairie Torcatis

Exposition de Frédérique Berlic autour de son livre

Retirada Février 1939 la Cerdagne se souvient

 

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Détail de chacune des manifestations sur www.librairietorcatis.com


 

***Concert les Affinis

Publié le 03/02/2014 à 10:18 par leblogcultureldyl

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Orgue romantique

 

Jeudi 6 Février 2014 de 12h30 à 13h15

Cathédrale Saint-Jean Perpignan

 

Classe de Jean-Pierre BASTON

 

PROGRAMME

Franz Liszt (1811 - 1886)

Excelsior (1875)

              A l’orgue, Odile PECH   

 

Jean Legoupil (né en 1945)

 

Deux extraits de la Petite Messe en forme de suite sur le Kyriale Pater cuncta, op. 46

  Entrée : Musette sur Kyrie

  Elévation : Récit sur Benedictus

              A l’orgue, Clément CROUZET

 

Marcel Dupré (1886 – 1971)

 

Toccata sur Placare Christe servuli (Toussaint)

               A l’orgue, Bénédicte ROUQUIÉ

 

Charles-Marie Widor (1844 - 1937) 

 Cantilène, 3ème mouvement de la Xème Symphonie, dite "romane" op. 73, 1900 (Pâques)

 

Toccata (final de la 5èmeSymphonie, op. 42 n°1, 1879)

              A l’orgue,

              Marie-Hélène PECH DE LACLAUSE

              (Lauréate du DEM d’orgue).  

 

Fanette Estrade & Dorothée Pinto

  Direction Artistique 

Isabelle Vernichon  Présidente

 

Association Les Affinités  06 20 89 34 62

lesaffinites@gmail.com

 

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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 12:53

disque-de-teresa.JPG  Teresa Rebull (pochette d'un 33 tours) -photo JPB -

 

En me parlant de la période de l'Occupation et de sa rencontre, à Marseille, à la villa Air-Bel, des poètes et peintres surréalistes, de l'amitié avec Jean Malaquais, surtout et avec Dina Vierny, Teresa m'apprend sa participation à la coopérative ouvrière des "Croque-fruits" (textes ci-dessous) et l'exposition actuelle de la galerie Alain Paire, en hommage à cette "utopie ouvrière" (voir le site de la galerie A.Paire, à Aix)...

 

...La saga des Croque-fruits (merci au site:http://emploiparlonsnet.fr/figures-libres/la-saga-croque-fruits )

Alors que léconomie sociale est un secteur de plus en plus reconnu comme ressources demploi et de travail intéressants, on fête les 70 ans dune coopérative mythique.

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Dans le pot-au-noir de la crise et face aux promesses rugueuses de la rentrée, quelques récits optimistes peuvent avoir leur utilité. Il en est ainsi de la légende de Croque-fruits. Une légende vraie qui sest passée à une autre époque encore plus troublée et bien plus cruelle, celle de lOccupation. La revue Feuilleton, sous la plume dAdrien Bosc, et des dessins de Frédéric Pajak, a eu lexcellente idée dexhumer ce morceau dhistoire sociale dans un long article passionnant. Les frères Lucien et Sylvain Itkine sont réfugiés dans le Marseille de 1940. Le premier est chimiste, lautre metteur en scène.

La mouise leur donne une idée. Le chimiste de la fratrie met au point une recette épatante : le « Croque-fruits » est une friandise constituée de dattes et damandes broyées, déclats de noisettes et de pistaches. « Il faut fabriquer de la nourriture, choisir un produit naturel qui puisse se conserver plusieurs semaines au moins », explique t-il à son frère et au cercle de sept amis désoeuvrés. Tous les ingrédients de sa barre de friandise ont lavantage de ne pas être encore contingenté. On peut se les procurer sans problème dans un port ouvert sur lOrient. De plus, les « Croque-fruits » pourront être proposés en vente libre, sans la nécessité de tickets de rationnement. Les coopérateurs acceptent de travailler sans être payés. Pour voir. Sylvain Itkine avance un peu dargent. On loue un petit local rue des Treize escaliers, entre la Porte dAix et la place Marceau. La coopérative fait lacquisition de quatre machines doccasion servant à broyer les ingrédients de ces bâtonnets magiques.

 

« Il est bien entendu que toutes facilis seront accordées à chacun pour augmenter les heures de liberté qui lui sont nécessaire»

Le cinéma des années 30 avait habitué le public aux coopératives ouvrières. Cest ainsi que Jean Renoir sur un scénario de Jacques Prévert, en 1936, dans Le crime de Monsieur Lange, donne lexemple dune maison dédition transformée en coopérative ouvrière prospère. On connaît aussi la guinguette coopérative du duo Vanel-Gabin de La Belle Equipe. Sylvain Itkine avait déjà songé avant-guerre à fonder une coopérative ouvrière théâtrale cette fois, avec un certain Jean-Louis Barrault. Et il a joué lui aussi (un odieux commissaire) dans Le Crime de monsieur Lange.


Cette fois, le metteur en scène a lancé « La coopérative du fruit mordoré » et théorisé le statut, approuvé par la petite bande. Elle constitue pour de vrai et très rapidement un havre pour tous ces artistes en exode et les chômeurs de toutes sortes. Le travail pas très compliqué consiste à broyer, rouler, puis plier et enfin envelopper la friandise dans du papier doré et gaufré à lenseigne de « Croque-fruits ». La productivité est étonnante : sans se presser, les équipes  réalisent jusquà 3 500 barres par jour. La petite société doit embaucher rapidement des commerciauxauxquels seront versés quelques résistants qui vendent même ces friandises en zone occupée. Dans son livre de mémoires, léditeur José Corti qui fut un familier des Itkine, a conservé des souvenirs enchantés de la petite utopie qui lui semblait être « la solution du poète » face aux noirceurs de lépoque.

Un statut poétique qui connaît un succès commercial invraisemblable

De sept « Croque-fruits », ou « Croque-fruitards » comme ils sappelaient entre eux, la coopérative a accueilli, en moins de deux années, jusquà deux cents ouvriers co-gestionnaires ! On y entre par cooptation, et lon doit effectuer un stage rémunéré dau moins quinze jours. Un principe idéaliste, voire poétique, guide la destinée de lentreprise. Les salaires et la part des bénéfices étaient les mêmes pour tous (60 francs/jour) à lexception consentie des trois dirigeants , mais étaient bien supérieurs à ceux des ouvriers marseillais. Mieux, les statuts de la coopérative prévoient un aménagement des horaires :« Il est bien entendu que toutes facilités seront accordées à chacun pour augmenter les heures de liberté qui lui sont nécessaires ». Lesprit maison est clairement affiché et vise quatre objectifs essentiels :« lemploi du maximum possible de personnel ; la rationalisation du travail ; la réduction des heures de travail ; la souplesse de lorganisation intérieure ».

« La coopérative du fruit mordoré connaît un succès invraisemblable » résume Adrien Bosc. Le chiffre daffaires atteindra le million de francs en 1941. Le dessinateur Jean Effel réalise une série de publicités telles que «  Je pense donc je suis (Descartes), Je mange donc Croque-Fruits (sans carte) »

En 1942, les Allemands fondant sur Marseille liquident en décembre lexpérience Croque-fruits. La fabrique a fermé. Laprès Croque-fruits a été terrible. Beaucoup de ses coopérateurs ont rejoint la Résistance. Sylvain arrêté mourra sous la torture de la Gestapo et de Klaus Barbie, Lucien périra en déportation à Birkenau. Les ateliers fantômes de la coopérative ont été rasés lannée dernière par le chantier Euroméditerrannée. De cette utopie du travail, il ne reste plus rien quun entêtement féerique, une douce chaleur poétique, une envie den croquer de ce fruit-là.

Emmanuel LemieuxLesinfluences.fr

>« Croque-fruit » dAdrien Bosc in revue Feuilleton (N°2, Hiver 2012), 15 , en librairies. www.boutique-feuilleton.fr

 

**Sylvain Itkine (né le 8décembre1908 à Paris et mort le 20août19441 à Saint-Genis-Laval2) est un acteur, auteur, metteur en scène et directeur de troupe français. Résistant durant la Seconde Guerre mondiale, il a été tué par la Gestapo.

Son père, Daniel Itkine, juif originaire de Lituanie, exerce la profession d'ouvrier joaillier. À 14 ans, Sylvain Itkine quitte l'école et suit des cours du soir pour être comédien. Il milite dans des mouvements d'extrême-gauche3.

Membre d'une compagnie amateur, il dirige L'Avare, où il joue le rôle d'Harpagon et entre ensuite au cours Simon. Au cinéma, il joue des seconds rôles dans plusieurs films de Jean Renoir dont Le Crime de Monsieur Lange (1935) et La Grande Illusion (1937). Il est également un ami de Paul Éluard et d'André Breton fréquentant le groupe des surréalistes et faisant partie du groupe Mars, proche du groupe Octobre de théâtre-ouvrier proche du parti communiste français.

Durant l'occupation il part pour Marseille. Là il crée avec amis et famille une société coopérative alimentaire, nommée « Le Fruit modoré » (plus tard « Croque-Fruits »). Sylvain Itkine devient actif, sous le nom de « Maxime », dans le réseau de renseignement des Mouvements unis de la Résistance (MUR) où il est chargé de l'identification et de l'exécution d'agents allemands (réseau Kasanga). Dénoncé par un agent double infiltré, il est arrêté le 1er août à Lyon et interrogé sous la torture par la Gestapo ; il est fusillé le 20août1944 dans le cimetière de Saint-Genis-Laval.

Sylvain Itkine, "Diable écarlate" et "Croque-Fruits", 1908-1944- galerie Alain Paire (extraits-merci à A.P.)

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http://www.galerie-alain-paire.com/

Samedi, 18 Janvier 2014 

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Sylvain Itkine, Jacques Herold, Aube et André Breton, Villa Air Bel, hiver 1941, la corvée de bois 

(archives Aube Breton).

Il était né à Paris en décembre 1908. Ami d'Eluard et des surréalistes, Sylvain Itkine fut en 1937 le metteur en scène d’une version d'Ubu enchainé complétée par des décors de Max Ernst. Fondateur à Marseille, entre 1940 et 1942, d'une coopérative ouvrière qui s'appelait "Le Fruit Mordoré", il dirigea à Lyon un réseau de résistants assassinés par la Gestapo le 1 ou bien le 2 août 1944.

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 10:54

images-copie-13.jpeg   Teresa Rebull et l'Indépendance de la Catalogne

 

 

"L'Indépendance, pour quoi faire..? Quelle est la cohérence ? 

 

Le sens ? Il faut le montrer au peuple dans le langage du peuple !

 

 

Les arguments des Indépendantistes, c'est de la politique folklorique ! Que va devenir la Catalogne après l'Indépendance ..?

 

Ils pensent qu'avec la langue et des sardanes, on va s'en sortir..? Je suis indépendantistes quand il s'agit de manifester ! Mais les idées et le projet global, les conséquences..?

 

Je considère qu'on a besoin de décider nous-mêmes, du point de vue économique : c'est le point central.

 

Et du point de vue social : "Catalogne catalana et sociale !" : je pense comme ce slogan du POUM ! *

Mais l'indépendance en Catalogne est organisée par les curés (mais j'ai un énorme respect pour les moines de Montserrat et de Saint-Michel de Cuxa) : avant la manif, il faut aller à la messe !!!

 

En fin de compte, je ne crois pas à l'Indépendance..."

 

 

(Chez Teresa R., Banyuls, le 28.1.2014- J.P.Bonnel : je me rends depuis des mois chez T.R. en vue d'un livre sur elle, sur ce qu'elle n'a pas encore dit ...

 

  et, plus largement pour un livre sur "La Mémoire culturelle dans le 66, au XX° siècle et au tournant du XXI°": entretiens avec Claude Massé, Jacques Maso, Gilles de Montauzon, Serge Fauchier, Claude Delmas, Renada Portet, Eliane Comelade, Pere Verdaguer, Jordi Pere Cerda, Daniel Tosi, Joséphine Matamoros, Serge Camké, Michel Aunaudiès, Henri Iglésis...)

 

 

 

--- * Parti ouvrier d'unification marxiste.

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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 10:30

 

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  CML : carte blanche à Michèle Bayar, Françoise Dumas-Rossel et Ysa Dambressac

 

    Le Cml vous invite à rencontrer Michèle Bayar, Françoise Dumas-Rossel et Ysa Dambressac pour la psentation des ouvrages « Mort sur le Sumptuosa » et « Sous X » (Editions Les Presses Littéraires) lundi 3 février à 18h au Conseil Général (Hall Guy Malé/ Quai Sadi Carnot-Perpignan). Cette conférence sera suivie d'une séance de dédicaces en collaboration avec la Librairie Torcatis.

 

« Mort sur le Sumptuosa »  de Michèle Bayard et Françoise Dumas Rossel.

 

Des Catalans de la Côte Vermeille embarquent sur le Sumptuosa pour une croisière de rêve en Méditerranée. Mais la camarde est aussi à bord et même embusquée sur les sites les plus idylliques.

 

Fille de la grande bourgeoisie banyulenque, Hélène accepte de participer à ce voyage malgré le pressentiment quelle y rencontrera son destin.

 

Les légendes et les rancoeurs locales ont la vie dure. Des signes avertissent lhéroïne que la mort lattend et elle en est presque soulagée. Mais, à sa grande surprise, celle-ci a un visage humain dangereux, inattendu. Son fils Kevin est menacé lui aussi.

 

Une âme errante a-t-elle le pouvoir dagir parmi les vivants ? Emilio, flic de bord héritier de Corto Maltese et marin sensible, fait des rêves étranges.

 

Michèle Bayar est auteure de nombreux romans pour la jeunesse, dont Un figuier venu dailleurs – La Retirada, écrit en complicité avec des enfants de républicains espagnols. Elle aime se situer à la limite du fantastique et perdre son lecteur sur la frontière poreuse entre le réel et limaginaire.

 

Fille du cru banyulenc, Françoise Dumas-Rossel, auteure de plusieurs livres poétiques illustrés, aime partager les beautés et les secrets du terroir catalan et emmener son lecteur sur des chemins dombre et de lumière. Pour la première fois, elle coécrit un roman policier, amicalement accompagnée.

 

 

« Sous X » dYza DAMBRESSAC

Yza
mène son lecteur de A à Z par le bout du nez ! Dès le titre, la polysémie nous intrigue et nous interpelle et nous interroge : né sous X ? Equation à double inconnue ? A moins quil ne sagisse de quelque référence porno ?
Ce qui caractérise ce récit, cest son rythme. Les victimes ségrènent au fils de 44 chapitres, comme dans les 10 petits nègres dAgatha Christie. Le lecteur haletant, attend et redoute lannonce dune nouvelle trucidée, celle qui va poursuivre la guirlande féminine et mortelle ébauchée dès lentrée du roman.
Ce polar régional est dune efficacité et dune astuce redoutables ! Comme dans les films de Claude Chabrol, on a le détail de ce que mangent et boivent les personnages. Car cest aussi le roman dune gourmande, dune épicurienne

Ce qui est intéressant également, cest la diversité de linstance narrative. Lauteur entrecroise des chapitres du point de vue de lenquêtrice, et dautres racontés par le meurtrier. Ce stratagème narratif est délicieux !

 

Rencontre à ne pas manquer !  Entrée libre - Infos Cml 04 68 51 10 10



Emmanuelle Malé
Administration du CML - Secrétariat des Prix Méditerranée
CML - Hôtel Pams - 18 rue Emile Zola - 66000 Perpignan
Tél. +33 4 68 51 10 10
P
ort. +33 6 69 79 15 01
www.prixmediterranee-cml.com

 

  

2-fevrier.jpg Musique Elne

 

Joan-Llorenç Solé en grand format, dimanche 2 février à Elne.

 

A l’occasion de ses cinq ans de scène, le chanteur Joan-Llorenç Solé se produira en compagnie des 11 musiciens de l’Orchestre Amoga, le dimanche 2 février, à 15 h 30, salle des fêtes d'Elne. Cette prestation fera suite au succès d’une première prestation, salle comble, le 24 novembre 2013 au Théâtre Lavigne de Peyrestortes. 

 

   Mélodies délicates et textes sensibles prendront place dans un concert jalonné des titres du nouvel album de l’artiste, « Tot somniant » (Tout en rêvant). Le chanteur «à la voix chaude, puissante et profonde (…) qui fait rêver » (L’Indépendant), entraînera le public dans une ambiance tantôt onirique ou festive, entouré d’un ensemble complet comprenant violons, piano, guitare électrique, batterie et tenora. La musique pop se mariera à la chanson tranquille et à l’havanera, pour servir « Tira endavant », « Llibertat », « Festa Major » ou encore « Tot somniant », tirés de son dernier opus et des précédents. Ce spectacle résolument tourné vers l’avenir n’oubliera pas le patrimoine du Pays Catalan, au travers d’interprétations de chansons de Joan Pau Giné et Jordi Barre, réorchestrées.


Nouveau temps fort d’une carrière prometteuse, cet évènement sera l’occasion de découvrir la nouvelle voix de la chanson catalane, engagée avec soin dans son époque. Cette parenthèse artistique, dans une époque tourmentée, est recommandée à toutes les générations. Elle est organisée par l’association Comité Local d’Animation d’Elne, parallèlement à l’agenda de récitals donnés par Joan-Llorenç Solé, en version solo, dans l’ensemble du Pays Catalan.

 

2 février 2014, 15h30, Salle des Fêtes d’Elne.
Entrée gratuite, avec signature de l’album « Tot somniant » en fin de spectacle.

 

Retrouvez l’actualité de Joan Llorenç Solé su "http://www.joanllorencsole.com/"    -    www.joanllorencsole.com

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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 14:30

images-1-copie-5.jpeg      * photo : Alain Tarrius, Docteur en sociologie, professeur émérite des Universités, auteur de multiples ouvrages passionnants, dont un, marquant, sur Perpignan et ses dérives (drogues, immigration, clientélisme, bourgeoisie locale...)


 

   ** D'abord, je rectifie mon erreur dans l'article sur Dieudonné qui aurait été invité à Perpignan par "Boitaclous" : erreur de ma part, mauvaise source, traître d'indic ! Que Thierry Meyer veuille m'excuser, lui qui a refusé cet "artiste" (le seul, m'a-t-il confié) : c'est le directeur du parc des expositions qui l'avait programmé; il l'avait signalé à un bureaucrate de la mairie, mais le maire n'a pas été mis au courant...  On comprend alors mieux la colère de M. Pujol, qui a tenté d'interdire ce spectacle ! 

 

 

  *** Je lis ce matin la page entière consacrée à la candidature de Louis Aliot aux municipales perpignanaises : on savait que le journal Le Monde avait dépêché un journaliste, Abel Mestre, dans la cité catalane, une des villes-phares des élections, en raison de la présence du compagne de Marine Le Pen et de la gagnabilité de la ville par le FN.

 

Des approximations et des erreurs : si le journaliste ne suit que L. Aliot, il n'entendra qu'un son de cloche (qu'on me pardonne ce mauvais goût, dans cette formule venue de l'inconscient !), mais pas la vérité vraie... Il accompagna le frontiste dans le quartier de Cassagnes et avance dans son papier que les gitans, trahis par le maire actuel, vont voter FN... Il montre l'influence du parti extrémiste depuis Pierre Sergent...parle de la dynastie Alduy...et nous ressert toujours les mêmes infos et lieux communs...

 

En outre, aucun développement sur les autres candidats, Cresta, Codognès et Ripoull, celle-ci n'étant même pas citée, ce qui est scandaleux, quand on prétend écrire dans un quotidien "objectif"... C'est là, le métier d'un investigateur..?

 

Le journaleux reparle de l'affaire des chaussettes, sans savoir que des bulletins sont sortis aussi des soutiens-seins de Marie Claire, affaire qui devrait rejaillir... (cf. le blog d'hier sur la "mort symbolique" de J.P. Alduy)...

 

Enfin, en raison d'un décalage entre l'enquête et la publication, il dresse des hypothèses sur une union de la gauche conduite par J.Codognès, alors que le marchandage entre le PS et les Verts a été résolu entre les listes de Marseille et d'Arras (je m'étais moi-même, il y a quelques jours, mépris sur ce donnant-donnant !)

 

L'aspect positif de l'article, c'est le recours aux sociologes et historiens locaux, très au fait des manigances et corruptions à Perpignan : les copains Alain Tarrius, Dominique Sistach et Nicolas Lebourg sont cités avec abondance ! 

 

Rappelons que ces chercheurs donnent à lire leurs études dans la nécessaire revue "RUIXAT", publiée par les éditions Trabucaire ( 2 n°s parus, 13 euros chacun, diffusée en librairie - www. trabucaire.com  ).

 

Prions les dieux et les diabledonnés pour que la venue du FN à Perpignan ne dure que l'espace d'un ruixat, ce moment d'averse brutale, suivie rapidement e la réapparition du soleil...

 

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