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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 11:34

photos 0695  J.P.Bonnel : Port-Bou et Cap de Creus.

 

 * Hommage à WB 1 : demain mercredi 25 septembre, rando de Banyuls à Port-Bou - RV à 7h30 devant la mairie de Banyuls, sinon départ de Puig del Mas (parking avant le torrent) - Pique-nique au col (de Rumpissa) - repas à Port-Bou et visite du cimetière.

 

    ** Contact JPBonnel : 06 31 69 09 32 -  carte : voir numéro spécial de "Pyrénées Magazine", été 2013 (tracé et reportage de P.Teisseire-Dufour avec J.P.Bonnel).

 


 

* W.Benjamin est-il un philosophe ?

 

Très peu d'oeuvres de l'auteur des "Passages" peuvent être qualifiées de philosophiques, à part la thèse initiale qui fut très mal reçue par l'université et à part sa dernière oeuvre, inachevée sue "Le concept d'Histoire"; il s'agit là sans aucun doute d'un des plus beaux textes philosophiques du XX° siècle.  Le marxisme hétérodoxe de ces Thèses et l'écriture poétique, fulgurante et polysémique font de cette courte réflexion une oeuvre originale, unique...

 

Cependant WB n'est pas philosophe au sens de créateur d'un "système" (ni Camus, par exemple, ni Onfray, ni les "nouveaux philosophes", style BHL, A.Glucksmann... Sartre, peut-être avec l'existentialisme...)

WB est un intellectuel, un penseur d'avant-garde qui s'est intéressé aux nouveaux médias (cinéma, photographie, messages urbains): on le redécouvre car il est moderne, ses thèmes (l'aura de l'oeuvre d'art...) sont actuels. 

Mais ce n'est pas un philosophe, lui-même détestant, comme Goethe, la philosophie, qu'il a pourtant bien étudiée !

 

Si nous considérons ses sujets d'étude, il est question de langage, d'Histoire, de traduction, surtout de littérature (Proust, Kafka...); Hanna Arendt le qualifiait "d'homme de lettres"; lui-même voulait devenir le plus grand critique littéraire d'Allemagne; son oeuvre littéraire est sans doute plus importante que son oeuvre philosophique, mais il faut considérer les "Thèses sur l'Histoire" à part car monumentales par la vision du futur, le regard vers le passé, la volonté de ne pas croire au progrès qui broie les foules et les anonymes.

 

WB un philosophe, non, mais un anonyme, que l'on découvre, mais dont la mort est une énigme et sa tombe un signe faux et virtuel... Il n'aimait pas les étiquettes, on ne peut le classer, le cataloguer : WB est irrécupérable. Proche des communistes, puis contre le communisme orthodoxe, marxiste mais mystique et romantique, fortement marqué par la théologie et le messianisme juif, WB est divers, insaisissable...

 

C'est le penseur de l'utopie, le défenseur d'une Histoire vue du point de vue des vaincus, des sans-grades : une conception à rebrousse-poil. C'est ça, WB est notre poil à gratter, notre penseur anticonformiste qui ne sera jamais du côté des maîtres et des puissants !

 

C'est le penseur qui tente d'apporter l'espoir d'une civilisation humaine délivrée de la haine, de l'horreur, des guerres. Mais le char triomphal du progrès et l'ambition des politiciens et l'affairisme des financiers et marchands de canons nous condamnent à la mort et à l'extermination des faibles...

Walter-Benjamin--JPBonnel.jpg

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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 19:55

 

Ceci-n-est-pas-une--jpg (photo Jean-Pierre Bonnel)

 

             La poésie : un combat de chaque jour contre les discriminations…

 

«Je ne pense peut-être pas comme vous; néanmoins je ferai tout ce qu’il est en mon pouvoir pour que vous puissiez vous exprimer…»

Voltaire

 

 

La liberté

L’exclu

Le tour d’écrou

Le fou

L’étoile jaune

A un anti-fumeurs

Le nain

Sept  poèmes de Jean Iglesis

 

 

La liberté

 

On m'a baptisé 

Sans me demander mon avis.

On m'a mis à l'école

Sans me demander mon avis.

On m'a appris à utiliser l'argent

Sans me demander mon avis.

On m'a obligé à servir l'armée

Sans me demander mon avis.

On m'a obligé à travailler

Sans me demander mon avis.

Alors aujourd'hui, je souris 

Quand on vient enfin me demander mon avis

Sur la liberté.

 

 

L’exclu

 

Comme je n’avais plus de famille

On m’a oublié de la C.A.F.

 

Comme je n’avais plus de travail

On m’a oublié de la Sécu

 

Comme je n’avais plus de toit

On m’a oublié de l’Office d’H.L.M.

 

Et comme je n’avais plus aucune dignité

On a oublié de m’aimer.

 

 

 

Le tour d’écrou

 

Si tu fais un nouvel effort,

Nous arriverons à bon port.

Il nous faut construire demain

Du labeur même de tes mains.

 

Si tu fais un nouvel effort,

Crois-nous, tu n’auras pas eu tort

De chercher au fond de ta poche

La clé d’un avenir si proche.

 

Si tu fais un nouvel effort,

Ton nom luira en lettres d’or

Au monument des pas-grand-chose

Tombés pour quelque juste cause,

Mais dont on est sûr qu’ils sont morts

D’avoir fait un dernier effort.

 

 

 

 

 

Le fou 

 

Il disait

Que la haine survient toujours après l'amour

Et que ces sentiments changent selon les jours

Et que l'on croit aimer ce qu'on ne peut avoir

Et qu'on a mal au cœur quand on est seul le soir.

Mais nous, on savait bien qu'il ne pouvait penser

Et on disait partout qu'il était insensé.

 

Il chantait

Que la vie est emplie d'innombrables mensonges,

Que la vie ne pourrait après tout qu'être un songe,

Que les hommes ne pensent qu'à se déchirer,

Qu'il n'y a rien de bon enfin à en tirer.

Mais nous, on savait bien qu'il chantait des sornettes

Et hurlions sur les toits qu'il était malhonnête.

 

Il rêvait

A des mondes emplis de sincère amitié,

A des matins plus purs que des rêves d'enfant,

A des hommes loyaux et riches de pitié,

A des îles peuplées de mondes innocents.

Mais nous, on savait bien qu'il rêvait au néant

Et on allait partout en le calomniant.

 

Et, un jour,

Il a dit que le mal ne venait que de l'homme,

Que les chemins ne mènent pas toujours à Rome.

Alors on eut envie de l'entendre se taire ;

On le fit interner dans un lointain asile

Car nous, on savait bien qu'il dérangeait la ville

Et il est maintenant heureux dessous la terre.

 

 

L’étoile jaune

 

Elle dit la haine et la peur,

La shoah d’un peuple qui meurt

Et que le destin abandonne.

Elle le dit mieux que personne,

L’étoile jaune.

 

Elle sait la honte et la faim,

La souffrance de jours sans pain,

La gravité du glas qui sonne.

Elle le sait mieux que personne,

L’étoile jaune.

 

Elle a des reflets au matin

Qui raniment les cœurs éteints

Et ressuscitent les automnes.

Elle revit mieux que personne,

L’étoile jaune.

 

Elle se souvient des ghettos,

De la folie des longs couteaux,

Des libertés qu’on emprisonne

Et s’en souvient mieux que personne,

L’étoile jaune.

 

Et face au ciel qui ne luit plus,

Elle brille pour les exclus,

Au mépris du canon qui tonne.

Elle brille mieux que personne,

L’étoile jaune.

 

 

 

A un anti-fumeurs

 

A ton arrestation

Les flics t'ont passé tabac.

Avant ton exécution

On t'a offert

La dernière cigarette du condamné.

Après que tu as eu cassé ta pipe  

On a inscrit

Sur ta tombe

"Tu n'es que cendres. "

Alors je me dis

Que tu dois fulminer,

Toi qui, durant toute ta vie,

Avais ardemment lutté

Contre le tabagisme.

 

 

 

 

 

Le nain

 

Au square

Quand la petite vieille

Emmitouflée dans sa robe noire

A crié aux pigeons :

"Petits !... Petits !... "

Le nain

Qui se promenait

Sans penser à mal

S'est retourné

Et l'a regardée

D'une étrange façon.

 

Au cinéma

Quand la vendeuse de billets

Emprisonnée dans sa cage de verre

S'est exclamée :

"J'entends des voix !... "

Le nain

Qui demandait un balcon

Sans penser à mal

S'est reculé pour être vu

Et a payé sa place

D'une étrange façon.

 

Sur la route

Quand le conducteur du trente tonnes

Ereinté par le trajet

A hurlé :

"Je fonce !... "

Le nain

Qui empruntait le passage protégé

Sans penser à mal

A voulu échapper au monstre mécanique

Mais s'est fait écraser

D'une étrange façon.

 

Et au cimetière

Quand le fossoyeur

Etonné par la dimension du cercueil

S'est écrié :

"Tout le monde devrait être de cette taille !... "

Le nain

Qui visitait le paradis

Sans penser à mal

A levé la tête

Et s'est mis à sourire

A la façon d'un homme heureux. 

 

Jean Iglesis

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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 22:59

 

Sylvain-Magny-et-Veronique-Carvalho--atelier--La-Tour-des-.JPG photo de Jean Iglésis : Sylvain Magny et Véronique Carvalho, atelier «La Tour des 4 Vents»

 

 

Elne   A la Tour des 4 Vents, le verre connaît un nouveau souffle... 

 

Nul besoin de Rose des Vents pour parvenir à «la Tour des 4 Vents», un atelier singulier et intime dans lequel Sylvain Magny et Véronique Carvalho travaillent le verre, et ce au souffle-même de leur passion commune.

 

Installés depuis 12 ans déjà à la Ville Haute d'Elne, ces deux artistes – qui ne manquent pas d'inspiration - réalisent des créations de pièces en verre soufflé à la canne, ainsi que d'autres, aussi brillantes, en verre ou en métal .

Les œuvres que proposent au public Sylvain et Véronique sont des plus éclectiques: luminaires, objets de décoration pour la table et pour la maison, bijoux... Des créations tout à fait uniques qui allient l'art, l'esthétique et l'utilitaire,  à l'aune d'une savante alchimie.

 

Que l'on soit néophyte ou quelque peu éclairé, les pièces réalisées dans une humilité et dans un savoir-faire qui font honneur  à ce sympathique et jeune couple, constituent des bris de cosmos chus de leur imaginaire, qui envahissent le ciel de notre quotidien...

 

«L'art souffle vers le verre...le verre souffle vers l'art...» un chiasme qui résume assez bien la démarche de la Tour des 4 Vents...

 

A la découverte de cet atelier, naît et grandit la passion que l'on éprouve face à ce qui est beau...Au souffle éthéré du hasard, le verre devient soudain limpide et cristallin... Dans son silence éloquent, ses éclats, ses chatoiements (et ses bris parfois ) n'ont de cesse de parler à notre âme et à nos cœurs...

 

La Tour des 4 Vents – 1 Rue du Couvent – 66200 Elne (parking Sant Jordi, à côté de l'Office du Tourisme) – Tel: 04 68 22 85 79 –

 e-mail  "mailto:magny.sylvain@free.fr"magny.sylvain@free.fr – site web :  "http://www.magny.eu/"www.magny.eu

 

Ouvert du lundi au samedi – de 10 h à 12 h 30 et de 14 h 30 à 19 h

 

 

Jean Iglesis

 

 

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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 10:42

 

 images-copie-26.jpeg  (C) Modest CUIXART.

 


Au restaurant Can Tomàs de Cantallops : peinture et gastronomie

 

 

Teresa Carbonell a obtenu le premier prix de cuisine, à Can L'augustia, à la Jonquera, en 1989. On lui avait déjà rendu hommage en 1977 avec le Prix pour sa trajectoire dans l'hôtellerie...

 

Je regarde les photos de Modest Cuixart placés sur les murs de la salle à manger. Je ne les connaissais pas. Nostalgie : les bons souvenirs de Palafrugell...

 

Ces cadres émouvants et l'ambiance familiale vont convient à la carte locale qui suggère du chevreau, du sanglier en pot au feu, des viandes à la braise...Le vin du pays a été mis en bouteille dans la cave d'Espolla.

 

Miquel Cardoner Vinas est l'ancêtre créateur du restau "Can Tomàs" de Cantallops (Alt Emporda); il a acquis cette maison le 4 juin 1890 pour trois cents duros d'argent...

 

Il est arrivé, portant l'argent dans une bourse, à travers les montagnes de l'Albera, en compagnie d'un homme de confiance.

L'acte de vente sera conclu au mas "Dels Silers", près de Cadaquès.

 

Peu de temps après le père Cardoner va ouvrir son commerce; puis son fils, secondé par son épouse Francesca Carbonell, prend la relève : ils tiendront ce restaurant toute leur vie durant. Ils étaient connus sous les noms de "Le Xeis" et "La Xeixa"...

 

Actuellement, c'est Thérèse, la nièce, qui, avec la famille "es fa carrer". Oui, le fait courir avec talent...

 

* Après avoir visité La Jonquera, ses alcools, ses tabacs, son église, son musée de l'exil (MUME) et ses troubles "paradis", sortez du village, sortez des hypermarchés et prenez, à gauche, la route départementale 601, qui mène à cantallops (7 km environ à partir de la zone commerciale)...

 

 

 

 

 

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CONFERÉNCE « Esthétique de la menace » par Pierre Louis Faloci

Vendredi 20 Septembre 2013 à 19h30
au Centre dArt Contemporain Àcentmètresducentredumonde

Pierre-Louis Faloci travaille et enseigne à Paris. Sa pratique professionnelle et son enseignement tendent vers un seul but : considérer l'architecture et le paysage comme une globalité.

Il développe ce sujet dans un cours théorique à l'Ecole d'Architecture de Paris Belleville appelé «Esthétique de la Menace ».

Ce cours porte sur un inventaire exhaustif de la question de la menace à la fois dans lHistoire et dans le monde contemporain.

Ce thème implique pour lui une nouvelle manière de travailler larchitecture, le paysage et lurbanisme. Il développera, à travers des exemples contemporains, des projets récents ou en cours, ses convictions théoriques. Sappuyant sur le cinéma, lart contemporain et la notion dhistoire sourde des lieux, il explicitera sa manière daborder les projets.

Parmi les projets seront présentés les 20 ans daventure architecturale et paysagère au MontBeuvray (Equerre dargent), larticulation du palais de Justice dAvesnes-sur-Helpe avec une fortification de Vauban, la transformation du musée de Rochefort et du Musée Rodin, la transformation du site du Struthof. Il nous parlera également de projets en cours tels que laménagement urbain du centre ville de Briançon, laménagement du site archéologique de Mariana en Corse et le projet de mutation au môle 1 de Dunkerque de la Halle auxSucres en un pôle urbain regroupant musée du développement durable, learning center, centre durbanisme et archives de la ville et enfin le Musée de la Grande Guerre de Souchez, près de Lens, dont le chantier démarre en fin dannée.

Son attitude est assez marginale dans un monde oùlarchitecture emblématique triomphe plus que jamais. Il pose la question de la « cause » de ce métier et de son véritable rôle théorique et social.

NOTA : Pierre-Louis Faloci a reçu lEquerre dargent pour le Centre Européen dArchéologie du Mont Beuvray, la médaille dargent de lAcadémie dArchitecture et a été nominé trois fois au prix Mies Van der Rohe (grand prix européen de larchitecture)Plusieurs livres sont en préparation sur son cours théorique et lensemble de son travail à ce jour.

visuel-01.jpg

Vendredi 20 Septembre 2013 à 19h30
au Centre dArt Contemporain Àcentmètresducentredumonde

Entrée libre

> à cent mètres du centre du monde / Centre d'Art Contemporain
3, avenue de Grande Bretagne 66000 Perpignan
tél.: 04 68 34 14 35

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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 10:18
images-copie-25.jpeg   François Dumont


 

   Le jeune pianiste nous a fait l'honneur de venir à Elne, en juillet dernier, pour participer au festival de piano "Fortissimo" : un beau succès ! Puis F. Dumont est venu partager un verre après le spectacle : gentillesse et naturel de la part de ce virtuose qui a l'avenir devant lui ! 

 

Il vient d'enregistrer, avec le perfectionnisme qui le caractérise, l'opus complet pour piano de Ravel. Il s'explique lui-même : Ravel et l'interprétation...

 

Il apllique l'exigence du maître à la lettre "jouer, sans interpréter !"; on a pu reprocher à F. Dumont de se montrer trop respectueux (lire l'article dans Télérama du 28.08.2013, page 52 : "manque encore un zeste d'insolence.")... Le talent et le travail sont là; plus tard, bientôt sans doute, le recul, l'ironie, l'insolence ... (JPB)


 

François Dumont joue Ravel chez Piano Classics
François Dumont présente l'intégrale de la musique pour piano de Maurice Ravel, chez Piano Classics ! Un répertoire emblématique interprété de main de maître par l'un des meilleurs pianistes français actuels.


Ravel fascine par sa capacité peu commune à manier avec aisance différents idiomes musicaux, différents langages, différentes formes, tout en gardant pour chacun d'eux une signature sonore bien à lui.

Ainsi, dans « Le Tombeau de Couperin», la concentration de l'écriture pianistique sur une tessiture réduite du clavier, l'utilisation intensive d'ornements, l'économie de la forme et la référence explicite aux danses anciennes de la Suite Française sont autant d’éléments qui, réunis, distillent la saveur particulière de ce magnifique hommage aux grands clavecinistes français des XVIIe et XVIIIe siècles.

Il est par ailleurs difficile de croire qu'il s'agit du même compositeur qui écrit «Gaspard de la nuit ». De par sa virtuosité et sa volonté de repousser toujours plus loin les limites de la technique pianistique, ce cycle est directement influencé par l'écriture lisztienne. De fait, cette influence de Liszt se poursuit dans des pièces comme « Ondine », « Jeux d'eau » ou « Une barque sur l'océan », où Ravel développe le style inventé par Liszt dans « Les jeux d'eau de la villa d'Este», dans lequel les sonorités du piano semblent se métamorphoser en substance aquatique, avec ses incessants miroitements et ses infinis changements de couleurs.

Dans les « Miroirs », Ravel offre une utilisation des résonances (notamment dans les mouvements lents, « Oiseaux tristes »et « La vallée des cloches ») - comparable à la palette d'un peintre impressionniste. Ceci contraste fortement au sein du même recueil, avec les sonorités sèches de guitare et de castagnettes utilisées dans l'Alborada del Gracioso, une pièce authentiquement espagnole, avec ses imitations folkloriques et le « Cante jondo » de la partie centrale...

De même, les « Valses nobles et sentimentales», dont le titre est une allusion directe aux « Valses nobles» et « Valses sentimentales »de Schubert, illustrent la richesse de l’œuvre de Ravel de par leur écriture dans un style « de Salon »- mais ô combien raffiné est cet hommage ironique de Ravel à Vienne!

Ce qui fascine chez Ravel est la parfaite adéquation entre l'essence (ce qui est dit) et les moyens d’écriture utilisés pour le dire. En effet, Ravel brille aussi bien dans l'art d'écrire des Valses viennoises que des Suites Françaises, des fantasmagories lisztiennes, des rythmes folkloriques espagnols, des aquarelles aquatiques, des pantomimes de salon, des prières hébraïques, des fantaisies orientales ou du Jazz.

Quelle maîtrise de la composition, quelle richesse d'imagination! Aucun autre compositeur n'a été capable de parler autant de langues de manière si convaincante.

Pourtant, la vraie nature de Ravel semble se situer ailleurs. Son lyrisme secret nous touche d'une manière unique. Le fait que tant de personnes écoutent encore le « Boléro» dans le monde entier dénote une forte puissance d'attraction, un magnétisme inconnu, un étrange pouvoir de séduction intrinsèques à sa musique.
Au delà du masque de ces harmonies somptueuses, on devine la voix personnelle de Ravel, que je trouve bouleversante en son émouvante simplicité. Ses confessions les plus intimes sont dissimulées derrière une éblouissante profusion de détails, une incroyable richesse d'invention, un art hautement sophistiqué.

L'énigme de Ravel est loin d'être résolue. Ses contradictions sont multiples : il était lui-même un pianiste relativement limité, mais aucun autre compositeur n'a réussi à faire sonner l'instrument de manière aussi colorée et variée, avec son insolente virtuosité et son pianisme raffiné à l'extrême.
Il avait une aversion pour la froideur et la sécheresse des techniciens parfaits, des virtuoses vides de sens. Néanmoins, il déclara ne pas vouloir être « interprété » mais seulement « joué », souhaitant éviter tous les excès des « interprètes ». Cependant, si les tempi très rapides de Marguerite Long dans son Concerto en sol ne le perturbaient pas, car « avec [elle] on était sûr d'entendre toutes les notes » , de nombreuses biographies relatent pourtant ce fameux incident avec Toscanini, qui avait osé diriger le Boléro dans un tempo trop rapide.

La musique de Ravel peut être qualifiée sans aucun doute de « musique française », figurant probablement parmi les œuvres artistiques les plus originales, les plus typiques et les plus représentatives que la France ait produites. 
La structure chez Ravel est toujours clairement dessinée, concise et précise et utilise souvent de nombreuses formes anciennes (Sonatine, Menuet, Fugue, Prélude etc). Cependant, l'audace des harmonies, certaines textures étonnantes, son imagination fantastique sont tout sauf «classiques». 

Il fut un moderniste, un innovateur, revêtu d'un habit classique des plus élégants.

Au regard de ces contradictions, Ravel semble atteindre un délicat équilibre, un savant dosage entre cœur et raison. Sa musique parle aux sens aussi bien qu'à l'esprit, à l'intelligence tout autant qu'à l'intuition. Cela explique en partie pourquoi ses œuvres ne semblent jamais vieillir : elles gardent cette éternelle jeunesse, cette fraîcheur qui a le pouvoir de toujours nous surprendre et nous emmener dans des régions inconnues et féeriques.
La complexité de Ravel ne saurait être qualifiée de purement intellectuelle, sèche ou prétentieuse. Il s'agit plutôt d'une élégance de l'âme, une noblesse de sentiments, une secrète sensibilité que Ravel distille dans l'alchimie de ses harmonies. Sa musique respire l'innocence de l'enfance, elle contient une part indescriptible de magie. La constante référence à un passé révolu (dans le « Tombeau de Couperin » bien sûr, mais aussi dans de nombreuses autres pièces dont le nom est une danse ancienne) dénote une certaine nostalgie, un sentiment de douce amertume qui au détour d'une phrase vous saisit le cœur, par surprise. Ravel nous conte la faille de l'humain, la fragilité et l'innocence du paradis perdu de l'enfance. A ce titre, « L’enfant et les sortilèges » (son unique contribution à l'opéra) semble être une clef pour comprendre son œuvre toute entière. Chez Ravel, pas de débordement d’émotions : c'est souvent ce qui n'est pas dit mais seulement suggéré, implicite, qui est le plus fort et parfois le plus troublant.

La vie de Ravel s'est terminée en tragédie et je ressens ce sentiment tragique dans sa musique. Il ne s'agit nullement d'une tragédie grecque ou beethovénienne, mais plutôt du sentiment de la solitude humaine, son désespoir et son impuissance face à l'inexorable destin.
A mes yeux, même ses œuvres les plus brillantes et les plus populaires (je pense au Boléro ou à l'Alborada del Gracioso) comportent une facette tragique, ans parler du sombre « Concerto pour la main gauche » ou de « La Valse », œuvre quasi autodestructrice.

Un orchestrateur de génie, un esthète aux milles couleurs, tel était Ravel.
Il a transcrit pour orchestre un grand nombre de ses œuvres pour piano de manière souvent spectaculaire, même si, à mon sens, la version originale reste plus convaincante et personnelle.

La beauté de son message, les subtils parfums de l'essence ravélienne stimulent notre imaginaire.
Le rêve de sa musique inspire l'auditeur vers toujours plus de curiosité, de culture et de sensibilité.

(c) François Dumont
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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 09:20

debat-dfmmes-collioure.jpg   bat "féministe" lors du festival du livre de Collioure (août 2013) : à droite, deux des sociologues auteures du rapport sur la prostitution à la frontière des 2 Catalognes ("Du visible à l'invisible", Balzac éditeur, 2003)

 

 ---

 

On peut vouloir l'occulter, instaurer l'omerta, la mettre dans des hôtels claquemurés et des chambres closes, la prostitution est éternelle, indéracinable. ..

 

Comme la guerre, hélas, elle est un besoin, une passion du mâle; et les femmes, féministes ou pas ne peuvent l'interdire ou la supprimer... Pourquoi ?

 

   D'abord, de façon simpliste et évidente parce qu'il y a, à toutes les époques, des femmes qui se prostituent : par obligation (gagner de l'argent), facilité (ça rapporte plus que de faire des ménages), ou plaisir (rarement) !

 

Surtout, il persiste, le commerce des  corps parce que tous les hommes n'ont pas l'aisance ou le physique pour séduire; le laid, le handicapé, l'introverti, ont recours à la liberté de l'échange monnayé...

 

Si 12 à 18 % des hommes (enquête récente) ont recours à la prostitution, par internet de plus en plus, c'est pour assouvir des fantasmes, réaliser des pratiques impossibles dans le couple, connaître des femmes nouvelles, hors-normes, belles, inatteignables dans le quotidien, trouver variété et diversité dans les pratiques sexuelles, fréquenter une femme qui ne vous juge pas, ouverte à toutes les lubbies corporelles, sans tabou... La prostitution est souvent un défouloir, une solution pour éviter un trop grand nombre de viols et de violences (même si la violence est omnipsente à l'encontre d'un corps acheté !).

 

Ces hommes ne sont pas tous des monstres ou des malades : la majorité d'entre eux condamnent le proxénétisme, la traite des êtres humains.

 

La prostitution leur paraît nécessaire, indéracinable; c'est pourquoi la pénalisation leur semble injuste, ridicule : un autre façon pour l'Etat de vous prendre de l'argent...

 

Quant à la morale, condamnons d'abord les va-t-en guerre, les marchands d'armes, les politiciens qui trahissent la démocratie, etc...la liste est longue ! Hélas, encore une foi !

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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 10:15

 

images-copie-23      Après le point de vue des sociologues Tarrius et Sistach (analyses dans RUIXAT n°2, voir le blogabonnel d'hier), voici des compte-rendus du livre de sociologues, dont le travail sur les "puticlubs" de la frontière ont été financés par le CG66 et publiés aux éditions Balzac.

 

Il est à noter d'abord, si l'on compare les deux études, que les auteures du Conseil général ont choisi la graphie catalane de "La Jonquera", tandis que les sociologues de "Ruixat" ont conservé la graphie castillane "La Junquera". Cette graphie est sans aucun doute très signifiante...

 

Nous avons invité, le 23.8 dernier (surtout Robert Triquère, directeur du festival et éditeur) les auteures de ce livre au festival du livre de Collioure, pour un débat de femmes sur la défense des droits des femmes : l'erreur a peut-être été de ne réunir que des femmes sur ce plateau au lieu de les confronter à des hommes (D.Sistach...) sur le même sujet. 

 

   Cependant le jugement d'A.Tarrius et de D.Sistach, sur l'analyse des féministes Aude Harlé, Lise Jacquez... est très sévère (voir pages 55, 57 et 58 de la revue Ruixat.) :

 

"Une  étude commanditée par l'exécutif départemental 66 consacre à cet "arrêt sur images et morale commodes". Sans analyser les rôles de l'argent, des drogues, des bourgeois locaux, des mafias russes-italiennes, des hommes de main géorgiens, des camionneurs complices, de la perversion clientèliste de l'action publique locale, il ne reste qu'à stigmatiser les femmes visibles près des carrefours, sans même leur parler : en elle-même la m'éthode porte le stigmate..."

 

 

 

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dernière mise à jour ¬ 11/09/13 | mercredi 11 septembre 2013 | je m'abonne

 

Bordels de la Jonquera, parcs d’attraction machistes : une étude percutante met du sel sur les plaies

juin 2013, par Claudine Legardinier

Enfin une analyse solide – et passionnante – sur l’impact des "puticlubs" de la Jonquera à la frontière catalane. En ouvrant des parcs d’attractions façon Disney pour une nouvelle génération de "clients" français, les industriels du sexe ne font que réactualiser les valeurs les plus traditionnelles du machisme en les relookant sous l’emballage attrayant du loisir, de la pornographie et de la consommation. Et les femmes, toutes les femmes, en payent le prix.

“A la frontera tot s’hi val [1]” : à la frontière, tous les coups sont permis. Cette expression commune en pays catalan frontalier est une parfaite illustration de la nouvelle donne liée à la floraison des bordels dans la région de la Jonquera. Dans cette zone duty free, le chaland se fournit en essence, tabac et alcool à bon marché, auxquels il peut ajouter une marchandise femme de plus en plus prisée : souvent des Roumaines, largement contrôlées par des groupes mafieux [2].

Ce que décrivent Aude Harlé, Lise Jacquez, Yoshée de Fisser, les auteures, qui ont exploré à la fois l’impact des bordels sur la vie des habitants de la Jonquera, sur la jeunesse des Pyrénées-Orientales et leur traitement dans les médias , est une véritable culture qui imprègne désormais le sud de la France. Dans les Pyrénées-Orientales, “aller à la frontière” est devenu banal. Un homme peut s’en vanter, d’autant qu’un bordel comme le Dallas fait l’objet de chansons et que des équipes sportives disent aller s’y “détendre”.

Pour les habitants de la Jonquera, opère un effet de miroir entre la prostitution de rue et celle des bordels : forcée et sale dans la rue, elle serait libre et bénéficierait de garanties d’hygiène en « club ». Ce qu’il faut éradiquer, c’est la prostitution visible dans l’espace public. Sur les bordels eux-mêmes, les habitants sont ambivalents. Leur présence est déplorable en termes d’image mais leurs rentrées font vivre la commune : une dizaine de salons de coiffure, des bars, des restaurants, des chauffeurs de taxi, des pharmaciens, des acteurs de la presse locale…

La prostitution est un sujet qui se prête à toutes sortes de croyances et de représentations. Une nouvelle preuve en est donnée ici, par exemple en ce qui concerne les représentations sur l’hygiène. Voulant en savoir plus, les chercheuses ont mené l’enquête… et n’ont pas trouvé trace des fameux contrôles médicaux tant promis. Quant à l’image de liberté et d’indépendance, les affaires les plus sordides –proxénétisme, viols et menaces - ne semblent pas pouvoir en venir à bout.

La région de La Jonquera est ainsi devenue un non-lieu, un « ailleurs » où la transgression est possible. Les tenanciers de ces parcs d’attractions à la Disney soignent leur politique de communication auprès de médias [3] rivalisant le plus souvent de zèle pour promouvoir ce versant porteur de la "modernité". Et ils travaillent le marketing en misant sur le côté Las Vegas, appâtant les jeunes hommes qui se voient en mesure de concrétiser un rêve que les auteures de l’étude appellent “l’utopie pornographique”.

C’est sans doute là l’aspect le plus passionnant de l’étude. Les entretiens montrent comment la fréquentation des « clubs » est devenu un rite initiatique. Les pairs, l’entourage - entraîneur sportif, père ou grand père... - exercent une forte pression sur les jeunes hommes. Un homme a le droit, et même le devoir, de satisfaire ses “besoins sexuels”. Il est alors “un vrai mec”, pas un “pédé”, il fait partie du groupe en énonçant ses performances, la compétition n’étant jamais loin. Fréquenter les prostituées tient de plus en plus de l’injonction sociale.

Mais ce travail viril n’est pas sans conséquences. Pour de nombreux jeunes des Pyrénées-Orientales, la prostitution est souvent devenue “le premier regard qu’ils portent sur la sexualité et le genre féminin sexué” ; ce qui ne peut qu’influer sur leurs comportements mais aussi sur leurs valeurs.

Leurs représentations sont édifiantes. Les prostituées ne sont pas des femmes ; ce sont des “filles”, des “putes”, des étrangères, faibles, faciles à manipuler et tenues au silence (“si elles se mettent à parler, ça casse tout”, dit un jeune "client") ; des sous-femmes ravalées au rang d’objet. Quant à leurs amies et compagnes, elles se trouvent face à la quadrature du cercle. Poussées à tout faire pour se distinguer des prostituées de façon à rester respectables socialement, elles bataillent dans le même temps pour être des “canons” sexuellement à la hauteur. Car les jeunes "clients" n’hésitent pas à se livrer à des comparaisons et même à exercer un chantage. Face à ces injonctions contradictoires, elles sont à la fois “pas assez pures” et “pas assez putes”. Certaines expriment la honte qu’elles ont de leur corps, leur sentiment d’impuissance, ce que les auteures appellent “une souffrance de l’être femme”.

On voit ainsi à quel point les jeunes femmes se trouvent soumises au contrôle et à l’auto-contrôle de leur sexualité, obligées de se soumettre à des normes pornographiques en oubliant leur propre désir et plaisir. Un imaginaire sexuel forgé par la prostitution et la pornographie renforce les schémas traditionnels de la domination masculine, exacerbe les normes virilistes, le virilisme pouvant être défini comme l’idéologie de la virilité avec ses imaginaires de domination, notamment dans le domaine de la sexualité.

Clairement, la fonction de la prostitution, ici magistralement illustrée, est profondément inscrite dans la culture machiste et remet en cause, pour les femmes, les avancées péniblement acquises en matière d’accès à la sexualité choisie. Comme le soulignent les auteures, “les clubs de la Jonquera concentrent les valeurs traditionnelles les plus sexistes et les valeurs marchandes et consuméristes de l’hypermodernité”.

Il fallait que ce soit dit. Le contexte culturel de valorisation de la prostitution a des conséquences sur l’ensemble des femmes, sur leur vécu et sur leur sexualité. Souhaitons que cet important travail suscite de nouvelles recherches sur la violence sociale qu’engendre la prostitution.

"A la frontera tot s’hi val". Effets-frontières dans l’Espace Catalan Transfrontalier : Vécus, usages sociaux et représentations du phénomène prostitutionnel, une étude d’Aude Harlé et Lise Jacquez, coordonnée par Sophie Avarguez, dirigée par Martine Camiade, de l’Institut Catalan de Recherche en Sciences Sociales - Université de Perpignan Via Domitia.

Cette étude a fait l’objet d’une publication :
Du visible à l’invisible : prostitution et effets-frontières. Vécus, usages sociaux et représentations dans l’Espace Catalan Transfrontalier, d’Aude Harlé, Lise Jacquez, Yoshée de Fisser, sous la direction de Sophie Avarguez, chez Balzac éditeur.

À lire sur le même sujet !

puce-72dd0.gif Notre interview de Ségolène Neuville, députée des Pyrénées-Orientales.
puce-72dd0.gif L’audition des auteures de l’étude par la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale le 5 décembre 2012, à télécharger sur le site de l’Assemblée nationale ou sur la page de notre article : La Jonquera : Loi et ordre (des proxénètes).

[1] Voir au bas de cet article les références complètes de l’étude.

[2] L’Indépendant, « 215 jeunes Roumaines travaillaient en esclaves au Dallas », 21 février 2013.

[3] L’étude salue toutefois le quotidien L’Indépendant, seul média un peu critique.

 

**Vécus, usages sociaux et représentations dans l’Espace Catalan Transfrontalier

 

Sophie Avarguez (direction), Aude Harlé, Lise Jacquez, Yoshée de Fisser

 

Cette étude sociologique a été menée dans l’Espace Catalan Transfrontalier, qui englobe le département des Pyrénées-Orientales et la comarque de Gérone. L’expression « A la fronteratot s’hi val » reprise maintes fois lors des entretiens menés auprès des habitants de la Jonquera à propos du développement de la prostitution dans leur ville, est à la fois le point de départ de notre réflexion et son aboutissement. Cette expression difficile à traduire « à la frontière tout se vaut », « à la frontière tout est possible » ou encore « à la frontière, tous les coups sont permis » reflète les spécificités de ce territoire et du phénomène prostitutionnel.

 

Sous la direction de Sophie Avarguez, Aude Harlé, Lise Jacquez et Yoshée De Fisser se sont intéressées, au travers des effets-frontières au phénomène prostitutionnel. Quelle place occupe-t-il ? Quelles répercussions a-t-il sur les habitant(e)s de part et d’autre de la frontière ? Le phénomène prostitutionnel n’est donc pas étudié en soi mais interrogé, de manière indirecte et périphérique, dans sa dimension vécue afin de faire émerger à la fois les représentations de la prostitution et les usages sociaux qui en découlent. 

 

     En privilégiant la démarche compréhensive, les auteures ont co-construit leur analyse avec les différents protagonistes directs et indirects du phénomène prostitutionnel, elles ont envisagé leur étude sous trois angles : la première partie s’intéresse à celles et ceux qui vivent ou travaillent au quotidien à la Jonquera. Comment perçoivent-ils leur ville et plus spécifiquement l’activité prostitutionnelle qui s’y déploie ? Quelles en sont les incidences sur leurs modes de vie et sur le vivre-ensemble ?

 

Alors que la deuxième partie décrit la connaissance du phénomène prostitutionnel dit « de la Jonquera » chez les jeunes hommes et femmes des Pyrénées-Orientales en s’attachant plus précisément à décrypter lesperceptions et les incidences de ce phénomène. Quels effets a-t-il sur leurs vécus et plus particulièrement sur les représentations et l’imaginaire de la sexualité ? Comment influence-t-il les rapports sociaux de sexe ?

 

La troisième partie enfin porte sur le traitement médiatique de la prostitution dans le département des Pyrénées-Orientales. Sous quels angles les médias appréhendent-ils ce phénomène ? Quelles représentations véhiculent-ils ?

Prostitution.jpg

Du visible à l’invisible : prostitution et effets-frontières (Balzac éditeur)

(ISBN : 978-2-913907-81) - 20.00 €

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 09:43

images-copie-24.jpeg  Un des célèbres bordels du village frontalier de La Jonquera (Catalogne)

 

 

En ce frais matin de fin d'été, je reste encore sous la couette. Moins par crainte du froid que de l'angoisse de rencontrer dans la rue un de ces bourgeois-rentier-mafieux, homme politique ou décideur économique des Pyrénées-Orientales, décrit dans la courageuse revue RUIXAT *

 

En préface, D.Sistach, professeur à l'Université de Perpignan, après avoir défini le projet et les enjeux du collectif de sociologues "sud de France" (sic!) donne le ton : "Perpignan et ses alentours, abandonnés au sud de nulle part, se trouvent en rupture du territoire national, tant en terme économique que social, et constituent un espace singulier de la mondialisation des flux financiers et humains. La ville est donc un laboratoire économique et social de la récession française..." (page 10)

 

La cité catalane est encore définie plus loin : "Perpignan est en ce sens un organon  géopolitique de la mondialisation et probablement un lieu d'avant-garde qui se constitue in extenso et au-delà des vieilles frontières des Etats-Nations,...qui se déploie jusqu'à Barcelone et au-delà même, dans les ports de la mer noire, en Afrique du Nord, en banlieue parisienne...

 

Présentant le sommaire, il est marrant que le rédacteur en chef parle de lui à la 3° personne : "C'est ce que démontrent Marino, D.Sistach et J.P.Carrère, en présentant le détail des formes clientélaires du modèle électoral roussillonnais, ses formes familiales et communautaires..Ce clientélisme n'est pas que l'objet du négoce local est au fondement de la conduite des affaires de la cité..." (p.11)

 

 

Le froid des mots et la brutalité du constat me glacent; je demeure dans ma couette, n'ouvrant pas les volets sur la ville infâme où je naquis, Perpignan "la Catalane" (inventa J.Paul Alduy), désormais "la pied-noir" avec son musée algérianiste, son mur des disparus et son hommage aux généraux de l'Algérie française au cimetière du nord...

 

Alain Tarrius, qu'on ne présente plus (université de Toulouse Le Mirail, laboratoire CNRS- nous fait découvrir, avec son étude  passionnante : "prostitution et drogues à La Junquera", la nouvelle rentre transfrontalière pour les P.O. avec sa traversée du clientélisme, de l'identitarisme, du communautarisme, dresse le taleau terrible de "la fragmentation politique de la société perpignanaise...

On redoute de tomber, à la Loge ou place de la République, sur de tels hommes politiques, politiciens mafieux et sans vergogne...On ne s'étonne plus des progrès du Front national. Avec de telles conduites lâches et personnelles, les monstres ont de beaux jours devant eux...

 

Dois-je rester sous ma couette, lâche moi aussi, ou sortir dans la rue et tenter une sorte de révolution... Face à cette structure mafieuse ancienne et si bien structurée, il faudra être nombreux pour nettoyer les écuries de Perpinya,  d'Augias et de Bompas !!!!

 

 

* prononcer "rouchat", en catalan : orage soudain et bref qui vous inonde et vous glace le dos... Certte "revue transdisciplinaire en sciences sociales" a le don de vous secouer avec les douches froides déclenchées  par Alain Tarrius, Dominique Sistach, Medhi Alioua, Lamia Missaoui, Caroline Trouillet, Martine Arino, Jean-Paul Carrère. (13 euros une fois l'an).

 

(à suivre - prostitution 2 : le rapport commandé par le Conseil général, publié par Balzac éditeur)

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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 11:29

frontiere-cerbere.JPG (photo Jean-Pierre Bonnel)

 

   Il faudrait revenir sur l'idée de frontière et d'indépendance : la via catalana tracée le 11 septembre dernier.

 

Revenir à l'inutilité de Visa, récupéré par les politiques, les commerciaux, les décideurs financiers, organisant, les coucous profitant du nid et des initiatives des autres, autant de Visas off, ouf, boff, beauf... Loin du tragique des images et de l'actualité. Loi du pathétique. Pour le marché,le fric. Le cynisme jusqu'à la nausée !

 

Pour oublier colère et polémique  :

 

        Parler de cette belle soirée d'Eus, dans l'atelier de Jean Labellie, dans sa maison face au Canigou, dans l'étable où crèchent ses toiles pour l'exposition "Carrers...cosmogonies", rue de la soulane, carrer de la solà, rue de l'adret, où flotte une bannière colorée, sa fresque des galets bleus de la Têt... 

 

   Un samedi pas comme les autres, au vernissage joyeux, au repas dans la rue étroite, où s'accouplèrent la peinture et la scénographie (Bernard Cabanes, Guillaumes Lagnel), le cinéma (Jeanne Nicaise et amis des Rencontres de Prades, la chanson (Gisela Bellsola) et la musique (Michel maldonado)...


   il y eut d'autres amis, d'autres personnalités, qui, pour l'heure, me sont anonymes : l'amitié est un long chemin, comme l'exprime l'itinéraire de Jean Labellie...

 

L'intérêt de la vie est de découvrir la beauté affective des hommes... A suivre...

 

Revue de p(a)resse :

 

* Il faut lire cette semaine...La Semaine du Roussillon, qui a su si bien parler du festival du livre de Collioure, grâce à Victor Simal. (1,70 euros l'hebdo).

 

** Lire aussi "Cap Catalogne" pour le portrait de Marie Costa, célébrant le Vallespir. (3 euros), et les photos de Hugues Argence.

 

***L'Express a tenté de faire du bruit avec son édition régionale du 4 septembre sur " Perpignan et les Catalans" On y retrouve un vague historique, l'affirmation d'une identité (déclare Jaume Roure) alors qu'on doute et que l'on constate que le catalan est en voie d'extinction dans la cité... On interroge les mêmes : J.Pujol, des cadres de Paris, Joan Lluis Lluis l'écrivain,, Ralph Dumas le musicien, et Eliane Comelade : à son propos, on déteste la périphrase qui veut la définir "papesse de la gastronomie" : Eliane est plus que cela, culture, mémoire, érudition..! 

 

   On en sort peu apaisé, de ce dossier bidon et pas béton : un département "sud de France", au fin fond d'un cul-de-sac, Barcelone nous ignorant et Montpellier nous méprisant (Le conseil régional aidant peu le 66...) Alors, on continue dans notre marigot...

 

C'est le sujet de l'excellente revue RUIXAT, écrite par des sociologues d'ici, et éditée pat les éditions Trabucaire. Le clientélisme, un sujet passionnant ! On y revient, mais commencez à lire (13 euros, n°2, dans les bonnes librairies !)

 

 

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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 08:21

labeille-14-sept.jpgexpo-labeille.jpg  Vernissage ce samedi 14 à 18h et exposition dans la maison de l'artiste à Eus : 5 carrer del Sola.


*** Je devrais vous parler de la revue RUIXAT, revue transdisciplinaire en sciences sociales (13 euros, éditions Trabucaire) : une foule d'intellectuels et de politiciens est venue, hier, écouter Alain Tarrius et Dominique Sistach : prostitution locale, placements et rentes des bourgeois perpignanais, politique clientéliste des politiques locaux, Perpignan baptisée  "la Catalane" par J.Paul Alduy, devenue "Perpignan la pied-noir" avec J.Paul Pujol. ..


On en reparlera : c'est trop grave !!!! Place au patrimoine, comme l'on dit !





510f0bc3.jpg

A Cabestany

 

Les Journées Européennes du Patrimoine

Samedi 14 et dimanche 15 septembre 2013

Entrée et animations gratuites

Au Centre de Sculpture Romane « Maître de Cabestany »

  

 

Les Journées Européennes du Patrimoine au Centre de Sculpture Romane

 

Le Centre de Sculpture Romane « Maître de Cabestany », participera, cette année encore, aux Journées Européennes du Patrimoine les 14 et 15 septembre 2013.

Le Centre sera ouvert au public les deux jours de 10h à 12h30 et 13h30 à 18h30.

Des visites et animations gratuites seront proposées à un large public.

Visite contée : « Béranger lapprenti tailleur de pierre » le samedi 14 et le dimanche 15 septembre : 11h45 et 16h (durée environ 30 mn). A partir de 3 ans.

Visite guidée : samedi 14 et le dimanche 15 septembre à 10h et à 14h.

Atelier de création : « Chapiteau roman », réalisation dun collage en noir et blanc en carton. Enfants et adultes.
Samedi 14 septembre : 10h-12h30 et 14h-16h.
Dimanche 15 septembre : 10h-12h30.

Spectacle autour de l’œuvre du Maître de Cabestany par la Compagnie Les Toutemps.
Samedi 14 septembre à 17h.
Dimanche 15 septembre : 15h et 17h.

 

Samedi 14 et dimanche 15 septembre 2013
Entrée et animations gratuites.
Centre de Sculpture Romane « Maître de Cabestany »
P
arc Guilhem, 66330 Cabestany
Tél : 04.68.08.15.31.
Site internet : www.maitre-de-cabestany.c




14.9.jpg   Jaime Vàndor et Jaume Castro : Una vida al caire de l'holocaust - Musée mémorial de l'exil -14 septembre. 11 heures 

***

Chers théâtrophiles !

Nous vous rappelons la représentation de ce
samedi 14 septembre à 20h30 au cinéma du Boulou

Images intégrées 1


ON PURGE BEBE DE GEORGES FEYDEAU


Résumé : un fabricant de porcelaine rêve de décrocher le marché du siècle :

  • Fournir les armées en pot de chambre !

Les stratagèmes pour conclure l’affaire lui réservent bien des surprises. Tout cela parce que Bébé est un peu constipé.


On purge bébé (1910) est caractéristique de la dernière manière de G. Feydeau, de ces pièces en un acte où le comique ne repose plus seulement sur les recettes classique du vaudeville, mais aussi sur la peinture au vitriol des caractères : la médiocrité, la mesquinerie et l’hypocrisie petites-bourgeoises sont impitoyablement épinglées.

Cette pièce, régulièrement montée au théâtre, est l’une des plus échevelées et des plus brillantes des  « farces conjugales » de Feydeau.


Nos prochaines dates avec "On purge Bébé"  
samedi 5 octobre 21h à Saint Cyprien
et
lundi 21 octobre 20h30 à Thuir
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